Mélenchon ne ferait-il pas le jeu du FN ?

Mené par Mélenchon, le Parti de Gauche ne parvient pas à percer. Pire, il renforcerait son ennemi de toujours, le FN.
Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Mélenchon ne ferait-il pas le jeu du FN ?

Publié le 29 mars 2013
- A +

Mené par Mélenchon, le Parti de Gauche ne parvient pas à percer. Pire, il renforcerait son ennemi de toujours, le FN.

Un article de l’auteur du site Bobo libéral.

Mélenchon ne ferait-il pas le jeu de Marine Le Pen ? Voilà une question bien incongrue. Il est évident que Mélenchon n’a aucune sympathie pour le FN, au contraire il s’en proclame être le meilleur rempart, mais son discours qui s’est radicalisé ces derniers jours va probablement renforcer à son insu le camp situé à l’autre bout du spectre politique.

Comme je l’avais déjà dit dans un billet précédent, la légitimation du FN et de ses thèses actuelles ne furent pas le seul fait de l’UMP et de son ex-leader Nicolas Sarkozy, mais aussi celui de toute la classe politique par leur violent parti pris anti-capitaliste et anti-libéral. L’exemple le plus marquant fut le retour du protectionnisme (du moins dans le discours car dans les faits il est toujours présent partiellement) dont Montebourg s’est fait le plus grand défenseur.

Le Parti de Gauche, qui a cru un temps ressusciter la gauche historique, se retrouve aujourd’hui dans une position bien étrange. Malgré une couverture médiatique importante et une sympathie d’une part non négligeable des journalistes, il n’arrive pas à percer. Pire, il renforcerait son ennemi de toujours, le FN. Les résultats des élections législatives de l’Oise furent des plus éloquents, le candidat du FN a dû mathématiquement pour atteindre son score de 48,6 %  bénéficier de voix de la gauche (et probablement de sympathisants PG).

Cette porosité aurait de quoi surprendre. Pas tant que cela au vu de certaines positions prises récemment par le Parti de Gauche. Examinons simplement un point de sémantique de son discours. Désormais la gauche de pouvoir est accusée d’être sociale-libérale, terme qui me rappelle d’ailleurs celui de sociaux-traitres que les communistes d’antan jetaient à la face des sociaux-démocrates. N’oublions pas que Marine Le Pen  accuse les socialistes d’ultra-libéraux et d’agents de la finance internationale. Mieux encore, elle ne les dissocie plus de l’UMP, qui formeraient, eux et le PS, la clique au quolibet d’UMPS.

Le PG, lui aussi, s’agace de voir que la politique de Hollande est à l’identique de celle de Sarkozy, inféodée à Merkel et à la finance internationale. Même approche.

Pire (ou mieux), Melenchon a semblé un temps ambigu sur une sortie de l’Euro, le pré-carré incontestable de Marine Le Pen.

Le PG, en perte de vitesse dans les sondages, se mettrait-il à courir après le FN pour récupérer des électeurs ? Après tout, n’est-il pas inscrit dans la génétique des partis de social-démocratie de gagner coûte que coûte les élections ? Dans ce marché politique, il y a comme une inéluctabilité à la compromission des idéaux pour gagner le pouvoir.

Malheureusement dans ce concours à qui veut mieux prendre la place de l’opposant à l’Establishment, Marine Le Pen sera toujours la plus authentique. Parti politique largement ostracisé par la classe politique et les médias, le FN peut se prévaloir de ne pas appartenir aux systèmes, à l’inverse d’un Mélenchon qui en 92 a approuvé le traité de Maastricht. Ce dernier peut aujourd’hui faire amende honorable et gagner en lustre en reconnaissant ses erreurs, mais ce changement de cap fera toujours planer sur lui un doute parmi ceux qu’il tente de séduire. Un peu comme un Romney critiquant un Obamacare directement inspiré de la couverture santé qu’il a mise en place dans l’État du Massachusetts. Il y a comme une incohérence indépassable.

De plus ce qui permet au FN de prendre le large par rapport au PG est sa position vis-à-vis de l’immigration. Le PG ne sera jamais, du moins je crois, un parti anti-immigration. Cette distinction de taille fera la différence et limitera les ambitions et l’influence du PG (il est moins opportuniste).

