Éducation : les avantages du marché

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
étudiants

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Éducation : les avantages du marché

Publié le 28 mai 2012
- A +

Contrairement à une idée reçue, l’éducation coûte plus cher dans un système hautement interventionniste qu’il coûterait dans un libre marché, qui libérerait énormément de ressources financières et humaines.

Par Steven Johnston, depuis le Québec.
Un article du Québécois Libre.

Je travaille en ce moment pour le Programme canadien de prêts aux étudiants. Ce programme exclut le Québec qui, lui, reçoit son argent du fédéral et le redistribue comme bon il l’entend. À moins d’être complètement déconnecté de la réalité, on sait tous que bon nombre d’étudiants sont en conflit avec le gouvernement du Québec au sujet du prix de l’éducation supérieure dans la Belle Province. Je suis divisé lorsque vient le temps d’analyser ce conflit. Les étudiants ont tout à fait raison de se plaindre du système actuel. Cependant, les raisons invoquées laissent fort à désirer et démontrent une grande incompréhension de ce qu’est le marché et comment cette matrice fonctionne. Voici les raisons pour lesquelles les étudiants se font « flouer » dans le système actuel et les solutions qu’apporterait le libre marché en éducation.

Les gouvernements fédéral et des provinces donnent des prêts (et parfois des bourses) à qui le demande sauf dans de rares cas impliquant généralement une faillite personnelle ou un défaut de remboursement de prêts étudiants antérieurs. Ce phénomène crée une augmentation artificielle de la demande. Aux États-Unis, où le gouvernement donne également des prêts étudiants à quiconque le demande, le prix des études supérieures a augmenté de façon exorbitante. Au Canada, où il y a des contrôles de prix, on a créé des pénuries de ressources dans ce domaine. C’est toujours ce qui arrive lorsqu’on fait gonfler la demande tout en imposant des contrôles de prix. Pensons à la santé…

Depuis quelques années, le prix de l’éducation a recommencé à augmenter énormément au Canada et légèrement au Québec. Cependant, le prix de l’éducation est demeuré gelé tellement longtemps au Québec qu’on peut dire qu’il a baissé en termes réels.

Ceci étant dit, je crois que l’augmentation des prix en éducation ces dernières années fait en sorte qu’il en coûte plus cher dans ce système hautement interventionniste qu’il en coûterait dans un libre marché. Pourquoi ? Je crois que les salaires et avantages des profs (je ne parle pas des chargés de cours, qui eux, n’ont rien d’enviable sur le plan salarial) ne seraient pas aussi gonflés qu’ils le sont aujourd’hui. Les professeurs seraient payés selon leur champs et niveau d’expertise et non selon l’ancienneté. De plus, la bureaucratie présente et toujours grandissante dans les universités serait considérablement réduite. La demande pour ce service serait également plus basse parce que les prêts et bourses ne seraient pas presque automatiquement octroyés mais sujets à l’approbation de prêteurs privés. L’élimination du système d’accréditation gouvernemental limitant l’offre de ce service (et non le « droit ») exercerait également une pression à la baisse des prix.

Il y a également une bulle dans le domaine de l’éducation. Il est reconnu qu’il y a des pénuries de travailleurs exerçant des métiers qui exigent un diplôme d’études professionnelles (DEP) et un diplôme d’études collégiales (DEC) technique. Puisque l’université est si « abordables » à cause des prêts, les étudiants (et leurs parents) veulent avoir ce qu’ils croient être le meilleur, même si un bachelier en sociologie risque moins de se trouver un emploi utile à la société et dans son domaine qu’un détenteur de DEP en plomberie ou un détenteur d’un DEC en technique de génie électronique.

Un marché libre en éducation permettrait d’augmenter ou de réduire les prix et l’offre de cours selon la demande et l’offre des emplois dans la société. Par exemple, si la demande d’ingénieurs mécaniques augmentait, on assisterait initialement à une hausse du prix afin d’obtenir ce diplôme. Par la suite, la concurrence s’organiserait et ferait chuter le prix suite à l’augmentation de l’offre. Puisque ces institutions scolaires seraient privées, elles pourraient s’ajuster rapidement à une augmentation ou une diminution de la demande, sans la panoplie de réglementations et un syndicat paralysant la réponse rapide aux changements. Ceci favoriserait une meilleure répartition des ressources humaines dans le marché du travail. On n’aurait pas autant de diplômés universitaires ne travaillant pas dans leur domaine, au chômage ou dans un emploi peu payant.

