Transports en commun, pour plus de justice sociale !

Un Transilien en gare de Colombes, en Île de France

Vos impôts servent à financer massivement les transports en commun, une injustice majeure puisque ce sont les consommateurs du service qui devraient payer.

Vos impôts servent à financer massivement les transports en commun, une injustice majeure puisque ce sont les consommateurs du service qui devraient payer.

Par Alexis Vintray.

Un Transilien en gare de Colombes, en Île de France

Un nouveau rapport de l’Institut Montaigne vient permettre d’éclairer la situation des transports en commun en France. Définis comme « à bout de souffle » par le think tank, ils sont surtout très largement subventionnés. En effet, les différentes couches du mille-feuilles administratif « financent aujourd’hui à plus de 70% les réseaux de transports collectifs ». Dit autrement, ceux qui utilisent les transports en commun ne paient même pas 30% du coût réel du service qu’ils consomment. 

Si l’on regarde les cas locaux, les consommateurs de transports en commun ne paient que 12% du coût réel du service à Toulouse, contre 26% à Lille, 32% à Strasbourg ou encore 50% à Marseille. Comparé à d’autres pays européens, la France est à un niveau extrêmement bas : même les utilisateurs de transports en commun bruxellois paient plus (35% du coût), alors que les madrilènes paient 41% et les londoniens 50%.

Aujourd’hui 80% des déplacements sont faits en voiture particulière et près de 41% des Français disent ne jamais prendre les transports en commun. Pourtant ces 25 millions de Français doivent malgré tout financer largement les transports publics par leurs impôts. Une situation hautement injuste puisqu’on demande à tous de payer un service utilisé par quelques-uns.

De même, engagés à fond dans la politique la plus injuste qui soit, les socialistes et verts du conseil régional d’Île-de-France entendent supprimer toute dimension de zones tarifaires et faire payer chaque consommateur le même prix, qu’il utilise le réseau pour 1 ou 100 kilomètres !

transports collectifsPlus injuste encore, le système, ferroviaire en particulier, accumule les dettes qui devront être remboursées par les générations futures. Des générations qui ne bénéficieront pas du réseau actuel mais devront en assumer les coûts demain encore ! Selon le rapport, « le secteur ferroviaire a connu en 20 ans une augmentation de 80% de sa dette : en cumulant celle de RFF et de la SNCF, on atteint en 2010, 33 milliards d’euros et l’on prévoit qu’elles dépassent 50 milliards en 2025 ». Des dettes qui ne sont même pas utilisées pour améliorer le réseau, puisque celui-ci est très en retard par rapport à l’évolution de la demande. Entre 2000 et 2010, le trafic ferroviaire en Île-de-France a augmenté de 25% quand l’offre, elle, n’augmentait que de… 7%!

Face à cette situation d’une grande injustice, il est temps de demander plus de justice sociale en faisant payer les consommateurs du service, et non en finançant le réseau par les impôts de tous. L’espoir que l’on peut avoir de plus de justice sociale pourrait venir de la situation catastrophique des finances publiques ; entre 2002 et 2009, les financements publics ont augmenté de 68% pour les Trains express régionaux (TER). Des rythmes de progression que les collectivités ne pourront pas assurer dans les années à venir. Faire payer les consommateurs pour le service dont ils bénéficient pourrait enfin arriver. Qu’on ait besoin d’une crise des finances publiques (et qu’on passe pour un révolutionnaire en le demandant !) pour enfin y arriver montre bien l’absurdité des politiques menées…

Lire aussi :