L’euro faible : bonne nouvelle !

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Mario Draghi Euro (Crédits : Sabine Nourrit/Aleps, tous droits réservés)

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L’euro faible : bonne nouvelle !

Publié le 24 janvier 2012
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Les bienfaits de l’affaiblissement de l’euro sur le commerce extérieur de la France restent pour l’instant inconnus et improbables, tandis que les conséquences négatives ont été immédiates.

Par Jacques Garello
Article publié en collaboration avec l’aleps

La perte du triple A pour cinq pays européens, pour le Fonds Européen de Stabilité Financière, et pour quelques groupes bancaires, ne constitue pas en soi un événement. Ce n’est que la confirmation, par une agence de notation, de l’opinion que les marchés financiers se font depuis plusieurs mois sur la santé financière de tous ces gens qui doivent beaucoup d’argent à beaucoup de monde.

Je ne voudrais pas me répéter : les marchés auraient réagi autrement s’ils avaient eu le sentiment que quelque rupture définitive avait été programmée, ou même seulement annoncée, par les gouvernements en cause. Mais on n’a pas vu venir grand-chose. Chez nous, le budget 2012 n’est pas héroïque, ni même rigoureux. Bâti sur une hypothèse de croissance assez faible, mais déjà irréaliste, puisque nous sommes aux portes de la récession, ce budget ne reflète en rien un retrait de l’État ni une réduction de l’armée des fonctionnaires. Peu crédible. Quant aux deux grandes mesures annoncées par le Président Sarkozy, taxe sur les transactions financières et TVA sociale, l’une est mort-née et l’autre ne peut être mise en place rapidement, et ne saurait avoir le moindre effet autre que négatif.

De toutes façons, je ne crois pas que ce soit la politique de rigueur qui convienne à la France, mais une politique de libération des Français qui veulent entreprendre, travailler, épargner et réussir. Il faut donc surtout arrêter la traque aux acteurs de la croissance. Or, on a pris le parti de les frapper un peu plus chaque jour, et on ne cesse d’inventer des super-taux d’imposition, et des assiettes fiscales surprenantes comme les boissons gazeuses ou les plus values putatives.

Telle est donc la situation actuelle, assez figée en dépit des bruitages médiatiques.

Pourtant on assiste depuis quelques jours à un changement lui aussi prévisible : l’euro s’affaiblit rapidement.

Admirons d’abord les premiers effets de l’euro-faible. Voilà dix ans que l’on impute à « l’euro fort de Francfort » les difficultés de notre commerce extérieur. En finir avec l’euro fort devrait donc théoriquement nous réjouir et porter nos exportations à leur plus haut, puisque le manque de compétitivité des entreprises françaises tiendrait avant tout à la mauvaise politique de la banque Centrale Européenne, qui ne veut pas s’aligner sur la « bonne » politique du dollar ou du yuan, Américains et Chinois n’ayant pas peur de maintenir leur monnaie à leur plus faible niveau possible pour pouvoir exporter à bas prix.

Je ne crois pas à la théorie de la « dévaluation compétitive », car cet artifice ne produit que des effets artificiels. Si les Allemands sont compétitifs, c’est parce qu’ils ont respecté quelques fondamentaux d’une bonne gestion : des finances publiques assainies, des privatisations nombreuses, une fluidité du marché du travail, et une protection sociale peu coûteuse (mais efficace). Donc, avec le même euro, les Allemands caracolent en tête des exportateurs mondiaux.

Les bienfaits de l’affaiblissement de l’euro sur le commerce extérieur de la France restent donc pour l’instant inconnus et improbables. On cite volontiers l’habileté des Anglais, qui ont dévalué la Livre de 30%. Mais qu’est-ce qui est le plus important : la dévaluation ou le total changement de cap des conservateurs qui remettent de l’ordre et de la liberté dans l’économie de leur pays ?

En revanche, les conséquences négatives de l’euro faible ont été immédiates. Le prix du carburant a rejoint son niveau le plus élevé, et continuera à augmenter. La hausse des matières premières, à laquelle on imputait déjà une partie de nos tracas, va également s’accentuer. Bref, on a oublié que l’euro faible renchérissait nos importations, qui vont donc grever le budget de nos consommateurs et de nos entreprises. L’euro faible : bonne nouvelle !

À cette poussée des prix par les coûts va vraisemblablement s’ajouter une poussée par l’inondation monétaire qui se profile depuis quelques mois. La masse monétaire émise par la Banque Centrale Européenne a augmenté de quelque 50% en un an, et elle fournit aux banques européennes les liquidités dont elles manquent, ce qui ne manquera pas de causer la perte de valeur de l’euro. L’euro faible est donc déjà inscrit au bilan de la BCE.

La situation ne va cesser d’empirer quand il sera avéré que les dettes souveraines ne pourront pas être remboursées ni les déficits sérieusement réduits compte tenu de la trop faible croissance des pays concernés. Les pressions pour faire de la BCE un « prêteur en dernier ressort », c’est-à-dire pour qu’elle rachète à taux « raisonnable » les crédits sur les États emprunteurs s’intensifient chaque jour. Mario Draghi n’est pas Jean Claude Trichet, et il n’affrontera pas les grands chefs d’État européens (à commencer par le sien) pour défendre la valeur de l’euro. Les Italiens sont d’habiles spéculateurs, qui n’hésitent pas à s’endetter à 6% parce qu’ils anticipent une hausse des prix de 7 ou8 % grâce à la politique laxiste de la BCE.

Donc, c’est bien à une inflation généralisée à laquelle on peut s’attendre dans les prochains mois de l’année 2012.

Les élections en cours n’y changeront rien, voire aggraveront la situation, puisque aucune alternance libérale n’est en vue à l’heure actuelle, et la libération économique sera pour plus tard.

La seule incertitude concerne le comportement des Allemands, qui n’ont jamais été des fanatiques de l’euro.

Si les Allemands finissent par accepter une inflation dont ils n’ont jamais voulu à ce jour, et à juste titre, l’euro pourra se survivre durant quelques mois. L’euro faible deviendra l’euro évanescent. Si les Allemands tiennent à la stabilité monétaire, ils devront – avec quelques autres – se détacher de l’euro. Il ne restera plus que l’euro fantôme.

Quel soulagement que d’en avoir fini avec l’euro fort !

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