Radars, loto, PV, tabac, alcool, carburants : les recettes immorales de l’État

L’État français est addicte à nos addictions. Il en arrive donc à mener des politiques contraires aux intérêts de la population dans l’unique nécessité de collecter des revenus.

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Radars, loto, PV, tabac, alcool, carburants : les recettes immorales de l’État

Publié le 14 août 2012
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Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Et plus exactement, arrêtons nous un instant sur cette « dépendance » de l’État à ces activités qu’il est censé freiner et que par une perverse inversion des valeurs il a intérêt à voir croître. Deux chiffres nous ont interpellés ces derniers jours.

Tout d’abord, ce sont Les Échos qui nous apprennent que l’Agence nationale du traitement automatisé des infractions (Antai) estime que les radars ont déjà rapporté « 324 millions d’euros entre le 1er janvier et le 30 juin 2012, et en tenant compte de la corrélation du trafic selon les saisons, l’année 2012 pourrait rapporter entre 675 et 700 millions d’euros », un record. Des rentrées supplémentaires qui feront du bien au budget de l’État, certes mais qui conduisent inévitablement à des perversions. La première, nous la connaissons, c’est la multiplication des radars (il y en aura 2200 à la fin de l’année, soit une progression de 22% en trois ans). Cette multiplication des radars a deux aspects totalement pervertis.

  • Le premier, c’est le discours idéologique qui prévaut à cette prolifération. En interdisant les avertisseurs de radars, en supprimant les panneaux prévenant de la présence de radars, l’État supprime tout l’aspect préventif et éducatif que l’installation de radars pouvait induire. Seul demeure l’aspect répressif. C’est là que le citoyen lambda a du mal à comprendre qu’en matière de délinquance sexuelle on privilégie  l’éducatif à la répression, quitte à laisser en liberté des délinquants (avec les risques de récidive qu’on voit trop souvent), qu’en matière de vol, d’agression, on privilégie la « seconde » chance (vécue comme le « second » risque pour la victime), qu’en matière de délinquance de mineurs on stoppe les centres d’éducation fermés parce que « trop répressifs » et qu’en matière de vitesse seule la logique du « toujours plus de répression » soit l’unique solution… Que ce soit dans un sens ou dans un autre, l’État se renie. Ou plus exactement, quand il y a plusieurs centaines de millions d’Euros en jeu, l’État n’en a plus rien à faire de ses belles théories et de ses belles convictions. Perverti aux recettes, il abandonne ses beaux idéaux.
  • Le second aspect de cette perversion est caractéristique : les emplacements des radars. Nous connaissons tous des radars placés en pleine ligne droite d’une route à quatre voies sans aucune intersection ni habitation. Clairement, dans de telles circonstances, le nombre de conducteurs incités à laisser leur véhicule moderne silencieux, confortable et sûr à dépasser les 110km/h est important. Avec quel risque ? Quasi inexistant. En revanche, nous connaissons tous aussi des virages dangereux sur des routes moins fréquentées où la présence d’un radar en amont obligerait certains conducteurs à ralentir et par la même occasion sauverait des vies. Mais voilà, pas rentable. Le choix des emplacements est donc dicté non par la nécessité de la prévention mais par un calcul de rentabilité. L’action de l’État est pervertie par un raisonnement qui n’est plus que mercantile.

Jusqu’où va ce raisonnement ? Clairement, outre que l’État a objectivement intérêt à ce que ses citoyens contreviennent aux limitations de vitesse, ce que nous pouvons sentir dans le discours triomphant de l’Antai lorsque celle-ci annonce un certain « relâchement des automobilistes » ayant entraîné « une légère augmentation de la vitesse moyenne », nous sommes bien obligés de nous poser la question de savoir si l’État, franchissant un pas supplémentaire dans l’ignominie, ne serait pas amené à prendre des mesures « incitatives ». Eh bien, eh bien…  figurez vous que les sanctions moins lourdes en cas de petits dépassements… en a multiplié le nombre et donc les recettes ! Un enseignement que l’État serait avisé à analyser et éventuellement extrapoler au domaine fiscal… Hein ? Et si « moins d’impôts générait plus d’impôt »? En tous cas, clairement, il convient de se poser la question de la motivation qui a pu conduire l’État à baisser les amendes sur les petits dépassements. Réelle prise en compte des difficultés des Français ou calcul machiavélique et mercantile ?