Lors de l’élection d’Henin-Beaumont, qui avait vu s’opposer le leader des deux partis (FN et PG) l’infortuné Mélenchon déclarait que ce qui le différenciait du FN est que pour lui la crise avait pour coupable la banque, et non les étrangers. Le problème pour notre candidat de gauche est que le FN considère que les affres des Français sont à la fois liés aux banques et aux immigrés. Le FN a un horizon plus large, quoiqu’en dise Mélenchon. Le PG ne fait que légitimer une des ailes du FN, celle de gauche, par la voix d’un personnage aussi brillant, pour ses qualités d’orateurs, que Mélenchon.

Et ainsi, curieusement, dans le jeu politique, ce parti se trouve dans une position paradoxale ; à la fois il trouve un écho favorable dans l’opinion publique par ses critiques du pouvoir, mais dans le même temps il rebute cette opinion par ses positions pro-immigrations et sa trop grand proximité avec le pouvoir en place (Mélenchon fut membre de gouvernement par le passé).

Au contraire d’un parti de Marine Le Pen  qui peut étendre son influence sur un ensemble plus grand d’électeurs, en piochant aussi bien à droite qu’ à gauche, et d’être dans le paysage politique actuel, non plus à un de ses extrêmes mais au centre de celui-ci.

Et désormais, comme on peut le constater, tout orbite autour de lui.


Sur le web.

Voir les commentaires (17)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (17)
  • Il faut dire que le FN est devenu un parti de gauche comme un autre. D’ou la raison de son succes: C’est le seul parti de gauche anti immigration.

  • Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen : ce couple-là est ce que la politique française contemporaine offre aujourd’hui de plus intéressant. Les deux sont intelligents, les deux sont cultivés, les deux sont talentueux. Leur duel à Des Paroles Et Des Actes ( http://www.youtube.com/watch?v=L62k-fElp_w ) fut le plus grand moment de télévision politique de ces dernières années. Nous avons bien le droit de nous y intéresser plus qu’à Copé-Fillon ou Montebourg-Moscovici. Le duel entre le FdG et le FN nous rappelle que la politique est un bon roman, quand elle veut.

  • De quel sondage vous parlé?
    les récents dérapages de Mélenchon n’ont aucun rapport avec les résultats dans l’Oise qui date de bien avant.
    Cet article est anachronique. Il est paradoxal de se plaindre de l’anticapitalisme des Français- ici même- est de reprocher l’anticapitalisme du PG, qui ne fait servir une soupe qui a un fort succès.
    Vous vous basez sur les résultats dans l’Oise pour tirer la conclusion d’un enlisement du PG?
    . Faut descendre de votre tour d’ivoire, les libéraux.

  • Marine Le Pen, c’est la gauche la plus bolchevique, battant pavillon de l’Extrême-droite ! Une originalité bien française …

    Une dérive de type marketing : puisqu’aucune personne intelligente ne pourrait adhérer à ses fantasmes grotesqsues, elle fonce ratisser à gauche, où toute « originalité »prend une allure messianique.

    Melanchon et Le Pen, deux vautours pour dépecer un cadavre 🙂

  • l’extreme gauche et l’extreme droite, se sont toujours senti proche par se qu’elles detestent le plus: la democratie parlementaire, c’est a dire les idée de 1789 ( pour schematiser grossièrement ).
    le parti de gauche ne doit faire peur a personne, car il n’a aucun base populaire, contrairement au FN, qui peut ratisser large: ouvriers en voie de declassement, agriculteurs humiliés par la PAC, catholar, indepandants sans defence, franchouillard qui voit le magrhebin manger dans son assiète, droitiste decu de l’ump ….
    le seul appuit du parti a melanchon, c’est les medias francais, qui le presentaient aux dernières presidentielles, comme le troisième homme, alors qu’il a beaucoup decu.
    la force du FN, c’est de n’avoir jamais été au pouvoir, s’il y parvient un jour, la deception risque d’etre encore plus rapide et profonde qu’avec gogoland.

    • On ne peut pas cracher sur ses adversaires et manger dans la même gamelle qu’eux : c’est ce que fait Méchancon. Les électeurs n’oublient pas qu’il a été du sérail (et qu’il en est encore) pendant 40 ans.

    • le programme économique du fn est le meme que celui d’extreme gauche, c’est un programme complétement irréaliste.le fn et le front de gauche sont des partis extremement semblables. ils ont un programme économique tres similaire. ce qui les différencie c’est surtout l’immigration. la politique s’est comme un fer de cheval les extrémités sont tres semblables.

