Incident de Fessenheim : la récupération politique de Noël Mamère

Le non-événement qui a lieu sur le site nucléaire de Fessenheim représentait trop d’enjeux en termes d’agitation anti-nucléaire pour que Noël Mamère ne s’empêche d’exprimer son « point de vue ».

Le non-événement qui a lieu sur le site nucléaire de Fessenheim représentait trop d’enjeux en termes d’agitation anti-nucléaire : Noël Mamère n’a pas pu s’empêche d’exprimer son « point de vue ».

Par Anton Suwalki.

Mercredi après-midi, un de mes amis connaissant mes positions sur le nucléaire me lance ironiquement : « il faut évacuer, un nuage de fumée s’échappe de la centrale nucléaire de Fessenheim ! ». Renseignement pris, pas de fumée, mais simplement une émanation de vapeur d’eau oxygénée d’une cuve de traitement d’effluents des réacteurs. Deux salariés ont été légèrement brulés. C’est, du point de vue des accidents du travail (658 000 accidents du travail avec arrêt par an [1]), un non-événement absolu auquel personne ne se serait intéressé en temps normal. Un simple accident de manipulation insignifiant, probablement inclassable sur l’échelle INES, et qui n’a aucune conséquence ni sur les installations de la centrale ni en termes environnementaux.

Mais voilà, un non-événement qui a lieu sur un site nucléaire, et en plus à Fessenheim, qui représente tant d’enjeux en termes d’agitation anti-nucléaire et de tractations électorales, devient un sujet digne de la une du JT de 20 heures.

J’attendais donc avec impatience quels seraient les premiers à réagir et à profiter de l’aubaine médiatique pour exiger la fermeture de la centrale. Même sans être sûr de trouver le tiercé gagnant, il n’était pas trop risqué de miser sur au moins un bourrin toujours bien placé quand il s’agit de dire des inepties : Noël Mamère.

Comme on pouvait s’y attendre, Noël Mamère a déclaré :

Cet incident est la preuve (sic !) qu’il faut fermer Fessenheim au plus vite. C’est aussi la preuve qu’il ne faut surtout pas se lancer dans une opération de soins palliatifs à des centrales vieillissantes, comme Fessenheim. Ces milliards d’euros, il vaut mieux les dépenser à favoriser la recherche et le développement sur les énergies renouvelables, plutôt que de les consacrer à essayer de rafistoler des centrales en fin de vie.

Attribuer à la prétendue obsolescence de la centrale de Fessenheim cet incident, il fallait pour l’oser tout le culot bibendumesque de Mamère, un mal incurable pour lequel il n’existe aucun soin palliatif.

La prochaine fois qu’un cuistot de Bègles se brulera en renversant une casserole, il faudra peut-être demander à M. le maire de fermer au plus vite la cantine municipale… Après tout, il s’y est passé il y a un an des choses autrement plus graves que ce que Mamère dénonce aujourd’hui à Fessenheim.

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Sur le web.

Note :

  1. Chiffres 2010 : 658 000, dont 41.000 graves, et 529 mortels !