Quel étiquetage pour les OGM ?

Dans un monde où de nombreux consommateurs exigent des aliments sans OGM, les forces du marché vont permettre aux consommateurs de savoir qu’un aliment est sans OGM, que cette information soit légalement requise ou non.

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Quel étiquetage pour les OGM ?

Publié le 13 septembre 2012
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Dans un monde où de nombreux consommateurs exigent des aliments sans OGM, les forces du marché vont permettre aux consommateurs de savoir qu’un aliment est sans OGM, que cette information soit légalement requise ou non.

Par Jonathan H Adler, depuis les États-Unis.

Quand les Californiens iront voter en novembre, ils auront notamment à trancher sur le California Right to Know Genetically Engineered Food Act, un projet de loi qui rendrait obligatoire un étiquetage spécifique pour les organismes génétiquement modifiés (OGM). Ce pas vers un étiquetage obligatoire n’est que le dernier développement de la controverse actuelle sur la sécurité des aliments génétiquement modifiés.

Les partisans des OGM affirment que la modification génétique des végétaux et animaux destinés à une consommation humaine ne présente pas de grande différence avec la reproduction sélective menée par les agriculteurs depuis des millénaires, qui a entraîné l’accumulation de changements génétiques au fil du temps. Mais les méthodes utilisées pour créer les OGM d’aujourd’hui permettent des changements plus rapides et plus significatifs. Les OGM modernes sont souvent créés en utilisant la technique de l’ADN recombiné, au travers de laquelle les gènes sont directement modifiés, le plus souvent par l’insertion de fragments en provenance d’autres organismes. Cette approche est bien plus précise que la reproduction sélective en permettant la propagation d’une caractéristique au sein d’une population sans recourir à plusieurs générations de sélection. Elle permet aussi l’ajout direct à un organisme de caractéristiques inexistantes à l’état naturel au sein de l’espèce.

Ses détracteurs évoquent une potentielle perte de biodiversité et la crainte que l’usage répandu de la technique de l’ADN recombiné représente une expérience de grande ampleur, jamais testée, et dont l’innocuité pour la santé humaine et l’environnement est encore à démontrer. On recense quelques cas connus de conséquences négatives indésirables à l’utilisation d’OGM. Par exemple, l’utilisation de plantes génétiquement modifiées résistant au puissant herbicide Roundup pourrait avoir accéléré l’émergence de mauvaises herbes elles aussi résistantes se répandant dans la nature, résultant dans certains cas en une sorte de guerre d’usure où les agriculteurs doivent recourir à des herbicides supplémentaires ou en revenir à arracher les mauvaises herbes à la main. Même s’il n’y a aucune preuve que ces OGM ou d’autres aient eu un impact négatif sur la santé ou la sécurité humaine – les National Academies ayant à plusieurs reprises affirmé que les modifications génétiques n’étaient en l’état actuel des connaissances pas plus dangereuses pour la santé humaine que les méthodes plus traditionnelles de croisement des végétaux – certains critiques soutiennent que les aliments génétiquement modifiés devraient être considérés impropres à la consommation sauf preuve du contraire, et d’autres, craignant que les OGM soient lâchés dans la nature et endommagent les écosystèmes, pensent que leur culture ne devrait purement et simplement pas être autorisée.

Mais les partisans des OGM soulignent leurs avantages dans la lutte contre la malnutrition et les maladies en résultant. Le « riz doré », par exemple, est un produit génétiquement modifié pour contenir une forte concentration de béta-carotène qui pourrait, si son usage venait à se répandre, empêcher chaque année l’apparition des centaines de milliers de cas de cécité et des millions de mort dans les pays en développement qui résultent de régimes alimentaires carencés en vitamine A. Plus généralement, les modifications génétiques permettent aux plantes de donner de meilleurs rendements et d’être plus résistantes aux parasites et à la sécheresse, ce qui signifie qu’elles sont à même de fournir une production plus abondante en utilisant moins de terres, d’eau et de pesticides, une bénédiction aussi bien pour l’homme que pour l’environnement. Ils mettent également l’accent sur l’absence, à ce jour, de preuves d’impacts négatifs sur la santé que pourraient avoir la production ou la consommation d’OGM et soutiennent que leurs immenses avantages avérés surpassent les risques potentiels.