  • « la légitimation du FN et de ses thèses actuelles ne furent pas le seul fait de l’UMP et de son ex-leader Nicolas Sarkozy »

    Marrant cette manie de certains « intellectuels » refusant de croire que le peuple n’agit jamais en connaissance de cause mais par le truchement de « tromperies » de « validation » tierce autre truchement qui serait nécessaire à sa prostration cognitive.

    • bah, c’est quoi, ou qui, « le peuple » ? l’Anthropomorphisme a des limites, mais en matière de politique il est particulièrement crétin.

  • Curieuse lecture. Il n’y a rien de commun idéologiquement entre le FN et le FDG tant sur la fiscalité, l’immigration, l’économie, l’écologie, les scops et même sur le protectionnisme. Il faut dire que le FN de la fille a opportunément abandonné le discours libéral du père dans le domaine économique pour ratisser large…

    Curieuse lecture également du résultat de cette élection partielle.
    Une enquête sérieuse a conclu que moins de 20 % des électeurs du FDG ont voté pour le candidat frontiste contre près d’un électeur socialiste sur deux … http://www.joelgombin.fr/que-sest-il-passe-dans-la-2e-circonscription-de-loise/

    C’est bien joli de renvoyer dos-à-dos FDG et FN, mais c’est nier les faits…

    • le programme économique du fn est le meme que celui d’extreme gauche, c’est un programme complétement irréaliste.le fn et le front de gauche sont des partis extremement semblables. ils ont un programme économique tres similaire. ce qui les différencie c’est surtout l’immigration. la politique s’est comme un fer de cheval les extrémités sont tres semblables.

    • Le socialisme évolue naturellement vers le national-socialisme. Friedrich Hayek, prédisait déjà en son temps dans La Route de la Servitude que l’avènement du socialisme allait conduire à la fermeture hermétique des frontières tant pour les biens que pour les hommes. Pour ce qui est des biens, le mécanisme est relativement bien compris : la mise en place de mesures protectionnistes étant la conséquence directe de l’effondrement de la compétitivité du pays suivant la mise en place d’un programme économique socialiste. Pour ce qui est des hommes, Hayek expliquait très justement que le principe de base du socialisme, c’est-à-dire l’accaparement des richesses d’un pays par l’État pour ensuite les redistribuer sur des critères d’égalité, implique nécessairement de distribuer une plus petite part du gâteau à chacun au fur et à mesure qu’augmente la population. Ainsi, prédit Hayek, les ouvriers d’un pays riche n’ont aucun intérêt à voir débarquer chez eux des immigrants plus pauvres qui diminueront mathématiquement leur part du gâteau lors du partage final. Le socialisme ne peut s’appliquer que dans un pays fermé, afin d’empêcher aux plus pauvres d’y entrer et aux plus riches d’en sortir, tout en bloquant, bien-sûr, l’accès aux produits importés moins chers et de meilleure qualité.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

À la chute du Mur de Berlin, nombreux furent les théoriciens qui affirmèrent que l’idéologie de gauche allait s’effondrer. Moscou, la Mecque du socialisme pendant 70 ans, redeviendrait une capitale comme une autre. Privées du soutien idéologique, logistique et financier de l’Union soviétique, les filiales du Komintern allaient s’éteindre les unes après les autres. Sans le soutien électoral des communistes, le socialisme était voué à disparaître. En France, l’effondrement du PCF actait, croyait-on, la victoire des idées libérales.

Jean-... Poursuivre la lecture

Le débat du 21 novembre sur LCI entre les trois candidats à la présidence des Républicains a été fort décevant.

Comme à son habitude, Éric Ciotti a joué la carte de la fermeté en défendant une droite « qui ne s’excuse plus d’être elle-même » ; Bruneau Retailleau s’est fait le partisan d’une droite « fière de ses valeurs avec une ligne claire sur le régalien et l’économie » ; Aurélien Pradié n’a rien trouvé de mieux que de vanter son expérience de maire et de pompier.

Dans son éditorial du journal Le Figaro des 26 et 27 novembre ... Poursuivre la lecture

« Caramba encore raté » peuvent se dire les trois candidats à la présidence des LR.

En votant la motion de censure présentée par la NUPES lors du premier 49-3 de la législature en cours, les députés RN avaient mis en difficulté les députés LR en se présentant comme les premiers opposants au macronisme. Dans un deuxième temps, le RN a réussi une passation de pouvoir sans mélodrame à la tête du parti entre Jordan Bardella et Marine Le Pen (type Fillon-Copé en 2012) tout en évitant les coups bas déshonorants pour la démocratie interne d’u... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles