Qui est ce Monsieur Draghi qui préside aux destinées de notre banque centrale ?

Certains journalistes ont osé écrire que Mario Draghi était un grand professionnel de la finance et que le voir à la présidence de la BCE était rassurant

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Qui est ce Monsieur Draghi qui préside aux destinées de notre banque centrale ?

Publié le 28 janvier 2012
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Certains journalistes ont osé écrire que Mario Draghi était un grand professionnel de la finance et que le voir à la présidence de la BCE était rassurant.

Par Thibault Doidy de Kerguelen

Après huit années passées à sa tête, Jean Claude Trichet a quitté le 19 octobre dernier la présidence de la Banque Centrale Européenne. Il n’a pas été facile, souvenez-vous, de lui trouver un remplaçant. Celui qui aurait du, en bonne logique, prendre la succession était Axel Weber, Président de la Bundesbank. Mais celui-ci a décliné le poste. Fidèle aux engagements initiaux, à la séparation et à l’indépendance de la banque centrale, défenseur d’une politique cohérente et d’un Euro “monnaie forte à vocation de internationale”, il se trouvait en désaccord avec l’interventionnisme des politiques dans la gestion de la monnaie et l’obligation faite à la BCE de se substituer au marché dans l’achat des dettes pourries d’un certain nombre d’États Européens.

Le nouveau Président est un Italien, Monsieur Mario Draghi, appelé aussi “super Mario”.

Contrairement à Jean Claude Trichet ou à Jürgen Stark, qui a bruyamment démissionné de son poste de vice-Président, Mario Draghi est un pur produit de la finance américaine. Titulaire d’un PhD du Massachusetts Institute of Technology, il a, entre autres, assumé la vice-présidence de Goldman Sachs “entre 2002 et 2005”…

Plus précisément, vice-Président chargé de la branche européenne.

Souvenez-vous. En 2001, Goldman Sachs a, à la demande du gouvernement grec, maquillé les comptes de la Grèce afin de les rendre présentables et euro-compatibles. Ce maquillage a consisté, via un habile montage de CDS, à réduire de 1,6% du PIB (soit 3,4 Mds€) le montant de la dette grecque.

À la fois lead manager du Trésor Grec et porteuse virtuelle d’un partie de la dette, la banque repousse en août 2005 les échéances des CDS de 2019 à 2037, et ceci en toute opacité, c’est-à-dire sans aucune information ni de la BCE ni des investisseurs qui, via Goldman Sachs, achètent des Bons du Trésor grec. Dans la foulée, elle revend sa participation à la Banque Nationale de Grèce (NBG, privatisée en novembre 2004). Ceci est totalement incompatible avec la déontologie qui sied à un lead manager dont le rôle est justement de placer la dette sur les marchés dans le strict respect des règles.

Entendu par les députés européens, Mario Draghi a répondu, lors de son audition le 16 juin dernier, à une question précise sur le sujet, posée par le député Pascal Canfin (PCF), que ses fonctions chez Goldman Sachs ne concernaient que le secteur privé et non le secteur public. Les députés ont accepté la réponse et ont voté à 75% la nomination du seul candidat à la succession de J-C Trichet.

Le problème, c’est que cette déclaration est en contraction avec les fonctions officielles de son poste telles qu’annoncées lors de sa nomination: « Promouvoir la clientèle des grandes entreprises européennes, des États, et des agences internationales, ainsi que participer aux négociations avec ces parties ». Elle est aussi en contradiction avec le plus élémentaire bon sens qui veut que lorsqu’une banque recrute l’ancien Président de la commission italienne chargée des privatisations, ancien directeur du Trésor italien, qui a fait toute sa carrière dans le public, c’est certainement plus pour son carnet d’adresses et sa connaissance des dossiers publics que pour le transformer en VRP auprès des entreprises. Si vous ajoutez à cela qu’après GS, M. Draghi a pris la présidence de la banque centrale italienne (public), puis, maintenant, celle de la BCE, nous voyons de moins en moins ce qui peut en faire un négociateur qualifié auprès des entreprises privées. Et puis, supervisant les affaires européennes de la banque, n’est-il pas, au minimum, responsable des opérations même si elles sont initiées par des subordonnés ?

Alors ? À l’instar de son ancien Président Lloyd Blankfein soupçonné de parjure devant le Sénat américain par le sénateur Carl Levin, “Super Mario” aurait-il joué à “super menteur” devant les députés européens ? Si aucune procédure du type de celle évoquée aux USA n’existe en Europe (vous pouvez, semble-t-il, mentir autant que vous voulez devant le parlement européen…), un rebondissement judiciaire de cette affaire peut, éventuellement, voir le jour.