Ce que la loi impose désormais

Même si les OGM ont été longtemps controversés en Europe, le débat a eu un écho moindre aux États-Unis. Néanmoins, on a assisté récemment à un certain nombre de campagnes visant à limiter le recours aux OGM aux États-Unis, non seulement en Californie, mais aussi au Congrès : cette année, les sénateurs Bernard Sanders (Vermont) et Barbara Boxer (Californie) y ont proposé un amendement au Farm Bill visant à permettre aux États d’introduire un étiquetage obligatoire des OGM (la proposition d’amendement n’a pas abouti). Le retour sur le devant de la scène des préoccupations liées à l’étiquetage des OGM pourrait être en partie dû à la probable approbation par la Food and Drug Administration (FDA) de la demande formulée par une entreprise de mettre sur le marché du poisson génétiquement modifié destiné à une consommation humaine. Cette décision marquerait la première autorisation de mise sur le marché par l’Agence d’un animal OGM (tous les OGM autorisés jusqu’à présent étaient des végétaux).

Cela fait un certain temps que l’entreprise AquaBounty Technologies, basée dans le Massachussets, cherche à obtenir cette autorisation de mise sur le marché pour son saumon AquAdvantage : les poissons ont été développés en 1989 quand des scientifiques ont modifié génétiquement des saumons Atlantique pour qu’ils sécrètent plus d’hormone de croissance, leur permettant d’atteindre la taille désirée beaucoup plus rapidement que les poissons ordinaires ; l’entreprise a demandé l’autorisation de mise sur le marché pour la première fois en 1995. L’Agence semble prête à autoriser la mise sur le marché du poisson, l’examen des données disponibles n’ayant relevé « aucune différence significative » entre la viande du saumon AquAdvantage et celle du saumon Atlantique naturel. Dans la mesure où les poissons génétiquement modifiés sont identiques, d’un point de vue nutritionnel, à leurs homologues naturels, la FDA a conclu qu’ils étaient tout aussi propres à la consommation que les poissons non modifiés.

Certains affirment que si la FDA approuve la mise en vente du saumon AquAdvantage, elle devrait imposer l’étiquetage en magasins du poisson comme aliment OGM. Mais même si les environnementalistes et certains membres du Congrès ont invoqué le « droit de savoir » des consommateurs de la façon dont leurs aliments ont été produits, les politiques de la FDA en la matière imposent uniquement que l’étiquetage décrive précisément les caractéristiques et informations nutritionnelles de l’aliment lui-même, pas la façon dont il a été produit ou transformé. Et les données indiquent que les modifications génétiques du saumon génétiquement modifié n’ont pas une incidence plus significative sur la santé, la diététique et la sécurité du consommateur que sa taille ou son élevage d’origine par exemple. A moins que la FDA ne découvre une différence quelconque dans la viande des poissons OGM, elle n’a en fait aucune raison d’exiger un étiquetage spécifique.

La FDA, comme d’autres agences fédérales, exige évidemment que les producteurs et transformateurs de nourriture fournissent certaines informations sur leurs produits relatives à la santé ou simplement à la diététique et à la nutrition : depuis le Food Allergen Labeling and Consumer Protection Act de 2004, les principaux allergènes doivent figurer sur l’étiquette pour assurer la sécurité des personnes atteintes d’allergies graves ; depuis le Nutrition Labeling and Education Act de 1990, la FDA impose la présence sur l’étiquette d’informations précises sur les valeurs nutritionnelles des produits alimentaires, permettant aux consommateurs de faire des choix éclairés en matière de régime alimentaire. D’autres exigences d’étiquetage, comme le Fair Packaging and Labeling Act de 1966, assurent que la quantité de produit dans l’emballage soit clairement explicitée. Toutes ces lois obligent les producteurs à informer les consommateurs sur le contenu de leurs produits. Mais la FDA n’a trouvé aucune différence dans le contenu du saumon AquAdvantage et d’autres OGM ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché, leur différence avec les leurs équivalents naturels tenant uniquement au mode de production.