L’autre chiffre qui nous a interpellé, c’est 16 Millions. 16 Millions d’euros, le Français qui a le plus gagné au tirage de l’Euromillion de vendredi dernier s’appelle… « État » ! En fait, l’État prélève 39,5% de toutes les mises. Cela représente environ 3,5Md€/an (probablement près de 4Mds€ cette année…) ! C’est le seul à être sûr de gagner à tous les coups. Nous ne nous étendrons pas  sur le fait que ces gains passent à la trappe du budget de l’État et que les députés (notre « représentation nationale ») n’ont pas voix au chapitre de l’utilisation de ces fonds. Nous vous reportons à l’excellent livre (bien que datant de quelques années) de Sébastien Turay sur le sujet.

Poursuivons en disant que la Française des Jeux verse, en plus des 39,5% sur les mises, un impôt sur les sociétés de 45M€/an. Ce n’est pas fini, actionnaire à hauteur de 72% de la société, l’État, en bon capitaliste investisseur perçoit des dividendes variant de 56M€ à 72M€, selon les années. Cerise sur le gâteau, lorsqu’il y a un « grand » gagnant, ce dernier aura le privilège de payer l’ISF l’année suivante. Bref, comme vous le voyez, l’État, même « normal » et « vertueux » continuera encore longtemps, en tant qu’actionnaire archi majoritaire de la Française des Jeux, à vous inciter à plus croire au hasard et à la chance pour gagner votre vie plutôt qu’au travail et à l’énergie.

Nous pourrions aussi tenir cette démonstration en matière d’alcool (de 35 à 50% du prix de vente), de tabac, de PV (comme lorsque nous avions relevé que la Ville de Paris, déçue du civisme de ses usagers avait constaté des recettes de PV inférieures à ses prévisions et avait pris des « mesures » pour redresser la barre…) de carburants, comme nous l’évoquions il y a quelques jours. L’État français est addict à nos addictions. Il en arrive donc à mener des politiques contraires aux intérêts de la population dans l’unique nécessité de collecter des revenus. Dans une telle logique, l’État est-il encore l’instrument de la collectivité au service de celle-ci ou est-il devenu un « corps étranger », une sorte de parasite dont l’intérêt serait le vice de son corps nourricier ?

En tous cas, nous aurons retenu deux choses. Nos élus savent que la répression peut être efficace et nos élus savent qu’en baissant les taux, on peut augmenter les recettes en valeur absolue. Il ne leur faut plus que généraliser ces principes… Cela s’appelle « sublimer » ses perversions. Ou rêver… ça dépend.

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  • Il est d’ailleurs curieux de constater que dans le prix de l’essence, le « méchant » pétrolier est toujours pointé du doigt alors que le montant des taxes ne l’est que rarement.

  • J ai une experience perso d un jugement de proximite pour refus de paiement d une amende a 11€. En effet le parking n avait pas de nom et etait sur le pv : en face de telle adresse…d ou ma contestation ! J ai donc ete juge et condamne a payer dans les 50€ pour frais de procedures. J avais ecris une lettre pour les feliciter de leur performances avec les pv et les accuses de ne pas faire leur travail sur le terrain des viols, meurtres, vol et prevention routiere (comme les routes tueuses de motard entre autre). Lors de mon jugement l on m a precise http://www.freetochoose.tv/ nul n est cense ignorer la loi et que tous les parking de la ville sont declares payant, meme sans p ni parquemetre ! Quant a ma lettre on m a interdit de l evoquer sous peine d un autre jugement dans une autre cours… J ai compris ce jour la ce qu etait la justice en France.

