Une exoplanète habitable à seulement 20 années lumières de la Terre ?

Une exoplanète proche du système solaire, serait potentiellement habitable

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Modélisation du Climat sur Gliese 581d, image de l'IPSL

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Une exoplanète habitable à seulement 20 années lumières de la Terre ?

Publié le 26 mai 2011
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Des chercheurs de l’Institut Pierre-Simon Laplace ont publié ce mois dans The Astrophysical Journal Letters(*) des résultats qui montreraient que Gliese 581d, une exoplanète proche du système solaire, serait potentiellement habitable.

Ces travaux, menés par l’IPSL avec son Laboratoire de Météorologie Dynamique, suggère en effet que l’atmosphère de la planète Gliese 581d est en mesure de permettre à certaines formes de vie d’y évoluer. Gliese est située à la limite de la zone habitable du système, c’est-à-dire « une zone où la distance entre les planètes en orbite et leur étoile permet des températures clémentes, compatibles avec la présence d’eau liquide en surface et donc potentiellement avec la vie. »

Deux autres exoplanètes avaient été considérées avant mais écartées par la suite (Gliese 581c et g). L’une sur la base de travaux de climatologues, l’autre car n’existant tout simplement pas; sa « détection » n’était que la conséquence de bruits et d’interférences.

581d avait aussi été écarté initialement, les chercheurs estimant que sa rotation avait été interrompue par les forces de marées gravitationnelles et donc que l’atmosphère et l’eau de la planète s’étaient probablement totalement condensé côté nuit, interdisant l’existence d’un climat propice à l’eau liquide et à la vie. L’utilisation d’un modèle de simulation du climat des exoplanètes a permis d’écarter cette crainte. Plus précisément, « dans le cas d’une atmosphère dense de dioxyde de carbone (un scénario très probable sur une aussi grande planète si on se base sur notre expérience dans le système solaire), Gliese 581d pouvait non seulement éviter la condensation de son atmosphère mais son climat pouvait aussi facilement être chaud au point de permettre la formation d’océans, de nuages et de pluie » selon le CNRS.

Gliese 581d, même si habitable, ne ressemblerait pas vraiment à la Terre: une atmosphère dense et une épaisse couche nuageuse plongerait la surface dans une pénombre rougeâtre, tandis que la gravité y serait double de celle de la Terre. Quant aux climats, ils seraient bien différents de ceux que nous connaissons, comme le montre cette modélisation:

Modélisation du Climat sur Gliese 581d, image de l'IPSL

Cette planète avait été découverte en 2007 par une équipe de l’observatoire de Genève, utilisant des mesures provenant de l’instrument européen HARPS hébergé par l’observatoire chilien La Silla (**).

Un élément nous amène hélas à une certaine prudence.  Les récents travaux français reposent sur des modèles de simulation climatique d’exoplanètes, élaborés et pilotés par l’IPSL et son LMD. Or l’IPSL et son LMD sont parmi les principaux fournisseurs des modèles climatiques du GIEC dont les prévisions  climatiques se sont avérées fausses année après année, décennie après décennie, pourtant géopolitiquement lourdes de conséquences. Espérons que ce rêve magnifique d’autres planètes habitables ne s’est pas trouvé fallacieusement capté par un laboratoire en mal d’une nouvelle hypothétique légitimité porteuse de subventions !

—-

(*) Habitabilité de la planète: R.D. Wordsworth, F. Forget, F. Selsis, E. Millour, B. Charnay, J-B. Madeleine (2011),  Gliese 581d is the first discovered terrestrial-mass exoplanet in the habitable zone ,  The Astrophysical Journal Letters, 12 mai, 2011.

(**)  Découverte de la planète : Udry, S.; Bonfils, X.; Delfosse, X.; Forveille, T.; Mayor, M.; Perrier, C.; Bouchy, F.; Lovis, C.; Pepe, F.; Queloz, D.; Bertaux, J.-L. (2007), The HARPS search for southern extra-solar planets. XI. Super-Earths (5 and 8 M⊕) in a 3-planet system , Astronomy and Astrophysics 469 (3): L43 – L47.

Voir les commentaires (18)

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  • vu que nos vaisseaux les plus performants sont loin d’atteindre la vitesse de la lumière, 20 années lumière, c’est extrêmement long donc pas la peine d’y penser

    • Dans l’immédiat oui. 300 000 ans pour le voyage. Mais des perspectives stimulantes quand même!

      • Un truc intéressant est que plus on s’approche de c, plus le temps passe lentement pour ceux qui voyagent selon t=to*g ou g (gamma) est le facteur de Lorentz, si bien qu’un voyage qui peut paraître long pour ceux qui restent sur Terre ne peut être en fait qu’un voyage très court pour ceux qui voyagent à la vitesse adéquate qui tend vers c.
        Bon, le tout est de produire suffisamment d’énergie pour accélérer jusqu’à une vitesses proche de c (puis décélérer), car la masse (du vaisseau) suit hélas a même formule m=mo*g ..

