Pourquoi le PLD doit se positionner aux deux tours de la présidentielle

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Aurélien Véron

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Pourquoi le PLD doit se positionner aux deux tours de la présidentielle

Publié le 4 mai 2012
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Après avoir rallié la candidature de François Bayrou, le Parti Libéral Démocrate a appelé à voter Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle. Suite à l’incompréhension et à la moquerie de certains libéraux, qui se sont également exprimés sur Contrepoints, Aurélien Véron, le président du PLD, explique la position de son parti.

Par Aurélien Véron.

Aurélien Véron

Le Parti Libéral Démocrate a accordé son soutien à deux candidats non libéraux à l’occasion de la présidentielle. Le premier était un choix d’adhésion critique. L’analyse de François Bayrou se rapprochait le plus de la nôtre. Bien qu’il ne soit pas libéral, il a été le premier à évoquer la diminution de la dépense publique, à insister sur la nécessité de substituer une politique de l’offre à l’habituelle politique de la demande. Sa volonté d’assainir la vie politique, son appel à l’union nationale sonnaient juste. Seul, il n’a pas convaincu. Ces mois de campagne nous ont ouvert des réseaux, nous ont offert une audience qui ne devraient pas s’éteindre avec la fin de la campagne.

Au second tour, nous avons soutenu le candidat de notre famille politique par défaut (nous avons suffisamment critiqué sa politique pour ne pas être suspectés de nous soumettre à sa vision), c’est-à-dire du centre et de la droite (les profils intéressants à gauche sont trop marginaux). C’est d’abord un signal envoyé à nos amis disséminés dans ce camp. Nous souhaitons les rassembler après l’implosion attendue de la droite. La dynamique est déjà en cours. C’est ensuite une contribution, même modeste, au barrage à la gauche et à ses alliés d’extrême gauche. C’est enfin un positionnement clair sur notre échiquier politique bipolaire.

Cette bipolarité n’est pas notre choix, pas plus que l’élection d’un président de la République. Nous aimerions nous émanciper du clivage droite-gauche idiot, et vivre dans un pur régime parlementaire. Nous ne sommes hélas pas en capacité de fixer les règles du jeu démocratique. J’en profite pour signaler que Jacques Garello défend le même candidat que nous au second tour. A-t-il trahi la famille libérale, l’Aleps doit-elle être traitée de tous les noms ? Bien entendu que non.

Ce choix raisonnable est cohérent pour ceux qui nous suivent. Le PLD n’a pas tenté de se présenter comme un parti de la révolution, il ne compte pas le faire demain.  Nous assumons un positionnement de centre droit depuis la naissance de notre formation. J’admets volontiers que cette ligne n’est pas celle de la rupture attendue par les plus radicaux. Mais cela a-t-il un intérêt de hurler contre nous chaque fois que nous agissons conformément à la stratégie que nous avons exposée dés le début ? Un peu de sérénité serait bienvenue, afin que chacun respecte l’action des autres.

Notre programme est clair, il a été défini par Philippe Briard, Vincent Bénard et Jan Laarman, trois conseillers nationaux de grand talent. 99,9 % des Français le considèrent comme radical. Nous l’assumons, et partageons cette conviction que nos propositions méritent d’animer le débat politique. Nous nous tiendrons à cette ligne. Mais l’action politique est d’abord un combat sur de multiples fronts qui nécessite une organisation, des ressources et une stratégie du faible au fort.

En inscrivant notre action sur l’échiquier politique, nous suscitons l’intérêt croissant de libéraux bien implantés (maires, conseiller général, militants de terrain avec des réseaux associatifs) qui attendaient l’émergence d’un parti réellement politique, et non plus think tank déguisé, pour le rejoindre. Ce n’est pas tout. De nombreux responsables des formations centristes ont commencé à nous lire, à nous suivre. Je ne sais pas si notre influence est encore grande, mais le fait d’être ensemble face aux adversaires communs (hier UMP, aujourd’hui la gauche, demain qui sait ?) crée une proximité qui favorise les échanges.

Notre formation s’adresse à un grand public sensible aux idées libérales (parfois sans se l’avouer), bien plus qu’aux libéraux avertis de petits cercles, peu nombreux et souvent rétifs à toute action politique organisée. Les membres du PLD ont une double tâche. Ils doivent rendre accessibles et porter les idées libérales dans le débat politique, et batailler sur des territoires à chaque scrutin avec de l’argent, des équipes, du temps et un travail d’ancrage local bien en amont. Ce travail collectif prend de l’ampleur et porte progressivement ses fruits.

En conclusion, je souhaite briser cette malédiction des libéraux, cet attrait pour le confort de la marginalité qui tend à détruire toute initiative. Je ne demande à personne d’adhérer à notre action. J’attends simplement des libéraux du respect pour l’engagement de nos centaines de militants. Ils doivent déjà affronter l’hostilité d’adversaires nettement plus nombreux et soutenus que nous. Les laisser faire c’est déjà les aider.

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  • Merci Aurélien pour avoir apporté une réponse à mon questionnement, même si la réponse ne me convainc pas tout à fait.

    Désolé mais j’ai l’impression que vous troquez un peu de visibilité éphémère (qui ne me paraît pas évidente, en plus) contre une compromission et un rejet des libéraux authentiques. Alors peut-être que ça aura un effet bénéfique à court terme (je l’espère pour le PLD), mais je pense que c’est négatif à moyen et long terme.

    « Notre programme est clair, il a été défini par Philippe Briard, Vincent Bénard et Jan Laarman, trois conseillers nationaux de grand talent. 99,9% des Français le considèrent comme radical. »

    Mais tout à fait! Votre programme est vraiment libéral, et excellent. Avoir un tel programme pour ensuite appeler au Sarko dont le programme est justement en complète opposition avec le vôtre me paraît franchement paradoxal.

    Et je ne dis pas qu’il faut s’adresser seulement aux libéraux avertis et se couper de ceux ayant une simple sensibilité libérale. Vous avez choisi une « cible marketing » qui est loin d’être idiote. Je dis juste que l’appel au vote Sarko brouille le discours et est contradictoire avec vos (nos) idées libérales, et que vous auriez très bien pu ne donner aucune consigne de vote au second tour, tout simplement.

    PS: je ne parle pas de la consigne de vote Bayrou, qui, bien que je ne la cautionne pas, j’arrive à la comprendre (souci de la dette, réformes constitutionnelles etc.). C’est la consigne Sarko qui est incompréhensible pour moi.

  • jesuisunhommelibre
    4 mai 2012 at 11 h 27 min

    S’associer maintenant avec Sarkozy, c’est commettre la même erreur que Madelin avec Chirac. La dilution et l’amoindrissement, s’il est encore possible, de l’idéal libéral.

    Seule, une politique ouvertement anti-libérale, sera à même de prouver l’efficience et surtout les vertus du libéralisme.

    C’est dans une vraie opposition que nos thèses pourront se développer, pas dans un association de la carpe et du lapin.

    Il faut que la droite explose et se recompose : Conservateurs colbertistes et nationaliste d’un coté et centristes et libéraux de l’autre.

    • + 1

      S’associer à des malfaiteurs produit rarement des choses honnêtes

    • Madelin a eut bien raison de s’associer avec Chirac, et le libéralisme (et le pays) en a tirer d’excellent effet. Il n’y a rien à regretter dans ce choix. Le fait que 3 mois plus tard il s’est fait dégagé ne change rien (d’ailleurs le « gaulliste social » Séguin a subi le même sort)
      Parfois on ne peux pas faire autrement que de s’associer à des malfaiteurs ; c’est pas beau mais quand on a pas le choix …

    • Les libéraux sont peu nombreux, divisés et dispersés ; et c’est normal : imaginer des libéraux qui marchent au pas tous dans la même direction sous un commandement unique, c’est surréaliste. Il y aura toujours des libéraux de gauche, de droite, du centre, d’ailleurs (pour qui la politique relève de la météo : un truc qu’on subit sans s’épuiser) et même de nulle part (abstention militante) , et ils se critiqueront toujours en s’accusant d’avoir une stratégie mauvaise, inefficace voire contre-productive, ou d’être nul en tactique, et qu’il faut s’allier à truc ou à machin ou a personne… Et il n’y aura jamais de libéral démagogue flattant le peuple par sa rhétorique de bazar, genre Mélanchon ou Le Pen.
      Tout cela n’a aucune importance.

      Tous les libéraux savent où ils veulent aller, et ceux qui font effectivement quelque chose pousseront toujours fort que ceux qui préfèrent ne pas se salir les mains.
      Que chacun fasse ce qu’il croit juste et laisse faire les autres qui font pourtant le contraire parce que c’est ce qu’ils croient juste. Et que ceux qui veulent critiquer, critiquent ; qu’ils comprennent juste que ça peut faire un peu de peine aux copains et que ça ne produira rien d’utile, mais qu’on les aiment bien quand même (comme l’oncle Vania, en fait)
      Les chiens aboient, la caravane passe.