Les limites de l’étiquetage

A l’heure actuelle, non seulement la FDA n’a aucun fondement légal lui permettant d’exiger l’étiquetage des OGM en l’absence d’une différence de composition des aliments, mais donner à la FDA cette autorité pourrait également aller à l’encontre de la constitution. Les étiquettes et emballages relèvent du discours commercial, protégé par le Premier Amendement (dans une moindre mesure par rapport aux opinions politiques ou religieuses). Selon les critères établis par la Cour Suprême dans un jugement précédent (la Central Hudson decision de 1980), si un discours commercial est conforme à la loi et n’induit pas à dessein le consommateur en erreur, le gouvernement doit démontrer l’intérêt d’une régulation avant que celle-ci ne puisse avoir lieu. En outre, les exigences alors formulées doivent servir cet intérêt et ne peuvent aller au-delà. Mais il n’y a aucune intention d’induire le consommateur en erreur dans le fait de ne pas faire figurer sur l’emballage toutes les informations que les consommateurs pourraient juger pertinentes. Si les agences gouvernementales comme la FDA ne trouvent aucune différence significative entre la composition des aliments OGM et celle des autres aliments, alors le seul intérêt de révéler l’origine génétiquement modifiée des aliments serait un « droit de savoir » des consommateurs. Mais ce « droit de savoir » ne suffit pas à justifier de réglementer le discours commercial des producteurs de denrées alimentaires.

Les limites des exigences d’étiquetage, notamment celles d’informer sur l’utilisation de biotechnologies dans le procédé de production, ont été légalement tranchées par le passé. En 1994, l’État du Vermont a promulgué une loi obligeant les producteurs de lait utilisant le rBST, une molécule de synthèse de l’hormone naturelle permettant de réguler la production de lait des vaches laitières, à faire figurer cette information sur l’emballage. (La technique de l’ADN recombiné est utilisée pour produire l’hormone de synthèse, mais contrairement à son usage dans les OGM, elle ne modifie pas l’ADN des vaches.) Les producteurs de lait utilisant le rBST ont remis en question les exigences d’étiquetage du Vermont en 1994, faisant remarquer que la FDA avait approuvé l’utilisation du rBST en 1993. Cette approbation se fondait sur le fait que l’hormone modifie le comportement des vaches mais pas la composition du lait et ne pose aucun problème de santé ou de sécurité pour l’homme. En appliquant la même analyse que dans le cas Central Hudson, la Cour d’Appel Fédérale de deuxième instance a estimé que le Vermont n’avait aucune raison d’imposer aux producteurs laitiers de mentionner l’usage du rBST. Le Vermont n’avait fourni aucune preuve de risques posés par les vaches traitées au rBST pour la santé publique, et il n’a jamais prétendu que l’adoption de normes d’étiquetage était motivé par des considérations de santé ou de sécurité. En réalité, le Vermont avait adopté cette norme du fait d’un « fort intérêt du consommateur de du ‘droit de savoir’ du public ». Mais la Cour a jugé ces arguments insuffisants et la réglementation sur l’étiquetage a été annulée.

L’éventail des caractéristiques susceptibles d’intéresser les consommateurs dans un produit ou son mode de fabrication est virtuellement infini. La Cour d’Appel a souligné que si le seul intérêt des consommateurs était une condition suffisante pour autoriser les obligations d’étiquetage, « il n’y aurait aucune limite à la quantité et la nature des informations que les États pourraient exiger des producteurs sur leurs méthodes de production. » Par ailleurs, une norme fondée sur l’intérêt du consommateur donnerait aux gouvernements le pouvoir forcer les producteurs à stigmatiser leurs propres produits, et la Cour d’Appel a rapporté n’avoir trouvé aucun cas dans lequel un tribunal aurait défendu une réglementation « imposant au fabricant d’un produit d’émettre ce qui s’apparenterait à une mise en garde contre une méthode de production sans impact sensible sur le produit final. »