        • L’effet n’est significatif, à l’échelle humaine, qu’à partir d’un tiers de la vitesse de la lumière environ…

          … ce qui ne veut pas dire qu’il est hors de notre portée: le projet Valkyrie de Charles Pellegrino est une tentative quasi-réaliste (héoriquement faisable, mais au coût extrêmement élevé et utilisant des technologies à la limite de nos moyens) d’exploiter cet effet en voyageant à 92% de la vitesse de la lumière.

    • Heureusement que les scientifiques n’ont pas le même raisonnement que vous…

  • « donc pas la peine d’y penser »

    Au contraire on a toute les raisons d’y penser et d’orienter nos efforts scientifiques vers la recherche de réacteurs plus performants.

    Nos réacteurs actuels sont adaptés pour lancer des satellites sur orbite, a partir de la terre, très peu pour atteindre d’autres planètes. Mais la technologie avance vite, et déjà des nouvelles génération de reacteurs (tel le VASIMR en test actuellement) pourrait nous permettre d’atteindre mars en relativement peu de temps.

    Si les américains avait plutôt investi le cout de la guerre en irak dans l’aerospatial, peut être qu’on serait déjà sur mars ^.^ Mais c’est sur que chercher des armes fantomes et du pétrole c’est bien plus intéressant que la conquête spatiale *shrug*

  • VASIMR est un peu vieux dans ce milieu qui connait d’énormes progrès théoriques dans les systèmes de propulsion. Des personnes travaillent dans ma fac sur les champs électriques à appliquer pour contenir le plasma et optimiser son utilisation comme source d’énergie. On y est pas encore mais ça fait rêver et l’humanité serait tellement différente; rentrer d’un voyage sur une planète, découvrir ses arrière-petits-neveux, vivre indifféremment 100 ans ou 500 ans de l’Histoire humaine. Dans un monde où les repères temporelles seraient totalement différents, le culte de l’individualisme prendrait probablement tout son sens.

  • Sauf que de toute façon vu que le monde est loin d’être libéral (et y tend de moins en moins), c’est pas demain la veille qu’on pourra transformer ces rêves en réalité.
    Alors oui, je suis pessimiste mais vu le chaos financier d’Iter (même si c’est public), je vois mal comment on pourrait faire pour maitriser des énergies comme le plasma (déjà que l’hydrogène est pour l’instant dans l’impasse).
    Que l’on dépense des thunes dans la guerre en Irak ou la conquête spatiale, le problème est le même: l’argent vient des contribuables.
    Enfin, si on ne change pas de concept économique et politque, que le libéralisme ne gagne pas toute notre planète, que les droits de l’homme ne soit pas respectés et que l’on ne préserve pas la planète (toujours avec le libéralisme), on ne fera que refaire les même conneries sur une autre planète. Est-ce vraiment ça l’enjeu de cette découverte? Se dire que comme tout le monde sait, la Terre est perdu avec son système éco-bureaucratique, donc on déménage, si on a des thunes.
    Encore une fois, j’ai l’impression que cette poudre aux yeux a pour seul but de déplacer le problème et de faire rêver les gens qui ont encore en eux, un utopique espoir de monde meilleur.

    • Et ça vous sert a quoi d’être pessimiste, négatif et de ne pas croire en un monde meilleur ?

      Si un jour le voyage interstellaire devient possible, on pourra embarquer tous les lecteurs de contrepoints et créer notre Empire Galactique Libéral \o/

      Rêver, c’est le bien 🙂

      • Une tribu d’individualistes égocentrés dans un vaisseau spatiale pour un voyage de plusieurs années……je préfère attendre le lancement suivant !

        Je sais, j’étais pas invité !

    • « Sauf que de toute façon vu que le monde est loin d’être libéral (et y tend de moins en moins), c’est pas demain la veille qu’on pourra transformer ces rêves en réalité. »

      Vous êtes au courant que le secteur de la conquête spatiale est quasiment exclusivement public, et que c’est uniquement grâce à ça qu’il se développe ?

      Je me réjouis de voir le privé se lancer dans l’aventure via SpaceX notamment, mais il faut aussi être réaliste de temps en temps: c’est grâce aux fonds publics qu’il y a eu un tel développement (le privé n’ayant pas encore les épaules pour soutenir de telles choses), et s’il est souhaitable que le privé prenne le relai, on ne peut pour autant l’oublier.

      Bref, votre assertion est une belle contre-vérité. Autant je souhaite plus de libéralisme économique, autant les positionnements idéologiques type « le monde sera pourri tant que tout le monde n’adhère pas à ma vision » me rappellent fortement les « argumentaires » communistes, fussent-ils prononcés par un libéral.

      • « le privé n’ayant pas encore les épaules pour soutenir de telles choses »

        On ne lui en a jamais laissé l’occasion. Vous ne connaissez pas l’histoire des frères Wright. http://users.skynet.be/maitredumonde/2005-11-10.htm

        • Effectivement, je ne connaissais pas et c’est plutôt amusant.

