L’attaque infondée contre la « Loi Rothschild »

Publié Par Contrepoints, le dans Économie générale

La loi de 1973 surnommée « Loi Rothschild » aurait, entend-on, élevé le coût et le niveau de l’endettement public, et cela au profit d’intérêts bancaires privés. Il n’en est rien, cependant.

Par Jérémie T.A. Rostan
Article publié en collaboration avec l’Institut économique Molinari

La critique de la situation d’endettement de la France conduit bien souvent à une autre : celle de la « Loi Rothschild », qui en serait la cause.

Dans son article 25 (section 3), la Loi du 3 janvier 1973 sur la Banque de France interdisait ainsi au Trésor de présenter « ses propres effets à l’escompte » de cette dernière. Sous le jargon mi-économique, mi-juridique, cela revenait simplement à priver le gouvernement du moyen de s’endetter sans frais, et donc sans fin.

La magie opérait comme suit : le ministère des Finances (le Trésor) écrivait une obligation sur lui-même de 100 francs (ses propres effets) qu’il vendait à rabais (à l’escompte, par exemple 99 francs) à la banque centrale du pays, pour lui racheter quelque temps plus tard à sa valeur nominale (100 francs).

Au fond, cela revenait pour le gouvernement à emprunter 99 francs à la Banque Centrale à un taux d’à peine plus de 1% — et en tout cas à un taux largement inférieur à ce qu’il lui en aurait coûté sur le marché.

Mais ce prix même de l’endettement public était pur artifice. En effet, où le gouvernement trouvait-il les 100 francs nécessaires pour conclure l’opération ? Il les empruntait à nouveau, se contentant d’écrire une seconde obligation qu’il rembourserait, le moment venu, de la même façon. De toute façon, la banque centrale appartenant à l’État, ce dernier en recevait finalement les dividendes.

Interdisant cette pratique et obligeant l’État à s’endetter auprès de créanciers privés, la loi de 1973 aurait, entend-on, élevé le coût (et donc, par un cercle vicieux, le niveau) de l’endettement public, et cela au profit d’intérêts bancaires privés (d’où le surnom de « Loi Rothschild » de cette législation en réalité proposée par Valéry Giscard d’Estaing sous Georges Pompidou, lequel avait été le directeur général de la Banque Rothschild de 1956 à 1962.)

Il n’en est rien, cependant. Élevant son coût, le nouveau dispositif limitait la capacité d’endettement de l’État et agissait ainsi comme un élément de discipline fiscale.

J’emploie l’imparfait, parce que la loi tant débattue est en réalité abrogée depuis près de 10 ans. Conformément à l’article 104 du Traité de Maastricht préparant l’Union monétaire, la loi du 4 Août 1993 est en effet venue renforcer celle de 1973, interdisant à la Banque de France d’accorder crédit aux acteurs publics, ou bien d’acquérir directement auprès d’eux des titres de leurs dettes.

Le problème, comme souvent, tient à « ce que l’on ne voit pas », c’est-à-dire au prix caché de la monétisation de la dette. Celui-ci est triple.

1. À peu de choses près, la situation d’avant 1973 autorisait le gouvernement à imprimer l’argent nécessaire à ses dépenses. Le coût caché, ici, est donc que ces dernières étaient, de ce point de vue, virtuellement sans frein.

2. Outre les conséquences néfastes du point précédent, cela se traduisait par une allégeance de la politique monétaire aux besoins de financement du gouvernement. Le coût caché, ici, est donc une inflation et une baisse du taux de change faisant payer au peuple, à commencer par les plus pauvres, l’endettement « gratuit » de l’État.

3. L’inflation n’élève pas seulement le coût de la vie présente, mais abaisse tout aussi bien le niveau de vie futur. Nuisant aux épargnants et aux investisseurs, elle se paie en cachette par moins d’emploi et de croissance — à nouveau, aux dépens des moins favorisés.

Derrière l’attaque contre la « Loi Rothschild » se trouve toujours une certaine théorie du complot selon laquelle les « politiciens » auraient soumis l’intérêt général à celui des « banksters ». Cette fiction parle peut-être à l’imagination, mais ne résiste pas à un simple début d’analyse.

En premier lieu, la nécessité de passer par le marché ne permet pas, mais au contraire interdit, que la vente d’obligations souveraines favorise certains intérêts particuliers. Les acteurs de telles enchères sont en effet non seulement nombreux et concurrents, mais en outre non nationaux, pour l’essentiel.

En second lieu, ces spécialistes en valeurs du Trésor sont de simples intermédiaires entre l’État et ceux qui désirent réellement détenir ses obligations sur le marché secondaire. En cette qualité, leur rôle est d’estimer le coût réel de l’emprunt public (en termes de taux d’intérêt, mais aussi de risque, d’inflation, de liquidité…). Si d’aventure ils y gagnaient un profit extraordinaire, les acheteurs se bousculeraient sur le marché primaire de la dette publique, et l’équilibre tendrait à se rétablir.

En vérité, la « Loi Rothschild » visait tout autre chose :

1. Permettre l’indépendance de la banque centrale, et donc de la politique monétaire, à l’égard du gouvernement — notamment dans sa lutte contre l’inflation et ses conséquences si néfastes ;

2. Discipliner la dépense publique en la rapprochant des capacités réelles de financement de l’État.

La débâcle souveraine peut prêter à rire devant ce dernier point. Ici encore, il faut cependant prendre garde à ce que l’on ne voit pas. Les gouvernements auraient-ils été autorisés à emprunter directement et sans frais auprès de la banque centrale, leur endettement aurait été plus désastreux encore et ce désastre moins perceptible, et donc plus insidieux.

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Sur le web

(*) Jérémie T.A. Rostan enseigne la philosophie et l’économie à San Francisco. Il est l’auteur, en plus de nombreux articles pour mises.org et Le Québécois libre, de guides de lecture aux travaux de Condillac et de Carl Menger, ainsi que d’un ouvrage, Le Capitalisme et sa Philosophie, et de la préface à la réédition de L’éthique de la liberté de Rothbard (Belles Lettres).

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  1. Les intérêts de la dette française représentent 65% du montant total de la dette contractée depuis 30ans . A 50 milliards d’intérêts par an la dette est plus que remboursée depuis 30 ans .Désolé, on sait compter. Maurice Allais (prix nobel déconomie 1988 ) le disait déjà: « Dans son essence, la création monétaire ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique, je n’hésite pas à le dire pour bien faire comprendre ce qui est réellement en cause, à la création de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement condamnée par la loi. » 1998.Je sais que nous ne devrions pas avoir le droit de voir vos combines monétaristes pour imposer votre idéologie, cacher les énormes tricheries des « paradis fiscausx », désolé les chiffres circulent et sont têtus .
    Mais bon ,vous êtes tellement aveuglés que vous irez jusqu’au blocage bancaire ,le néolibéralisme, comme le communisme ça ne marche pas ! (20 ans d’écart entre les deux chutes c’est remarquable…….écoutez Delamarche (sur BFM) ou Jorion,( chez HEC!) sortez de votre secte!

    1. Combien d’états ont les mêmes restrictions et n’ont pas de problèmes de dettes ?
      La Belgique, par exemple, est passée de 134% à 84% entre 1993 et 2007, soit 50 points en 14 ans !!! et à un niveau surélevé causé par 2 décennies de n’importe quoi économique, des politiques de relances à déficit et de fuite en avant du social et administratif.
      Combien d’états n’ont pas ces restrictions et ont des problèmes de dettes ?

      Qu’il y ait une concomitance, cela saute aux yeux, mais en quoi est-ce une causalité ?

      Cette année, la France a revu son budget à la baisse suite à la réévaluation à la baisse de sa croissance. Cela fait combien d’années qu’on n’a pas fait ça ?

      Et critiquer les libéraux en sortant Delamarche, dont les analyses sont typiquement libérales, c’est vraiment cocasse.
      Et arrêtez d’accuser les autres d’avoir vos propres problèmes sociaux.

      1. a qui profite les restrictions, plans de rigueur et hausses d’impôts ?
        Les restrictions et plan de rigueur profiteront au peuple : enfin, l’état va arrêter de dépenser le pognon que le peuple n’a même pas encore gagner
        Les hausses d’impôts vont profiter à la nomenklatura : elle aura quand même un lot de consolation.

