Le referendum de l’UE inévitable au Royaume-Uni

Si, au Royaume Uni, un referendum sur l’Union Européenne semble être de plus en plus inévitable, son résultat, en revanche est loin d’être évident

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Le referendum de l’UE inévitable au Royaume-Uni

Publié le 30 mars 2012
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Si, au Royaume-Uni, un référendum sur l’Union européenne semble être de plus en plus inévitable, son résultat, en revanche est loin d’être évident.

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume-Uni.

Boris assure par la présente sa ré-élection.

Un référendum sur l’appartenance à l’UE commence à paraître inévitable. Le soutien de Boris Johnson pour The People’s Pledge [NdT : nom de la campagne politique cherchant à récolter des soutiens pour organiser un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l’U.E.] est simplement le dernier avatar d’un changement d’atmosphère. Lorsque la question a été soumise la dernière fois à la Chambre des Communes, aucun des principaux partis n’a soutenu que la consultation du peuple était mauvaise sur le principe. Une position qu’ils pouvaient difficilement soutenir, étant donné que les trois ont promis un vote d’une manière ou d’une autre pendant la séance précédente. Le débat se posait plutôt en termes de calendrier et de formulation – un signe certain que la bataille s’était infléchie.

Nous avons encore du chemin à parcourir bien sûr. Lorsque la Chambre des Communes s’était divisée l’an dernier, 111 députés ont été suffisamment courageux pour voter en faveur d’un référendum. La prochaine fois, leur nombre sera plus grand. Certains députés auront vu la lumière ; d’autres auront senti la chaleur. Le People’s Pledge organise des référendums par circonscription, un siège à la fois. Le premier, à Thurrock, se tiendra jeudi dans une semaine.
Vers quelle voie s’orientera le référendum ? C’est impossible à dire. Si un vote ponctuel était tenu demain, les gens opteraient sans aucun doute pour le retrait. Les sondages ont été constants pendant les cinq dernières années : lorsque vous excluez les sans opinions, il y a une solide majorité 60/40 en faveur des souverainistes. Est-ce que ces chiffres se maintiendraient durant une longue campagne, dans laquelle les partisans du « Oui » bénéficieraient d’un avantage financier colossal, est une question très différente. Dans presque tous les référendums, on observe un mouvement vers le statu quo au cours des dernières semaines. Lors du vote de 1975, une majorité anti-CEE à deux contre un a été renversée le jour du scrutin.

Un parallèle peut être fait avec l’autre référendum séparatiste auquel nous faisons face : celui sur l’indépendance écossaise. Selon tous les sondages d’opinion, la plupart des écossais ne sont en faveur ni du statu quo, ni de la sécession pure et simple, mais plutôt quelque chose d’intermédiaire – une amélioration de l’autonomie connu sous le nom de « devo max ». On peut dire quelque chose de semblable à propos de l’attitude envers l’UE. Lorsqu’ils sont confrontés à une question à trois options, la plupart des électeurs opte pour la voie intermédiaire : une relation plus détendue avec l’UE qui s’arrête avant le retrait. Mon hypothèse est que, lors d’un référendum binaire, la victoire ira au camp qui s’appropriera cette solution intermédiaire.

En Écosse, David Cameron a adroitement capté cette option intermédiaire pour la campagne du « Non ». Voter contre la séparation, dit-il, et je proposerai un nouveau contrat de transfert de compétences au sein du Royaume-Uni. Les partisans de l’UE essaieront sans doute la même chose, mutatis mutandis.

Il y a, néanmoins, une différence fondamentale. David Cameron est parfaitement dans son droit en promettant un transfert de compétences plus avancé à l’Écosse au sein du Royaume-Uni, car, vous savez, il dirige le Royaume-Uni. Il n’est pas en position de faire une promesse équivalente au nom de l’Union européenne, parce qu’il ne dirige pas l’Union européenne. En effet, il a déjà essayé, bien que modestement, d’améliorer nos conditions d’adhésion, et a été totalement rabroué. Nous savons de solide expérience qu’un rapatriement à l’intérieur de l’UE est impossible.

La voie intermédiaire – qu’on l’appelle membre associé, libre-échange plus ou AELE (Association Européenne de Libre-échange) – est, en vérité, la seule possible après le vote « Non ». Une Grande-Bretagne indépendante pourrait renégocier une nouvelle relation avec l’UE à la manière de la Norvège et de la Suisse, mais selon des conditions bien meilleures. Les opposants à l’adhésion se battent, non pas pour l’isolement, mais pour pour une étroite coopération intergouvernementale, un marché commun et la poursuite d’une alliance militaire. Si la Suisse semble un exemple trop exotique, considérons les îles anglo-normandes. Elles aussi, prospèrent en tant que membres d’une zone de libre-échange plutôt que de l’UE.

Est-ce que les électeurs verront les choses de cette façon, ou vont-ils se laisser influencer par les rumeurs alarmistes avec lesquelles le camp du « Oui » va les inonder ? Je ne sais pas. Et, en vérité, ce ne devrait pas être la considération déterminante. Au lieu de deviner l’issue du scrutin et travailler à reculons, nous devrions poser la seule question qui importe vraiment. Est-ce qu’un référendum est juste dans son principe?

Les partisans de People’ Pledge à Thurock.

