L’année zéro du libéralisme français

Politiquement, le libéralisme n’existe plus en France au sens où il ne pèse plus rien électoralement. Peut-on pour autant le remiser au rayon des vieilles idéologies ?
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L’année zéro du libéralisme français

Publié le 30 août 2012
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Politiquement, le libéralisme n’existe plus en France au sens où il ne pèse plus rien électoralement. Il doit donc cesser d’essayer d’être politique pour devenir culturel.

Par Philippe Silberzahn.

L’élection présidentielle de mai dernier a été singulière au moins sur un point. Tous les candidats du premier tour, sans exception, défendaient l’idée que l’État était la solution de la crise actuelle. Tous. Jamais la pensée politique n’avait été aussi unanime. Nous avons eu l’étatisme marxisto-chaveziste (Mélanchon, Poutou et Hartaud), l’étatisme keynésien (Hollande), l’étatisme vert (Joly), l’étatisme centriste (Bayrou), l’étatisme souverainiste (Dupont-Aignan), l’étatisme caporaliste (Sarkozy), et l’étatisme tribal (Le Pen). Sans oublier bien sûr l’étatisme lunaire de Jacques Cheminade, sorte de cerise comique sur un gâteau tragique.

Assez logiquement, le deuxième tour a opposé deux candidats qui, au final, tirent un diagnostic identique de notre situation. Le premier, Nicolas Sarkozy, a fait passer quelques réformes d’essence libérale mais s’est définitivement converti au dirigisme économique à partir de la crise de 2008, et au tribalisme le plus cru une fois connu le score du Front national au premier tour. Le second, François Hollande, est un social démocrate qui voit dans l’État la force motrice de la société.

Face à cela, les libéraux se sont décomposés. D’abord, avant l’élection, le petit parti Alternative Libérale a fusionné avec le Nouveau Centre. La brève campagne d’Hervé Morin a ruiné les maigres espoirs que cette stratégie avait pu faire naître. Certains libéraux se sont alors tournés vers François Bayrou, dans la logique du “c’est mieux que rien”. Les observateurs n’ont pas manqué de faire observer que le centre n’a jamais en lui-même signifié une position libérale. Le centre se définit par une position modérée qui, certes, n’est pas hostile aux principes libéraux, mais qui au final s’appuie toujours sur l’État dans sa logique de pensée. Dit autrement, le centre est modéré, mais si être libéral, c’est être modéré, l’inverse n’est pas nécessairement vrai. La violente attaque de François Bayrou contre l’individualisme dans son livre de campagne, typique de l’étatisme chrétien, est à ce sujet très instructive. Le second tour de la présidentielle fut l’apogée du déchirement. Toujours dans la logique du “c’est mieux que rien”, gardant en mémoire les quelques réformes libérales du quinquennat et se pinçant le nez pour ne pas sentir les odeurs nauséabondes de la fin de campagne où les principes les plus fondamentaux du libéralisme, ceux de la société ouverte fondée sur le droit (ô Karl Popper !), furent foulés au pied par Nicolas Sarkozy, certains libéraux se sont résolus à voter pour ce dernier. Plus sensibles à la question des libertés publiques, d’autres ont choisi François Hollande, espérant sans trop y croire que les erreurs de 1981-1983 seraient faites, cette fois, en quelques semaines et que la raison économique reviendrait rapidement. D’autres, enfin, ne se sont résolus à cautionner ni l’illibéralisme de gauche, ni celui de droite, et se sont abstenus. S’il en était besoin, le choix de François Bayrou de soutenir l’autre François a achevé de perturber les esprits libéraux.

Politiquement, le libéralisme n’existe donc plus en France au sens où il ne pèse plus rien électoralement. Peut-on pour autant le remiser au rayon des vieilles idéologies ? Ce serait une erreur. Tout d’abord il faut se rappeler le message de Hayek. Observant l’influence considérable que le socialisme a eu dans les sociétés occidentales, il notait que celui-ci n’était nullement né d’une réflexion des ouvriers, mais bien des intellectuels pensant au nom de ces derniers. Le socialisme a d’abord été une force intellectuelle avant, longtemps après, de devenir une force politique. Par intellectuels, Hayek voulait dire ce qu’il appelait les revendeurs d’idées d’occasion : journalistes, enseignants, avocats, etc. qu’il voyait comme les intermédiaires entre les penseurs universitaires et les consommateurs d’idées. Pour lutter contre cette influence, il recommandait aux libéraux d’agir sur ces mêmes intermédiaires.