        Qui fournira les efforts réels et en subira exclusivement les effets ?
        Les parasites pour les restrictions ; le peuple pour les hausses d’impôts.

        « comment se fait-il que deux tiers de la dette française sont possédés par des étrangers ce qui n’est ni le cas pour l’ Italie, ni pour le Japon notamment.  »
        triple A. Sans ce AAA (que n’ont ni l’Italie ni le Japon) les étrangers n’ont aucun intérêt à souscrire, et la dette reste nationale. Et ce n’est pas un avantage.

        Il n’est pas interdit de passer directement par les épargnants. C’est juste que les épargants ne sont plus assez cons pour le faire, et que le réseau des finances est composé de fonctionnaires bien trop chers pour que ça vaille le coup pour l’état.

    2. « Les intérêts de la dette française représentent 65% du montant total de la dette contractée depuis 30ans  »
      Calcul STUPIDE. faux. D’ailleurs ce n’est pas celui que vous faites vous-même quand vous empruntez de l’argent pour acheter une maison ou une voiture : vous SAVEZ que ce qui reste à payer quand vous en êtes à la moitié de l’emprunt représente au contraire essentiellement du capital emprunté, et pas les intérêts.

      « Mais bon ,vous êtes tellement aveuglés que vous irez jusqu’au blocage bancaire … sortez de votre secte! « 

    3. tout d’abord, le monde n’a rien de libéral. l’économie actuelle est un mélange de monétarisme et de keynesianisme et apres il y a en a pour oser dire que l’économie est trop libéral alors que les libéraux sont surtout de l’école autrichienne et s’opposent au keynesianisme.
      en plus, néolibéralisme, par pitié, arretez avec ce mot, qui au 19 siècle signifiait une actualisation du libéralisme, mais qui est utilisé depuis une vingtaine d’années par les antilibéraux à tort et à travers, et qui peut etre vu comme une diabolisation du libéralisme. aujourd’hui, utilisez ce terme n’a plus aucun sens à part se décrébiliser. le probleme du système bancaire est justement l’interventionnisme étatique. quand l’état sauve une banque, il déresponsabilise les banques qui se disent que de toute facon ,elles seront sauvé. il faut interdire tout sauvetage des banques

  2. Au final, les Etats auraient sans doute imprimés plus encore en effet, sans cette loi, mais ce n’aurait pas été si mauvais: le système aurait explosé en vol bien plus vite, et on serait peut-être revenu à l’étalon-or.

  3. L’étalon or du pauvre Mises, c’est une pensée d’un autre siècle (le 19ème) Ce pauvre Mise à la prétention infinie et l’indigence du discours a fait marcher la planche à billet lors de son passage au pouvoir dans les années 20 tout en faisant un cours sur l’inflation…..son livre « l’action humaine  » est à mourir de rire si de petits esprits ne le prenaient au sérieux. Oui Dela

  4. oui Delamarche est un libéral au bon sens du terme pas au sens de la secte : il est pour un Glass Steagall act et la fermeture des paradis fiscaux ,véritables bordels de la finance et du crime ( de 11 000 à 60 000 milliards qui seront bientôt saisis sèchement par des états aux abois . (Merkel a déjà menacé d’en finir en 2008 avant d’être suppliée par vos amis la nuit même) Lorsqu’on saura la réalité et l’immensité de la corruption de ces « paradis » sous couvert de liberté, les peuples seront sans pitié aucune pour ces avoirs volés!

    1. « Lorsqu’on saura la réalité et l’immensité de la corruption de ces « états » sous couvert de justice, les peuples seront sans pitié aucune pour ces avoirs volés! »

      1. faut pas rêver quand même … les peuples ne sont pas les derniers à suivre les « grands libérateurs », et il faut vraiment faire des mégatonnes de conneries pour se faire jeter …

