La dérive financière de Sciences Po et la complaisance de l’État

Un rapport provisoire de la Cour des comptes a épinglé la gestion hasardeuse de Sciences Po ainsi que la « fuite en avant financière » de l’établissement sous le règne de Richard Descoings.

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La dérive financière de Sciences Po et la complaisance de l’État

Publié le 12 octobre 2012
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Un rapport provisoire de la Cour des comptes a épinglé la gestion hasardeuse de Sciences Po ainsi que la « fuite en avant financière » de l’établissement sous le règne de Richard Descoings.

Par Geneviève Frixon, de l’Association des Contribuables de l’Intercommunalité d’Aubagne.

Il ne se passe pas un jour sans une nouvelle dérive, un nouveau scandale. Ainsi la Cour des comptes vient de déposer un rapport provisoire de 210 pages, sur la mauvaise gestion de Sciences Po pendant les années de son directeur feu Richard Descoings, en rappelant que la subvention du ministère de l’enseignement supérieur a progressé de 33,3% en cinq ans passant de 47,7 millions d’euros en 2005 à 63,3 millions en 2010 sans l’ombre d’un contrôle exercé par l’État pourtant principal financeur de la fondation.

Premier constat de la Cour : la rémunération annuelle brute du directeur, passée de 315 311 euros en 2005 à 505 806 euros en 2011. « À titre de comparaison, la rémunération annuelle brute du président d’un autre grand établissement universitaire était de 160 095,61 euros en 2011 ».

Constat similaire pour Jean-Claude Casanova, président de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), une fondation privée chargée de gérer Sciences Po. Son prédécesseur René Rémond bénéficiait d’une prime annuelle d’un peu plus de 9 000 euros. En 2007, à son arrivée, M. Casanova double quasiment ce montant qui passe à 16 500 euros. En 2009, la prime culmine à 69 000 euros, puis à 36 000 euros les deux années suivantes.

On apprend que l’indemnité mensuelle du directeur décédé ne reposait sur aucun contrat formel. Idem pour les primes du président de la FNSP.

Les liens uniques et totalement opaques qui unissent l’établissement d’enseignement supérieur et cette fondation de droit privé sont quelques peu étranges aux yeux des sages de la Cour des comptes. Certes la réforme des droits de scolarité, voulue par Richard Descoings, a permis à Sciences Po de passer de 4 000 étudiants en 1990 à 10 000 aujourd’hui, mais un flou juridique flotte quant à la gestion globale de la masse salariale ce qui ne facilite pas le contrôle de l’État.

Le rapport épingle également le recours à des enseignants vacataires aux rémunérations parfois exorbitantes qui ont précipité la dérive financière. La Cour réclame le gel de toute augmentation de ces derniers jusqu’à la maîtrise de la masse salariale.

Pour justifier cette décision, la Cour donne en exemple ce directeur de département qui a doublé son traitement de professeur des universités en effectuant en tout et pour tout 60 heures de cours rue Saint-Guillaume ou cette prime accordée à un enseignant d’un montant de 3 257 € qui correspond au loyer de son appartement au cœur du Quartier latin. Deux illustrations d’une litanie qui serait bien trop longue à énumérer.

Surréaliste ! L’Express décrit la course à l’échalote qui se joue en coulisses pour accélérer la procédure de nomination. Garder les mains libres coûte que coûte avant la sortie du rapport prévue en novembre. Attitude qui a conduit la Ministre Geneviève Fioraso à demander aux dirigeants de Sciences Po de geler la procédure jusqu’à la remise du rapport définitif.

Dérive financière, absence totale de contrôle interne et externe, laisser aller, fuite en avant, les qualificatifs s’égrainent pour démontrer une gestion peu scrupuleuse des deniers publics, mais en sommes-nous surpris ?

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  • ScPo est gérée selon la théorie et la pratique du jack-pot, à la fois financièrement … mais autant par l’attitude obtuse d’une fraction de son corps professoral.

    Est-ce sur de tels fondements que s’établirait une saine formation de nos « élites » en ce domaine douteux de la science politico-humaine ?

  • Moi qui croyait naïvement que ce genre de dérapages était l’apanache des universités en province. Mais à Paris, ils font les choses en grand… Le professeur d’économie de ScPo Paris n’est-il pas le conseiller de JL Mélenchon. C’est dire la nature de la « science économique » qu’il professe à nos futures élites….

    • Sciences Pipo porte bien son surnom. Pour relever le niveau, la nécessite de sa privatisation complète n’a jamais été aussi évidente.

  • Les commentaires sont fermés.

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