    • Bonjour,
      Les règles de stationnement en agglomération (en particulier sur le fait de savoir s’il sont payants ou non) sont régies par des arrêtés municipaux et non par une loi. (en cas de contradiction avec le code de la route, ce dernier est prééminent) Vous êtes en droit de contester ce jugement s’il ne fait pas référence à l’arrêté municipal (N° d’ordre, date de délibération du conseil municipal, date et vecteur de parution) qui établit, sauf arrêté contraire et limité dans l’espace ou le temps, que le stationnement est réputé payant sur tout l’espace de la commune. Le jugement, tel que vous l’exposez n’est pas fondé en droit.

      • Oui pas simple pour un simple citoyen ! Surtout en passage ou en vacances, bref pour comparer avec la Suede ou les parkings sont geres par le secteur prive…on hesite pas à crier au vol en France, ou au raket organiser. La police a autre chose à faire…

  • «  » » Le choix des emplacements est donc dicté non par la nécessité de la prévention mais par un calcul de rentabilité » » »

    Même l’État se serait laissé prendre au piège de « toujours plus de profits ». Impossible de la part de cette entité si honnête et au coeur si pur !

  • Quand l’État donne quelque chose aujourd’hui, il prend toujours autre chose le lendemain, sans autre consentement que le vote quinquennal par une majorité de ceux qui prennent encore la peine de se déplacer d’une politique générale jamais appliquée et systématiquement en défaveur de la croissance économique et du progrès à moyen terme. Non seulement ce système n’est pas démocratique mais il est particulièrement auto-destructeur ; sans tomber dans le catastrophisme, s’inquiéter me parait être le plus rationnel. Gageons que les compatriotes de Descartes s’inquièteraient beaucoup plus s’ils étaient mieux informés (et s’informaient mieux eux-mêmes).

    • Désolé, mais c’est encore une fois un article à charge uniquement qui a simplement oublié de rappeler les milliers de vie épargnées.

      C’est alors le comble du cynisme !

      • Allez donc voir la courbe, et venez nous dire après ça que les radars ont à voir avec la baisse du nombre de tués.
        J’ai 71 ans, je suis millionnaire en km, et j’ai de plus fait de la compétition sur piste; j’ai donc voix au chapitre, mais mes pareils ne sont jamais consultés.
        La baisse du nombre de tués est essentiellement due à l’amélioration du réseau routier et aux progrès fantastiques en matière de sécurité active et passive des véhicules, point.
        L’hystérie du style Association contre la violence routière et le stress permanent pour les gens qui n’on pas appris à avoir l’oeil constamment sur le compteur, mais plutôt sur la route, la circulation et l’environnement sont devenus insupportables pour les gens expérimentés.

        • La vitesse est le facteur le plus mortel avec l’alcool sur les routes mais c’est comme pour le réchauffement climatique on trouvera tjrs un original pour dire le contraire.

          • Quand un bolide fauche vélo et piétons la capacité de la voiture de déformation de la voiture pour encaisser les chocs ne préserve que le chauffard ! et on retrouve le cynisme des anti-radards !

          • Pour une fois je suis d’accord avec vous. Le facteur vitesse est un facteur d’aggravation des accidents. Pendant la période Jospin, c’était le discours ‘préventif’, résultat tout le monde roulait 20 à 30 km/h au dessus des limites. Avec la droite et un discours répressif chute de la vitesse.
            PS par contre, pour le réchauffement climatique c’est vous qui êtes dans l’erreur, nous sommes climato-septiques et vous contre toute opinions discordantes 🙂

          • Faux la vitesse n’est pas un facteur d’accident.
            Dans l’ordre se sont:
            La fatigue,
            L’alcool (et la drogue)
            La mauvais état de la route,
            Le mauvais état du véhicule.

      • Je suis sûr qu’on épargnerait pas mal de vies en séquestrant l’ensemble de la population…
        Oui des milliers d’êtres humains meurent tous les jours, et il n’y a rien de cynique a dire qu’on ne peut pas y remédier sans tomber dans le plus cynique des totalitarisme.

        • @Sansintérêt

          Visiblement vous ne savez pas de quoi vous parlez, je vous souhaite alors de ne jamais le savoir.

          • Pour 543 139 décès en 2008, les cancers étaient encore la 1ère source de mortalité (29,6 %), devant les maladies de l’appareil circulatoire (27,5 %), les accidents (4,6 %), la maladie d’Alzheimer (3,2 %), le diabète (2,2 %), le suicide (1,9 %), les démences (1,8 %) et les maladies chroniques du foie (1,7 %).
            Il reste beaucoup de chose à réglementer, à commencer par le moindre de nos comportements sanitairement incorrect. Votre argument noux mène droit à cela (taxe soda, tabac, alcool, interdiction de diverses drogues et j’en passe). Confier votre survie à l’État, c’est lui confier votre vie. Je suis le seul à pouvoir savoir où son mes intérêt et mon bonheur. Pour l’État, je suis une carte d’identité et les décisions qu’il prend à mon égard, qu’elles me soient bénéfiques ou non, vise toujours ces propres intérêts.

          • Je vois que le débat tourne beaucoup autour de la vitesse. Je souhaiterais, même si ce n’est pas le sujet de mon article, faire deux précisions.
            Tout d’abord, personne ne conteste qu’il faille limiter la vitesse aux endroits dangereux, ni même qu’il faille la contrôler sérieusement. Ce que des gens comme Scaletran ou moi même contestons, c’est l’application réglementaire de la limitation de vitesse. 130 sur une autoroute moderne lorsque le trafic est faible est une absurdité qui engendre plus de risques que de sécurité. Je peux vous assurer que pour ma part, gros rouleur, il m’arrive très souvent, régulateur de vitesse enclenché, de m’assoupir ou de divaguer dans mes pensées alors que je conduisais à ma main, je serais attentif. 110 sur une quatre voies construite exactement selon les mêmes normes que les autoroutes au prétexte que ce n’est pas « réglementairement » une autoroute, c’est crétin. J’ai même connu, ça a changé récemment, une autoroute que Scaletran reconnaitra certainement, sur laquelle une portion était limitée, uniquement parce que le Maire e la commune sur laquelle elle était située voulait emm.. les usagers pour se venger de ne pas avoir de sortie (A 14). J’ai perdu je ne sais combien de points à cause de cette conn… Par contre, des virages à 90 que raisonnablement seuls les bon conducteurs avec des véhicules modernes peuvent prendre à cette vitesse, il y en a la pelle! et des bourg limités à 50 quand 30 devrait s’imposer (pas de trottoirs, pas de visibilité…)…
            Deuxième point que je souhaite aborder. La qualité des conducteurs. Avez vous remarqué que moins ils conduisent vite plus ils conduisent mal? Je mes ouviens très bien que lorsque j’ai passé mon permis, l’inspecteur m’avait demandé d’évluer la vitesse du véhicule qui était derrière. Il n’y a pas un seul jeune conducteur capable aujourd’hui d’évaluer une vitesse, ni du véhicule de devant (ils déboitent n’importe comment et si possible trois km avant le véhicule) ni du véhicule de derrière (ils déboitent sous votre nez, forts de leur bon droit parce qu’ils sont en dessous de la limitation de vitesse) ni du véhicule qui vient d’en face (soit ils déboitent sans avoir le temps, soit ils restent plantés derrière un tracteur parce qu’à dix bornes il y aune voiture qui se pointe et qu’ils ont peur..), bref je crois sincèrement que le nombre d’accident n’est pas près de baisser et que les causes seront différentes. J’ajoute qu’à vingt ans, il y a toujours le même nombre d’abrutis qui veulent jouer les pilotes. Les abrutis sachant conduire s’en sortent toujours mieux que les abrutis qui ne maîtrisent pas leur véhicule.

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