          Mais ça ne change rien au fait que personne à part les Etats n’avait les moyens d’investir les milliards par centaines pour la conquête spatiale.

          Remarquez que je parle au passé. Non pas que je pense que le privé est capable de s’en charger entièrement aujourd’hui, mais plutôt que nous allons tranquillement dans la transition. Que le privé commence à s’y engager (il fallait bien de puissantes firmes pour ça, et Virgin Galactic en est une) avec l’aide des technos développées par les Etats. Car contrairement à ce qui s’est passé avec les frères Wright, dans le cas présent la NASA aide VG en leur fournissant technos et aide technique. Plutôt sympa, non ?

          Après, il faut aussi noter que VG vise surtout le tourisme pour l’instant, ce qui est normal vu qu’ils doivent gagner du fric. Pour les objectifs à très long terme qui ne rapportent pas forcément, il faudra beaucoup plus de temps avant qu’une firme aie les moyens de s’y engager (sans blague ?).

          • Développer le spatial n’est pas un but en soi.

            Des centaines de milliards sont depensés pour des mégaprojets comme la Station Spatiale Internationale, nous dit-on ‘au nom de la science’. Sauf que je préfere que l’on ne décide pas pour moi que c’est important d’étudier comment les fourmis s’orientent ou comment les escargots se reproduisent en microgravité.

            Pourquoi ne pas laisser l’argent dans la poche des contribuables pour que les plus passionnés et les plus entrepreneurs, en somme les plus interessés, puissent financer leurs propres projets?

            Il y a des tonnes d’exemples où des acteurs privés se lancent dans des grands projets. En plus ils appréhendent bien mieux les risques et les coûts comparés aux bénéfices générés.

  • Oh, ne croyez pas que l’ISS ne fasse pas débat, au sein même des « communautés » spatiales.

    Par contre, méfiez vous des jugements faciles. Etudier le comportement de plantes ou animaux dans l’espace, par exemple, est une étape indispensable de la conquête spatiale. Sans compter l’amélioration des connaissances biologiques bien sûr, qui fait partie de la recherche fondamentale.

    « Pourquoi ne pas laisser l’argent dans la poche des contribuables pour que les plus passionnés et les plus entrepreneurs, en somme les plus interessés, puissent financer leurs propres projets? »

    Parce que dans ce cas, il n’y serait pas allé. Ce n’est pas un choix de laisser les privés faire de la conquête spatiale ou le faire par le public, c’est le choix de le faire ou ne pas le faire. Ce n’est que depuis très récemment que les firmes privées ont les reins assez solides pour commencer à s’incruster dans le domaine (enfin, façon de parler puisque les vaisseaux spatiaux sont quand même conçus par le privé, mais le financement provient encore majoritairement de fonds publics).
    On peut gager que sans financement public on aurait bien fini par faire de la conquête spatiale, mais avec un bon paquet de décennies de retard. Ce qui serait dommage, vu les retombées primordiales que le secteur a. Au final, c’est un peu keynesien, mais le public aura joué le rôle de démarreur/accélérateur. On peut gager qu’avec le temps, le privé prendra une part de plus en plus importante du secteur. Ce qui, au final, est un signe de maturité. Et je vous prie de croire que les grandes firmes spatiales sont depuis un moment engagées dans cette conversion, en essayant de développer au maximum leurs activités hors-financement public, car elles sont bien conscientes de la problématique de cette dépendance.

  • Autant pour moi , je ne voulais pas dire que le monde sera pourri si on n’est pas de mon avis. Je vois dans le libéralisme la moins mauvaise solution pour permettre à l’être humain de s’émanciper. Après, je ne dis pas que j’ai raison, loin de là. C’est juste que MON monde idéal serait libéral. Après ce n’est qu’une question de points de vue, très légitime.
    Oui je sais bien que la conquête spatiale est quasi exclusivement public. En même temps, identifier des planètes et autres n’apporte rien de concrêt revenu sur terre sauf pour la recherche publique.
    Je suis bien plus confiant dans la démarche privée que publique on ne peut pas dépenser à tout va quand on est une entreprise (contrairement au public). Cependant, vous avez raison que c’est grâce au public que l’on a fait toutes ces découvertes (d’ailleur très intéressante) mais on peut alors imaginer ce que cela aurait été avec le privé (je pencherai plus pour le tourisme spatial direct et l’exploitation de minerai). Qu’on ne me disent pas alors que je ne rêve pas.

  • 20 années lumière : 300.000 kilomètres à la seconde multipliés par 3600 x 24 x 365 x 20 = 1.892.160.000.000.000 de kms divisés par la vitesse maximale d’un engin spatial habité aujourd’hui 39.895 km/heure = 4.742.849.981 heures de voyage soit 541.421 années ou 21.656 générations humaines… Ces chercheurs ont fait l’école du rire, sans aucun doute…

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