Renaître de ses cendres.

Ensuite, il faut rappeler qu’en tant que programme politique, le libéralisme n’a jamais réussi seul. On continue à entendre Ronald Reagan et Margareth Thatcher décrits comme des ultra-libéraux, mais c’est oublier qu’ils étaient avant tout des conservateurs. Leurs réformes libérales ont donc été portées dans le cadre d’un conservatisme, notamment social. C’est ainsi que le réformisme libéral économique, en pratique, est souvent malgré lui associé au conservatisme social. Inversement, les réformes libérales menées par la gauche, comme la libéralisation des marchés financiers ou la création du grand marché européen, ont été portées dans le cadre d’une pratique politique social démocrate.  C’est sans doute la tragédie du libéralisme de n’être pas capable d’exister seul politiquement mais de toujours avoir besoin d’être porté par des forces qui lui restent, au fond, hostiles.

La conclusion de ces deux observations – impératif d’action sur les corps intermédiaires et incapacité du libéralisme à exister seul – semble s’imposer d’elle-même : le libéralisme français doit cesser d’essayer d’être politique pour devenir culturel. Une leçon que ne démentirait pas Gramsci. Ainsi donc, la leçon de cette présidentielle n’est-elle pas que le libéralisme est mort en tant que philosophie politique, mais qu’il est une impasse en tant que démarche politique, au moins dans les circonstances actuelles. Que les libéraux cessent de gaspiller leur énergie dans ce domaine et se concentrent sur l’influence culturelle.

Car quoi qu’on en pense, le libéralisme est sans doute plus que jamais nécessaire. Car que dit-il ? Des choses simples. À la gauche, le libéralisme dit : pas de richesse sans initiative privée, pas d’initiative privée sans marché libre, pas de marché libre sans État limité, pas d’État limité sans dépense publique faible. À la droite, le libéralisme dit : la nation oui, la tribu, non ; les principes, oui, la morale, non ; la sécurité oui, l’arbitraire, non ; le capitalisme entrepreneurial oui, le capitalisme de copinage, non. Ce sont là des messages que beaucoup de nos concitoyens doivent pouvoir entendre. Et ce d’autant que, loin des caricatures qui se sont développées à son égard, le libéralisme n’est pas une idéologie monolithique prônant l’égoïsme et la loi du plus fort, mais un corpus d’idées d’une grande richesse et d’une grande diversité qui peut nourrir une réflexion politique et économique sur les questions de notre temps. L’ouvrage récemment paru de Serge Audier, Néolibéralisme(s), une archéologie intellectuelle rend très bien compte de cette richesse au point qu’il en constitue indéniablement une archéologie d’avenir.

Alors que le libéralisme français vit son année zéro, il y a néanmoins deux raisons d’espérer. La première, c’est que le terreau français n’est pas aussi défavorable au libéralisme et à ses valeurs que la campagne le laisse penser. Chacun l’observe, la création d’entreprise ne s’est jamais aussi bien portée en France. Une partie de la population vit dans des statuts protégés, mais une autre est dynamique et se frotte avec plaisir à la concurrence du monde. Il n’est que voir la multiplication des start-up weekends, apéro-entrepreneurs et des formations à l’entrepreneuriat dans l’enseignement supérieur qui connaissent un succès important. Dit autrement, si le libéralisme politique est mort, le libéralisme culturel semble bien se porter.