    2. « il est pour un Glass Steagall act  » l’abandon du glass steagall act n’a joué aucun rôle dans la crise de 2008: http://minarchiste.wordpress.com/2012/06/27/les-grands-mythes-economiques-mythe-10/
      http://www.contrepoints.org/2012/05/28/84891-sorkin-editorialiste-au-ny-times-la-loi-glass-steagall-naurait-rien-change il y a plusieurs choses à rajouter concernant le premier article:
      (1) Merill et Bear ont été renflouées par des banques de dépôt… Ce qui aurait été impossible sous le GS act.
      (2) Il ne faut pas oublier que le GS act était bien autre chose qu’une séparation des activités de placement et de dépôt. Il instaurait nombre de règles très rigides comme la Regulation « Q » qui plafonnait les rémunérations des comptes ou certains taux de prêt, et qui foutront la merde dans les caisses d’épargne dans les années 70.
      (3) l’union du GS de 1933, de la loi McFadden de 1927 et de l’amendement Douglass de 1935 ont totalement sinistré le crédit… Aboutissant à la création d’un monstre public, Fannie Mae, en 1938 (mal privatisé en 1968), dont le changement de philosophie régulatrice en 1992 allumera la mêche de la crise actuelle.
      (4) Enfin, dire que avec une banque de dépôt, lehman s’en serait sorti… Peu probable. La comptabilité de Lehman était tellement trafiquée (Repo 105, lire rapport d’Anton Valukas) que les pertes dépassaient 50 milliards. On n’était plus sur une simple crise de liquidité.
      (5) Countrywide, organisme de crédit, n’aurait pas été soumise au GS act. Et elle fut l’un des plus gros fauteur de mauvais crédits subprimes.

  5. « 1. À peu de choses près, la situation d’avant 1973 autorisait le gouvernement à imprimer l’argent nécessaire à ses dépenses. Le coût caché, ici, est donc que ces dernières étaient, de ce point de vue, virtuellement sans frein. »

    Et quel est le frein qui bloquerait les banques privés ?

    « 2. Outre les conséquences néfastes du point précédent, cela se traduisait par une allégeance de la politique monétaire aux besoins de financement du gouvernement. Le coût caché, ici, est donc une inflation et une baisse du taux de change faisant payer au peuple, à commencer par les plus pauvres, l’endettement « gratuit » de l’État. »

    Principale raison généralement invoquée pour justifier la loi Pompidou-Rothschild, elle révèle la malhonneteté profonde des pourfendeurs du souverainisme monetaire car un simple regard sur les chiffres de l inflation avant et apres cette loi montre qu’au mieux elle n a rien changé et qu’elle semble même avoir accrû l’inflation

    « 3.L’inflation n’élève pas seulement le coût de la vie présente, mais abaisse tout aussi bien le niveau de vie futur. Nuisant aux épargnants et aux investisseurs, elle se paie en cachette par moins d’emploi et de croissance — à nouveau, aux dépens des moins favorisés. »

    Voir réponse précédente.
    Aux coûts cachés de chomage et de faible croissance, ajoutons celui, bien visible, des interets grassement payés aux financiers privés.

  6. Les français n’ont jamais été aussi riche que pendant les trente glorieuses et la répartition des richesses était bien moins inégalitaire qu’aujourd’hui. Inégalités qui ne cesse de se creuser. Ou avez-vous vu qu’avant 1973 ont a fait payé l’inflation modérée au peuple et exclusivement au peuple? Vous ne croyez pas que rentiers et créanciers payaient leur part à cette époque alors que ce n’est justement plus le cas aujourd’hui ? Comment expliquez vous cela ? Vous ne pensez vraiment pas que cette loi de 1973 est un beau cadeau, un privilège considérable accordé gracieusement au système bancaire ?

    1. Bravo à Jack qui peut concourir aujourd’hui pour la palme du concentré de connerie : je crois bien qu’il n’y a pas une seule phrase de vraie dans ce commentaire, qu’il s’agisse de la richesse, des inégalités, des effets de l’inflation ou du « cadeau au système bancaire ».

      Il est exact que le système bancaire gagne de l’argent sur l’inter-médiation (en fait ce ne sont pas les banque qui prêtent, elle ne font que placer les économies que leurs clients leur ont confier, en touchant un % sur l’opération) ; mais vous pouviez acheter les emprunts d’état directement dans les Trésoreries … sauf que ça coutait plus cher à l’état de payer les fonctionnaires à faire ça, que la rémunération des banques. Alors on a arrêté (sauf erreur).