De plus, un plus grand nombre d’étudiants apprendraient davantage les vertus de l’économie puisqu’ils n’auraient pas un prêt « quasi garanti » en arrivant aux études supérieures. Les frais d’études seraient donc plus bas et l’incitation à l’épargne meilleure, ce qui réduirait énormément le niveau d’endettement des étudiants sans avoir à utiliser la coercition gouvernementale afin d’obliger la population à financer leurs études à un taux supérieur à 80%.

Finalement, un libre marché en éducation libérerait énormément de ressources financières (impôts prélevés et frais élevés d’études) et humaines (gestionnaires et fonctionnaires) qui seraient réparties ailleurs dans l’économie et seraient bien plus utiles.

Je souhaite qu’un jour les étudiants se réveillent et militent pour la liberté en éducation et la fin de leur dépendance envers un gouvernement qui les dessert de plus en plus mal. Il est toujours permis de rêver…

—-
Article publié le 25.05.2012 sur le Blog du QL, reproduit avec l’aimable autorisation du Québécois Libre.

Voir les commentaires (20)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (20)
  • « les prêts et bourses ne seraient pas presque automatiquement octroyés mais sujets à l’approbation de prêteurs privés. »

    J’y vois comme une faille dans le principe d’égalité des chances….

    • Comme l’explique l’article, le principe d’égalité des chances a un coût énorme, toujours supporté par la communauté en plus. Le prix des études ne cessent d’augmenter un peu partout au fur et à mesure que l’on veut garantir le droit à l’éducation et donc que la demande augmente artificiellement, ce qui au final pénalise les classes les plus pauvres. On le voit en France où l’ascenseur social ne fonctionne plus.

      • Je suis d’accord pour le coûp de l’ascenseur, mais je suis encore plus sceptique vis à vis du libéralime pour remettre en marche l’ascenseur.

  • Armand Losserant
    28 mai 2012 at 18 h 06 min

    J’aimerais savoir quels exemples passés réels de bénéfices ont pu etre observés suite à des politiques de privatisation massive des systemes éducatifs.

    • Armand Losserant
      28 mai 2012 at 22 h 39 min

      Je répète ma question qui me semble intéressante (pardon de me féliciter) : quelles expériences réelles réussies fondent le discours sur la privatisation massive de l’enseignement ?

      • Le modèle suédois, ils ont décentralisé considérablement et ont permi la concurrence entre les écoles publiques et privées. Ce n’est peut-être pas le modèle liberariens, mais quand même cette idée a permi une amélioration notable de l’éducation en éliminant la centralisation et en introduisant le principe de la concurrence.

        À 1000 année lumière de ce qui se passe au Québec.

  • Il n’y a pas que les études supérieures où le privé devrait devenir la norme. En matière d’éducation primaire et secondaire, aussi.

  • Je ne comprends pas: en quoi l’accès à des prêts pour financer les études fait grimper le coût des dites études?

    • Armand Losserant
      30 mai 2012 at 1 h 07 min

      C’est l’hypothèse de la captation des subventions par les écoles, je suppose. Mais c’est vrai que ce n’est qu’une hypothèse.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Le terme de « wokisme » s’est imposé dans l’espace public pour décrire, du point de vue de leurs détracteurs, un ensemble de comportements et de mouvements militants d’une certaine gauche, laquelle se réclame fermement de l’anti-racisme, l’anti-sexisme, la lutte contre les discriminations, préjugés, etc. Un texte récemment publié par le collectif RogueESR (l’acronyme ESR signifie : Enseignement Supérieur et Recherche) ambitionne de trancher dans le vif en plaçant l’usage du terme dans son contexte. D’après ledit texte, le « wokisme » est un «... Poursuivre la lecture

Non, Monsieur Zemmour, un remake de l’école d’avant ne relèvera pas la France économiquement et n’apportera aucune solution à la situation actuelle que vous n’êtes pas le seul à déplorer ! La bataille se joue en effet à l’école : la France s’est fourvoyée, mais pas comme vous l’entendez !

Oui, la France doit viser l’excellence et son école, l’éclosion d’intelligences multiples.

Sachez que vos propositions qui rappellent les incantations sur le « lire, écrire, compter » de certains ministres de l’Éducation – issus du sérail - , q... Poursuivre la lecture

Ah vraiment, pendant les vacances de Noël, Jean-Michel de l'Éducation nationale a fait des étincelles : il nous a concocté un protocole sanitaire de derrière les fagots qu'il a très finement fourni aux établissements scolaires au dernier moment et dont la mise en application, aussi précise que bien pensée, a immédiatement remporté un franc succès tant chez les enseignants que chez les élèves et surtout leurs parents.

Manque de bol : après quelques jours d'application studieuse du magnifique ouvrage de Jean-Michel Blanquer et poussé par... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles