Monti : « Avec Berlusconi, le spread serait à 1200 »

Sans le soutien des députés et des sénateurs de Berlusconi, Monti n’aurait pas d’autre option que de démissionner. Il devrait choisir ses mots plus soigneusement.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Monti : « Avec Berlusconi, le spread serait à 1200 »

Publié le 9 août 2012
- A +

Si les députés et les sénateurs de Berlusconi retiraient leur soutien, Monti et son gouvernement n’auraient pas d’autre option que de démissionner. Monti devrait donc choisir ses mots plus soigneusement.

Silvio Berlusconi

Aussi compétent soit-il, le premier ministre Mario Monti a vraiment mis les pieds dans le plat cette semaine. Un jour seulement après que le Spiegel a publié son affirmation un peu malencontreuse selon laquelle « les gouvernements de la zone euro ne devraient pas être entièrement liés par les décisions de leurs parlements », le Wall Street Journal a publié avant-hier des extraits d’une interview avec Monti datant du mois dernier. Dans celle-ci, Monti a suggéré que si Silvio Berlusconi était encore au pouvoir, le spread de l’Italie serait à 1200 ou quelque chose d’approchant.

Ouille !

Il pourrait bien avoir raison, mais ce n’est pas très malin politiquement. Rappelez-vous que, bien que Monti mène un gouvernement seulement composé de technocrates (et en fait, il est un technocrate non-élu lui-même), il doit aussi se reposer sur le soutien du parlement pour faire passer les réformes structurelles dont l’Italie a si désespérément besoin.

Le parti de Berlusconi détient toujours le plus grand nombre de sièges dans les deux chambres. En conséquence, si les députés et les sénateurs de Berlusconi retiraient leur soutien, Monti et son gouvernement n’auraient pas d’autre option que de démissionner. Monti devrait donc choisir ses mots plus soigneusement.

Le parti de Berlusconi lui a immédiatement rendu la pareille, le résultat étant que le gouvernement a échoué à obtenir la majorité lors de l’un des votes à la chambre basse avant-hier, au sujet d’un nouveau programme d’économies de 26 milliards d’euro. C’était principalement un geste symbolique (ce vote spécifique était sur un acte de procédure) et le programme a, en fin de compte, été approuvé, mais c’était un rappel du rôle important que joue toujours le groupe de Berlusconi.

Le chef du groupe des sénateurs de Berlusconi a déclaré :

Monti devrait faire preuve d’un comportement plus équilibré et plus respectueux, puisque le parlement doit effectuer un vote de confiance après l’autre. Tôt ou tard, quelqu’un pourrait se fatiguer.

Pour la deuxième fois en moins de 24 heures, Monti a été forcé de s’excuser, même si son cabinet préfère le mot clarifier. Il a appelé Berlusconi et lui a dit qu’il était « désolé », parce que cette phrase spécifique avait été « extrapolée » d’une conversation plus longue et avait été prise hors de son contexte.

Excuses acceptées, semble-t-il. Mais cet épisode est un nouveau rappel de comment, pour l’Italie, le principal risque reste politique.

—-
Sur le web

Voir les commentaires (3)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (3)
  • Rappelons-nous que le professore Monti fut un des commissaires U.E., à l’époque en charge de la concurrence ! Des manières U.E., il en a garder le réflexe : passer par-dessus la tête des électeurs nationaux pour tenter de faire passer des diktats à transposer au travers des Etats-membres.
    Les instances U.E. ne cessant de démontrer leur incapacité à gérer la complexité qu’elles ont contribuer à mettre en place, je leur recommanderais volontiers un peu d’humilité (une « valeur » qu’ils sont incapables de pratiquer ) !

    • Il est vrai que Monti n’a pas mâché ses mots.
      Cependant, il est intéressant de voir qu’il a bien plus de courage pour faire passer des réformes relativement sévères à l’Italie. Sans doute parce qu’il n’est pas élu et n’a donc aucun compte à rendre aux italiens.

      A suivre

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Alessandro Mazzola. 

 

Giorgia Meloni, 45 ans, leader du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, se prépare à présider le 68e gouvernement italien depuis la Seconde Guerre mondiale, qui sera le gouvernement le plus à droite depuis Benito Mussolini.

La coalition dans laquelle sa formation tient le premier rôle a en effet obtenu près de 44 % des suffrages (plus de 26 % pour Fratelli d’Italia, 9 % pour la Lega de Matteo Salvini et 8 % pour Forza Italia de Silvio Berlusconi) aux législatives tenues ce 25 septembre.... Poursuivre la lecture

La victoire écrasante de l’union des droites en Italie ce dimanche inquiète autant qu’elle réjouit. La percée de la droite radicale incarnée par Giorgia Meloni suit de près celle des démocrates de Suède (SD) survenue deux semaines auparavant. En France, la gauche hurle au (post)fascisme et l’extrême droite reprend espoir, y voyant une victoire par procuration. Le centre technocratique accuse le coup également mais dissimule mal son malaise.

La semaine dernière, madame Meloni a bénéficié d’un soutien particulièrement inattendu (et invol... Poursuivre la lecture

Après Berlusconi et Salvini, Meloni sera t-il le nouveau nom de la droite en Europe ? L’ancienne ministre de la Jeunesse du dernier gouvernement Berlusconi et présidente de la formation nationaliste Fratelli d’Italia est favorite pour devenir présidente du Conseil à l’issue des élections du 25 septembre grâce à une alliance incluant notamment les mouvements des deux anciens hommes forts de la droite italienne.

En Suède, la victoire du bloc de droite et en particulier des Démocrates de Suède lors des élections générales du 11 septembre ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles