Mariano Rajoy : des bourdes à la pelle

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Mariano Rajoy (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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Mariano Rajoy : des bourdes à la pelle

Publié le 21 janvier 2012
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C’est bien l’épargne et l’investissement général qui souffriront de la taxe Tobin, pas les banques.

Par Juan Ramón Rallo

Que cela soit dû à un pur vide idéologique jumelé à une pensée unique de gauche, ou bien au lien de vassalité qui l’unit à l’axe franco-allemand, ou encore à un ‘électoralisme populiste des plus rances et antipatriotiques, la vérité c’est que Rajoy a déjà enchainé bourdes sur bourdes. Ce fut d’abord cette augmentation sauvage, nocive, et inutile des impôts, puis ensuite son engagement quasi inexistant à réduire les dépenses publiques ; le report aux calendes grecques du remboursement des sommes que les communautés autonomes doivent à l’État, argent qu’il n’a pas et que celles-ci ne peuvent continuer à gaspiller ; et maintenant son soutien ferme et décidé à cette marotte d’extrême gauche appelé Taxe Tobin – ou taxe sur les transactions financières. Tout cela confirme que cet homme tranquille et prévisible qu’on nous a vendu durant la campagne électorale a fini par devenir un interventionniste hyperactif et imprévisible de haut rang. Soyons franc, en matière de politique économique, il est devenu un Zapatero-bis obsédé par l’augmentation des impôts pour financer un modèle d’État surdimensionné, développé durant l’époque de la bulle immobilière.

Désormais, on prétend taxer les transactions internationales pour que les banques – la cause de la crise nous dit-on – contribuent à paver la voie du redressement économique. Comment une taxe qui a été conçue pour stabiliser les taux de change entre les monnaies en est venu à être un sujet majeur, un outil pour satisfaire la cupidité de l’État, cela mériterait plus d’explications qu’une simple poignée de mains entre politiciens visant à confirmer le pillage en règle. Après tout, James Tobin lui-même fut horrifié durant ses derniers jours de la récupération que le mouvement antimondialisation – maintenant représenté directement dans les Conseils des ministres de bien des pays européens, notamment en Espagne – était en train de réaliser dans le but de créer une gigantesque bureaucratie internationale financée par les citoyens qui – quel outrage ! – auraient opté pour l’épargne et l’investissement dans un produit financier. Aujourd’hui, pour notre plus grand malheur, cette méga bureaucratie internationale existe déjà et s’est même consolidée : ça s’appelle l’Union européenne, avec ses États nationaux et régionaux, tous plus dépensiers les uns que les autres. La seule chose qui lui manque pour subsister définitivement, ce sont des revenus fiscaux suffisants, et le harcèlement des épargnants semble être la voie choisie par beaucoup des kamikazes qui nous dirigent.

Eh oui, je dis bien harceler les épargnants, et non les banques. Rajoy pourra toujours nous promettre qu’il manque encore quelques détails à régler pour éviter que celles-ci (les banques) répercutent le coût de ce nouveau tribut à leurs clients, mais, tout comme ses promesses électorales, ce ne sont que des paroles vides. En fait, cette promesse est peut-être même pire que les autres : Rajoy pouvait promettre, et effectivement ne pas augmenter les impôts ; mais il ne pourra absolument pas empêcher que les banques transfèrent ce surcoût aux clients épargnants. Ou peut-être prétend-il être capable de contrôler le montant de chacune des commissions que les banques, comme intermédiaires financiers, prélèvent à leurs clients ? Il existe des différences significatives entre les commissions de courtage, le versement de dividendes entre différents établissements et d’autres encore. Sérieusement, pourra-t-il empêcher les banques de bouger d’un iota la valeur de n’importe lesquelles de ces transactions ?

Bien sûr que non, parce que le vrai objectif de la taxe Tobin – destinée à l’origine, je répète, à mettre des barrières au trading actif de devises – n’est pas que les intermédiaires paient, mais bien que le fassent ceux qui se trouvent en bout de chaîne, qui sont bien ceux qui lancent ou non les ordres d’achat et de vente. Mais c’est qu’en plus, dans le contexte actuel, il est absolument impensable que notre système bancaire européen, déjà en manque de capital, puisse supporter un tel coût : ou simplement on pense à injecter des milliards aux banques européennes pour ensuite leur imposer une taxe ? Ce ne serait pas plus simple, d’entrée, de réduire les montants des plans de recapitalisation publique ?

Ça le serait mais, comme je l’ai dit, personne ne croit sérieusement que ce seront les banques qui paieront la taxe Tobin. Allons même plus loin, les épargnants européens en souffriront davantage que le paiement direct des impôts : la taxe Tobin sapera le niveau de liquidité des marchés. Quand vous voudrez vous séparer d’une obligation, d’une action ou de n’importe quel autre produit financier, vous vous retrouverez face à de nombreuses contreparties, ainsi, si vous êtes pressés de vendre, vous devrez liquider à des prix défavorables. Par conséquent, bien évidemment, les marchés deviendront plus risqués et l’épargne à long terme diminuera.

Exactement ce que nous avions besoin en Europe : convertir nos marchés en un poison pour notre épargne. Après avoir maintenu l’impôt sur le patrimoine et décidé de prélever le capital à 27%, la taxe Tobin était la dernière chose qui nous manquait. Toute une prouesse propre à des esprits socialistes. Et puis quand le capital sortira à toute vitesse d’Espagne et d’Europe pour se diriger vers le Royaume-Uni ou les États-Unis, tous crieront au loup bien évidemment : « les spéculateurs, les spéculateurs » s’écrieront-ils. Non, votre propre stupidité et lâcheté quand il s’agit de tuer la poule aux œufs d’or.

—-
Traduit de l’espagnol.

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