La seconde raison d’espérer est que la galaxie libérale n’est pas atone, loin s’en faut. Peu remarquée par des médias obsédés par la traque de l’anecdote du jour durant la campagne, la démarche très originale et très construite d’un collectif ayant monté une campagne fictive de Frédéric Bastiat a rencontré un écho significatif non seulement sur le Web (voir le magnifique film de la campagne vu par plus de 30.000 personnes), mais aussi dans la rue puisque cette campagne a donné lieu à tractages et collage d’affiches. Remettre en avant l’œuvre de l’économiste français est habile, car cela rappelle que le libéralisme a de très importantes racines françaises, et que ce n’est pas une vilaine idéologie que nous imposent les Américains. Ensuite, Bastiat est un auteur éminemment accessible, facilement lisible et plein d’humour. Enfin, ses Sophismes sont d’une terrible efficacité pour démontrer l’imbécillité de nombreux raisonnements que l’on nous présente comme évidents à longueur de journées. Cette “campagne” de Frédéric Bastiat a ainsi touché droit au cœur de la cible que proposait Hayek, c’est-à-dire la sphère culturelle, et constitue en cela le prototype de ce que devrait être l’action libérale en France. D’autres initiatives sont envisageables, comme la création d’un équivalent français du CATO Institute, un think tank libéral qui jouit d’une très forte influence outre atlantique en étant capable d’agacer aussi bien les démocrates que les républicains, ou le développement de la culture économique des français via un véritable enseignement scolaire.

2012 est l’année zéro du libéralisme en France. Mais à la différence du collectivisme, sur sa gauche, et du tribalisme, sur sa droite, il reste une philosophie d’avenir. Reste à le reconstruire culturellement et à créer, selon les mots de Hayek, une véritable utopie libérale sans laquelle il n’a aucun espoir. Pour reprendre les derniers mots de la profession de foi du candidat fictif Frédéric Bastiat, les prochaines années seront celles de la reconquête. Elle commence aujourd’hui.

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  • J’aime bien cet article parce qu’il porte un message constructif : c’est possible, voila comment. Même si je ne suis pas tout à fait d’accord.

  • Bon article mais je crains que l’année zéro du libéralisme ne dure longtemps!

  • Moi qui titille toujours les personnes de mon entourage à ce sujet depuis longtemps, sans le dire, elles m’écoutent d’un air discret, mais certain. C’est pourquoi il ne faut désespérer ! Car les idées c’est comme les clous, plus on tape sur la tête plus on les enfoncent.
    Bastiat disait : « seul le temps permet aux gens de comprendre ». Ainsi qu’A. de St Exupéry : « l’avenir tu n’as pas à le prévoir, mais à le permettre ».
    Il faut savoir violer le destin, comme me disait un ancien patron…en ajoutant cette citation du Mal De Lattre de Tassigny : « Croire et oser ». Donc j’ose bousculer ce ronronnement socialiste dans beaucoup de discussion, ce qui me vaut quelques soucis, mais je ne renonce pas.

  • « La violente attaque de François Bayrou contre l’individualisme dans son livre de campagne, typique de l’étatisme chrétien, est à ce sujet très instructive. »

    ==> On parle quand même d’un homme qui promeut l’adoption par les homosexuels et qui s’est insurgés que l’on mette les drapeaux en bernes à la mort de Jean-Paul II, cela fait bien longtemps que Bayrou a trahi la démocratie chrétienne.

    Pour le reste je suis d’accord avec l’analyse

  • « Enfin, ses sophismes sont d’une terrible efficacité  »

    aphorisme, certainement

  • Excellent article.
    Cependant, pour notre plus grand « bonheur », la bataille des idées tourne quand même largement en notre défaveur, car le socialisme est implanté partout.
    Même les gens qui entreprennent, inventent et épargnent n’appellent pas ce fonctionnement du libéralisme.

    Je souhaite beaucoup de courage est de patience à tous ceux qui n’ont pas oublié que si l’on sacrifie la liberté pour une illusion de sécurité, on n’obtient ni l’une ni l’autre.

    Mais il est vrai que l’avenir peut nous sembler radieux pour au moins 2 raisons:
    – la faillite prochaine de l’Etat français
    – le succès de plus en plus vif des auteurs et mouvements libéraux en France, notamment Contrepoint.

    Vivement l’âge d’or.

