L'égalité à la Castro
Publié le 22/10/2012
Le castrisme a su engendrer une parfaite égalité, mais une égalité dans la pauvreté, non pas dans le bien-être.
Par Fabio Rafael Fiallo.
S’il existe un concept, ou plutôt une valeur, dont le castrisme a essayé de s’emparer, prétendant en être le porte-drapeau tous azimuts, c’est bien celle de l’égalité. Mensonge absurde s’il y en a, car ce qui règne à Cuba est un étouffant apartheid économique où l’immense majorité de la population, privée du moindre confort matériel et sans droit à protester, contemple avec rage et désespoir comment une oligarchie, incapable de gérer efficacement l’économie, jouit d’irritants privilèges et s’approprie les devises péniblement gagnées par le travail du peuple pour se payer de modes de consommation dignes des couches sociales les plus aisées dans les sociétés industrialisées.
Il faut tout de même admettre que, hormis cette exiguë nomenklatura parasite, à Cuba prévaut une parfaite égalité… Égalité dans la pauvreté, non pas dans le bien-être. Car pauvreté est ce que le castrisme a su engendrer. En effet, avant de se transformer en prison de plein air, Cuba occupait la troisième place parmi les nations latino-américaines en termes de richesse par habitant ; aujourd’hui, le pays évolue en queue de peloton, et n’a survécu, depuis l’arrivée de Castro au pouvoir, que par l’aide soviétique d’abord, ensuite par les pétrodollars d’Hugo Chávez.
Personne n’a réussi à résumer les effets pervers de la soi-disant égalité économique du castrisme mieux que le grand ami de Fidel Castro, ancien guérillero et actuel président de l’Uruguay José Mujica, qui déclara : « Le palmarès de la redistribution en Amérique latine a été emporté haut la main par Cuba »… tout en ajoutant que « maintenant, Cuba n’a rien à redistribuer » [1].
Par ailleurs, lors d’une interview accordée en 2010 au journal américain The Atlantic, Fidel Castro lui-même, dans un écart de franchise dû peut-être à la sénilité – la vérité sort de la bouche des enfants… et des vieillards – reconnut que « le modèle cubain ne fonctionne plus même pour nous » [2]. (Vu le tollé provoqué par ses déclarations, Castro essaie de reculer quelques jours plus tard, mais ne trouve rien de mieux pour ce faire que de reprocher au journaliste d’avoir pris ses propos… au pied de la lettre ! [3])
Pour sa part, le frère de Fidel et actuel président de Cuba, Raúl Castro, admet que l’économie cubaine se trouve au bord de l'« abîme » [4].
Paradoxalement, la même chose dite par le Cubain de la rue pourrait coûter cher à celui-ci, y compris l’emprisonnement.
Il suffit de fouiller dans l’histoire contemporaine pour comprendre la cause d’un fiasco aussi terrible : l’échec de toutes les expériences socialistes montre à la perfection que l’économie n’est ni caserne ni camp de concentration. On n’assure pas le progrès économique à coup de plans ou d’« orientations » (« lineamientos »), comme le castrisme s’entête de le faire, et qui n’ont jamais réussi à produire les effets escomptés. Pour assurer la croissance, il faudrait libérer les forces du marché, celles-là mêmes que le castrisme ne cesse d’étouffer.
En matière d’inégalités sociales, le bilan que laissera Fidel Castro n’en est pas moins déplorable.
Le racisme continue à frapper la population afro-cubaine, et le régime, qui a exercé le monopole de la prise de décisions depuis déjà 53 ans, ne peut arguer qu’il n’est pas responsable de cet ordre des choses. Après avoir mené une enquête à ce sujet en 2009, la chaine anglaise BBC conclut qu’à Cuba, « les Noirs occupent des places de travail inférieures, habitent dans les pires logements et sont majorité dans les prisons et minorité dans les universités » [5]. Le Comité pour l’Élimination Raciale de l’ONU fit part de sa préoccupation à cet égard, notamment à propos de la forte proportion d’afro-descendants dans les prisons cubaines (80-90% de la population carcérale) [6].
Les déboires des afro-descendants sous le régime castriste furent mis en évidence par la mort en février 2010 du prisonnier politique Orlando Zapata Tamayo, âgé de 44 ans, après une grève de la faim de 85 jours en protestation pour les conditions inhumaines dans lesquelles s’écoulait son emprisonnement. Pour le dissident Manuel Cuesta Morúa, “on s’était acharné contre lui [Zapata Tamayo] parce qu’il était noir” [7].
