Hervé Morin, la voix libérale au sein de l’UDI ?

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Réélu président du Nouveau Centre ce week-end, Hervé Morin a entonné un discours aux accents libéraux.

Réélu président du Nouveau Centre ce week-end, Hervé Morin a entonné un discours aux accents libéraux.

Par le Parisien libéral.

À l’occasion du Congrès de Valence qui s’est tenu ce 2 décembre 2012, Hervé Morin a été réélu président du Nouveau Centre. Il semble qu’il entend jouer au sein de l’UDI la partition libérale que le Parti Républicain a joué au sein de l’UDF, le parti de centre droit, durant les années 80, si l’on s’en tient à son discours dont on peut extraire six phrases clefs :

Nous sommes drogués à l’État, perfusés à l’allocation, intoxiqués à la réglementation.

Méfions-nous de ce qui a été souvent le péché mignon des centristes : la tiédeur, la demi-mesure, le consensus poussé à l’extrême.

Le Nouveau Centre a toujours revendiqué d’être le parti des libertés […] libertés économiques mais aussi le parti d’une société décentralisée.

Quand est-ce que l’État nous foutra un peu la paix et nous fera un peu plus confiance ?

Entre l’égalité et la liberté je choisis la liberté. Oui je choisis la liberté, tellement elle a reculé dans notre pays, tellement elle a été rongée jours après jours.

Nos compatriotes souffrent de cette société de la contrainte sans pour autant avoir le sentiment d’être protégé comme il faut.

Un discours assez clair que ne renieront pas la plupart des libéraux du Parti Libéral Démocrate, mais aussi les centristes, qui ne se reconnaissent ni dans le socialisme de la gauche (du PS au front de gauche), ni dans le social-clientélisme de droite (la plupart des membres de l’UMP et le front national).

Reste à déterminer comment l’UDI et ses composantes (Nouveau Centre, Alternative Libérale, Parti Radical, CNIP et certains Modem) trouveront leur autonomie et amèneront leurs idées centristes, fédéralistes européennes, libérales et démocrates devant les électeurs en 2014. La proposition de loi sur la reconnaissance du vote blanc, adoptée il y a deux semaines sur proposition du groupe UDI à l’Assemblée Nationale (Jean-Louis Borloo, Hervé Morin, Jean-Christophe Fromantin, Charles de Courson…) donne une idée intéressante de la façon dont tous ces centristes peuvent travailler ensemble. Mais l’UDF et les années 80 sont loin. L’UDI et les libéraux doivent avoir de nouveau chevaux de bataille, tels que l’open data, la carte d’identité biométrique (le fichage des gens honnêtes), le soutien public d’entreprises privées… Les causes contre l’ultra-étatisme ne manquent pas, et il faudra plus que des (bons) discours pour sortir la France de son carcan ultra socialiste.