L’escroquerie de la retraite par répartition

Accepterions-nous qu’une banque nous oblige à acheter un produit pour lequel elle promet un rendement intéressant alors qu’elle est incertaine de pouvoir respecter ses engagements ? Accepterions-nous qu’à notre décès, la banque hérite de nos économies ? Jamais ! C’est pourtant le principe de la retraite par répartition.

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L’escroquerie de la retraite par répartition

Publié le 29 février 2012
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Accepterions-nous qu’une banque nous oblige à acheter un produit financier pour lequel elle promet un rendement intéressant alors qu’elle est incertaine de pouvoir respecter ses engagements ? Accepterions-nous qu’à notre décès, la banque hérite de nos économies  ? Jamais ! C’est pourtant le principe de la retraite par répartition.

Par Nathalie Elgrably-Levy, de Montréal (Québec).

Le système de retraite québécois, non viable et peu performant, inquiète. Pour trouver des solutions, la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Julie Boulet, a mandaté un comité d’experts pour réfléchir sur l’offre des régimes complémentaires. En revanche, le Régime des rentes du Québec, notre régime de retraite universel administré par l’État, n’est pas remis en question. Pourtant, il est loin d’être irréprochable.

Accepterions-nous qu’une banque nous oblige à acheter un produit financier pour lequel elle promet un rendement intéressant alors qu’elle est incertaine de pouvoir respecter ses engagements ? Accepterions-nous qu’à notre décès, la banque hérite de nos économies  ? Jamais ! C’est néanmoins selon un principe très similaire que fonctionne le Régime des rentes du Québec.

En collaboration avec notre employeur, nous envoyons 10,05  % de notre revenu à la Régie des rentes du Québec (ce taux augmentera de 0,15 % par année pour atteindre 10,80 % en 2017).

On nous dit qu’on épargne pour nos vieux jours alors que les sommes récoltées servent à verser les prestations aux retraités actuels. On nous fait croire que l’argent nous appartient, alors qu’il n’en est rien. Par exemple, quand le cotisant décède, ses contributions sont saisies en tout ou en partie par le Régime. Si le défunt n’a ni conjoint ni enfant mineur, ses cotisations sont entièrement empochées par le régime. Au mieux, les héritiers reçoivent une prestation de décès de 2 500  $.

Pour le commun des mortels, ce mode de fonctionnement répond à la définition d’une escroquerie pyramidale. Pour la classe politique, il assure « l’équité intergénérationnelle !  »

Le Chili en exemple

Le comité se trompe de cible en limitant son analyse aux régimes complémentaires. Il ferait mieux de s’attaquer au cœur du problème, soit le principe même de la retraite par répartition. Il pourrait étudier le système chilien et peut-être même s’en inspirer. Après tout, il a été imité par une trentaine de pays (y compris la Suède !) et est reconnu par le FMI comme étant un modèle.

En 1981, confronté à un système de retraite en faillite, le Chili remplace son régime public par un modèle basé sur des comptes individuels de capitalisation. Aujourd’hui, les travailleurs sont propriétaires de leur compte d’épargne-retraite et peuvent le confier à l’institution de leur choix. Ils déterminent également leurs placements en fonction de leur tolérance au risque et de leurs préférences et, à leur décès, c’est leur famille, et non l’État, qui hérite de l’intégralité du régime. Côté rendement, il est enviable : depuis l’implantation du régime en 1981, la rentabilité annuelle moyenne du fonds principal dépasse 9 %.

L’État québécois a pris en charge nos retraites parce qu’il nous en jugeait incapables. L’expérience montre que c’est lui qui est inapte à garantir notre sécurité financière. Pire encore, il nous impose un système immoral. Il est donc temps de le relever de ses fonctions. Les Québécois n’ont pas à être dépendants de l’État. À l’instar des Chiliens, nous sommes parfaitement capables de gérer un compte d’épargne-retraite. Mais pour cela, notre classe politique doit sortir de son prisme idéologique et rendre aux travailleurs la maîtrise de leurs finances et de leur avenir !

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  • Elle était prédestinée à devenir ministre de la solidarité sociale, avec un nom comme boulet.

  • avec la retraite par capitalisation (système américain) on peut perdre sa retraite du jour au lendemain. Ainsi, en cette période de crise, certains américains retraité sont obligés de reprendre le travail à 70, 75 voire 80 ans car ils ont TOUT perdu à cause de ce système (en crise). Je préfère le système par répartition qui est au moins fiable un minimum.

  • Cette journaliste devrait regarder les excellentes conférences de Monsieur Bernard Friot au sujet de la répartition… elle est completement a l’ouest.

    Oser proner la capitalisation apres ce qu’il se passe depuis 2008, il faut vraiment etre bien payé.

    • Ah ouais ? Combien de fonds de pension ont carafé en 2008, pour mémoire ?
      Oser prôner la répartition alors qu’elle a systématiquement fini par ruiner des générations de cotisant, faut vraiment être timbré. Oser s’assurer avec l’Etat quand on sait qu’un Etat peut et va faire faillite, c’est vraiment jouer au gogo.

      • je pense que tu as tort comme souvent:tant que l’etat américain arrivera a maintenir le dow au dessus de 10000 les américains toucheront une retraite.si par malheur le soufflé ponzi retombe….une seule solution equitable,la répartition par points avec quelques aménagements comme en suède

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