  7. Restriction pour qui ? Tout bon enquêteur n’ayant aucun apriori doctrinal ou dogmatique se poserait ces deux questions : a qui profite les restrictions, plans de rigueur et hausses d’impôts ? Qui fournira les efforts réels et en subira exclusivement les effets ?
    En dehors de toute idéologie économique, le problème de dette que vous soulevez met en exergue une problématique sous-jacente :
    comment se fait-il que deux tiers de la dette française sont possédés par des étrangers ce qui n’est ni le cas pour l’ Italie, ni pour le Japon notamment. Conséquence, avec un endettement de l’ordre de 120% du PIB pour ces deux pays contre 80% en France, ces nations souffrent à peine plus que la France de la spéculation.
    A nouveau merci qui ? Merci nos élus politiques et nos amis banquiers qui ont fait voter une loi en 1976, je crois, qui a mis fin aux fameux bons du trésor, interdisant à la banque centrale ( banque de France à l’époque) de passer directement par les épargnants français pour ses besoins de trésorerie. Un jackpot pour les banques détentrices du monopole. Aller sur le site de l’AFT pour comprendre le hic dénoncé par d’éminents économistes…

  8. « Et quel est le frein qui bloquerait les banques privés ? »
    C’est effectivement ce qu’il manque : il faut donc un retour à l’étalon or ou au free-banking. Ce qui est intéressant dans cette loi, c’est qu’elle permet de diminuer une bonne part de la création monétaire, c’est mieux que rien.

    « car un simple regard sur les chiffres de l inflation avant et apres cette loi montre qu’au mieux elle n a rien changé et qu’elle semble même avoir accrû l’inflation »
    Et il faudrait peut-être réfléchir : le système de breton-woods était toujours en place avant la loi Rothschild, et limitait donc l’inflation.
    Après 1973, pourquoi y-a-il de l’inflation ? Hausse des coûts de production, du prix du pétrole, indexation des salaires sur les prix… inflation qui aurait été bien pire sans cette loi.

    « Aux coûts cachés de chomage et de faible croissance, ajoutons celui, bien visible, des interets grassement payés aux financiers privés. »

    La faible croissance et le chômage, c’est à cause de taxes trop importantes, d’un marché du travail trop peu flexible et de réglementations qui alourdissent les charges des entreprises. Bref, vas savoir pourquoi la Suède a fait faillite dans les années 90 et comment elle a rebondit, tu trouveras les recettes pour avoir une croissance économique.
    http://www.contrepoints.org/2011/01/24/11943-l%E2%80%99evolution-economique-de-la-suede
    Rien à voir avec le fait que l’état peut disposer autant qu’il veut de monnaie.

    Sinon, il est normal que les banquiers prennent des intérêts, c’est leur métier. Sans intérêts, pas de banques et cela serait quand même pas folichon une situation pareille. On peut surtout blâmer l’Etat qui emprunte démesurément pour financer des choses inutiles, renflouer ses petits copains, et appauvrit les générations futures en faisant cela.

    « la répartition des richesses était bien moins inégalitaire qu’aujourd’hui »
    Ah oui c’était moins inégalitaire : durant les 30 glorieuses, tout le monde était plus pauvre que maintenant . En 1960, est-ce qu’un « pauvre » avait un ordinateur ? Un téléphone portable ? Pouvait s’offrir autant de loisirs ? Il dépensait combien de % de son revenu dans l’alimentation ? Retourne donc aux 30 glorieuses si ça te dit, mais ça va te faire un sacré choc.
    On ne mesure pas le succès d’une politique économique par l’égalité entre les agents économiques, on le mesure par le nombre de biens et de services que l’on peut s’offrir. Trouves moi la preuve qu’un pauvre aujourd’hui a moins de biens et de services qu’en 1970, mais tu vas avoir du mal.

    « vous ne croyez pas que rentiers et créanciers payaient leur part à cette époque »
    Ah bon, un bon système économique c’est celui qui pille l’épargne des gens ? Épargne qui d’ailleurs, finance les investissements et crée des emplois ?
    L’inflation vole une première fois aux moins aisés en diminuant leur pouvoir d’achat, il leur vole une deuxième fois en leur privant d’emplois. Chouette, non ?

