Les dirigeants de l’automobile ne se conduisent pas bien

À l’occasion du Salon de l’auto, les langues de certains dirigeants de l’industrie automobile se délient : tirs croisés contre l’État français.

À l’occasion du Salon de l’auto, les langues de certains dirigeants de l’industrie automobile se délient : tirs croisés contre l’État français.

Un article de l’aleps.

Carlos Ghosn, le 28 septembre 2012 au salon de l’automobile à Paris.

Carlos Ghosn affirme qu’il n’est plus possible de fabriquer des automobiles en France, où la production n’est plus compétitive. En cause : le coût du travail, et notamment les charges sociales, mais aussi l’incertitude fiscale et réglementaire, qui interdit toute prévision à long terme. C’en est au point que Le Figaro en a fait la Une de son journal de jeudi dernier.

Mais, plus percutant encore, Jean-Claude Debard, d’Emil Frey France, la société importatrice de Subaru, Daihatsu, Ssangyong et Mitsubishi, tout en reprenant les mêmes critiques, s’en prend à Arnaud Montebourg, ministre du « Redressement productif », qu’il soupçonne d’être « mal informé » : manière élégante de le traiter d’ignorant ou de menteur. Notre Ministre a en effet accusé la Corée du Sud et les concurrents asiatiques de « dumping social », au prétexte que les ouvriers y travailleraient 12 heures par jour. En réalité, le chiffre exact est 8 heures.

Mais, surtout, Montebourg a fait une fois de plus appel au « patriotisme économique » des Français, qui devraient acheter « leurs » voitures. Cet appel est déplacé et ridicule. Déplacé parce que les importations coréennes ne représentent qu’une faible part des ventes et ne peuvent expliquer la crise de la production automobile française, et ridicule parce que les Français exportent des voitures vers l’Asie plus qu’ils n’en achètent. Le patriotisme économique devrait-il pousser les Coréens à fermer leurs frontières ?

Jean-Claude Debard a déploré que l’auto soit la vache à lait de l’État français, qui en retour devrait en faire davantage pour l’industrie. Non pas en la subventionnant, mais en la libérant d’une réglementation et d’une fiscalité asphyxiantes et changeantes.

Rappelons que, contrairement aux idées reçues et aux réformes envisagées, le coût du travail ne pourra diminuer en France qu’en mettant fin au monopole de la Sécurité Sociale. Un défi qu’en effet aucun gouvernement n’osera relever dans l’immédiat. On attendra sans doute la disparition totale de l’industrie française.

Pour terminer évoquons un souvenir assez lointain mais toujours d’actualité : le « patriotisme économique » d’Hitler s’est exprimé à travers la Voiture du Peuple (VW), et celui de la République Démocratique Allemande à travers la Trabant. Goût amer.

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