  • Ben ouais, un positionnement anti-libéral de la part d’un parti libéral, quoi de plus normal, j’applaudis des pieds et des mains. Je me cogne même la tête sur mon clavier là tout de suite.

    Un détail qui me paraît important. Sur l’annonce officielle du soutien à Sarkozy du PLD: « il nous apparait important de rester solidaires de notre famille politique naturelle ». Depuis quand la philosophie libérale est-elle « naturellement » liée à une organisation conservatrice corporatiste étatiste corrompue jusqu’à la moelle ? Joli positionnement effectivement.

    Et super aussi le soutien à Bayrou qui soutient Hollande maintenant.

    Pour passer pour des guignols, vous avez toute l’expertise nécessaire. Et le pire c’est d’avoir tout le verbiage pour justifier tout ça. Et avec ça, vu que vous portez le nom de parti libéral, comment faire passer encore plus pour des abrutis les libéraux ?

    Suggestion d’un autre positionnement: se positionner en dehors de toute la mafia politique en place qui vous éclatera au décollage et vous noyautera si vous essayez d’y faire pénétrer ne serait-ce qu’un doigt.

    Suggestion: appeler au rassemblement de tous les libéraux, s’engager à ne jamais se positionner dans l’échiquier pourri conventionnel, et partir de zéro ensemble pour une croisade de 30 à 50 ans avant de faire monter convenablement un parti. L’avènement ne sera peut-être pas de mon vivant, mais au moins j’adhère à ça et je suis prêt à coller des affiches et donner de mon temps (si on s’amuse aussi).

    Comprenez qu’il y en a qui ne veulent pas donner de leur temps à du bricolage stratégique compromettant.

    J’ai bien conscience que vous faites des efforts pour avancer des choses, mais avouez que vous tendez le bâton pour vous faire battre. Et si certains « hurlent contre nous chaque fois que nous agissons conformément à la stratégie que nous avons exposée dés le début », c’est pas pour un problème de conformité, mais bien pour un problème de stratégie.

    Tiens, en parlant de boulot et d’effort, vous faites quoi des gens de la vie normale, un tant soit peu intéressés par la philosophie libérale, qui essayent de partager patiemment cette vision de la société avec leur entourage pétri d’endoctrinement socialisant. Leurs effort sabotés, ruinés et ridiculisés quand le parti qui porte le nom de libéral suit Bayrou et Sarko, et a besoin de recourir à des contorsions sémantiques pour se justifier.

    C’est compliqué de se proclamer libéral et d’appliquer ce qu’on dit ? Dehors il y a une masse de gens, d’entrepreneurs, de jeunes, de vieux et j’en passe qui attendent une offre politique en dehors de l’échiquier actuel, et vous vous positionnez dans l’existant ? JE REVE ! AAHH

    A mon avis, vous êtes déjà foutus si vous essayez de jouer des coudes dans l’échiquier actuel derrière les ténors en place. Sauf si la mission non avouée est bel et bien le positionnement. Et n’oubliez pas, vous portez le nom de libéral et vous entraînez ce qui se réclame libéral avec. Mais bon, entraîner les autres pour se positionner soi-même, c’est du déjà vu en politique.

    PS: oui c’est vrai y a un léger procès d’intention de ma part, mais quand on s’est déjà frotté à un parti en place, et qu’on a vu certains comportements, on trouve suspectes certaines stratégies.

  • La marginalité politique, en terme de représentation et d’occupation du pouvoir, n’implique pas la marginalité des idées politiques: voyez l’extrême gauche !

    Quitte à participer au marché électoral et à la politique « politicienne », quitte à se compromettre dans ce petit monde sordide et feutré, si le but est de populariser les idées libérales et ancrer un socle de valeurs, et les faire connaître du grand public, autant que ce socle soit clair, net, et impossible à dénaturer. Pour cela, il est imossible de se passer d’un orateur véhément et sans compromis. Voyez par exemple comment Mélenchaon a su capter l’électorat de ses rivaux immédiats, frères d’idéologie, en « osant » assumer le radicalisme de cette idéologie. Au nombre total de voix, l’extrême gauche est perdante, mais ses idées sont au coeur de tous les autres partis encore représentés en France.

    Si vous voulez rassembler les tropismes libéraux présents dans les autres formations politiques, surtout à l’occasion d’une implosion de la droite française, il fallait plutôt choisir de « rentrer dedans » sans mâcher ses mots ni tempérer ses formules, faire du « méchant libéralisme qui tâche » qui effraie le bobo et choque les bienpensances.

