Dette publique : ce qu’en disent les candidats à la présidentielle

Quelles sont les propositions des 10 candidats à la présidentielle pour résorber la dette et réduire les dépenses publiques ? Inventaire.

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chasse aux riches (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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Dette publique : ce qu’en disent les candidats à la présidentielle

Publié le 29 mars 2012
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La dette publique française s’élève à 1 700 milliards €, soit 26 005 € par habitant. Elle représente 85% du PIB. Chaque année, l’État verse 50 milliards € rien que pour rembourser les intérêts. Quelles sont les propositions des dix candidats à la présidentielle pour résorber la dette et réduire les dépenses publiques ? Inventaire.

Par Pierre Bergerault
Un article du Cri du Contribuable

Les candidats sont tous d’accord pour faire peser les réductions de dépenses sur les ménages les plus aisés et les grosses entreprises.

Nicolas Sarkozy, candidat UMP

Poursuivre la politique du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux sauf dans l’école primaire et maternelle. Déficit 0 en 2016 sur une prévision de 0,5% de croissance en 2012 et 2% les années suivantes.

Les collectivités territoriales doivent aussi participer à l’effort de réduction de la dette.

Création d’un fichier national des fraudeurs fiscaux.

Imposer les exilés fiscaux.

Impôts :

  • Augmentation du taux marginal le plus élevé de l’impôt sur le revenu passant de 41% à 44% ou 45% pour les plus aisés.
  • 32 milliards € de recettes déjà votés, prélevés sur les ménages les plus aisés et sur les grosses entreprises.
  • CSG augmentée de 2 points sur les revenus financiers.
  • Plafonnement des niches fiscales.
  • Augmentation de la TVA de 19,6% à 21,2%.
  • Imposition des exilés fiscaux à hauteur de ce qu’ils auraient payé en France : 3,5 milliards € de taxe sur les exilés fiscaux.
  • Un impôt minimal pour les grosses sociétés dont le siège social se trouve en France.
  • Modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction des stratégies de croissance.
  • La fin de certains avantages entre sociétés mère et fille.

Eva Joly, candidate EELV

« Le désendettement ne peut être le seul objectif de l’Europe ».

« Il faut réduire l’endettement sans créer une austérité insupportable ». Eva Joly souhaite une Europe fédérale avec des ressources propres qui assureraient de grands projets : reconversion écologique, autonomie énergétique.

Revenir sur la modernisation de l’armement nucléaire.

Couper dans les dépenses publiques notamment dans la modernisation de l’armement nucléaire qui représente 16 milliards € sur plusieurs années. Elle prévoit 30 milliards € par an à la réduction du déficit.

Impôts :

  • Augmenter les ressources fiscales en luttant contre les paradis fiscaux : 8 milliards €.
  • Fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu, prélevé à la source.
  • Remplacement du quotient familial par un crédit d’impôt forfaitaire.
  • Instauration d’un impôt planché pour les multinationales de 17%.
  • Suppression de niches fiscales sans effets économiques.
  • Création de deux nouvelles tranches d’impôt sur le revenu de 60% pour les revenus supérieurs à 100 000 euros par an et de 70% pour les revenus supérieurs à 500 000 euros par an.
  • Suppression de l’exonération des heures supplémentaires.

François Bayrou, candidat MODEM

Pour réduire la dette, il faut supprimer le déficit en jouant sur les dépenses. La France est le pays du monde qui dépense le plus. « L’année prochaine et celle d’après, nous ne dépenserons pas un euro de plus que cette année sauf harmonisation des salaires des fonctionnaires en fonction de l’inflation. »

Bayrou est favorable à la règle d’or.

« On pourra supprimer le déficit pour 2016 si on inscrit la règle d’or dans la constitution. »

Impôts :

  • +1 point de TVA qui sera absorbé par les circuits de distribution donc pas d’affolement des étiquettes.
  • 20 milliards € d’économies sur les niches fiscales en trois ans.
  • Augmentation des tranches supplémentaires de l’impôt sur le revenu de 50% pour ceux qui par part gagnent plus de 250 000 € par an.

Jean-Luc Mélenchon, candidat Front de gauche

Dans un premier temps, le candidat demandera un audit citoyen des finances publiques. Pour payer la dette, la Banque centrale européenne (BCE) doit nous prêter à 1%. Si elle refuse, nous ferons un emprunt forcé auprès des banques françaises. Pour se financer, elles se tourneront vers la BCE qui leur prêtera à 1%. L’État devra donc payer 1% d’intérêt sur ses  nouveaux emprunts pour ses dépenses supplémentaires.