    « Vous ne pensez vraiment pas que cette loi de 1973 est un beau cadeau, un privilège considérable accordé gracieusement au système bancaire ? »
    Cette loi a servi à limiter l’inflation par la création monétaire et c’est tout ce qu’on lui demandait. Le reste est la faute d’un Etat obèse qui ne pouvait financer ses dépenses autrement qu’en empruntant. Alors là oui les banques ont du se réjouir que les Etats ne respectent pas la rigueur budgétaire !
    Mais ne vous inquiétez pas ! Maintenant c’est la BCE qui prend le relais et de l’inflation on va en avoir pour sauver l’euro.

  9. (Il semble que mon dernier message ne soit pas passé, bref je le remets.)

    « Et quel est le frein qui bloquerait les banques privés ? »
    Un retour à l’étalon or ou au free banking. Les libéraux l’attendent toujours.

    « un simple regard sur les chiffres de l inflation avant et apres cette loi montre qu’au mieux elle n a rien changé et qu’elle semble même avoir accrû l’inflation »
    Réfléchir, c’est bien aussi : l’inflation était limitée avant la loi Rothschild car Breton Woods existait encore. Après la disparition de l’étalon or, soit juste après 1973, on assiste à une explosion de l’inflation. Il faut ajouter à cela une hausse des coûts de production des entreprises et l’indexation des salaires sur les prix qui n’a rien arrangé.

    « des interets grassement payés aux financiers privés. »
    La faute aux banquiers qui acceptent de prêter de l’argent ? Non, la faute aux états qui s’endettent. Personne ne les oblige à s’endetter, à eux de gérer leur budget.

    « Les français n’ont jamais été aussi riche que pendant les trente glorieuses et la répartition des richesses était bien moins inégalitaire qu’aujourd’hui. »
    Ah bon ? Un « pauvre » en 1960 pouvait s’offrir plus de biens et de services qu’un « pauvre » aujourd’hui ? Il suffit de regarder les statistiques de l’INSEE, nous sommes définitivement bien plus riches aujourd’hui :
    http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=bdf06#a05

    Vous préférez une égalité dans la misère, ou une élévation du niveau de vie de tous avec des inégalités ?

    « Vous ne croyez pas que rentiers et créanciers payaient leur part à cette époque alors que ce n’est justement plus le cas aujourd’hui ? »
    Alors un bon système économique, c’est celui qui vole l’épargne des gens ? Les investissements dépendent logiquement de l’épargne disponible. Sans épargne, pas d’investissement, pas de création d’emploi, tout le monde est perdant.
    De plus, sans épargne vous allez avoir des problèmes pour votre retraite, enfin sauf si vous bossez dans le public bien sur…

  10. Ah, les illettrés économiques sont de sortie :D Et ils ont amené avec tous les clichés et autres poncifs sans fondement sur l’ultra-néo-méga-hyper-giga-libéralisme imaginaire… Allez, pas la peine de perdre du temps avec ça, comme on dit « ça les instruit ».

  11. salut les dinosaures du néolibéralisme! Profitez bien de vos derniers mois de pouvoir :trente ans d’expérimentation depuis Reagan on a eu le temps de voir vos dégâts: précarisation de 3°% de la population,super sécurité pour les dirigeants et les actionnaires (parachutes dorés et stock options, même en cas d’échec!) Je sais en plus que pour vous ce n’est rien ,il faudrait supprimer le smic la sécu et les indemnités de chômage… Alors on a bien vu les combines des Von Mises et Von Hayek: précarité pour les employés et largesse et sécurité pour les 1% les plus riches. Mise est à mourir de rire (jaune depuis que ses idées sont au pouvoir ) Pour lui un employé est libre lorsqu’il est tout seul devant son patron, sans syndicat surtout, vous parlez d’une liberté. Pour lui les grèves relèvent du terrorisme ! Bref c’est un extrémiste de droite qui aurait sa place au FN avec Marine Le Pen aujourd’hui: (encore une rentière)

