L’isolement du PS

Au terme de six mois de gouvernement, une constatation s’impose : les socialistes se retrouvent isolés, lâchés par leurs alliés.

Au terme de six mois de gouvernement, une constatation s’impose : les socialistes se retrouvent isolés, lâchés par leurs alliés.

Un billet d’humeur du Parisien libéral.

Jean-Marc Ayrault à l’Assemblée nationale, le 24 octobre 2012.

Loin des débat d’idées, ou même des politiques de « redressement dans la justice » (expression du gouvernement pour éviter de prononcer les vilains mots d’austérité ou de rigueur), portons notre regard sur la triste réalité de la tambouille électorale de la gauche. Une constatation s’impose :  les socialistes sont seuls. Leurs alliés les ont quitté ou sont sur le point de le faire, de gré ou de force. Pour Montebourg, les communistes sont dans l’opposition et Placé s’interroge sur la place des écologistes au gouvernement.

Voila pour les faits. Même sur les sujets sociétaux, les différentes factions de la gauche ne sont pas d’accord entre elles.

Avant les élections, la droite disait :

  • « Comment allez-vous concilier l’exigence des Verts de sortir du nucléaire et de rejeter le gaz de schiste et celles des rouges d’y rester ? »,
  • ou « Pour la France régionalisée/landerisée et l’Europe fédérale sauce EELV ou pour une France ultra jacobine, nationaliste et protectionniste façon Montebourg ? »,
  • ou encore « Pour le sauvetage de l’industrie automobile française ultra diésélisée ou pour son bazardage au profit de la transition écologique ? » (voir PSA Aulnay, le PS et la transition écologique sur le blog Écologie Libérale)

Même là où la gauche aurait pu faire preuve d’unité dans l’humanisme, elle a prouvé qu’elle n’avait rien de différent de la précédente majorité, « socialiste de droite ». Les expulsions de Roms n’ont pas cessé, pas plus que les interventions armées à l’étranger ou l’abus de détention préventive, cause de surpopulation carcérale.

Gauche, droite, ça ne veut plus dire grand chose. Alors, à quand de vrais débats de fond, d’idées, plutôt que des bricolages d’arrière-cour ? Et si les socialistes répondent « ce qui unit les gauches, c’est l’amour de l’État et du dirigisme », dans ce cas pourquoi ne pas avoir fait un gouvernement vraiment dirigiste avec Montebourg, Mélenchon, la fille à papa de Saint Cloud, Dupont-Aignan, Royal et Chevènement ? Il n’y a pas un jour qui ne prouve que le socialisme est forcément nationaliste, première étape avant, hélas, les chemises brunes. Il ne peut pas y avoir de socialisme en économie et en société ouvertes, d’ailleurs, Bercy et le renforcement de la taxe anti-déplacement de sièges sociaux d’entreprise l’a bien compris.

François Normal 1er Hollande, comme Sarkozy, parce qu’il n’a pas d’idées en dehors des « toujours plus d’État » et « moins de libertés », fait la même erreur que son prédécesseur qui ne ne demandait pas, le matin en se levant, ce qu’aurait fait Hayek – en revanche, tous les deux se demandent ce que peut faire Bercy.

On ne peut pas, dans un gouvernement, avoir des types nuls en anglais et des gens pour qui c’est la langue de travail, des ultra protectionnistes et des gens plutôt ouverts sur la question du libre échange, des prohibitionnistes et des abolitionnistes. Il faut de la cohérence !

Mais en dehors du consensus sur le fait de créer un impôt par jour, on ne voit guère de cohérence dans ce gouvernement. Voila pourquoi, comme le note Pierre Chappaz, même une mesure éventuellement potentiellement positive devient en fait une jolie usine à gaz. Enfin, comme dit h16, ça nous fait une belle brochette de losers, tout ça ! Et si en plus ces losers, comme le remarque Authueil, n’y connaissent rien en droit constitutionnel… c’est trop !

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