    • « Mais il est vrai que l’avenir peut nous sembler radieux pour au moins 2 raisons:
      – la faillite prochaine de l’Etat français
      – le succès de plus en plus vif des auteurs et mouvements libéraux en France, notamment Contrepoint. »
      ——————————-
      La première raison est mauvaise : un Etat en faillite, qu’il soit français ou ailleurs ne conduit pas au libéralisme mais au totalitarisme.

      • « un Etat en faillite, qu’il soit français ou ailleurs ne conduit pas au libéralisme mais au totalitarisme »

        C’est en effet les gros risques que nous encourons aujourd’hui avec la faillite de l’État-nation en tant que notion (ce ne sont pas les États-nations qui sont individuellement en faillite).

      • En fait par faillite, je pensais à la Suède, qui a du se libéraliser pour survivre.
        Effectivement, cela peut conduire à une dictature, mais n’est ce pas une dictature tranquille que nous pondent élection après élections nos têtes brulées qui nous dirigent?

  • Vaste programme ! Une sorte de Cato ou de Foundation for economic education en français serait effectivement bienvenue.

  • Il faut inventer le libéralisme du 21è siècle, qui se base sur celui du 19è et du 20è évidemment, mais en prenant en compte les dynamiques actuelles. Il faut saisir les nouvelles opportunités d’autonomisation et de liberté individuelle, penser le contrôle de l’individualisation des moyens de destruction sans empêcher l’individualisation des moyens de production, organiser des hiérarchies en réseaux, accompagner l’organisation sociale sur des projets plutôt que sur les territoires, soutenir la fluidification du transfert de propriété, se projeter dans une économie de service englobant la production plutôt que de croire au tout-industriel. Dans le même temps je pense qu’il faut prendre une distance raisonnable avec la droite qui, depuis la fin des années 90, fustige et ridiculise toute les recherches d’éthique, de responsabilité et de discipline individuelles sous prétexte qu’elles entraine une versatilité des comportements sans avouer que c’est évidemment la versatilité électorale qui lui pose problème.
    Le libéralisme politique me semble tout à fait possible, plus personne ne croit au faux clivage actuel. Les comportements montrent en effet que de nouvelles voies sont empruntées, c’est le discours qui ne passe car le discours libéral est le plus souvent soumis au discours conservateur. En France au moins le libéralisme est vécu comme une dynamique progressiste, et en l’occurrence, dans un monde où les rapports de force, les organisations et les moyens d’action changent de forme à grande vitesse, ce n’est pas une erreur.

    Les prochaines années sont plus celles de la conquête que de la reconquête.

  • heureusement qu’il y a toujours Morsay.

  • Très bon papier. Qu’il en soit ainsi !

  • Créer un Cato Français… ou réinventer la roue… participer aux travaux de la dizaine de ttank libéraux Français (un monde libre, iref, ifrap, institut turgot…) proposer de contribuer ou d’aider à l’organisation de l’université de la nouvelle économie de J Garello, militer au sein des grass roots français (liberté chérie, student for liberty France, Contribuables Associés)… ce serait déjà pas mal, et encore il existe douze mille autres initiatives…

    Mais d’accord avec le constat, l’offre politique n’est plus libérale, et on ne peut que mieux faire désormais.