Taxer les « riches ».

Impôts :

  • Création d’un nouveau barème d’impôt avec 14 tranches contre 5 aujourd’hui de manière à lisser l’effort.
  • Taxer les gros revenus pour payer la dette.
  • Obligation de détention de titres de la dette publique par les institutions financières.

Philippe Poutou, candidat NPA

« Il faut annuler la dette car elle est illégitime. Les réformes fiscales et les cadeaux aux plus riches ont conduit à cette situation (142 milliards € par an). L’État ne peut se financer auprès de banques centrales mais auprès des marchés financiers et à des taux très importants. Il faut mettre en place un audit de cette dette. 95% de la dette va dans la poche des capitalistes. »

Exproprier les banques : « Il faut arrêter le paiement des intérêts de la dette. L’idée n’est pas d’être méchants avec les riches mais plutôt de répondre à des urgences sociales. Cet argent doit aller du côté de la population. Il faut exproprier les banques. L’outil bancaire doit être au service de la population. Il faut enlever les moyens de nuire aux financiers et spéculateurs ».

Nathalie Artaud, candidate LO

« C’est à la bourgeoisie de payer la dette de l’État. Ce dernier doit remplir ses caisses car c’est au nom de cette dette que l’on économise sur les hôpitaux, qu’on supprime des postes dans l’Éducation nationale. C’est donc au nom de la dette qu’on nous impose des privations sans nom. »

Supprimer les cadeaux aux riches : « Il faut nationaliser les banques, sans indemnités, et les exproprier ainsi que les fusionner en un seul établissement de crédit. Au prétexte de sauver les banques, on sauve leurs actionnaires. »

« Supprimer les dépenses au profit des plus riches : cadeaux fiscaux, exonérations y compris de cotisations sociales. »

Jacques Cheminade, candidat Solidarité et Progrès

Le remboursement de la dette n’est pas une nécessité en soi. Il faut recréer les conditions de reprise de l’économie pour qu’à terme, les dettes légitimes puissent être remboursées. Faire le tri entre les dettes illégitimes et celles qui ne le sont pas. Il faut créer une commission d’enquête parlementaire qui examine la dette. Il faut un retour aux banques nationales qui s’aident entre elles pour réaliser de grands travaux en Afrique notamment et « revitaliser le lac Tchad » (sic).

Impôts :

  • 50% sur les successions par enfant à partir de 180 000 € et 75% au dessus de plusieurs millions €.
  • Nettoyage des niches fiscales : 10 à 20 milliards.
  • Répression de la grande fraude fiscale : 15 à 20 milliards.
  • +2 points de CSG : 10 à 15 milliards.

Marine Le Pen, candidate Front National

« Depuis 1973, la France a payé 1 400 milliards € d’intérêts sur un total aujourd’hui de 1 700 milliards €. Avant cette date, c’est la Banque de France qui finançait l’emprunt sans l’intérêt. Le monopole des marchés financiers a directement contribué à l’appauvrissement du peuple Français. La France dépense plus qu’elle ne gagne en fonctionnement. »

L’austérité n’est pas la solution : « Une dette fondée sur des déficits de fonctionnement n’est pas possible. Grâce à la monétisation, je vais réserver chaque année 45 milliards € de remboursement au capital de la dette, 45 milliards € aux intérêts de la dette et 10 milliards € que je vais investir dans l’économie. L’austérité est en train d’effondrer notre économie. »

« Les classes moyennes vont voir leurs impôts allégés. En fait le chômage est à la base de tous les maux et en particulier celui de la dette. »

« Les économies : l’immigration coûte 70 milliards € par an, on verse 20 milliards € à l’UE qui ne nous en rend que 13 milliards €, la fraude sociale est estimée à 20 milliards € par an par un rapport parlementaire ».

Impôts : « J’augmente la part supérieure de l’impôt sur le revenu de 41% à 46%. Je prévois la suppression des avantages fiscaux des grands groupes (niche Copé), j’intègre le calcul des œuvres d’art dans la déclaration sur l’ISF ».

