La peur de rappeler les racines socialistes du fascisme
Publié le 19/02/2013
L’ascendant culturel de la gauche est si fort que plus personne n’ose rappeler les racines socialistes du fascisme.
Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.
« Je suis Socialiste, et un Socialiste plus authentique que votre riche ami le Comte Reventlow », disait Hitler en 1930 à Otto Strasser.
À l’époque, personne n’aurait considéré cette phrase comme controversée. Les nazis auraient difficilement pu afficher plus ouvertement leur socialisme, ils se définissaient avec la même terminologie que notre SWP [Socialist Workers Party, le plus grand parti d’extrême gauche anglais, NDT] : Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands.
Il était évident pour tous que le fascisme est une émanation de la gauche révolutionnaire. Ses militants défilaient le premier mai sous des drapeaux rouges. Ses dirigeants défendaient le collectivisme, la nationalisation de l’industrie, le protectionnisme, les conseils d’ouvriers. Partout en Europe, ils pensaient comme Hitler qui dit à un Mussolini enthousiaste en 1934 : « le capitalisme a fait son temps ».
Une des réussites les plus impressionnantes de la gauche moderne est d’avoir imposé un climat culturel qui refuse d’entendre ces simples faits. L’Histoire est réinterprétée en partant du principe que le fascisme est de droite, la logique étant semble-t-il que « gauche » signifie gentil, « droite » méchant, et que les fascistes étaient très méchants. Cette analyse qui semble sortie tout droit de Twitter est déplacée de la part de commentateurs sérieux.
Quand avez-vous entendu pour la dernière fois la BBC évoquer le BNP [British National Party, parti nationaliste anglais NDT] sans l’épithète « extrême droite » ? Cette terminologie délibérément tendancieuse nuit à la droite mainstream plus qu’au BNP puisqu’elle implique que son programme se réduit finalement à une forme plus intense de conservatisme.
On ne peut croire ça qu’en fermant les yeux sur la plus grande partie de ce que le BNP défend.
Comme l’écrit le New Statesmen :
Un simple survol des textes du BNP permet de trouver les propositions suivantes : forte augmentation des retraites, plus d’argent pour la santé publique, meilleure protection des travailleurs, nationalisation d’industries stratégiques. Sous Griffin, l’extrême droite moderne se positionne à gauche du Labour [équivalent anglais du PS, NDT].
L’ethno-nationalisme n’est d’ailleurs qu’une autre forme de protectionnisme. Ce parti refuse la libre circulation des personnes de la même manière qu’il refuse celle des biens. Pas étonnant qu’il se vende à présent comme « le Labour Party tel que vos parents le connaissaient ».
Je ne dis pas que le BNP et le Labour sont équivalents. Ce serait commettre la même erreur, en symétrique, que la populace de Twitter. Il y a de toute évidence d’énormes différences entre les convictions de Nick Griffin et celles d’Ed Miliband. Le BNP partage aussi des propositions avec les verts, les libéraux démocrates et les conservateurs. Avoir des propositions en commun ne signifie pas forcément qu’on partage la même doctrine.
J’espère simplement que les personnes de gauche qui m’ont lu jusqu’ici savent maintenant ce que peuvent ressentir les conservateurs quand on leur affirme qu’il n’y a qu’une différence de degré entre eux et le fascisme. Chaque fois que quelqu’un souligne les racines socialistes du fascisme on entend des cris d’indignation, pourtant ceux qui hurlent le plus fort sont souvent les premiers à soutenir qu’il y a un lien idéologique entre fascisme et conservatisme. Peut-être que les deux camps devraient songer à cesser d’utiliser cet argument.
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Sur le web.
Lire aussi :
- Le socialisme en chemise brune
- Le document historique publié par Contrepoints, Pourquoi nous sommes socialistes par Joseph Goebbels et Mjölnir.
- L'extrême droite est-elle de droite ?
Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=115302





Droite et gauche sont des réalités sociologiques, voire anthropologiques, mais certainement pas rationnelles. Quelle peut-être la place du libéralisme dans ce jeu politique ?...
Au prétexte d’une gangrène fascistes, la gauche a amputé la démocratie d’une partie de sa représentativité, de sa liberté d’expression et de son pluralisme....
Faire croire à une collusion entre la droite et l’extrême-droite, pourtant beaucoup moins avérée que celle qui lie la gauche à l’extrême-gauche....
Messieurs les « Pigeons », « Dindons » et autres « Moineaux », ce n’est pas sous un gouvernement et une majorité parlementaire ayant une idéologie socialisante que vous pourrez jouir d’un environnement favorable à la marche normale de vos...
La Gauche aime accroire que, de la Révolution à l'affaire Dreyfus, puis de cette dernière à l'Occupation, se seraient opposés deux camps aussi immuables qu'antagonistes....
Extrait d'une brochure nazie dont plusieurs centaines de milliers d'exemplaires furent imprimés et qui largement distribués à partir de 1928-1929...
Un mouvement politique nationaliste, antilibéral et corporatiste d'origine italienne...
Résultats d'une étude de James Lindgren...