Alors que le gouvernement ne devrait pas et ne peux pas imposer sur les étiquettes l’utilisation de biotechnologies dans la production de denrées alimentaires tant que la composition des aliments n’est pas affectée, les entreprises doivent avoir le droit de mettre volontairement en avant l’utilisation ou non de ces techniques dans la fabrication de leurs produits, par opposition à l’interdiction de telles étiquettes qu’on a déjà tenté d’imposer. En réponse aux inquiétudes des consommateurs, certains producteurs laitiers ont cherché à labelliser leur lait comme étant « sans rBST ». Les producteurs de lait utilisant le rBST se sont opposés à cette labellisation, soutenant qu’ils induisent en erreur en sous-entendant qu’il y aurait un problème avec leur lait, même si la FDA n’a trouvé aucune différence au moment où elle a autorisé l’utilisation du rBST. En réponse à des pressions de l’industrie laitière, certains États ont cherché à limiter la marge de manœuvre des producteurs de lait bio n’utilisant pas le rBST pour qu’ils ne puissent pas faire figurer cette information sur leurs emballages. L’État de l’Ohio, par exemple, a adopté en 2008 une réglementation interdisant aux producteurs de mentionner « sans rBST » sur les briques de lait.

Les producteurs bio ont, avec succès, porté la réglementation de l’Ohio devant les tribunaux fédéraux. Dans le jugement International Dairy Foods Association v. Boggs, en 2010, les Cours d’Appels du sixième circuit des États-Unis ont souligné que les données les plus récentes relevaient en fait des différences de composition dans le lait des vaches selon qu’on utilisait ou non le rBST, même si rien ne prouvait que ces différences avaient une incidence sur la santé humaine. Que le lait des vaches non traitées au rBST soit plus sain ou non, la Cour a jugé que la différence de composition était assez importante pour rejeter la catégorisation d’un label « sans rBST » comme fallacieux. La Cour a cependant reconnu à l’Etat de l’Ohio le droit d’imposer une notice explicative à côté de la mention « sans rBST ». Ce label pourrait en effet laisser à penser que le lait de vaches traitées au rBST contiendrait du rBST, ce qui n’a jamais été établi (les méthodes actuelles de test ne permettent pas de déterminer les différences entre hormones synthétiques et hormones naturelles dans le lait).

La décision Ohio 2010 réaffirme la conclusion tirée du Central Hudson selon laquelle les emballages et étiquettes commerciales relèvent du Premier Amendement, et le contrôle que peut exercer l’État sur le contenu des informations qu’ils contiennent est limité. Les consommateurs peuvent préférer le lait de vaches auxquelles on a administré du rBST ou non, et les producteurs devraient avoir le loisir d’utiliser l’étiquette comme un moyen de présenter les produits sous un angle attrayant pour des consommateurs qui ont leurs propres préférences. Mais sous réserve d’un impact avéré sur la santé et la sécurité humaine, les différences de mode de production doivent être considérées par le gouvernement comme relevant simplement des préférences des consommateurs. Informer sur ces différences doit être permis mais pas obligatoire en l’absence de justifications plus probantes. Le rôle du gouvernement est d’assurer la véracité et l’exactitude des informations présentées, pas d’imposer la divulgation de certaines informations sur le mode de production jugées importantes par seulement une partie des consommateurs et sans impact sur la santé ou la sécurité du consommateur.

Une approche libérale

Que certains consommateurs veuillent savoir comment un produit a été fabriqué ne justifie pas en soi un étiquetage obligatoire. Comme vu précédemment, les consommateurs pourraient souhaiter savoir toutes sortes de choses sur le mode de production ou l’origine des produits, mais c’est typiquement le genre d’informations que nous laissons le soin au marché de fournir. De nombreux juifs préfèrent les aliments casher, comme de nombreux musulmans préfèrent les aliments halal. En réponse à cette demande, de nombreux producteurs de denrées alimentaires les soumettent à évaluation par un conseil rabbinique pour qu’il soit certifié casher et deviennent éligibles pour une labellisation volontaire. Même si la demande d’aliments casher représente une petite partie du marché, nombre de grandes entreprises s’inscrivent dans cette démarche. Certains consommateurs sont sensibles au fait que leurs vêtements aient été produits par des travailleurs syndiqués ou par des travailleurs pauvres et exploités dans des pays en développement. Certains veulent savoir si leur nourriture est produite sans cruauté envers les animaux. D’autres peuvent s’inquiéter du soutien apporté par les dirigeants d’une entreprise à certains politiciens ou projets politiques ; les directeurs exécutifs de Whole Foods et Chick-fil-A l’oint découvert à leurs dépens ces dernières années. Les consommateurs jugent souvent important de connaître la nature des produits qu’ils achètent, leur mode de production et même de savoir qui les a produits.