Nicolas Dupont-Aignan, candidat Debout la République

« La dette est liée au déficit et ce dernier est lié à l’effondrement des recettes fiscales du fait de la perte d’un million d’emplois industriels en 12 ans. Il y a des gaspillages, bien sûr, mais le gros de la dette s’explique par les délocalisations. Mon combat politique est de mettre en œuvre un protectionnisme intelligent qui permette de sauver les emplois industriels de notre pays. »

Rétablir le pouvoir de la Banque de France : « Les fausses mesures de réduction de dépenses aboutissent à une récession aggravée, à un effondrement des recettes fiscales et des déficits élevés. Il faut aussi éviter de passer par les marchés financiers pour éviter de payer des taux d’intérêts trop élevés. Il faut aussi rétablir le pouvoir de la Banque de France et sortir de l’euro qui crée la dette. La BCE prête aux banques à 1% et les banques prêtent entre 3% et 20%. Pour sortir de la spirale de l’endettement, il faut donner envie d’investir en France ».

Impôts :

  • Une tranche supplémentaire à 50% ou 55% pour ceux qui gagnent plus de 300 000 €.
  • Diviser par deux l’impôt sur les sociétés des PME TPE qui réinvestissent en France.

François Hollande, candidat PS

« Réduire la dépense, oui mais pas dans l’Éducation nationale (+60 000 postes en 5 ans), ni dans la police et la gendarmerie (augmentation de la violence depuis 5 ans), ni dans la justice (manquements dans l’application des peines) ». François Hollande souhaite faire un acte de décentralisation : compétences renvoyées vers les régions et agglomérations pour plus d’efficacité.

Déficit 0 en 2017 : « Il conviendra que les collectivités locales fassent aussi des efforts, avec une réforme de la fiscalité locale. Les dépenses de fonctionnement des collectivités locales ne peuvent être financées par l’emprunt. Si nous allons trop vite, nous allons casser la croissance. Les dépenses publiques, toutes administrations confondues ne peuvent dépasser 1% par an. L’effort de redistribution se fera sur les ménages les plus aisés et sur les plus grosses entreprises. »

Impôts : « Supprimer les niches fiscales des grandes entreprises ce qui n’a pas rapporté en termes d’investissements (elles ne payent que 10% d’impôt sur les sociétés). 75% d’imposition pour ceux qui gagnent plus d’un million€ par an ».

—-
Sur le web

Sur le(s) fond(s) du problème, voir l’article du Cri sur la crise de la dette souveraine française, 26e monographie de Contribuables Associés, toujours disponible.

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  • Donc c’est MLP qui augmente le moins les impots!

    • Ce qu’elle propose est presque raisonnable. Au delà de l’inopportunité d’un impôt comme l’ISF, inclure les oeuvres d’art dans son calcul est plus juste (mais n’est-il pas vrai que les Fabius sont de grands collectionneurs ?).

      • Il ne devrait y avoir AUCUNE taxe ou impôt sur le patrimoine car l’obtention de celui-ci a déjà été taxé.

        Et puis comme tous les autres, elle parle d’augmentation des impôts. C’est vrai qu’ils sont tellement bas en France… Réduction des dépenses? Circulez, y’a rien à voir.
        Et en plus elle souhaite que l’État reprenne le contrôle de la planche à billets pour la faire tuorenr à plein régimes. Elle soit économiquement inculte, soit aveuglée par son idéologie, soit intellectuellement malhonnête

        • D’accord Mateo, mais dans la mesure où c’est le cas de tous les autres, ce ne sont pas des critères discriminants.
          En plus, j’ai tendance à préférer la planche à billet aux 75% d’IR, c’est plus lisse…

        • Aveuglée par son idéologie??Intelectuellement malhonnete??
          vous diriez la meme chose de Cameron ou d’Obama, ou c’est juste un terme qui ne va qu’à Marine Le Pen?

          • Oui, 95% des politiciens français sont soit économiquement incultes (vu les bêtises qu’ils sortent), soit aveuglés par leur idéologie (niant les lois de l’économie, refusant la réalité), soit intellectuellement malhonnêtes (ils savent pertinent que leurs solutions sont un non-sens économique mais ils les proposent quand même car elles sont populaires et leur permettent d’être élus).

            Donc pour Obama, je dirai la même chose, comme pour l’ensemble de la classe politique française. Pour Cameron je ne sais, je ne sais pas trop ce qu’il a fait ou dit.

          • Zut, à chaque fois j’oublie la 4ème possibilité: la bêtise tout simplement, dans le sens de l’incapacité de tenir un raisonnement logique, dans le donaine économique ou autre.

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