—-
Sur le web.
Traduction : eclipse pour Contrepoints.

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  • Bonjour Daniel,

    Etes-vous marié? En France, et je suppose que c’est la même chose dans beaucoup de pays, on a coutume de dire lorsqu’on célèbre un mariage, « pour le meilleur et le pire » pas « pour le meilleur et seulement le meilleur » .

    Quand vous dites; « Une Grande-Bretagne indépendante pourrait renégocier une nouvelle relation avec l’UE à la manière de la Norvège et de la Suisse, mais selon des conditions bien meilleures. »

    C’est quoi « bien meilleurs » avoir plus de droits que ces deux pays et encore moins de devoir? Aucune coopération de quelque nature que ce soit ne peut fonctionner comme cela.
    Par exemple vous voulez participer au décision du future MES (Mécanisme européen de stabilité) pour bénéficier de l’argent allemand si un jour vous rencontrer des problèmes de dette mais vous ne voulez pas participer à son financement.

    • Et il y a le divorce à l’amiable…

      • Bonne remarque Abitbiol, Daniel propose un divorce à sa femme avec option:
        Tu reprises mes chaussettes, tu viens faire la lessive une fois par semaine, et tu cuisines. Et si j’ai pas de partenaire on couche ensemble 2 fois par mois.

        Tu penses que beaucoup de femmes accepteraient des termes comme celui-ci?

        • Eh ben dans ce cas, c’est pas compliqué, je vois pas où est le problème : si l’un ou l’autre des partenaires d’un contrat s’estime lésé, eh bien, plus de contrat, voilà tout ! Je vois pas pourquoi on va en faire tout un plat !

        • Bah si la femme à la frousse de se retrouver toute seule, ça peut marcher…
          Si le RU n’obtient rien de l’UE, les britanniques dans un deuxième temps pourraient bien la quitter. Et la France (particulièrement la France) et l’Allemagne ne seraient peut être pas ravie de se retrouver seules. Sans parler du possible effet boule de neige sur d’autres pays.

          • C’est vrai que l’effet boule de neige fait peur. Imagine que la Grèce, l’Espagne, la Roumanie, l’Irlande quitte l’UE! A qui l’Allemagne va-t-elle versée ses généreuses subventions? Un vrai casse tête.

            Plus sérieusement qui a envie de suivre l’Angleterre si elle fait bande à part?

          • Je ne dis pas que dans la foulée d’autres pays suivraient. Mais quand le RU aura prouvé qu’on peut mieux que survivre hors de l’Europe…

    • Sauf qu’un traité ne se renégocie pas selon la bonne volonté d’une des partie.

      On sait bien ce que veulent les Anglais, ne participer qu’au « trucs » qui rapportent et laisser au autres les soins de s’occuper des autres choses. Seulement cela ne marche pas comme cela.

      La meilleure solution est de quitter l’UE mais ils ne le font pas parce que quoi qu’ils disent ils y trouve un intérêt supérieur aux contraintes.

      • Parce que quand on négocie il faut faire des concessions pour obtenir des avantages. Ce que l’auteur propose dans ce texte c’est uniquement des avantages pour les Britanniques et des concessions pour les autres.

      • « Sauf qu’un traité ne se renégocie pas selon la bonne volonté d’une des partie. »

        Cependant, un traité peut être abrogé de façon complètement unilatérale lorsqu’il n’arrange plus une partie. Et on peut en négocier un nouveau qui arrange de nouveau les deux parties.

        On fait un traité parce que chaque état y trouve son compte. Tout comme vous faites un contrat parce que vous y trouvez votre compte et pas pour les beaux yeux de l’autre.

        • On ne peut pas faire comme cela car si le RU sort et qu’il veut être réadmis il faudra qu’il trouve un accord avec 26 pays et ils peuvent dire adieu au chèque britannique.

      • « Ce que l’auteur propose dans ce texte c’est uniquement des avantages pour les Britanniques et des concessions pour les autres. »

        Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression de relire les arguments habituels et pathétiques des débats communautaires en Belgique, où on veut négocier ce qui appartient à l’autre, où on exige à celui qui veut reprendre ses billes qu’il donne quelque chose en échange…
        Bientôt on va avoir droit au « demandeur de rien ? »

        On dit que l’UE est inspirée du modèle belge, j’en suis de plus en plus certain…

  • Une petite suggestion à Hannan : qu’il propose également un référendum sur l’appartenance à la GB. Peut-être qu’une commune, ou même une rue, souhaite faire sécession ? Qui sait ?

    Au passage, je trouve Hannan, au fil de ses interventions, de plus en plus conservateur grand-breton « classique » et de moins en moins libéral. N’est-il pas ?

    • C’est ce qui s’appelle être Anglais, le pragmatisme avant tout.

      Si une banque française ou allemande est en difficulté il faut la laissé couler au nom du libéralisme. Si c’est une banque britannique qui rencontre les même problème non seulement Londres dois intervenir pour la sauver mais aussi la France, l’Allemagne, le Fmi, Pékin, le G20…

  • Les commentaires sont fermés.

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"Les partisans du libre-échange sont piégés dans une version de politique publique du Jour de la marmotte, obligés de réfuter les mêmes arguments fallacieux encore et encore, décennie après décennie."

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