L’avenir de la France, hommage à la culture communiste ?

Si la situation de la France est préoccupante, les décisions que ne prend pas le gouvernement le sont encore plus.

L’État français est très endetté et incapable de réduire les dépenses, ce qui maintient le déficit à des niveaux insupportables à qui fait preuve de bon sens. Malgré les déclarations optimistes quant à la fin de la crise, le retour de la croissance et l’inversion de la courbe du chômage en 2013, la France se porte mal. L’euro trop fort et l’indépendance de façade de la Banque centrale européenne, l’égoïsme des Français et le manque de solidarité du reste du monde sont pointés du doigt par le gouvernement ; quand le doigt montre tout le monde, l’imbécile est au bout du doigt.

Les Français peuvent être accusés d’égoïsme lorsqu’ils choisissent de chercher une vie meilleure en s’installant ailleurs, de même que les investisseurs étrangers lorsqu’ils désertent la France. Mais ce n’est pas la solidarité qui pourrait les faire rester, c’est le masochisme. La dette et la taille de l’État pèsent sur l’économie, qui ne pourra pas sortir de cette situation tant que les deux n’auront pas diminué. La solution n’est pas l’austérité, elle est bien plus large : ce n’est pas la dépense publique qui doit être réduite, mais le périmètre de l’État. Deux forces s’y opposent : l’État et les Français.

L’État et ceux qui le dirigent sont prisonniers de deux paradigmes, le keynésianisme et le socialisme. Le keynésianisme les pousse à croire que la dépense publique favorise la croissance et, à l’inverse, que sa réduction la pénalise. Les coupes budgétaires qui s’imposent face à des recettes en diminution pour parvenir à l’équilibre seront consenties à contrecœur, d’autant plus que le socialisme et l’État-providence paraissent justes, légitimes et vertueux et nécessitent un niveau élevé de redistribution – donc, de dépense publique.

Les Français commencent, au moins pour une partie d’entre eux, à saisir les enjeux : la dette représente un danger et il faut la réduire. Mais ils ne sont, pour la majorité d’entre eux, pas prêts à consentir aux coupes budgétaires ; ou plutôt, ils veulent bien que la dépense publique diminue, sauf s’ils doivent être affectés par cette diminution, directement ou indirectement. Directement, ils refusent que les aides auxquelles ils ont droit à titre personnel ou pour l’association ou entreprise qui les emploie diminuent. Indirectement, convaincus après des années de propagande étatiste que diminuer les moyens affectés a des conséquences négatives, ils ne sont pas prêts à diminuer la dépense publique pour la santé, l’éducation ou la police, ni à réduire les aides accordées aux plus vulnérables, précaires, défavorisés, pauvres, misérables – maltraités par un libéralisme sans foi ni loi qui sévit en France depuis bien trop longtemps.

Même si les dirigeants et agents de l’État acceptaient et concrétisaient des réductions budgétaires, les Français s’y opposeraient – violemment s’il le faut. Lorsqu’une entreprise supprime des emplois, certains salariés ont recours à la violence sans que les Français ne s’en émeuvent ; pas plus qu’ils ne s’émeuvent des manifestations contre l’austérité en Europe qui ont même leur sympathie.

L’austérité est pourtant inéluctable. Les voisins et partenaires de la France veillent à ce qu’elle ne se mette pas plus à risque – et ne les mette pas plus à risque – et sont vigilants vis-à-vis d’un déficit qu’il faudra rapidement ramener à zéro. Un déficit de 3% du PIB correspond à 23% du budget de l’État, numérateur pertinent contrairement au PIB. Malgré la hausse de la fiscalité, les recettes fiscales n’augmenteront pas, elles diminueront ; les signes avant-coureurs sont déjà là. Les Français quittent la France, les investisseurs étrangers n’y viennent plus comme en témoigne la situation actuelle du marché de l’immobilier haut-de-gamme, les entreprises mettent la clé sous la porte, les emplois, rendus plus chers, se font plus rares, de même que les investissements. S’il est difficile d’anticiper avec précision la baisse des recettes fiscales, on peut d’ores et déjà affirmer qu’elle aura lieu, ne serait-ce qu’en comparant les prévisions de croissance en France avec les hypothèses déjà caduques du budget 2013. L’État a déjà été déclaré en faillite par des ministres des gouvernements précédent et actuel, mais le moment où il ne pourra plus faire face à ses engagements n’est pas encore arrivé. La seule certitude qu’on peut actuellement avoir, c’est qu’il arrivera si l’État ne réduit pas les dépenses et si l’économie continue de se détériorer – i.e. qu’il arrivera – potentiellement en 2013.

Il suffirait pour cela que l’État ne parvienne pas à boucler son budget, c’est-à-dire qu’il ne parvienne pas à refourguer assez d’obligations pour combler le déficit prévu et le différentiel entre le déficit prévu et le déficit réel. Sachant que le gouvernement s’est engagé à réduire le déficit, ne pas y parvenir est un signal fort qui portera sans doute un coup fatal à la crédibilité de la France : si l’État ne parvient pas à réduire le déficit, comment pourrait-il parvenir à rembourser la dette ?

L’aveuglement idéologique de l’État et des Français causera donc leur perte. Le choix qui se présentera à eux est relativement simple mais lourd de conséquences : accepter un retour à la réalité, difficile mais permettant, une fois la situation assainie, un retour à l’équilibre ; ou s’enfoncer un peu plus dans le déni, comme certains l’ont fait avant nous avec des décennies d’appauvrissement et de malheur à la clé. S’il fallait être superstitieux, ce n’est pas en brisant un miroir qu’il faudrait prendre peur, mais en entendant prononcer le mot « socialisme ».

Le seul discours pertinent de la part des politiques français serait d’annoncer qu’ils sont conscients de la gravité de la situation et qu’ils concentrent tous leurs efforts sur l’approche à adopter pour limiter les dégâts lors du nécessaire atterrissage de la France des sommets d’absurdité qu’ils nous ont permis d’atteindre. Plus tôt on prépare les Français aux changements qui s’annoncent, en explicitant les objectifs – une économie florissante fondée sur des principes justes – et une feuille de route permettant de les atteindre – le rythme auquel le démantèlement de l’État, le remboursement de la dette et les baisses d’impôt seront effectués – mieux ils accepteront et s’adapteront à la réalité.

Au lieu de cela, ceux qui nous dirigent vont sciemment et toutes voiles dehors vers le surendettement : ils dépensent à tour de bras et s’engagent sur plusieurs années alors que leurs revenus diminuent à un rythme croissant. A la différence des ménages qu’on protège de leur propre irresponsabilité en les soulageant du poids de leur dette pour le rendre supportable, les États ne peuvent que supplier leurs créanciers et de potentiels appuis internationaux sans garantie de succès. Les Français seraient donc bien avisés de se préparer au pire, puisque ceux qui nous dirigent semblent avoir déjà choisi la voie du collectivisme sans limites. Ils n’auront d’autre choix que de faire défaut ou piller la France, d’une façon ou d’une autre.

L’avenir de la France sera peut-être le plus bel hommage à la culture communiste jamais rendu : une reproduction grandeur nature du paradis. Les Français ne l’ont peut-être pas choisi en connaissance de cause, mais s’ils veulent l’éviter, il faut qu’il fasse leur la promesse de campagne de leur sympathique président : le changement, c’est maintenant. Et qu’ils préparent leurs valises, ainsi qu’un peu d’or, au cas où le changement aurait un visage différent – de quoi démarrer une nouvelle vie à l’Ouest, ou à l’Est, ou au Nord, ou au Sud ; n’importe où, mais pas en France.

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