    • @ jesrad
      +1
      La bataille des idées doit précéder la bataille électorale.

      Adhérent PLD, je fis partie des minoritaires qui s’opposèrent au ralliement bayrou. Et je constate chaque jour le bien-fondé de mon vote.

      Partout, tout le temps, et tout le monde parle du concept du « buzz ». Or nous n’intéresserons les médias qu’avec des positions qui tranchent.
      Notre chance c’est que libéralisme est en lui-même une provocation dans cette France rancie et collectiviste. Soyons-donc tout simplement libéraux. Point d’arguments utilitaristes, car le libéralisme comme philosophie du droit nous donne une force réthorique incroyable.

  • Et l’exemple Ron Paul ? il s’est bien engouffré dans le parti républicain

    • Mais Ron Paul n’a jamais demandé à voter Romney. De plus, il se considère libertarien avant d’être républicain.

      • Alors pourquoi demander l’investiture républicaine ?

        • twitter_gdurbal
          6 mai 2012 at 2 h 22 min

          Parce que au state c’est ça ou rien les autres parti font 1% en tout (le GOP et les démocrate > 99%), les règles démocratique ne sont pas les mêmes.

  • L’extrême gauche n’a rien de marginale. Elle a des syndicats derrière elle, de gros moyens, des enseignants mobilisés, des journalistes. Le parti communiste a encore de gros bastions, et des dezaines de milliers de membres qui se mobilisent facilement pour tracter, faire du porte à porte.

    Le vote du 1er tour est un vote de projet. Bayrou a porté un certain nombre de thèmes que nous avons défendus, et que nous ne regrettons pas. Le second tour est un vote de camp. Les élus et les militants libéraux actifs qui ne sont pas au PLD sont pour le plupart au centre droit et à droite. Voilà pourquoi c’est notre « famille naturelle ». Mais la droite populaire, les gaullistes etc. n’ont pas les mêmes valeurs que nous dans cette « famille » touffue. Il n’empêche. Même si je ne partage pas tous ses arguments, lisez e texte de Garello : http://www.contrepoints.org/2012/05/01/81387-eviter-le-pire

    Crier nos idées dans la rue et sur les toits n’a aucun impact, on le voit depuis 10 ans. Rentrer dans le jeu politique, s’allier pour optimiser notre levier et avoir des candidats en position de faire des scores, ça a un impact et en plus, ça nous donne des moyens (financement public que nous dénonçons mais que nous n refuserons pas tant que le système le maintiendra au plus grand plaisir de nos adversaires).

  • Merci M. VERON pour ces explications ; si j’ai bien compris, en gros, vous vous proposez, au PLD d’ « infiltrer » la droite/centre droite afin de renforcer votre position, votre présence et les idées libérales.

    Après tout, en effet, Ron Paul l’a fait au sein du parti républicain.

    Mais nos critiques reflètent notre peur. Notre peur que vous ne soyez absorbés, broyés par la machinerie UMP.

    Regardez par exemple le Dr. Bernard Kouchner. Jusqu’en 1981, il s’était illustré comme brillant orateur en défendant la légalisation des drogues notamment. Comme il était bon orateur, il a été contacté puis absorbé par le Parti Socialiste. Au point de ne plus jamais défendre ses idées premières.

    Vous ne nous empêcherez pas de craindre ce genre de dérive. Par ailleurs, nous le craignons d’autant plus que justement, votre programme libéral est bon.

    Avez-vous la solidité et l’entêtement d’un Ron Paul ? Très honnêtement, et parce que nous sommes des libéraux convaincus, nous ne pouvons que le souhaiter. Mais nous avons peur. Voilà tout.

  • Cyber-Résistant
    4 mai 2012 at 17 h 35 min

    Hé bien, voilà qu’Aurel se décide soudainement à justifier un choix. Apparemment, si vous vous justifiez, c’est que vous savez que vous avez vos propres collaborateurs contre vous. Parce que, jusque là, vous étiez plutôt de cette clique arrogante de politicard véreux qui disposent de toutes les vérités. Après avoir ciré allègrement les pompes des émirs, vous voilà maintenant cireur de pompe parisien.

    Serait-ce une régression ? Apparemment ! Quoi qu’il en soit, cessez de vous justifier, vous êtes un traitre Aurélien, rien ne justifie la traitrise. Vous ne représentez quasiment personne, vous êtes de toute façon trop lâche pour être un digne représentant du libéralisme. Vous auriez pu appeler à l’abstention. Mais, l’abstention ne peut pas vous nommer à un poste grassement payé, n’est ce pas ?