L’agence Bloomberg, préparant un dossier sur l’accession de Mario Draghi, a, en mai dernier, demandé, par voie judiciaire, l’accès aux archives de la BCE concernant l’affaire du maquillage de la dette grecque et de la revente des CDS. Cet accès, en violation de toutes les règles de transparence et d’accès à l’information, lui a été refusé. Pas sûr que cette agence américaine se satisfasse de ce refus.

Certains journalistes ont osé écrire que Mario Draghi était un grand professionnel de la finance et que le voir à la présidence de la BCE était rassurant. Imaginez un instant Jean-Noël Guérini Président de la Cour des comptes ou DSK ministre aux droits de la femme, vous seriez rassurés, vous ? Pourtant, eux aussi connaissent leur sujet…

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  • Que Super Mario soit capable de contourner les règles est pour moi un atout opportun.Ce que j’espère de lui et ce qu’il FAIT c’est sortir notre industrie de la déflation et ceux malgré l’hostilité des allemands et pro-Milton Fieldman. Les années Trichet ont été des années de chômage et de recul de notre pays, les années Super Mario seront celle du retour au plein emploi et à la croissance. Les mesures qu’il a prises marquent un tournant complet de la politique monétaire. Pourvu qu’il puisse continuer ainsi.

    • Si c’est de l’humour, merci d’ajouter un smiley…. En trois mois, Super Mario a monté l’effet de levier de la BCE à 33, c’est à dire au dessus du niveau des établissements bancaires privés qui se cassent la figure les uns après les autres, à l’image des ses « amis » de la FED, il a balancé des milliards aux banques qui se sont tous retrouvés dans les circuits financiers et pas dans les circuits économiques. Les années (peut être pourrait on même dire « l’année »?) Super Mario seront celles de l’explosion et de la disparition de l’Euro. Quant à mettre sur le dos de Trichet les incapacités et les erreurs des gouvernements français successifs, il faut être de bien mauvaise foi ou confondre (comme les marxistes) pouvoir économique et pouvoir politique…

    • …. Que Super Mario soit capable de contourner les règles est pour moi un atout opportun…

      on voit que l’honneteté a bien peu d’importance chez vous…. mettez tout de suite un mafieux, comme cela vous serez sur de naviguer sans risque dans ces mêmes milieux.

      Quand est-ce qu’on se debarassera de cette pouriture… il y a des regles, c’est pour les respecter! Même la jungle a ses règles…

    • Draghi est le condensé de toutes les dérives qui nous ont conduit dans cette situation pourris : malhonnêteté, inconséquence, spoliation, endettement sans fin. Lui et une grande partie des dirigeant politiques des 30 dernières année devraient être traînés devant les tribunaux et lourdement condamné

    • Mais oui, cher ami. Continuons la fuite en avant pour créer une nouvelle croissance ! Vous ne comprenez donc pas que le problème vient de la monnaie unique, et que même sa dévaluation ne créera pas de croissance supplémentaire ? Et ce d’autant plus que les Allemands, pour financer leurs retraites, ont besoin d’un Euro fort, à l’inverse des pays méditerranéens (dont la France)… Avec de telles disparités, que peut faire réellement Draghi, si ce n’est prolonger un système monétaire mort-né car non basé sur un Etat nation ?

    • 1. Milton friedman n’a jamais été un apôtre de la déflation, bien au contraire
      2. Vous y croyez vraiment aux conneries que vous racontez ? Ou vous avez vu le chômage qui baisse, l’industrie qui se redresse et la croissance qui revient.

      Si vous le voulez la recette est assez simple ….

      Pour commencer on aligne le droit du travail public sur le privé … ET on commence par les retraites des fonctionnaires et aussi toutes les règles d’évolution de carrière au sein de la fonction publique.

      Ensuite, on arrête toute subvention syndicale. Les syndicats ont cas commencer à faire du travail utile pour leurs syndiqués et se faire payer par eux …

      Ensuite on vire au moins 1/3 des fonctionnaires, qu’on ponctionne là où ils servent à rien d’autre qu’à piller le peuple c’est à dire dans les bureaux.

      Ensuite on met l’hôpital et l’école en concurrence (l’activité créée fera baisser le nombre de ceux qui restent). On peut discuter (j’y suis favorable) d’un chèque éducation et santé.

      On abolit l’Euro, si possible en priant l’Allemagne de dégager ce qui permettra de dévaluer l’Euro avant d’en sortir sans avoir à dévaluer le nouveau Franc alors que la dette est en Euro.

      Progressivement l’industrie se relève et on baisse la pression fiscale sur le long terme.

      C’est simple c’est ce que la Suède a fait et le canada aussi. Ca marche très bien.