Mais tant qu’il n’y a aucune différence dans le produit lui-même qui pourrait avoir un impact négatif sur un consommateur mal informé, et aucune fraude ou mensonge dans son étiquetage, rien ne justifie une intervention étatique pour l’étiquetage. Le progrès technologique permet de produire les produits existants moins cher et plus efficacement et de créer des produits nouveaux et meilleurs ; c’est indéniable dans le cas des produits alimentaires. Il serait contraire aux politiques actuelles, peu pratique, déraisonnable et potentiellement anticonstitutionnel de commencer à présumer coupables jusqu’à preuve de leur innocence les nouveaux produits et procédés de production. Au même titre que les nouvelles technologies utilisées dans la production de denrées alimentaires, il n’est évidemment pas à écarter que les modifications génétiques aient un impact négatif sur la santé et la sécurité humaines. Mais les données indiquent jusqu’à aujourd’hui que ce ne sera pas le cas ; à moins que et jusqu’à ce que la nocivité de certains produits ne soit avérée, le gouvernement n’a aucune raison d’imposer un étiquetage spécifique des aliments OGM.

Les consommateurs seront sûrement à même d’obtenir cette information quoi qu’il advienne. Dans un marché concurrentiel, les producteurs ont toutes les raisons de différencier leurs produits pour correspondre aux préférences des consommateurs. Si certains consommateurs sont sensibles au fait que leur saumon, leur maïs ou n’importe quel aliment aient été génétiquement modifié en utilisant les techniques de l’ADN recombiné – et il paraît évident que certains le sont – alors les producteurs sont grandement incités à présenter leurs produits comme « naturels » ou « non OGM » comme certains le font déjà. Les vendeurs de saumon sauvages ne manquent pas de vanter les vertus de leurs produits, comme les autres producteurs d’aliments bio. Alors que les producteurs de denrées alimentaires « traditionnelles » ne se sont pas vu imposer de présenter leurs produits comme tels, l’étiquetage et la labellisation des produits bio se sont développé pour répondre à la demande des consommateurs pour des aliments naturels. Le gouvernement régule l’exactitude des arguments relatifs aux produits alimentaires, mais ne requiert d’aucun producteur qu’il ne présente ses produits comme bio ou non bio.

Dans un monde où de nombreux consommateurs exigent des aliments sans OGM, les forces du marché vont permettre aux consommateurs de savoir qu’un aliment est sans OGM, que cette information soit légalement requise ou non. Aussi longtemps que ne pas divulguer ces caractéristiques ne soit pas notoirement nuisible au consommateur mal informé, le gouvernement devrait s’abstenir d’intervenir.


Article paru initialement dans The New Atlantis, traduction Baptiste Créteur/Contrepoints.

(*) Jonathan H Adler est Professeur de Droit et Directeur du Centre du Droit et de la Régulation des Affaires à la Case Western Reserve University School of Law et Senior Fellow au Property and Environment Research Center.

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  • Dans une conférence en public, un certain Christian Vélot expliquait que le riz doré était un mort né de la filière OGM, car la séquence ajouté qui lui permet de produire les nutriments recherchés fonctionnait en boucle ouverte, ce qui phagocytait les ressources normalement utilisées par la plante pour se développer, d’ou des rendements très inférieurs, et donc une variété inutilisable.

    Sinon du reste, dans une perspective libérale, on peut envisager deux voies :

    1/ Le producteur d’une substance est responsable des dommages causés par cette substance lors de sa diffusion, et donc responsable
    de toute ou partie des dommages subséquent à la diffusion de son produit.

