Les dirigeants de l’automobile ne se conduisent pas bien

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Les dirigeants de l’automobile ne se conduisent pas bien

Publié le 4 octobre 2012
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À l’occasion du Salon de l’auto, les langues de certains dirigeants de l’industrie automobile se délient : tirs croisés contre l’État français.

Un article de l’aleps.

Carlos Ghosn, le 28 septembre 2012 au salon de l’automobile à Paris.

Carlos Ghosn affirme qu’il n’est plus possible de fabriquer des automobiles en France, où la production n’est plus compétitive. En cause : le coût du travail, et notamment les charges sociales, mais aussi l’incertitude fiscale et réglementaire, qui interdit toute prévision à long terme. C’en est au point que Le Figaro en a fait la Une de son journal de jeudi dernier.

Mais, plus percutant encore, Jean-Claude Debard, d’Emil Frey France, la société importatrice de Subaru, Daihatsu, Ssangyong et Mitsubishi, tout en reprenant les mêmes critiques, s’en prend à Arnaud Montebourg, ministre du « Redressement productif », qu’il soupçonne d’être « mal informé » : manière élégante de le traiter d’ignorant ou de menteur. Notre Ministre a en effet accusé la Corée du Sud et les concurrents asiatiques de « dumping social », au prétexte que les ouvriers y travailleraient 12 heures par jour. En réalité, le chiffre exact est 8 heures.

Mais, surtout, Montebourg a fait une fois de plus appel au « patriotisme économique » des Français, qui devraient acheter « leurs » voitures. Cet appel est déplacé et ridicule. Déplacé parce que les importations coréennes ne représentent qu’une faible part des ventes et ne peuvent expliquer la crise de la production automobile française, et ridicule parce que les Français exportent des voitures vers l’Asie plus qu’ils n’en achètent. Le patriotisme économique devrait-il pousser les Coréens à fermer leurs frontières ?

Jean-Claude Debard a déploré que l’auto soit la vache à lait de l’État français, qui en retour devrait en faire davantage pour l’industrie. Non pas en la subventionnant, mais en la libérant d’une réglementation et d’une fiscalité asphyxiantes et changeantes.

Rappelons que, contrairement aux idées reçues et aux réformes envisagées, le coût du travail ne pourra diminuer en France qu’en mettant fin au monopole de la Sécurité Sociale. Un défi qu’en effet aucun gouvernement n’osera relever dans l’immédiat. On attendra sans doute la disparition totale de l’industrie française.

Pour terminer évoquons un souvenir assez lointain mais toujours d’actualité : le « patriotisme économique » d’Hitler s’est exprimé à travers la Voiture du Peuple (VW), et celui de la République Démocratique Allemande à travers la Trabant. Goût amer.

—-
Sur le web.

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  • En dépit de l’illégitimité décrétée par les intellectuels de gauche de la comparaison entre les deux totalitarismes, faisons également ce constat « amer » :
    La VolksWagen (moyennant les évolutions) est toujours fabriquée.
    La Trabant ? Hi, hi, hi !…

  • Rappel de la Trabant:
    À sa sortie en 1964, la 601 était affichée au prix symbolique de 1000 Ostmarks. Mais celui-ci était purement fictif : il fallait en effet ajouter une multitude d’options, telles que les roues, les sièges « confort », le volant « spécial » (il n’y avait ni sièges ni volant « normaux »…), les ceintures de sécurité (sans quoi la voiture ne pouvait pas être immatriculée)…etc. En 1985, la gamme débutait à 8500 Ostmarks pour la Limousine Standard, et grimpait jusqu’à 9700 Ostmarks pour le break Universal S de Luxe. « S de Luxe », caractérisée par sa sellerie de meilleure facture et son feu de recul.

    Pour pouvoir bénéficier d’une voiture en RDA (et dans tous les pays socialistes), il fallait le « mériter », soit par de bonnes actions sociales, soit en dénonçant un contrevenant, ou alors en ayant un poste à responsabilités.

    les délais de livraison étaient en moyenne compris entre 10 et 15 ans dans les années 1980.La Trabant avait ainsi la particularité d’être beaucoup plus chère d’occasion que neuve.

    Après la réunification en octobre 1990, Volkswagen décide de racheter la marque afin de s’implanter à l’Est.

    • URSS : c’est un Russe qui va chez le concessionnaire Lada.
      – Bonjour, je voudrais commander une Lada.
      – Très bien, Monsieur, signez là, et la livraison c’est dans 5 ans
      – Dans 5 ans le matin ou l’après midi ? Parce que le matin, j’ai le gaz qui passe pour brancher le compteur

      (Racontée par Ronald reagan)

      • À la question posée : « Voyez-vous la différence entre le Sida et une Lada ? »
        La personne interrogée ne voit pas…
        Il fallait répondre :
        « Essayez de refiler une Lada ! »

  • Plus sérieusement, la plupart des « coréennes » que nous achetons sont fabriquées en UE.

  • Et un petit bémol à l’idée qu’on ne peut pas être compétitif en produisant en France :

    http://www.contrepoints.org/2012/06/26/88491-toyota-delocalise-la-yaris-us-valenciennes

  • j achete la voiture que je veux !!!!

  • Je ne comprend pas pourquoi mr Ghosn ne saisit pas l’opportunité de faire du premium, il n’y a plus que ça qui marche : le luxe et les loisirs.

    RENAULT à dans ses cartons 2 produits : faire renaitre la marque ALPINE et proposer une RENAULT 5 modernisée pour contrer les MINI et FIAT 500.

    pourquoi ne monte t-il pas une chaine « premium » sur l’ile seguin où la marque a été implanté près d’un siècle ??

    il a tout les ingrédients pour valoriser et créer un produit dégageant de la marge :

    – vieille voiture populaire
    – historique / patrimoine
    – connotation luxe au coeur de la capitale.

    Les Allemands arrivent à faire des stylos et des gommes made in Germany, guerre plus chere que les Chinois…à méditer. Les Allemands ont aussi peut etre moins d’assistés que chez nous.

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