La vraie nature de la compétition

Competition

La compétition n’est pas toujours la jungle sauvage décriée par les ennemis si nombreux de la mondialisation, à condition de bien la définir.

La compétition n’est pas toujours la jungle sauvage décriée par les ennemis si nombreux de la mondialisation, à condition de bien la définir.

Par Jean-Louis Caccomo.

La protection incite à la démission autant que la concurrence invite au dépassement de soi [1].

CompetitionMême s’il existe une guerre économique, qu’il nous faut assumer mais qui est un dévoiement de la concurrence, la compétition n’est pas toujours la jungle sauvage décriée par les ennemis si nombreux de la mondialisation, à condition de bien la définir. La compétition ne doit pas consister à écraser les autres, ça c’est la guerre (économique) et ça n’engendre que malheur, destruction de richesses et désolation. Quand vous écrasez quelqu’un, vous semez toujours les germes de la rancœur, de la frustration, de la jalousie et de la haine ce qui finira toujours par se retourner contre vous, et les autres seront irrémédiablement vos ennemis. Et il vous faudra consacrer une énergie considérable pour vous en protéger.

La compétition saine consiste à se « frotter aux autres » et on a tous à y gagner : on s’améliore dans le même temps que l’on fait évoluer les autres et ils vous en seront toujours reconnaissants.

Bien-sûr, si une équipe de 4ième division se frotte aux champions du monde, elle perdra systématiquement, ce qui est démotivant et contre-productif. Et si elle joue toujours contre la plus faible, elle gagnera toujours et n’en retirera aucune satisfaction, aucun mérite et aucun enseignement.

Il est donc essentiel de bien choisir son étalon de mesure, son benchmark. Et pour bien le choisir, il faut bien se connaître soi-même, ce qui implique de faire un travail sur soi d’évaluation profonde. Ainsi, en allant vers les autres (ce qui n’est pas toujours facile), on apprend en fait à découvrir qui l’on est vraiment et quelle est notre véritable valeur personnelle. En s’ouvrant aux autres, on apprend à mieux se connaître.

On a donc tout à apprendre à s’ouvrir aux autres et à l’extérieur, que l’on soit un individu, une université, une entreprise ou un pays. Dans tous les cas, les organisations humaines ne sont toujours composées que par les individus qui les font vivre ou mourir selon que ses membres s’épanouissent, s’accomplissent, se referment sur eux-mêmes ou se figent. Nous sommes avant tout un peu tous prisonniers des chaînes dans lesquelles nous nous sommes nous-mêmes enfermées.

C’est pourquoi le repli sur soi, le protectionnisme à tout crin, la fermeture systématique nous appauvrissent systématiquement et que l’économie, comme les hommes et les femmes, ne s’épanouissent et ne s’enrichissent que dans les échanges et l’ouverture au monde extérieur.

Car l’économie n’est faite que par les hommes et les femmes qui la composent, c’est-à-dire par définition des êtres humains faillibles et perfectibles.


Sur le web.

Note :

  1. Mathieu Laine, La France est foutue, Éditions JC Lattès, Paris 2007, page 94.