La France a besoin d’un discours de vérité !

Les Français préféreraient entendre le nouveau président de la République leur dire la vérité, celle qui fâche parce qu’elle fait mal là où on appuie.

Les Français préféreraient entendre le nouveau président de la République leur dire la vérité, celle qui fâche parce qu’elle fait mal là où on appuie. Margaret Thatcher et Ronald Reagan ont su le faire, inspirons-nous en.

Par Philippe Robert.
La République est en danger ! C’est en tout cas ce que nous apprend à grandes sonneries de trompe le président de ladite République visiblement affolé par les répercussions de l’affaire Jérôme Cahuzac. Des répercussions d’ailleurs largement amplifiées par les décisions hors de toute mesure prises à la volée par un exécutif incapable de discerner, ne serait-ce que pour les traiter à temps, les grandes priorités de l’heure.

Or ces dernières ne cessent de se presser aux portes de la France, et ce dans tous les domaines permettant encore à notre pays de faire illusion, avec le risque bien réel non seulement de lasser nos petits camarades de l’UE mais aussi et surtout, peut-être, les marchés financiers auxquels nous demandons avec un rare inconscience de tenir à bout de bras un train de vie conduisant directement à la faillite.

La Commission européenne elle-même, pourtant animée d’une patience d’ange et faisant preuve d’une rare mansuétude avec les atermoiements français, semble commencer à trouver le temps long depuis l’élection par défaut de François Hollande et le peu d’empressement de son gouvernement, scandaleusement suralimenté, à définir et à mettre en oeuvre un programme qui soit véritablement à la hauteur des défis du temps.<

“La résistance du pays aux chocs extérieurs diminue et ses perspectives de croissance à moyen terme sont de plus en plus entravées par des déséquilibres de longue date (…) La faible profitabilité des entreprises, en particulier dans le secteur industriel, couplée à leur endettement, est une menace pour la compétitivité de l’économie française tout entière”écrivent les auteurs du rapport publié par la Commission.

La récente disparition de Margaret Thatcher, à laquelle d’ailleurs Audrey Pulvar et d’autres personnalités de gauche attribuent par confort idéologique la crise actuelle, devrait au contraire nous remémorer qu’un pays moralement et politiquement abattu comme l’était la Grande-Bretagne à l’aube des années 80 exige, d’une façon ou d’une autre, que l’on soit capable de mesurer la gravité du mal pour mieux le vaincre.

S’agissant de la France, la question est donc aujourd’hui posée de savoir si le Prince actuellement logé à l’Elysée et sa cour des miracles faisant office de gouvernement sont eux-mêmes capables de prendre le taureau par les cornes en un moment de notre histoire où nous risquons fort, contre toute attente hollandienne, de voir bientôt débouler la fameuse troïka en majesté pour nous apprendre à vivre selon nos moyens.

Plutôt que des attaques contre la famille et autres délirantes mignardises à la Taubira, je suis convaincu que les Français auraient certainement préféré, quitte à râler un bon coup, entendre le nouveau président de la République de leur coeur leur dire la vérité, celle qui fâche parce qu’elle fait mal là où on appuie. Un bon ami de Maggie Thatcher du nom de Ronald Reagan a eu cette lucidité en s’adressant sans fard aux Américains.

En effet, lors d’un discours prononcé le 17 mars 1980 devant le Chicago Council on Foreign Relations, Ronald Reagan s’est exprimé en ces termes directs que, bien entendu, il n’a jamais reniés par la suite pour la bonne raison que c’était… la pure vérité :

“Nous sommes actuellement perdants dans la compétition économique internationale : non seulement parce que nous sommes trop gouvernés, trop réglementés et trop taxés, mais aussi parce que [notre système de taxation décourage le risque, l’investissement et l’entreprise. Et le résultat de la surtaxation est que les gens et l’emploi dans le secteur privé (…) sont étouffés en faveur du secteur public qui n’est pas seulement le secteur le moins productif de notre économie, mais consacre en outre l’essentiel de son activité à entraver la production et à stimuler la consommation.] Aujourd’hui, 79 millions d’Américains travaillent et gagnent leur vie dans le secteur productif privé; 82 millions d’Américains reçoivent leurs revenus du gouvernement”.

Voilà ce que j’aurais aimé entendre en toute priorité et en bon français de la bouche du président Hollande dès le 7 mai 2012. Et surtout comment en sortir par le haut avant que Bruxelles ne finisse, dans un heureux accès de transparence, par brûler la politesse à nos gouvernants lancés à bride abattue dans une délirante chasse aux paradis fiscaux sans un regard pour l’enfer fiscal qu’est devenu notre malheureux pays.

Enfin, rappelons qu’à la fin de son unique mandat, en 1980, la cote de popularité de Jimmy Carter était tombée à 26%. Chez nous, en 2013, celle de François Hollande flirte dangereusement avec les 30% dès sa première année (sur cinq) de présidence : tout cela devrait s’imposer au premier chef à l’esprit de nos dirigeants pris en flagrant délit de schizophrénie politique dans sa phase la plus aiguë.