    Alors, épargnez nous donc vos palabres sans intérêt, Aurel, plus personne n’en a rien à foutre du PLD désormais.

  • Le PLD doit s’étoffer, gagner des bastions (élus locaux, équipes militantes) et faire des scores à chaque scrutin qui oblige nos adversaires du même camp (principe fondamental de l’action politique : rien n’est acquis, tout se gagne au rapport de force sur le terrain) à négocier avec nous pour nous permettre de franchir la marche suivante. Le risque principal, c’est d’être absorbé, en effet. D’où l’importance de savoir où on veut aller, et savoir naviguer par gros temps. Et d’avoir un bureau et un conseil national solides et bien dans leurs bottes (ce qui n’est pas évident par gros temps).

    Contrairement à un think tank qui produit des idées à partir d’une toute petite équipe, un parti est un organisme collectif vivant, voire très vivant,qui évolue sans cesse avec des centaines et, comme je l’espère, des milliers de militants un jour. Les candidats sont la richesse première du parti, ils donnent leur légitimité à nos idées auprès des journalistes et des autres acteurs de la scène politique, sans parler du grand public.

    Faire une vraie campagne en mettant de 5000 à 30000 euros de sa poche sur la table, en mobilisant une équipe pendant des mois pour terminer sur un simple score, il faut le vivre pour savoir ce que ça représente. Ce score peut valoir de l’or, ou rien du tout. Les candidats ont donc des exigences envers le parti qui les soutient, indépendamment des idées. Un parti doit donc négocier dur pour ses candidats (soutiens d’autres formations qui augmentent leur visibilité, image de marque, accès aux médias,…), assurer au mieux la logistique (formation, imprimeur, montages…), favoriser la circulation des expériences et créer une dynamique collective entre candidats sur toute la France et même dans le monde (candidats des circos de l’étranger). En échange de quoi les candidats défendent la marque et les idées du PLD auprès de leur électorat et sur leur territoire (tout est affaire de territoire au final).

    Nous avons deux candidats en position d’être au second tour. Plus si affinités. Nous verrons si nous franchissons cette étape difficile. Si c’est le cas, nous passerons à 2014 en meilleure posture : municipales, territoriales (avec risque de décalage de 1 an) et européennes (où les libéraux peuvent vraiment se faire entendre sans alliance, juste sur leur programme).

  • Je ne suis pas démocrate, et bien que libéral enragé je ne jetterai pas la pierre à Aurélien pour le coup. Trop de libertariens ont gardé des réflexes de la contre-culture gauchiste, attitude rédhibitoire autant que stérile. Les idéalistes de la vertu ont du mal à accepter la vérité: pour libéraliser un pays si jacobin, le combat culturel ne suffira pas, il faudra un exécutif fort, assez puissant pour triompher des corporatismes, donc s’appuyer sur un parti de large rassemblement et une personnalité aussi charismatique que Thatcher.

  • « Suggestion d’un autre positionnement: se positionner en dehors de toute la mafia politique en place (…)
    Suggestion: appeler au rassemblement de tous les libéraux, s’engager à ne jamais se positionner dans l’échiquier pourri conventionnel… »

    Suggestion à mon tour : s’il s’agit de dénoncer la mafia politicienne, le système oligarchique tout pourri, nul besoin d’attendre 30 ans, il y a déjà un parti pour ça.

  • J’aurai été très déçu si le PLD n’avait pas pris position pour la finale de cette élection. Pour moi, le problème principal est de diminuer le risque économique et arrêter une dialectique peu constructive ainsi qu’un repliement sur soi. Je crois fondamental de favoriser la réélection de N Sarkozy.

    • L’extremisme des minarchistes/libertarien n’a rien produit et ne produit jamais rien en France. C’est pisser dans le sable. Construire un pole libéral au sein d’un futur groupe parlemantaire est 1 million de fois plus efficace.

  • Philippe Fabry
    7 mai 2012 at 15 h 37 min

    C’est vrai, Sarkozy avait prouvé tout cela.
    Mais « l’accord compétitivité-emploi » de son programme était la seule mesure authentiquement libérale de toute cette campagne présidentielle : rendre le pouvoir de négociation et la responsabilité d’action aux patrons et aux syndicats, en dehors de l’autorité de l’Etat.

  • Les commentaires sont fermés.

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