    1. Oh le beau concentré d’illetrisme! Il y a tout, le « néolibéralisme » imaginaire, les « idée de Von Mises au pouvoir » (faudra me dire où et quand, que j’emigre vite dans ce pays sans banque centrale et à système bancaire libre, avec un état assurant seulement les tâches régaliennes), les syndicats « ennemis » des libéraux et la « négation » du droit de grève, alors que ce sont justement les libéraux qui ont été les premiers à défendre et à obtenir le droit de se syndiquer et le droit de grève en France, les stocks options, la défense exclusive des « riches » (ce qui est le comble du ridicule quand on a ne serait-ce qu’une vague idée de ce que le mot « libéralisme » veut dire) etc. etc. Bref toutes les débilités répétées en boucle dans les médias et la bouche des politiciens concentrées en si peu de mots. Ça tiendrait presque de l’exploit!
      Je ne comprends pas, on m’a toujours dit que « quand on ne sait pas, on se tait », et j’ai toujours trouvé ce conseil sage. Ce n’est pas le cas de tout le monde on dirait…

    2. la france est l’un des pays les plus socialistes d’europe, il suffit de regarder les chiffres (dépenses publiques 57%, la fonction publique représente pres de 7 millions de fonctionnaires(http://www.observatoiredessubventions.com/2010/combien-de-fonctionnaires-en-france/), 70 au rang des libertés économiques selon Heritage Foundation après le Cap-Vert, le Kazakhstan ou encore la Jamaïque, l’un des plus haut taux d’imposition ( la France a un taux d’imposition total moyen de 64,7% principalement constitué (51,7%) de charges sociales, le 2 plus fort taux d’imposition en europe),…..

  12. Bref…cet article nous explique que depuis 1973 les banques commerciales et les marchés financiers se sont allègrement enrichis …pour notre bien.

  13. d’autres pays ont interdit le Trésor Public local de présenter ses propres effets à l’escompte de la Banque centrale nationale, ils n’ont pas tous une dette publique galopante pour autant : Finlande, Suisse ou Norvège par exemple.
    la dette a explosé à partir de cette période parce que c’est à partir des années 80 que nous avons du affronter la conjonction de la hausse du nombre de fonctionnaires + les générations de retraités issus des générations post Première Guerre Mondiale. La banque Rothschild fait des fusions acquisitions, et non pas du crédit. On ne peut donc MEME PAS dire qu’elle a bénéficié de cette loi. La fameuse loi de 73 n’a pas empêché l’Etat d’emprunter à la BNF, ce n’est que depuis Maastricht que c’est le cas.
    Si on regarde la Belgique, soumise à Maastricht diminuer sa dette relative de 50 points et le Japon qui n’y est pas soumis voire sa dette passer à pres de 250%, c’est marrant.
    L’Etat empruntait déjà aux marchés avant, la majorité des créanciers sont composés des pensions, des assurances vies, etc. D’ailleurs, il suffit de voir l’évolution des taux, plus bas après cette loi pour se rendre compte que c’est faux.
    il faut arrêter de confondre les taux journaliers de la BCE et les taux longs des obligations. Les banques ne peuvent pas faire le swap entre les divers taux.
    regardez l’évolution des dépenses et des recettes en chiffres absolus. La charge de la dette peut être rapidement compensée en n’augmentant pas les dépenses pendant un an ou 2.
    La dette a été triplée par rapport à il y a 20 ans, la charge de la dette non. (En chiffres absolus et constants.)
    comparez les estimations de croissance et la croissance observée, regardez l’évolution du déficit selon les écarts et vous trouverez a cause de la dette. le probleme c’est le monopole monetaire et le fait qu’on s’en serve pour donner cours force a des monnaies fiduciaires. EN somme on « force votre confiance ».
    On cree ainsi un marche captif, un monopole artificiel purement legal.
    QUe ce soit des banques qui profitent de ce monopole a travers des interets ou que ce soit l’Etat qui en profite en « empruntant » a 0% tout en nous facturant l’inflation, je ne vois pas ce que ca change. QUe le citoyen de base se voit depourvu de son capital par l’impot (remboursement d’interet) ou par l’inflation je ne vois pas ce que ca change. C’est comme se demander si l’injection etale est plus ou moins humaine que la chaise electrique… Pour le mort ca ne fait aucune difference apres…