    Dans cette optique, le gouvernement n’a pas à empêcher un produit apparemment inoffensif d’entrer sur le marché, mais peut punir un fabricant d’avoir diffusé un produit nocif ( dans cette perspective conservatrice, la commercialisation des drogues serait par exemple prohibée )

    Problème dans ce cas, si l’Etat autorise la commercialisation d’un produit nocif, et se plante, des pressions énormes s’exerceront pour cacher le problème, et atténuer la responsabilité des industriels, et enfin pour chiffrer le montant des réparations – quel prix pour une vie perdue ou une vie de handicap ? Et on sait très bien qu’à ce jeu là les victimes ne pèsent pas grand chose face à des géants industriels qui peuvent facilement copiner avec des agents de l’Etat ( Illustré facilement par le fait que, dans ce cas, on se demande pourquoi les alcools forts et les cigarettes sont en vente libre … )

    2/ Le service ou les dommages rendus par le producteur d’OGM sont l’affaire du consommateur, qui doit se débrouiller pour juger si ce qu’il achète en vaut le coup ou pas. Et dans le cas des OGM ou les OGM seraient effectivement nocifs, comme dans le cas des pesticides par exemple, ceux qui seraient responsables des dommages seraient les acheteurs qui, en « faisant sortir » ces produits toxiques de l’usine ou ils ont été produits ou des entrepôts des commerçant participent activement à leur diffusion.

    Le problème avec cette seconde éventualité, c’est que les interrogations sur le contenu OGM des produits resteront quasiment à tous les coups suspendues dans le vide sauf filières adaptées pour avoir une traçabilité accrue, et une certification, et qui en payent le cout. Et si les consommateurs ne sont pas contents de devoir payer plus, qu’ils fassent pousser leurs patates, ou se contentent d’une variété de produits moindre chez le paysan non OGM du coin.

    Soit, ça se tient. Mais du coup ces affirmations :
    –  » Mais sous réserve d’un impact avéré sur la santé et la sécurité humaine, les différences de mode de production doivent être considérées par le gouvernement comme relevant simplement des préférences des consommateurs »

    – « Aussi longtemps que ne pas divulguer ces caractéristiques ne soit pas notoirement nuisible au consommateur mal informé, le gouvernement devrait s’abstenir d’intervenir. »

    Ne sont pas cohérentes avec le reste. Dans cette optique, la présomption de non-nocivité des produits induite par l’action gouvernementale, et qui est actuellement la norme, doit disparaitre complètement, puisque le gouvernement ne se donne plus comme rôle de s’assurer que les produits qui sont commercialisés ne sont pas nocifs. Une « absence de preuve de nocivité » n’est pas une « preuve d’innocuité ».

    Et ce d’autant plus que la nocivité éventuelle des aliments OGM sera très difficile à prouver puisque le régime alimentaire des personnes dans nos sociétés est très diversifiée ( ce qui est une vraie richesse ), et donc que les éventuels dommages causés par les OGM seront noyées dans le bruit de fond de toutes les pathologies associées à une mauvaise alimentation.

    **

    Bref; il manque un élément clé pour savoir si vous êtes libéral ou conservateur pro-industrie déguisé en libéral : la question de la responsabilité au cas où les OGM s’avéreraient finalement nocifs.

    • « la question de la responsabilité au cas où les OGM s’avéreraient finalement nocifs » n’est pas une question : d’une part le caractère OGM (ou pas) n’a pas a rentrer en ligne de compte, d’autre part la nocivité n’existe pas dans l’absolu (la plupart des aliments ont à la fois cotés positifs et des cotés négatifs, on les consomme parce que leurs avantages dépassent leur inconvénients mais à partir d’un certain point cela s’inverse)

    • Je ne suis pas sûr que cet élément clé amène une réponse évidente : si aucun élément connu au moment de la commercialisation de l’aliment n’indique sa nocivité – notion difficile à établir comme le souligne P – quelle responsabilité le producteur a-t-il ?

      • Puisque les producteurs sont irresponsables (loi), les agriculteurs responsables (loi) et les consommateurs non informés de qui fait quoi, le système actuel est parfait pour que tout problème survenant soit sans effets sur les producteurs éleveurs et autorisateurs.
        Seul un étiquetage complet (quel OGM quel producteur) – logiquement toujours refusé par les pro OGM – pourrait permettre aux consommateurs de choisir et donc d’exercer leur libre-arbitre.

        Ensuite reste le citoyen. Chaque citoyen doit pouvoir par ses actes ou non actes décider de favoriser telle ou telle forme de société. Ce ne peut pas être une multinationale ou un gouvernement qui impose quoique ce soit. Il revient toujours su citoyen de choisir – en mode démocratique – En particuliers le citoyen doit pouvoir dire je veux favoriser l’emploi des petits producteurs locaux et respectueux de la biodiversité, respectueux d’un minimum d’autonomie locale – des ressources, du bien commun etc .. et donc choisir à qui il achète un produit, donc quelle forme de société il favorise.

        Dans tous les cas l’information la plus complète est exigible.
        Dans tous les cas nos décideurs l’empêche …

        La forme de notre société – embourbée dans un productivisme maladif et désastreux en est la conséquence.

        • e : « Seul un étiquetage complet (quel OGM quel producteur) – logiquement toujours refusé par les pro OGM – pourrait permettre aux consommateurs de : et donc d’exercer leur libre-arbitre.  »
          ————————————
          Le premier étiquetage à faire, c’est la provenance des produits bios, surtout quand c’est produit en Egypte ou en Chine vu que les graines de fenugrec bio ont tué des dizaines de personnes et ont rendus des milliers d’autres dialysés à vie, soit un nombre de victimes infiniment plus élevés que ceux des OGMs qui se montent à ZERO.

          Mais ce genre d’étiquetage, évidemment, les propagandistes du bio n’en veulent pas, pour pouvoir s’en mettre plein les fouilles en refourguant aux couillons des importations bon marché.
          Hypocrisie, quand tu nous tiens…

          • L’etiquetage de la provenance est deja present dans la grande majorite des (super)marches californiens donc pas besoin de loi pour l’imposer! Le liberalisme a dans ce cas fait correctement son travail, par contre bizarement et malgre la forte demande des consommateurs, l etiquetage des ogm n est toujours pas la… Ou est donc l’hypocrisie?

          • « Le liberalisme a dans ce cas fait correctement son travail, par contre bizarement et malgre la forte demande des consommateurs, l etiquetage des ogm n est toujours pas la… Ou est donc l’hypocrisie? »
            ————————
            L’hypocrisie (et le mensonge), c’est de sortir du chapeau qu’il y a « une forte demande » des consommateurs pour l’étiquetage (et comment vous savez ça, par un micro-trottoir ?) tout en réclamant une loi ! A ce compte, je peux aussi décréter qu’il y a une forte demande des consommateurs bios pour savoir s’il y a de l’huile de Neem ou de la bouillie bordelaise sur les produits bio (et il y en a un paquet), pourquoi pas une loi alors pour imposer son étiquetage ?

            Quant à l’étiquetage de la provenance des produits bios, si ce n’est pas obligatoire, il est certain que le producteur ne va étiqueter que quand ça l’arrange et il faut être au comble de l’honnêteté pour insinuer le contraire. Prenez un paquet de graine, par exemple de haricot mungo « bio » et cherchez la provenance. Il vient très probablement de Chine ou d’Inde mais vous n’en trouverez la mention nulle part, tout ce que le consommateur lira, c’est « certifié par/certified by /certificados por Soja Vert », ça lui fait une belle jambe.

            En réalité, cette campagne pour l’étiquetage des OGMs est une propagande de plus contre les OGMs entièrement montée par les escrologistes en suivant la technique d’agit-prop déjà bien rodée menée par exemple contre l’irradiation des aliments, une technologie pourtant totalement sûre et sans la moindre indication pour le consommateur et qui évite le gaspillage d’énormes quantités de nourriture.
            Etape 1 : on diabolise la technologie par un monceau de mensonges alarmistes pour ficher la trouille aux gens
            Etape 2 : on fait voter une loi pour imposer l’étiquetage
            Etape 3 : on assimile tout ce qui est étiqueté à du poison grâce à la préparation de l’opinion à l’étape 1 et on fiche en l’air une technologie avantageuse et totalement inoffensive, et voilà le travail.