"La gauche est une salle d'attente pour le fascisme".
Léo Ferré.
On rappellera que Benito venait de l'extrême gauche anarchiste et que le NSDAP a été fondé non par Hitler mais par Anton Drexler, qui venait très probablement du SPD.
On lira avec profit les ouvrages de Zeev Sternhell ou le très beau livre de Philippe Burrin, La dérive fasciste. Doriot, Déat, Bergery.
le problème de ce texte c'est que l'auteur ne définit pas le socialisme, il confond les doctrines sociales et le socialisme tels qu'on l'entend aujourd'hui ...exemple les premiers socialismes datent de l'antiquité ...
..aujourd’hui le mot socialisme regroupent les courant politique de gauche non marxiste, les marxistes préfèrent le terme de communisme..
Il oublie déjà de préciser que le Comte de Reventlow est le leader du parti nationaliste Anglais de l'époque !
Sinon, se balancer des points Godwin à la figure toute la journée c'est bien mignon mais il en faudra beaucoup plus pour faire gober aux gens que leurs emmerdes pourraient devenir des solutions, si vous voulez mon avis.
Le constructivisme mène irrémédiablement au fascisme, et la droite en France n'est pas moins constructiviste que la gauche...Hélas...
Le constructivisme mène irrémédiablement au fascisme, et ce n'est hélas pas le monopole de la gauche , notamment en France...
@rtedy Dans les pays anglo-saxon, socialisme a toujours un sens proche de son origine. C'est en France qu'il s'est éloigné (en apparence surtout) de ce que l'on appelle communisme.
l'ennemie commun des nazi et des bolchevik etait le liberalisme et la democracie parlementaire, les premiers haissaient les idées issue de la revolution francaise, et les seconds en etait une deviation extrème.
d'une certaine manière, les nazi admiraient les rouges: lors de l'offensive a l'est ( 1941 ) certains dirigeant nazi revinrent admiratifs des territoire conquis en disant: " ce que nous avons fait a coté d'eux n'est rien ! "
le pacte germano-sovietique de 39 ne s'explique pas que par la geopolitique. essayez d'imaginer hitler s'alliant avec la france pour attaquer la russie. tous simplement impossible!
associer au fascisme tous ce qui n'est pas d'accord avec vous, est une vieille ficelle de staline, elle marche toujours: les liberaux sont contre la gauche, ce sont donc des fascistes !
Quand on m' envoie une gazette, je l' épluche
L'article est intéressant car il remet en cause la vielle dichotomie gauche droite mais tendancieux parce qu'il observe les concepts de socialisme et de droite avec des lunettes des années 2000. Aujourd'hui ce qui définit principalement l’appartenance à la gauche ou la droite est adhérer au libéralisme économique ou à un état protecteur (état qui intervient dans la société, dans l'économie etc.). Du coup effectivement on pourrait penser que les nazis étaient très proches du PS de maintenant et surtout pas de l'UMP. Donc très proche de la gauche.
Le problème c'est que la pensée ultralibérale c'est seulement imposée avec l'arrivée de Reagan dans les années 80. Avant ça, la droite européenne ne se définissait pas du tout par "le collectivisme, la nationalisation de l’industrie, le protectionnisme" qui sont les critères utilisés dans l'article pour distinguer la gauche et la droite. En fait à l'époque tout le monde était d'accord sur l'intérêt économique national et le protectionnisme. Pétain, Laval n'on jamais dit allons délocaliser PSA en Chine.
Ce qui distinguait la droite de la gauche dans les années 30 c'était plutôt quel niveau de protection devait- on offrir aux travailleurs. Le PS issu du parti communiste lui même issu des idées de Marx voulait que tous les travailleurs peu importe leur pays soient protégés par des droits sociaux (Léon Blum). Ce qui est très important aussi dans le socialisme de l'époque est l'internationalisme du socialisme. Le socialisme ne disait pas on va défendre les intérêts de la France mais plutôt on va défendre les intérêts des ouvriers dans le monde entier. La droite ne s'intéressait pas tellement à ca, mais s'intéressait plutôt aux intérêts nationaux, économiques et politiques de la France peu importe les conditions de travail.
Du coup, le programme des nazis n'est surtout pas socialiste. Ce n'est pas un programme fondé sur la défense des travailleurs. Ce n'est pas un programme de défense des intérêts des ouvriers à l'international. Surtout pas, c'est bel et bien un programme de défense des intérêts nationaux (de droite) avec une composante raciste qui n'est vraiment pas dans l'idéologie de gauche (pour Marx, les ouvriers de tous les pays doivent combattre ensemble les grands patrons).
Après le fait qu'il y a le mot "socialiste" dans le parti nazi ne signifie pas pour autant que c'est un parti socialiste ou dans ce cas, la République populaire démocratique de Corée est un pays démocratique. Cela signifie juste que le parti nazi est un parti populiste qui a mis dans son nom tout ce qui était cool à l'époque pour ratisser large.
" le nazisme c'est le bolchévisme sans le judéo-bolchévisme"
Adolphe Hitler
ça donne à réfléchir!