Présidence Hollande : le fiasco

Les débuts de François Hollande à la présidence de la république sont catastrophiques.

Les premiers mois de François Hollande à la présidence de la République sont catastrophiques.

Par le Parisien libéral.

Il faut bien l’admettre : les débuts de François Hollande à la présidence de la République sont catastrophiques. À sa place, n’importe qui d’un peu rationnel et intellectuellement honnête démissionnerait – mais ce ne serait pas un homme politique…

Explications.

Pourquoi Hollande a-t-il été élu président de la République ?

  • parce que le pays n’en pouvait plus de Sarkozy et du halo bling bling/corruption/anti-social qui l’entourait ;
  • parce que le profil de DSK a été révélé au grand jour, par la force des choses et parce que les médias américains travaillent un peu plus que les nôtres ;
  • parce qu’une grosse minorité des électeurs a été séduite par ses 60 points de programme ;
  • parce que le programme de Sarkozy était du socialisme de droite.

Or, au moment où débute le mois de décembre 2012, que constatons-nous ?

Que du point de vue sociologique, rien n’a changé :

  • Le gouvernement actuel nous coute plus cher que le précédent : augmentation du nombre de ministres, explosion de la taille des cabinets ministériels…
  • Il y a toujours du népotisme dans les cabinets ministériels [1].
  • Les jets privés sont toujours aussi utiles.
  • Les restaurants chics et chers du VIIIeme arrondissement de Paris vont bien, merci pour eux.
  • On peut toujours suivre dans les médias la vie privée des ministres.
  • Certains de ces mêmes ministres ont 100 000 euros de montres chez eux, plus Rolex que Swatch.
  • De Montebourg à Cahuzac, le XVIeme arrondissement de Paris reste une valeur sure.
  • Quand on vit dans l’est parisien, on utilise la police pour faire place nette.

Qu’au niveau du gap entre le programme et la réalité, les accusations de mensonge/de flou/de mou prennent corps :

  • Le redressement productif sauce démondialisation, ça n’est pas maintenant.
  • Le chômage continue d’exploser, preuve que l’Élysée sauce UMP ne pouvait ni plus ni moins que leurs successeurs.
  • La gestion de l’Europe n’a pas été changée par le gouvernement actuel, normal.
  • Sur les vrais sujets (baisse de la dépense publique), rien n’a été fait.

Dans ce contexte, observons que :

  • EELV mène la chouannerie à Notre-Dame-des-Landes, un bourbier qui deviendra le Vietnam de ce gouvernement si les socialistes persistent dans leur opération immobilière.
  • Les permanences du Parti socialiste sont attaqués par des alliés du Parti socialiste ou des électeurs de Hollande à Paris, à Besançon, à Clermont-Ferrand, à Cherbourg, à Niort, à cause de Notre-Dame-des-Landes ou de l’inconsistance du PS sur le mariage des gays.
  • Les communistes se révoltent au Sénat.

À suivre ces prochaines semaines : la déception de tous ceux qui ont voté pour François Hollande : les jeunes musulmans qui ne verront pas de changement, les ouvriers que le PS qualifie de victimes de la mondialisation, les bobos qui sentiront la différence fiscale, les gens qui défendent les sans-papiers, les profs qui verront leur fiche de paye baisser, les étrangers résidant en France et privés de droit de vote, les militants qui ont cru à la promesse de mettre fin au cumul des mandats, les militants anti-corruption qui se demandent ce que des gens comme Sylvie Andrieux fait à l’Assemblée nationale (sans parler de tous les députés et ministres déjà condamnés par la justice).

La différence de degré (mais pas de nature) entre l’UMP et le PS (et leurs deux fronts) est un leurre qui finira bien un jour par lasser l’électorat. Quand ce jour arrivera, et il se rapproche, le langage de vérité des centristes et des libéraux démocrates deviendra audible.

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Sur le web.

Hollande, le président d’une minorité.

Note :

  1. En 2008, Marianne titrait Népotisme : la République des épouses, des cousins et des amis d’amis mais en 2012, Bartolone embauche sa femme (Figaro), Bercy est en proie aux réseaux d’influence (Mediapart), on a une nouvelle affaire EPAD (Atlantico) et l’expérience professionnelle est toujours aussi basse (Contrepoints).