Le jackpot des retraites des politiques au Canada

Il n’y a pas qu’en France que le régime de retraites des élus constitue un jackpot pour ses bénéficiaires, aux frais des contribuables.

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Retraite (CC, Steven Depolo)

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Le jackpot des retraites des politiques au Canada

Publié le 26 janvier 2012
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Il n’y a pas qu’en France que le régime de retraites des élus constitue un jackpot pour ses bénéficiaires, aux frais des contribuables. Un exemple similaire au Canada.

Un article de David Descôteaux, de Montréal, Québec.

Si vous pensez que les fonctionnaires font la belle vie avec leurs régimes de retraite blindés, vous n’avez rien vu. Vous voulez déchirer votre chemise de contribuable? Jetez un oeil aux pensions versées aux députés fédéraux à Ottawa.

C’est ce qu’a fait la Fédération canadienne des contribuables (CTF). Et les chiffres qu’elle expose font sursauter, pour rester poli.

Imaginez : pour chaque dollar qu’un député fédéral contribue à son fonds de retraite, les contribuables canadiens en fournissent… 23!

Selon la CTF, les payeurs d’impôts ont versé l’an dernier 248 000 $ dans le régime de retraite de chacun des députés. C’est plus que le salaire annuel de ces derniers (environ 157 000 $), et beaucoup plus que la contribution de chacun, soit un minimum de 10 990 $.

Vos REER ont subi une raclée en 2008? Le régime de retraite des députés, lui, a fait 10,4 % de rendement. Pourquoi? Parce que nos élus ont décidé que, peu importe le rendement de la bourse, leur régime de retraite allait générer chaque année un rendement de 10,4 %. Garanti par les contribuables!

Des exemples

Le premier ministre Stephen Harper sera éligible à une pension d’au moins 223 500 $ par année d’ici 2015. S’il vit jusqu’à 80 ans, cela équivaudra à un magot de 5,5 millions $, estime la CTF.

Bon, c’est le premier ministre, direz-vous. Il le mérite peut-être. OK. Qu’en est-il alors de Pierre-Luc Dusseault? Vous ne le connaissez pas? Mon non plus. C’est un député fraîchement élu sous la bannière du NPD, dans Sherbrooke. À 19 ans. Et je parie qu’en ce moment, il travaille très fort pour ses concitoyens. Car s’il réussit à se faire réélire aux prochaines élections, il gagne le gros lot. Il sera éligible à une rente annuelle de 40 000 $ par année — pour un total de plus d’un million $ s’il finit ses jours à 80 ans. Tout ça en se retirant à 27 ans…

Rappelons que les députés sont éligibles à leurs paiements à partir de l’âge de 55 ans, s’ils cumulent un minimum de six ans de services.

Côté ironie : les Anglos aiment bien souligner le cas de Gilles Duceppe. L’ex-chef du Bloc a consacré sa carrière à tenter de « détruire le Canada », disent-ils. Or Duceppe profitera d’une belle pension de 140 000 $ par année, gracieuseté des contribuables canadiens…

Le haut de la pyramide

Oui oui, je sais… tout ça est normal puisque les politiciens ont beaucoup de misère à trouver des boulots après la politique. Demandez à Nathalie Normandeau ou à Philippe Couillard, ils vous le diront. Ou à la horde d’ex-députés devenus lobbyistes ou conseillers spéciaux pour des firmes privées…

Nous avons un sacré problème de régime de retraite au pays — l’institut CD Howe estime le passif du régime de retraite des employés fédéraux à plus de 200 milliards $. Pour le régler, le leadership doit venir d’en haut de la pyramide. Avant de s’en prendre aux fonctionnaires, ou d’exiger de nouveaux efforts des contribuables — dont le deux tiers n’ont pas de régime de retraite —, nos élus devraient donner l’exemple et commencer le ménage en haut. Dans la cour des gras dur. Leur cour.

Reporter l’âge d’admissibilité à leur pension à, disons, 62 ou 65 ans, serait la moindre des choses. Et juste un début.

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