La parité homme-femme brille par son absence aussi. Alors que dans les sociétés démocratiques les femmes assument de plus en plus des fonctions politiques de premier plan, y compris en tant que chefs d’État ou de gouvernement et comme secrétaires d’État, à Cuba le Bureau politique du Parti communiste, instance suprême du pouvoir castriste, ne compte qu’une seule femme parmi les 15 membres qui le composent.
Le seul domaine où il y a parfaite égalité des genres à Cuba, c’est dans celui des victimes de la répression. Les longues années passées en prison par des femmes dissidentes de la première heure, les attaques systématiques perpétrées contre les « Dames en blanc », le harcèlement subi par les dissidentes Marta Beatriz Roque et María Elena Cruz Varela, la mort suspecte de Laura Pollán, ainsi que l’interdiction de voyager à l’étranger qui frappe la blogueuse Yoani Sánchez, sont des exemples incontestables du tribut que la femme a payé et continue de payer pour la lutte pour la liberté à Cuba.
La discrimination, enfin, n’épargne pas la jeunesse, tenue en dehors des manettes du pouvoir. Comment aurait-il pu en être autrement alors que la moyenne d’âge du Bureau politique est de 68 ans ? La gérontocratie cubaine a peur de la jeunesse, une jeunesse désabusée, comme le constate la revue The Economist : « Sur une grande partie de Cuba, il est difficile de trouver quelqu’un au-dessous de 40 ans qui parle en bien du système » [8].
La hiérarchie du régime ne peut même plus compter sur ses propres enfants. Ils ne sont pas rares, les enfants de hauts dignitaires qui optent pour affronter l’appareil répressif, promouvant des pétitions pour la démocratie et subissant les prisons du régime, ou décident simplement de fuir vers des terres de liberté.
Or, quand le sort d’un régime demeure suspendu à une gérontocratie en voie de disparition, quand la méfiance s’installe dans les centres du pouvoir, et les loyautés chancellent ou commencent à déserter, c’est que la fin est proche.
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Notes :
- “Presidente de Uruguay: Cuba ‘repartió como nadie’, pero ‘está pagando las consecuencias’”, Diario de Cuba, 18-02-2011. ↩
- “Interview de Fidel Castro par Jeffrey Goldberg (The Atlantic)”, Le Grand Soir, 9-09-2010. ↩
- “Castro recula: ‘Es el capitalismo el que ya no sirve’”, Derechos Humanos en Cuba, 10-09-2010. ↩
- “Raul Castro à la tête du PC cubain, mené par sa vieille garde”, L’Express, 20-04-2011. ↩
- “¿Hay racismo en Cuba?”, BBC Mundo, 12-09-2009. ↩
- “ONU: El mundo espera ‘ansiosamente que Cuba se democratice’”, Diario de Cuba, 17-02-2011. ↩
- El País, 25-02-2010. ↩
- “Inequality: The deal’s off”, The Economist, 24-05-2012. ↩
Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=101606



Dans le cadre de sa tournée mondiale et européenne, le dissident cubain Eliécer Avila, s’est entretenu avec les représentants d’Alternative Libérale, le parti pris de la liberté, lors de son passage en France....
Laura Pollan, fondatrice des "Dames en Blanc" est décédée. Elle avait conduit une action déterminée pour la libération des prisonniers politiques à Cuba...
Depuis quelques années, une poignée de femmes courageuses défient la dictature communiste des Castro. Le regard de notre illustrateur...
Empêcher l'évolution naturelle de l'Histoire finira par provoquer des catastrophes dévastatrices...
Beaucoup d’habitants de la Havane ont trouvé dans de nouveaux quartiers réhabilités un ilot de confort et de beauté, loin de la réalité si dure, si étouffante...
Le nombre de Cubains interceptés en mer en essayant d'atteindre la côte de la Floride a plus que doublé au cours de la dernière année...
Orlando Zapata Tamayo mourait il y a un an, protestant contre la dictature castriste...
Les chroniques de Yoani Sánchez sont aujourd'hui des estampes de la vie quotidienne. Dans le futur, elles seront un livre d'histoire...
Il est vrai que Cuba connait une vrai égalité, même les gens au pouvoir ne sont pas si riches et effectivement, comme tout endroit égalitariste il y règne une misère noire.