  • « pour ne pas sentir les odeurs nauséabondes de la fin de campagne où les principes les plus fondamentaux du libéralisme, ceux de la société ouverte fondée sur le droit (ô Karl Popper !), furent foulés au pied par Nicolas Sarkozy, »
    Lamentable exemple de prosternation devant les idoles de la gauche, de rejet fanatique et borné de toute rationalité, de toute connaissance de notre passé et du monde qui nous entoure.
    M. Silberzahn, je suis l’un de ces cloportes nauséabonds qui refuse de manger halal. En je me considère comme libéral, titre que je ne vous reconnais pas.
    En effet, il était question de permettre au consommateur de savoir que la viande qu’il consomme est issue d’un abattage effectué selon les règles de l’islam, afin qu’il puisse s’en détourner si bon lui semble, et quitte à ce que la puanteur de ses idées vous incommode.
    Ce jugement « moral », affirmé si hautainement, du sommet vertigineux de la stupidité et de la bonne conscience de gauche sur un choix qui relève de la liberté de conscience a tout du fanatisme, y compris le vocabulaire, mais rien de libéral. C’en est même l’exact contraire.
    Le libéralisme ne se divise pas : Puisqu’il n’est pas permis d’informer, la logique économique (au sens du contraire du gaspillage) va logiquement « halaliser » toute la viande. Puis la priorité ainsi donnée à la foi musulmane sur l’indifférence se traduira logiquement par la radicalisation de la « halalité » de la viande, qui ouvrira le bal des surenchères de particularismes sociaux – et Allah sait que l’islam n’en manque pas. À ce jeu, nul doute que les islamistes riront les derniers.
    Et voilà comment l’incompréhension du libéralisme fait le lit de la charia, qui n’est pas connue pour sa compatibilité avec le libéralisme dans les pays musulmans, où elle est la principale source du droit. M. Silberzahn n’a sûrement rien à y redire, puisque ce sont des sociétés fondées sur le droit. Pour ma part, j’adhère à l’autre au risque de lui imposer encore mes nuisances olfactives, je constate qu’il existe plusieurs visions du droit, et je juge que la nôtre vaut infiniment mieux que la charia.
    Ce qui ne garantit nullement qu’elle prévale, hélas, et on n’en prend pas le chemin.
    Mais revenons à notre halalisation : Qui peut croire que la liberté de conscience et l’égalité de tous soit respectée dans un abattoir halal ? L’abatteur DOIT être musulman, et je présume que la bonne halalitude est mieux garantie par un directeur et du personnel musulman, qui connaissant les règles et les prennent au sérieux. Et quand bien même ils ne le seraient pas, ou pas encore, qu’en est-il de leur liberté de conscience, s’ils travaillent sous la supervision d’un imam ? Et si tous les autres abattoirs de la région, et bientôt du pays, sont halal ?
    Plus généralement, l’examen des conséquences du halal dans les autres pays montre qu’il empêche le respect mutuel, avec des excès odieux (Asia Bibi…), l’impureté des aliments se traduisant immanquablement pas celle de leurs consommateurs.
    Défendre l’islamisation au nom du libéralisme est donc de la dernière absurdité. EN fait votre ligne est gauchiste, antidémocratique et antilibérale. Antidémocratique car vous défendez une interdiction d’informer et vous savez comme moi que les Français ne veulent pas que leur cadre de vie soit islamisé. Antilibéral parce que votre moralisme méprisant et votre déni des faits est le contraire du libéralisme. Et parce que la valeur de la propriété foncière, la principale, est étroitement liée à son contexte social, culturel et juridique ; ma maison perd toute valeur si je suis confronté à un cadre de vie islamisé où la charia est le fondement de toute norme, y compris le droit.
    La vérité est que le libéralisme est indissociable du conservatisme, puisqu’il participe d’une anthropologie judéo-chrétienne distinguant les autorités religieuse et régalienne, sans quoi la notion même d’individu tombe. Les combats du socialisme contre cet héritage et contre le libéralisme sont donc en fait les deux faces du même combat : La déchristianisation, imposée par les moyens les moins libéraux, était bien le préalable au pouvoir illimitée de l’État, y compris à son usurpation de l’autorité morale, dont on constate jusque chez des soi-disant libéraux à quel point elle est maintenant sous l’emprise du gauchisme, dogmatique et puérile.

    • Et revoilà Fucius et ses délires islamophobes. Je vous renvoie aux échanges que j’ai eus avec votre accolyte JFM il y a un mois au sujet d’un article sur la guerre d’Algérie. Votre argumentation est intellectuellement farfelue : comme tous les intégristes, vous refusez de distinguer trois choses qui ne sont en aucun cas réductibles l’une à l’autre, à savoir les faits historiques, les textes et la religion comme objet spirituel. Cela permet de raconter n’importe quoi, sur l’Islam comme sur toute autre religion. Pourtant, l’Islam n’est pas uniforme et le fait que les courants anti-rationalistes aient historiquement pris le dessus n’empêche pas la réalité historique de courants compatibles avec la tradition occidentale ni leur possibilité aujourd’hui. Votre discours part d’une contingence historique et généralise indument. Sur l’aspect historique, il faut garder à l’esprit ce que l’on sait de Jésus aujourd’hui : il s’agit d’un prophète juif qui s’est révolté contre l’ordre romain. Cela ne permet pas pour autant de réduire le Christianisme à une secte juive, alors de grâce prenez un peu de recul s’agissant de Mahomet et de l’Islam.
      Autre point important : le fait que la démocratie libérale soit née en Occident de la rencontre des traditions grecque, romaine et chrétienne ne la rend pas inaccessible aux non-occidentaux : la portée d’une théorie n’est pas réductible aux conditions contingentes de son émergence. Par exemple le fait que l’algèbre ait été inventé par les Arabes n’en fait pas une science arabe.
      Faites un effort et allez lire quelques articles (Fabrice Copeau et Pierre Lison ou encore Yves Montenay sur ce site par exemple) ou même mieux quelques livres (j’avais conseillé deux auteurs parmi d’autres dans mes échanges avec JFM : Robert Reilly et Djamchid Mortazavi ) et détendez-vous.
      Enfin évitez de traîter tout le monde de gauchiste encourageant l’islamisation, c’est désagréable.
      Merci

      • Darley : je confirme, Robert Reilly a écrit des choses tout à fait passionnante sur ce sujet. J’avais eu l’honneur de chroniquer un de ses livres sur ce thème, il y a quelques années, pour Contrepoints et un autre site.

        Sinon, j’avais depuis un bout de temps envie de vanner Fucius, et je crois que l’occasion est venue : qu’il est con, Fucius. 😉

  • très bon article ! en effet, face à une telle hostilité générale, la première des choses à faire consiste sans doute à débiaiser le débat. Ca sera une oeuvre de longue haleine, mais il en va toujours ainsi avec les enjeux de civilisation.

    à part ça, on me fait me dire que les noms propres sont pour partie mal orthographiés: Mélenchon, Artaud, Margaret Thatcher.

  • D’accord avec l’auteur, le combat des idées précèdent les victoires politiques.
    Il faut d’abord faire entendre les idées libérales.
    Mais la politique peut-être aussi un outil. En effet chaque élection peut permettre, durant la campagne, de parler aux gens et donc de faire entendre la philosophie libérale.

    En résumé : Faire de la politique, non pour gagner des élections, mais pour utiliser la caisse de résonance des campagnes électorales.

    • Cet article est comme un coup de sifflet pour siganler que la récrée est terminée, et mettre la balle au centre.

      Maintenant à vous de jouer !

  • Critique facile. Le libéralisme politique est mort en 2002 avec l’échec de Madelin non pas par son score, mais par l’arrivée de JMLP au 2nd tour, tuant toute marge de négociation. Les idées libérales ont été véhiculées par des structures comme Contribuables Associés pour un public vieillissant, par des think tanks comme l’Ifrap ou l’Institut Turgot, par des associations comme Liberté Chérie, par des partis comme AL et, aujourd’hui, le PLD. Contribuables Associés a mis 10 ans à être reconnu, un parti exige du temps pour gagner en crédibilité. Le PLD est sur cette voie, n’en déplaise à l’auteur.

    • Madelin avait une idée très particulière de la liberté. En l’occurrence certains avaient certains droits mais pas les autres. Mais même pour ses privilégiés il n’y avait que des exceptions à la liberté dans son discours. Des libéraux comme ça, non merci.
      Quant au PLD c’est très intéressant, mais on a l’impression qu’ils sont restés coincés dans les années 80. Ils représentent une alternative au RPR et au PS dans le monde d’alors, il nous faut faire d’abord un diagnostic réaliste de ce qui se passe en ce moment : notions de produit, d’abandon, de flux de consommation, d’intégration, de localité, de monnaie, de travail… etc. sur tous ces points ils sont restés sur les définitions du 19è siècle, ce qui n’est pas un mal en soi mais qui ne correspond plus dans les faits à notre réalité.

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