Hausse de la CSG : la gauche, ennemie du peuple

La hausse de la CSG Ayrault plombera le pouvoir d’achat des salariés sans créer l’électrochoc nécessaire pour relancer l’emploi.
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Hausse de la CSG : la gauche, ennemie du peuple

Publié le 8 septembre 2012
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La hausse de la CSG décidée par le gouvernement Ayrault plombera le pouvoir d’achat des salariés sans créer l’électrochoc nécessaire pour relancer l’emploi.

Par Aurélien Véron.

La gauche critiquait la TVA sociale hier. Elle veut instaurer 2 à 4% de « CSG sociale » aujourd’hui. Sur fond d’hypocrisie, elle reconnaît donc le problème de l’excès des charges sociales en France. Mais comme la droite, elle s’attaque aux effets plutôt qu’aux causes, le financement plutôt que les assurances sociales elles-mêmes. En augmentant l’impôt sur tous les revenus à salaire net inchangé, le gouvernement s’engage à rogner sérieusement le pouvoir d’achat des salariés et des épargnants déjà écrasés par le poids des prélèvements obligatoires. Et si le coût du travail peut diminuer un peu, l’hyperfiscalisation des revenus qui en résultera incitera un peu plus les Français à lever le pied, à réduire leur prise de risque et leurs investissements.

Les recettes des quatre branches de la sécurité sociale atteignaient 422 milliards d’euros en 2011. Très schématiquement, diminuer les charges sociales de 1% à partir de leur niveau actuel, soit d’environ 40 à 39%, coûterait donc presque 11 milliards d’euros, quasiment autant qu’une hausse de 1% de la CSG. Cela signifie que 2 à 4 % de hausse de l’impôt sur l’ensemble des revenus (et donc du pouvoir d’achat de leurs bénéficiaires) ne permettraient une diminution du coût du travail que de 2 à 4 %. Si on se fonde sur l’hypothèse que le salaire net ne bouge pas. Mais c’est le but de la manœuvre, non ? Nous sommes loin de l’électrochoc nécessaire pour favoriser les embauches. Parions quand même sur le fait que ce jeu de bonneteau fiscal va se traduire par une usine à gaz supplémentaire pour compliquer le quotidien de tous.

En revanche, l’impact négatif d’une baisse générale du salaire après impôt de 2 à 4% promet d’être considérable alors que l’évolution du coût de la vie dégrade la qualité de vie des habitants (le logement devenu inaccessible par manque de foncier constructible par exemple). Les salariés seront davantage démobilisés, particulièrement parmi les hauts revenus frappés de plein fouet par la progressivité importante de nos grilles (je ne prends pas en compte la tranche aberrante de 75%, même si heureusement les artistes, alliés objectifs de la gauche, et les sportifs populaires y échapperont).

François Fillon se vantait d’avoir augmenté de 10,5% l’imposition du capital en 10 ans de pouvoir de la droite. Ne doutons pas que cette nouvelle augmentation de 2 à 4% de la CSG sur les revenus du patrimoine accentuera la sous-capitalisation de nos PME, la vente de nos entreprises performantes à des étrangers pour être délocalisées vers des cieux moins punitifs, et la fuite des capitaux. Certes, le gouvernement se confronte à une équation impossible sans poser sur la table le débat fondamental des assurances sociales : l’abandon du monopole bureaucratique de la sécu ouvrirait la voie à de meilleures couvertures, individualisées et moins coûteuses. Sans sacrifier leur universalité.

En diminuant de quelques points le coût du travail avec de bonnes intentions, le gouvernement ignore l’un des facteurs bloquants de la compétitivité, le niveau général trop élevé des prélèvements obligatoires. Il promet d’aggraver encore davantage l’investissement et la prise de risque, moteurs de l’entreprise et de l’innovation. Est-ce le moment de détériorer la confiance des acteurs de la croissance, au moment où le pays franchit la barre des 3 millions de chômeurs déclarés ? En attendant une refonte intelligente de nos assurances sociales, les réformes telles que la flexibilité de l’emploi ou la remise en question des professions protégées amélioreraient rapidement la compétitivité du pays sans ne rien coûter au contribuable.


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