Le Kampucha était encore plus égalitaire.
article de merde! mensonges, calomnies, anti-castrisme de base....comment peut on publier un tel ramassis de contre vérités!
Si le peuple cubain était si mal traité que le dit cet article cela ferait longtemps qu'il aurait refait une révolution!
Bah... les Russes ont bien mis 70 ans avant de virer les communistes du pouvoir.
C'est ça qui est cool avec une dictature du parti communiste : le peuple est tellement écrasé qu'il n'a que peu de possibilité de se révolter.
Mais les Cubains se révoltent bien à leur manière : ils ont fui ou tentent de fuir en masse l'île du docteur Castro.
Sinon, "l'anti-castrisme de base", c'est plus grave que l'anti-nazisme primaire ?
Il ne faut pas confondre Cuba et l'Urss!
Le peuple cubain n'est écrasé que par le blocus américain: et en dépit de ce blocus la vie à Cuba est bien plus sereine que vous le pensez.
L'éducation et la santé qui ont toujours été au centre des préoccupations sont un modéle pour beaucoup de pays et de cela on en parle peu!
Votre ultime comparaison est bien vulgaire et témoigne de votre méconnaissance de l'histoire, ou,sans doute de votre parti pris...
Il est vrai que vous avez une escuse ! Lire ce genre d'article ne peut que vous conforter dans votre vision de Cuba et de la révolution cubaine. Dommage !!!
"Il ne faut pas confondre Cuba et l'Urss!"
Et pourquoi donc ? Les Cubains subissent à l'identique que dans l'ex-URSS la dictature d'un régime communiste, le totalitarisme d'un parti unique, souffrent d'une ruineuse économie centralisée et planifiée par l'État et du même manque de liberté élémentaire que dans les pays soviétiques.
"Le peuple cubain n'est écrasé que par le blocus américain..."
Quelle blague : il n'existe pas de blocus américain de Cuba. Mieux, les États-Unis sont un des plus importants partenaires commerciaux de Cuba (produits alimentaires, médicaments, etc.) Vous en êtes encore, au 21e siècle, à rabâcher ces vieilles lunes de la propagande communiste !? Pitié !
"...la vie à Cuba est bien plus sereine que vous le pensez."
La tranquilité des cimetières. C'est bien pourquoi les Cubains tentent de fuir de l'île-prison des frères Castro. C'est bien pourquoi, à l'instar de tous les régimes totalitaires socialistes, la dictature castriste contrôle étroitement les sorties et empêche l'écrasante majorité des Cubains de quitter l'île.
"L'éducation et la santé qui ont toujours été au centre des préoccupations sont un modéle pour beaucoup de pays et de cela on en parle peu!"
Encore cette vieille antienne toute pourrite de la propagande communiste.
1° L'éducation et la santé était déjà au top avant l'arrivée de Castro au pouvoir. Avant 1959, Cuba avait les meilleurs indices d'éducation et de santé de l'Amérique latine, au niveau de l'Argentine et de l'Uruguay et dépassait même nombre de pays européens (Espagne, Italie, Portugal, pays soviétiques, etc.)
2° L'éducation et la santé n'ont cessé de se dégrader depuis l'instauration de la dictature communiste à Cuba par manque de moyens, consécutif à l'impéritie du régime castriste et la fin des subsides soviétiques. Par exemple, les patients (les gens normaux, ceux à pied, pas les apparatchiks) doivent apporter leurs propres draps, savons, essuies et même parfois médicaments quand ils entrent se faire hospitaliser.
"Votre ultime comparaison est bien vulgaire..."
Quel est le problème dans le fait de comparer un régime totalitaire socialiste à un régime totalitaire national-socialiste ?
Devant autant de mauvaise foi , je m'incline.........
Se voir reprocher sa mauvaise foi par un propagandiste castriste est un plaisir de fin gourmet...
Message à Bernard
Il n'y pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Ouvrez votre esprit, vous pourrez enfin ouvrir les yeux.
Les objections que l'on peut faire au régime cubain sont soulevées ici avec une admirable ironie, il faut bien le reconnaître. Oui, Cuba est globalement pauvre. Oui, il n'y a pas de liberté d'expression ni de liberté politique.