      Le problème c’est que tous les hommes politiques, ceux qui peuvent faire sont fonctionnaires. Forcément ils n’ont pas l’intention d’arrêter de piller et irresponsables ils ont les moyens de dépenser tout ce que nous avons pour poursuivre leurs desseins.

      Donc il faut fuire, sortir absolument son fric de toute zone Euro. Si possible sortir physiquement de cette zone. Attendre qu’elle s’effondre fortement et revenir après. Le capital des Européens est mieux à l’extérieur de la zone Euro et on en aura besoin pour reconstruire, il ne faut surtout pas qu’ils puissent le prendre car il vont le dilapider et on n’aura toujours moins pour les choses sérieuses !

  • Bonjour,

    Si ce que vous dites sur l’honnêté de Mario Draghi est vrai c’est grave. Preuve s’il est est que l’Euro est un système pourri, et qu’il faudra bien se poser la question de ce qu’a vraiment apporté l’europe. Soyons clair : nous sommes dans cette situation parce que nous devions la construire. C’est un lamentable échec, une construction purement technocratique et je ne comprend pas comment de si nombreux libéraux maintiennent leur attachement à un machin qui dans les faits est totalement contraire à tout ce en quoi nous croyons.

    M. trichet quant à lui excusez moi du peu mais c’est un abrutit total. Ce type est derrière tous les scandales et erreurs financières. Il débute au Crédit Lyonnais à la grande époque … Vu le désastre il est remercié et on le place à la Banque de France. Là sa politique monétaire remarquable provoque la crise du début des années 90. Vu le grand succès, il est alors promis à la BCE où dès le début de la crise il fait tout le contraire de ce qu’il faut faire. En fait cet imbécile, fonctionnaire suit sa carrière toute tracée au sein de la haute fonction publique en enchainant incompétences et échecs. Bravo ? Difficile à remplacer ? Ha oui, c’est sur, dans l’incompétence ça va être dur de faire pire !

  • Pour ma part soyons clair, je pense que L’euro est d’ores et déjà mort. La réponse monétaire à ce type de crise est essentielle. hors chaque pays a un besoin différent en la matière. A moins de faire disparaitre l’Euro il n’y aura aucun moyen d’ajuster la monnaie pour régler les problèmes. Les ajustement budgétaires ne seront efficaces que si la poliutique monétaire vient relancer la croissance. En bloquant les ajustements compétitifs entre les pays d’Europe, aucun ne retrouvera de la croissance. En attendant on gaspille on gaspille.

    Franchement, la problématique n’est d’ores et déjà même plus quel est l’homme que l’on met à la BCE. En l’espèce, dans le n’importe quoi pour maintenir coute que coute une monnaie qui est déjà morte, il faut dire que draghi fait bien son boulot. Sans lui l’Euro aurait déjà explosé. Donc vous devriez être contents, je ne comprend pas ce pessimisme.

    Le problème ce n’est pas lui c’est tous les gens comme vous qui croyez en l’Euro tout en refusant de voir que d’une part l’Euro est responsable de ce que nous vivons et d’autre part si les pays ne récupèrent pas leurs monnaies nationales il n’y a qu’une voie : s’enfoncer dans la crise et alourdir la facture qu’il faudra de toutes façon payer. Soit vous le comprenez et on peut commencer à discuter de l’après soit tout continue à être bloqué et là nous prenons la voie du cahos avec explosion du coût et violences physiques. Au bout d’un moment il faut savoir ce que l’on veut.

    • Ha oui, c’est vrai, il y a la déflation. Bien entendu elle sous tend que les gouvernements sont responsables et vertueux, ou du moins de s’appuyer sur une orthodoxie comptable au niveau gouvernemental. Ca peut marcher dans les pays d’Europe du Nord et … En espagne. Rappelons que ce pays encore aujourd’hui est un des moins endettés d’Europe.

      Mais pour le reste à commencer par la france, je rigole doucement dans ce pays socialiste complètement corrompu par sa classe de fonctionnaires inamovibles, où tout le système politique consiste à dépenser l’argent que nous n’avons pas pour financer celui qui crie le plus en prélevant une com de 80% en rémunération des bon et loyaux services de nos fonctionnaires !

      Il va falloir que l’Europe et l’Euro cassent, que l’état s’effondre pour que nous puissions enfin reconstruire sur des bases saines. C’est pour bientôt, tous les indicateurs sont au rouge, avec la croissance qui s’effondre, le MES qui va vite prouver qu’il ne sert à rien, les déficits qui vont exploser de partout en 2013, l’Europe ressemblera bientôt à un champ de ruines. Bien entendu on aura rajouté quelques 1000 Milliards du fait de l’action remarquable de la BCE a avoir retardé l’inexorable !

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