            C’est le modus-operandi archi classique des multinationales de la trouille, c’est devenu d’un banal à pleurer. Mais comme tout bonne propagande, plus la ficelle est grosse, mieux ça marche.

          • ahah pas besoin de faire de micro-trottoir, il suffit de lire les sondages:
            http://gefoodlabels.org/gmo-labeling/polls-on-gmo-labeling/

            et puis vous verrez bien le résultat du vote, non ? le vote et la démocratie sont censés refléter la volonté de la population ?! surtout que les deux partis ont eu une totale liberté de s’exprimer partout !
            les gens ici connaissent les pour et les contres, d’ailleurs quand ils reçoivent les bulletins de vote ici, ils reçoivent encore une compilation des arguments écrits par les partisans du pour et ceux du contre !
            ça doit se trouver sur internet et je les ai moi même lus, ils sont très bien faits !!
            et j’avoue que si je suis plutôt partisans du pour, certains arguments contres sont bons, comme la difficulté de maitriser toute la chaine etc…

            enfin pour la provenance, ici les produits bios sont soient locaux (minorité) soit du Mexique et cela ne dérange personne ! Les produits chinois ne se trouvent quand dans les marchés chinois… mais encore une fois les gens sont contents de trouver des produits de chine ?? je ne comprends pas votre argument de « cacher » la provenance… faudrait peut être penser à sortir un peu de votre banlieue parisienne et découvrir le monde, non ?

      • Batilus :

        L’élément que je réclame n’éclaircira en rien le débat philosophique entre les deux conceptions de la responsabilité. Il s’agit juste de bien cerner la position de l’auteur.

        Savoir si on doit attribuer la responsabilité d’un méfait au premier maillon de la chaine de causalité même si c’est un maillon ignorant ou si chacun doit considérer qu’en s’ouvrant au monde, il accepte le risque de la contamination par des substances dangereuses en même temps que la chance d’accéder à de nouvelles richesses, c’est une vraie question.

        Mais un système mixte dans lequel l’ignorance justifie l’absence de responsabilité n’est pas tenable, car il ne permet pas l’émergence de comportements vertueux.

        • La réponse est assez évidente : la plupart des produits sont fait pour un usage et dangereux dans beaucoup d’autres circonstance. Le producteur ne peut pas être responsable de l’usage qui est fait de son produit, sauf si bien sûr il trompe son client sur le contenu et lui vend un produit dangereux pour l’usage auquel on le destine (par exemple de l’huile de vidange pour de l’huile alimentaire) ou en omettant les mesures de sécurité qu’il sait nécessaire de prendre. Même si ce principe assez généralement partagé a des applications fort différentes d’un pays à l’autre, selon le niveau jugé nécessaire d’information. Il me semble clair que la tendance est au gonflement de la quantité d’information associée au produit, puisque qu’il est maintenant si facile de lié une étiquette à un code par lequel un téléphone portable peut accéder à un site internet contenant une quantité illimité d’information. Par ce moyen, à l’avenir une étiquette alimentaire sera probablement aussi fournie qu’une notice d’électroménager, avec d’interminable listes de précautions stupides ou évidentes, des exclusions de garanties si l’utilisateur s’écarte de l’utilisation préconisée par le producteur, et bien sûr quantités d’allégations marketing (label, bio, sans ogm, équitable, riche en ceci, pauvre en cela, particulièrement bon selon la recette truc utilisant le produit chose de la même marque, etc.) .

  • Regardez le reportage de Marie-Monique Robin sur Monsanto,des enfants paralysent en Argentine du aux herbicides:Le soya de la mort,Argentine.
    Il est prouvé scientifiquement que les OGM font des dommages irréparables à vos organes.Selon certains chercheurs,90% des cancers seraient liés à Monsanto.
    L’aspartame,les BPC,le roundup,le plutonium enrichi,le polonium enrichi pour les premiers éssais nucléaires,les OGM,les semences roundup ready qui résistent aux roundup sont tous des produits extrêment nocifs pour la santé.

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