Mais Cuba, c'est aussi une série d'acquis extraordinaires par rapport aux autres pays latinos. Une santé digne des pays européens les plus avancés, une éducation qui met la priorité sur l'émancipation humaine: ce n'est pas pour rien que la mortalité infantile est de 5 sur 1.000 à Cuba, que l'analphabétisme a été éradiqué, et que chaque cubain est aussi cultivé (les cubains connaissent presque tous deux langues!).
Alors oui, c'est plutôt pauvre, ce n'est pas à Cuba que vous verrez des bourgeois avec un costard à 5.000€ au volant d'une voiture qui coûte cinq fois plus. Mais il n'y a pas de pauvreté extrême à Cuba: vous ne verrez pas un seul mendiant dans la rue, pas un seul clochard abandonné dehors, ni un seul désespéré: les plus pauvres sont pauvres, pas indigents.
Pour le racisme à Cuba, les efforts du gouvernement ont été extraordinaires en matière d'intégration; avant la Révolution, la richesse ne profitait qu'à l'oligarchie nord-américaine; avec les aides sociales, l'accès à la santé et à l'éducation, égaux pour tous, l'intégration des noirs a été favorisée. Alors n'allez pas accuser le gouvernement d'en être responsable.
Ce dont vous ne parlez pas en revanche, c'est l'embargo maintenu contre Cuba. Certes, il ne concerne pas les produits alimentaires ni les produits de santé (encore heureux!!); néanmoins, ce blocus, condamné par le monde entier à part bien sûr par les US et par Israël, participe de l'affaissement de l'économie à Cuba.
Lucilio--> Cuba n'est PAS comparable à l'URSS. 10.000 personnes ont été tuées par la dictature castriste depuis l'arrivée au pouvoir de Fidel. C'est autant que l'épuration légale en France en 1945. J'éspère que vous aviez bu un verre de whisky avant d'écrire vos con...inepties. Oui, peut-être qu'avant la Révolution, l'éducation et la santé étaient de meilleure qualité...pour les 2% de la population qui y avaient accès. LEs progrès de Cuba en la matière ne sont pas contestable: la longevité est celle d'un pays européen, et n'importe quel cubain est cinq fois plus cultivé qu'un américain moyen.
Auriez-vous des "sources" qui prouvent vos dires? Sinon, pourquoi avancez-vous de telles sornettes?
Votre analogie entre le communisme cubain et le nazisme est très grave. Comment pouvez-vous comparer une dictature qui a certes dix mille morts sur la conscience, la plupart tués en temps de guerre, à un totalitarisme responsable de la mort de dizaines de milliers de personnes pour des raisons purement raciales? C'est, il me semble, manquer de respect par rapport à la dignité de la folie hitlérienne que de se servir de la Shoah comme argument à tout va.
Mais réveillez-vous également! 600 tentatives sur Fidel Castro de la part de la CIA, quelques dizaines de prisonniers cubains dans les geôles du régime dont on fait des martyrs...pourquoi ne dit-on rien sur les ""terroristes"" enfermés à Guantanamo?
Themistocle : "Oui, Cuba est globalement pauvre. Oui, il n'y a pas de liberté d'expression ni de liberté politique. Mais Cuba, c'est aussi une série d'acquis extraordinaires par rapport aux autres pays latinos."
La suède et globalement une bonne partie des pays occidentaux font pareil avec en plus les liberté politique et la jouissance de pleins de droits inconnus la bas. Capitalisme Powa !
Themistocle: "Mais réveillez-vous également! 600 tentatives sur Fidel Castro de la part de la CIA"
Vachement crédible ! : "Eh les gars on est reparti pour la 567eme tentative, ce coup ci on lui lance des petits pois dessus ou on lui colle des timbres post sur les narines" CIA Powa !
Quel Neuneu ! LOL ! j’espère que t'a moins de 15 ans parce que sinon croire des fables pareil c'est impardonnable.
Themistocle : "pourquoi ne dit-on rien sur les ""terroristes"" enfermés à Guantanamo?"
T'étais ou les 11 dernières années ? Sur Mars ?
Themistocle : "10.000 personnes ont été tuées par la dictature castriste depuis l'arrivée au pouvoir de Fidel."
Nous on ne trouve pas du tout que c'est une paille contrairement à toi, chacun ses héros: Toi des meurtriers qui ont rendu leurs pays pauvre et leurs citoyens sans droits, nous des défenseurs de toutes les libertés pour tous les hommes.