Projet de l’UMP : Protéger (taxer et règlementer) et préparer l’avenir (socialiste)

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Le projet de programme présidentiel de l’UMP fait apparaître un bricolage de mesures sans ampleur et une défiance à l’égard de la société civile

Le projet de programme présidentiel de l’UMP sur lequel sont amenés à se prononcer les militants du parti fait apparaître un bricolage de mesures sans ampleur et une défiance à l’égard de l’individu et de la société civile.

Par Florent Belon

Les militants de l’UMP doivent se prononcer sur le projet de l’UMP à compter du samedi 14 janvier 2012. J’ai lu le projet soumis à la consultation et j’émets des réserves fondamentales sur celui-ci.

Je fus un fervent partisan de Nicolas Sarkozy de 2001 à 2008. Je n’émettais que peu de réserves — mettant l’interventionnisme au sujet d’Alstom, d’Aventis, et parfois quelques poussées protectionnistes sur le compte de la tactique politique, du « il faut en passer par là pour 2007. » J’en émets plus aujourd’hui à propos des ajustements appelés de façon excessive « réformes » et d’un projet sans souffle à l’heure de défis réellement importants.

J’insiste sur le « réellement » car les politiques ont trop souvent le sens de la dramatisation afin de se donner des airs d’homme providentiel sur des sujets mineurs sur lesquels ils pensent avoir au moins une action superficielle. Lorsque le sujet est réellement important et le risque politique afférent à une action ferme grand, au contraire, ils préfèrent temporiser, faire diversion etc.

Bricolage

Aucune mesure d’ampleur n’est proposée pour recentrer l’État, juste des patchs plus ou moins efficaces : fusions des conseils régionaux et généraux sans précisions quant aux effectifs et missions, vœux pieux au sujet de la gestion des collectivités locales, limiter la complexité des règlementations qui ont continué à exploser au cours des 5 dernières années… La RGPP (Revue Générale des Politiques Publiques) n’est que cosmétique, les dépenses de l’État n’ont pas reculé depuis 2007. Aucune réduction des dépenses publiques n’est inscrite dans le projet. Les éventuelles économies serviront à financer de nouvelles dépenses.

On croit trouver la martingale, sans effort de profonde réforme, en jouant au « bonneteau fiscal », transférant la charge (35 milliards d’euros) de l’un (charges sociales) sur l’autre (impôt sur les sociétés, prélèvements sociaux, TVA, élargissement des assiettes fiscales et sociales sans réduction des taux). La répartition est un sujet important mais secondaire, le poids des prélèvements est un sujet primordial qui n’est que renforcé par une progressivité euthanasiant l’initiative. L’oppression fiscale n’a fait que progresser furieusement depuis 2008, par touches successives portant tant sur l’assiette que sur les taux.

La « flat tax » est-elle un gros mot à l’UMP ? En ont-ils connaissance ? Elle a réussi à redresser les pays de l’ex bloc communiste, elle ferait merveille en France !

Culte de l’Être suprême

Le projet fait apparaître l’absence de confiance dans l’individu et la société civile. L’État omniprésent, sa métastase décentralisation ratée, sont un échec patent.

Au lieu de redonner du souffle à la société civile, comme tente de le faire Cameron avec son projet de « big society », le projet est en quête aveugle d’une super structure européenne (« gouvernance économique » et « intégration fiscale »), en quête de puissance. Comme si une mauvaise recette devenait meilleure en passant d’une casserole à une grande marmite.

Un gouvernement est bon dans ses principes, dans l’épanouissement qu’il offre aux individus, et non par sa prétendue puissance et « protection » qu’il tarifie grassement. Un super gouvernement européen ne doit pas avoir pour but de détruire l’émulation entre États, l’expérimentation et l’innovation des systèmes.

La course à l’échalote de l’Étatisme, du protectionnisme « équitable » et le concours Lépine fiscal semblent être les caractéristiques du débat de 2012.

Raymond Aron décrivait l’élection démocratique comme l’exercice dans lequel il convient d’écarter le plus mauvais et non de choisir le bon, car souvent il est absent. Je n’aperçois pas de Ron Paul bon candidat pour l’instant. Reste à définir le moins mauvais s’il en existe un.