Pourquoi le PLD doit se positionner aux deux tours de la présidentielle

Aurélien Véron

Après avoir rallié la candidature de François Bayrou, le Parti Libéral Démocrate a appelé à voter Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle. Suite à l’incompréhension et à la moquerie de certains libéraux, qui se sont également exprimées sur Contrepoints, Aurélien Véron, le président du PLD, explique la position de son parti.

Après avoir rallié la candidature de François Bayrou, le Parti Libéral Démocrate a appelé à voter Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle. Suite à l’incompréhension et à la moquerie de certains libéraux, qui se sont également exprimés sur Contrepoints, Aurélien Véron, le président du PLD, explique la position de son parti.

Par Aurélien Véron.

Aurélien Véron

Le Parti Libéral Démocrate a accordé son soutien à deux candidats non libéraux à l’occasion de la présidentielle. Le premier était un choix d’adhésion critique. L’analyse de François Bayrou se rapprochait le plus de la nôtre. Bien qu’il ne soit pas libéral, il a été le premier à évoquer la diminution de la dépense publique, à insister sur la nécessité de substituer une politique de l’offre à l’habituelle politique de la demande. Sa volonté d’assainir la vie politique, son appel à l’union nationale sonnaient juste. Seul, il n’a pas convaincu. Ces mois de campagne nous ont ouvert des réseaux, nous ont offert une audience qui ne devraient pas s’éteindre avec la fin de la campagne.

Au second tour, nous avons soutenu le candidat de notre famille politique par défaut (nous avons suffisamment critiqué sa politique pour ne pas être suspectés de nous soumettre à sa vision), c’est-à-dire du centre et de la droite (les profils intéressants à gauche sont top marginaux). C’est d’abord un signal envoyé à nos amis disséminés dans ce camp. Nous souhaitons les rassembler après l’implosion attendue de la droite. La dynamique est déjà en cours. C’est ensuite une contribution, même modeste, au barrage à la gauche et à ses alliés d’extrême gauche. C’est enfin un positionnement clair sur notre échiquier politique bipolaire.

Cette bipolarité n’est pas notre choix, pas plus que l’élection d’un président de la république. Nous aimerions nous émanciper du clivage droite-gauche idiot, et vivre dans un pur régime parlementaire. Nous ne sommes hélas pas en capacité de fixer les règles du jeu démocratique. J’en profite pour signaler que Jacques Garello défend le même candidat que nous au second tour. A-t-il trahi la famille libérale, l’Aleps doit-elle être traitée de tous les noms ? Bien entendu que non.

Ce choix raisonnable est cohérent pour ceux qui nous suivent. Le PLD n’a pas tenté de se présenter comme un parti de la révolution, il ne compte pas le faire demain.  Nous assumons un positionnement de centre droit depuis la naissance de notre formation. J’admets volontiers que cette ligne n’est pas celle de la rupture attendue par les plus radicaux. Mais cela a-t-il un intérêt de hurler contre nous chaque fois que nous agissons conformément à la stratégie que nous avons exposée dés le début ? Un peu de sérénité serait bienvenue, afin que chacun respecte l’action des autres.

Notre programme est clair, il a été défini par Philippe Briard, Vincent Bénard et Jan Laarman, trois conseillers nationaux de grand talent. 99,9% des Français le considèrent comme radical. Nous l’assumons, et partageons cette conviction que nos propositions méritent d’animer le débat politique. Nous nous tiendrons à cette ligne. Mais l’action politique est d’abord un combat sur de multiples fronts qui nécessite une organisation, des ressources et une stratégie du faible au fort.

En inscrivant notre action sur l’échiquier politique, nous suscitons l’intérêt croissant de libéraux bien implantés (maires, conseiller général, militants de terrain avec des réseaux associatifs) qui attendaient l’émergence d’un parti réellement politique, et non plus think tank déguisé, pour le rejoindre. Ce n’est pas tout. De nombreux responsables des formations centristes ont commencé à nous lire, à nous suivre. Je ne sais pas si notre influence est encore grande, mais le fait d’être ensemble face aux adversaires communs (hier UMP, aujourd’hui la gauche, demain qui sait ?) crée une proximité qui favorise les échanges.

Notre formation s’adresse à un grand public sensible aux idées libérales (parfois sans se l’avouer), bien plus qu’aux libéraux avertis de petits cercles, peu nombreux et souvent rétifs à toute action politique organisée. Les membres du PLD ont une double tâche. Ils doivent rendre accessibles et porter les idées libérales dans le débat politique, et batailler sur des territoires à chaque scrutin avec de l’argent, des équipes, du temps et un travail d’ancrage local bien en amont. Ce travail collectif prend de l’ampleur et porte progressivement ses fruits.

En conclusion, je souhaite briser cette malédiction des libéraux, cet attrait pour le confort de la marginalité qui tend à détruire toute initiative. Je ne demande à personne d’adhérer à notre action. J’attends simplement des libéraux du respect pour l’engagement de nos centaines de militants. Ils doivent déjà affronter l’hostilité d’adversaires nettement plus nombreux et soutenus que nous. Les laisser faire au lieu, c’est déjà les aider.

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