La sécurité des centrales nucléaires en jeu

Publié Par DoM P, le dans Sujets de société

Les activistes de Greenpeace ont-il mis à jour les failles de sécurité des centrales nucléaires?

Par DoM P.

Centrale nucléaire- Peter Gabriel (CC BY-SA 2.0)

Il y a quelques jours, des groupes d’activistes de Greenpeace se sont infiltrés dans l’enceinte de plusieurs centrales nucléaires. Il a ainsi été prouvé que la sécurité de ces centrales et, par extension probable, celle des autres centrales françaises, n’est pas aussi bien assurée qu’on eût pu le souhaiter.

Le but semble donc atteint – et à a un moment propice – alors que la campagne présidentielle a débuté, justement, sur ce sujet avec les déboires des négociations entre le PS et EELV. Le hasard fait bien les choses, dirait-on…

« Les militants au cœur de la centrale de Nogent en 15 minutes » si l’on en croit le site du Parisien. Il faut cependant relativiser cette affirmation. Voyons comment une centrale est protégée : une double enceinte électrifiée encercle le site, puis une autre enceinte pour protéger l’accès aux bâtiments les plus sensibles. Enfin, bien entendu, l’entrée desdits bâtiments ne se fait pas sans authentification, répétée, sans aucun doute, à l’intérieur même des locaux à de multiples reprises. En outre, des CRS entraînés par le GIGN se trouvent sur place pour sécuriser l’ensemble.

Quel est donc ce cœur de la centrale dont nous parle Le Parisien ? C’est tout simplement  l’intérieur de la seconde enceinte. Ce qui veut dire que nos hardis militants ont réussi à franchir quelques grillages grâce à une meuleuse, puis à grimper sur un bâtiment. On peut difficilement en déduire que la sécurité – au sens nucléaire du terme puisque c’est de cela qu’il s’agit – n’a pas été assurée.

Les CRS, ayant correctement identifié la qualité des allogènes, ont sciemment décidé de ne pas tirer dessus, préférant les arrêter sans heurt. C’est de cette intention, finalement, que résulte le manque de sécurité. Si les CRS avaient reçu l’ordre de tirer à vue sur les envahisseurs, ceux-ci n’auraient pas franchi la première enceinte. Mais ce n’est pas politiquement correct de tirer sur des écolos. Donc on sacrifie la sécurité au politiquement correct. On peut penser que c’est dommage.
D’autant que rien n’empêche, maintenant, des terroristes de se déguiser en Greenpeace et d’obtenir ainsi un avantage décisif sur le système de défense d’une centrale. Ou alors d’infiltrer Greenpeace ou d’autres groupes d’activistes dans le même but.

En fin de compte, la sécurité du nucléaire est aujourd’hui moins bonne grâce à cette intervention, qui, en dehors de cela, n’a prouvé qu’une seule chose : Il faut tirer sur toute personne pénétrant par la force dans l’enceinte d’une centrale nucléaire. Le nucléaire, ça peut effectivement  tuer. Au lieu de cela, nous avons encore une fois prouvé que nous ne voulions pas nous défendre.

Le symptôme d’une époque…

  1. J’aime bien l’approche de l’article sur la légitimité de la défense. (sacrifier la sécurité au politiquement correct).
    Cependant, petite erreur, ce ne sont pas des CRS (Policiers) en charge de la sécurité des centrales mais le PSPG composé de gendarmes et effectivement entrainés par le GIGN qui lui aussi est composé de gendarmes.

  2. Pourquoi ne pas tirer de la peinture (biodégradable) sur les intrus?

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