Black Friday : la folie consumériste

Cette année encore aux États-Unis, Black Friday a été l’occasion d’une véritable fièvre de surconsommation

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Black Friday : la folie consumériste

Publié le 30 novembre 2011
- A +

Aux États-Unis, Black Friday désigne  une journée de soldes massives donnant le coup d’envoi des achats de Noël, le premier vendredi après Thanksgiving. Cette année encore, une véritable fièvre de surconsommation s’est emparée des Américains.

Par David Descôteaux, depuis Montréal, Québec

Décidément, les gens n’apprennent pas de leurs erreurs.

Les « experts » se réjouissent parce que les Américains ont dépensé en moyenne 398 dollars au centre commercial pendant le week-end de la Thanksgiving. C’est 35 dollars de plus que l’an dernier. En tout, les ventes dans les commerces ont augmenté de 16 %.

Je me demande ce qui est le plus pathétique. Voir des hommes et des femmes d’âge mûr se battre pour des machines à gaufres en solde au Wal-Mart — une femme s’est aussi frayé un chemin dans la cohue en utilisant du poivre de Cayenne, un consommateur a dû secourir son petit-fils piétiné, et des bagarres générales ont éclaté autour des serviettes de bain à 88 cents, rapportait lundi le journaliste Mario Roy.

Ça, ou le fait que les Américains n’apprendront jamais, tout comme nous, je suspecte.

Car je ne vois pas cette ruée de magasinage à crédit comme étant nécessairement une bonne nouvelle. Si l’Amérique est dans un tel bourbier aujourd’hui, c’est justement à cause de l’endettement. Et la seule façon de s’en sortir sera de payer ces dettes.

Jusqu’au cou

À ce propos, une nouvelle étude de la réserve fédérale de New York montre à quel point les Américains pataugent encore profondément dans les dettes.

L’endettement des consommateurs a diminué de 60 milliards de dollars pendant le dernier trimestre. C’est bien. Mais c’est seulement une baisse de 0,60 %. En dix ans, cette dette  est passée de 4500 milliards à plus de 12 000 milliards. Une hausse de presque 300 % ! Au rythme de désendettement actuel, redescendre la montagne et revenir à un niveau de dette soutenable prendra des décennies.

Surtout, c’est principalement la baisse des dettes hypothécaires qui a contribué au désendettement, selon l’étude. Or, si certains Américains ont remboursé leur hypothèque, plusieurs ont simplement remis les clés de leur maison à leur banque. D’ailleurs, les demandes de crédit à la consommation, hors hypothèques, continuent d’augmenter, écrit la Fed. Et le taux d’épargne des Américains baisse à nouveau.

Soit les Américains n’apprennent pas de leurs erreurs, soit ils se disent : « Au diable les budgets ! La vie est courte, je me paye ce que je veux ! »

Je me souviens qu’au plus fort de la crise en 2008, plusieurs annonçaient la fin de la culture de consommation à crédit, telle qu’on la connaît depuis les années 1980. La génération d’enfants qui voient en ce moment leurs parents ruinés remettre les clés de leur maison et la quitter avec leurs valises seront traumatisés financièrement, disaient-ils. Ils vont haïr le crédit, et consommer autrement.

Bah. On peut quand même attendre après les fêtes, non ?

—-
Sur le web

Voir les commentaires (10)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (10)
  • tres bon article.beaucoup sont devenus des consommateurs impulsifs.c’est efrayant.consommons moins,on vivra mieux,on sera plus heureux et on arrivera a faire sauter les oligarchies qui nous gouvernent.plus de possibilités d’emprunt,moins de rentrées fiscales,ils sont foutus

  • Consommer moins dans l’immédiat pour consommer mieux et à mondre coût plus tard.

  • Un journaliste de Marianne égaré?

  • ahaha! C’est curieux que cet article fassent réagir si peu de monde…. Les hérauts de Contrepoints ont du se faire porté pâle…

    • Nous, salauds de libéraux apatrides enjuivés et sans coeur, étions plus occupés à calculer les profits que cette opération allaient nous rapporter.

    • Les libéraux ne voient pas le salut dans la consommation. Ils laissent cela aux socialo-keynésiens.
      Au contraire, ils sont les premiers à regretter le manque d’épargne. Parce que le capitalisme c’est quand même ça : accumuler du capital qui sera investi pour fournir des produits ou services qui seront in fine effectivement consommés. Mais l’épargne est un préalable.

    • @booshead n’a décidément rien compris au libéralisme.

  • Les décroissants ont le sens de l’humour, c’est déjà cela..
    http://goo.gl/MHJkv

  • Nous vivons dans un monde de fou sérieusement ! Je ne savais pas que l’on appelait cela Black Friday en revanche

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
dette
0
Sauvegarder cet article

Par Claude Goudron.

Si elle est évidente lorsqu’il s’agit de sommes manipulées régulièrement comme le prix d’une baguette où d’un litre de carburant, la notion d'argent est bien maîtrisée.

C’est également à la portée d’une majorité de nos concitoyens lorsqu'ils négocient le prix d’une voiture ou d’un appartement.

Cela se complique lorsque l’on dépasse le million d’euros. Pour le milliard d’euros et au-delà, le premier réflexe est de dire « c’est beaucoup d’argent » !

Quand la monnaie était encore le franc

En 1980 l... Poursuivre la lecture

Par Philbert Carbon. Un article de l'Iref-Europe

On pourrait penser que la crise aurait accentué le surendettement des ménages français. Il n’en est pourtant rien puisque les commissions de surendettement ont vu leur activité baisser d’un quart en 2020. Alors que la dette publique gonfle dangereusement, la dette des ménages surendettés diminue de 1,3 milliard d’euros.

La crise du coronavirus qui frappe les économies depuis plus d’un an maintenant engendre des situations parfois catastrophiques. Nombre d’e... Poursuivre la lecture

Par Miguel Ouellette et Maria Lily Shaw[1. Miguel Ouellette est directeur des opérations et économiste à l’IEDM, Maria Shaw est économiste à l’IEDM. Ils sont les auteurs de « Service de la dette : trop cher payé pour s’endetter » et signent ce texte à titre personnel.]. Un article de l'Institut économique de Montréal

Le dernier budget présenté par le gouvernement social-démocrate[1. "Liberal" dans le texte.] de Justin Trudeau, ou son premier en deux ans, devrions-nous peut-être dire, représente un pas supplémentaire vers l’endettement... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles