Décès de Wilman Villar Mendoza, « délinquant ordinaire » de Cuba

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Décès de Wilman Villar Mendoza, « délinquant ordinaire » de Cuba

Publié le 24 janvier 2012
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Wilman Villar Mendoza, prisonnier politique cubain, est mort jeudi 19 janvier des suites d’une grève de la faim de 50 jours. Le jeune homme de 31 ans avait été arrêté le 14 novembre 2011 au cours d’une manifestation pacifique contre le régime de Castro.

Par Yoani Sánchez, depuis La Havane, Cuba

À la mémoire de Wilman Villar Mendoza

Il y a quelques années, mon ami Eugenio Leal avait décidé de demander un extrait de casier judiciaire, formalité indispensable pour postuler à certains emplois. Confiant, il était allé chercher le document sur lequel serait indiqué qu’il n’avait jamais été jugé pour aucun délit ; mais au lieu de cela une désagréable surprise l’attendait ; il apparaissait comme ayant perpétré un « vol avec violence » dans le village où il était né, alors qu’il n’avait même jamais brûlé le moindre feu rouge. Eugenio avait protesté parce qu’il savait qu’il ne s’agissait pas d’une erreur bureaucratique ni d’un simple hasard. Son activisme de dissident l’avait déjà rendu victime de réunions de répudiation, d’arrestations, de menaces et allait maintenant jusqu’à entacher son casier judiciaire. Il était devenu un opposant avec un passé de « délinquant ordinaire », ce qui permettait à la police politique de le discréditer facilement.

Si nous nous laissons guider par la propagande gouvernementale, il ne peut pas exister sur cette île une seule personne respectable, préoccupée par le destin national et n’ayant pas commis de crime, et qui en même temps  s’opposerait au système. Tout individu qui émet une critique est immédiatement catalogué comme terroriste ou traître, malfaisant ou amoral. Des accusations difficiles à démentir dans un pays où chaque jour la majorité des citoyens doit commettre des illégalités pour survivre. Nous sommes 11 millions de délinquants ordinaires, dont les abus vont de l’achat de lait au marché noir à la possession d’une antenne parabolique.

Insoumis à un code pénal qui nous asphyxie, fuyant le « tout est interdit », évadés d’une prison qui commence avec la propre Constitution de la République. Nous sommes une population quasi pénitentiaire dans l’attente que la loupe du pouvoir se pose sur nous, fouille dans nos vies et découvre la dernière infraction commise.

Aujourd’hui, avec la mort de William Villar Mendoza le vieux schéma de l’insulte d’État vient de se reproduire. Une note dans le journal Granma l’a décrit comme un vulgaire malfaiteur et une émission de télé – du genre stalinien – va peut-être bientôt le présenter aux victimes présumées de ses abus. L’objectif est d’affaiblir  l’influence politique de ce citoyen de 31 ans, condamné en novembre pour outrage, attentat et résistance. La propagande officielle essaiera de retirer de l’importance à sa grève e la faim et déversera sur son nom toutes sortes d’adjectifs péjoratifs. Nous assisterons aussi au témoignage – en violation avec le serment d’Hippocrate – des médecins qui l’ont suivi et peut-être sa propre mère ira jusqu’à déposer contre son fils défunt. Tout ceci parce que le gouvernement cubain ne peut pas se permettre qu’il reste le moindre doute dans l’esprit du téléspectateur de base. Il serait très dangereux que les gens commencent à croire qu’un opposant puisse sacrifier sa vie pour une cause, être un bon patriote et tout simplement un homme respectable.

—-
Traduction : Jean-Claude Marouby

Voir les commentaires (6)

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Créer un compte Tous les commentaires (6)
  • Je crois qu’il faut commencer a leur donner raison à Cuba : traités en terroristes ? OK: Faites péter des commissariats, assassinez les bureaucrates, etc.

  • quel commentaire peut-on faire ?
    Je n’en vois aucun. parfois la qualité d’un article se mesure à l’absence de commentaire

    • Pour ceux qui douterait de la nécessité de défendre le droit des citoyens à posséder des armes, Cuba est un bon exemple.
      Si les Cubains possédaient une arme, le quotidien des sbires du régime serait moins facile.
      Imaginez une révolte de citoyens armés, cela change la donne.
      D’ailleurs Fidel Castro a désarmé la population dès son arrivée au pouvoir.

  • Crédibilité du régime Castro vs crédibilité de Yoani Sanchez:

    1- Le régime serait tellement répressif qu’il falsifie un casier judiciaire pour une simple demande d’emploi, mais permet à Yoani Sanchez de le dénoncer dans le monde entier. Étrange, peu plausible, dans quel intérêt? Preuve matérielle vérifiable.
    2- Yoani Sanchez rapporterait des on-dits, des histoires de seconde main, des spéculations hypothétiques (sic), prêterait des intentions tordues. Étrange, Possible et même fréquent dans le domaine du journalisme, Difficile/impossible à vérifier. Rentable.
    1+2=3: Cherche à qui le crime profite

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