Nouveau fiasco commercial pour le TGV en Arabie Saoudite

TGV dette (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints, licence Creative Commons)

TGV ou la nocivité de la politique industrielle

Le dirigisme industriel n’aboutit qu’à une offre inadaptée, à des coûts excessifs. C’est ce qu’illustre une fois encore l’échec du TGV en Arabie Saoudite.

Un article d’Alexis Vintray pour Contrepoints.

Le TGV français n’arrive toujours pas à se vendre à l’international, nouvel exemple des « succès » des politiques industrielles après Galiléo. Le nouvel échec a eu lieu cette fois en Arabie Saoudite. Pour construire la ligne à grande vitesse entre Djeddah, La Mecque et Médine, les saoudiens ont préféré des espagnols associés à des saoudiens.

La candidature française était portée par Alstom et la SNCF. « La France a perdu le marché notamment parce que le produit était trop cher et pas assez adapté aux besoins du client saoudien », commente Marc Fressoz, auteur du livre « F.G.V., Faillite à Grande Vitesse » cité par le journal L’Expansion. Le journal parle d’un « violent camouflet » pour la candidature française. À cela s’ajoute selon le même journal un problème de prix, le dossier français étant trop cher.

Enfin, d’aucuns pointent la naïveté de la démarche commerciale française, qui s’est appuyée uniquement sur l’Élysée au lieu de vendre son projet avec des représentants commerciaux. Selon Marc Fressoz : « les Français ont également été un peu naïfs en matière de lobbying par rapport aux Espagnols. Alstom et la SNCF ont pensé que l’appui de l’Élysée suffisait et n’ont pas déployé suffisamment » de représentants sur place, estime ce spécialiste du ferroviaire français.

L’échec saoudien s’ajoute à une longue liste d’échecs et de demi succès. Ainsi, le TGV vendu au Maroc pour relier Casablanca à Tanger n’a-t-il pu être vendu qu’au prix de concessions coûteuses : la France finance ainsi un prêt de 920 millions € à des conditions extrêmement avantageuses. Comme le résume Le Cri du Contribuable, c’est au final un cadeau de 75 millions € qui est ainsi fait.

Au final, les Français n’ont réussi à exporter leur TGV qu’en Espagne, en Italie et en Corée du Sud. Un nouveau résultat brillant de la politique industrielle, payée par les contribuables : surcoûts et produits inadaptés.