L’orthographe pour les nulles et autres billevesées

En quelques coupures de presse, on se rend compte qu’il existe un potentiel insoupçonné d’énergie créatrice en Franc

L’orthographe pour les nulles et autres billevesées

Hier, je notais avec une joie renouvelée par la montée de sève printanière que notre société s’acheminait, guillerette, vers des lendemains qui chantent, quitte à faire rentrer l’envie de câlins à grand coups de low kicks. Aujourd’hui, je vous offre une brassée de preuves que certains Français ont vraiment trop de temps libre.

On dit, partout, que la France est le pays de la grande productivité.

C’est logique, du reste : avec une administration pléthorique et un État qui bouffe 56% du PIB national, on se retrouve dans la position — enviée mais jamais copiée — d’avoir un peu moins de la moitié de la population active qui bosse pour à peu près tout le reste de la population, active, semi-active, au chômage, aux études, en prison, en retraite et en branlette subventionnée.

Et on a bien du mal à estimer la proportion réelle de personnes qui sont en roue libre et vivent cette situation avec la plénitude détendue des innocents (ou des électeurs grégaires, je le redis).

Sans rentrer dans une petite bataille de chiffre et la polémique attenante (Les branleurs sont-ils un ou deux ou plusieurs millions ? Sont-ils nécessaires ou pas dans la société ? Doit-on réellement chercher à les éradiquer ? Est-ce seulement possible ? La production de cacas thermomoulés peints en rouge entre-t-elle dans la catégorie Branlette Artistique ou Art Comptant Pour Rien ?) je vous propose donc de vous plonger dans quelques uns de ces cas symptomatiques de glandage républicain en mode surmultiplié.

On pourrait commencer en évoquant rapidement l’impressionnant déchaînement de bien-pensance chimiquement pure obtenu avec l’affaire des soi-disant quotas à la FFF. Je dis rapidement, parce que d’autres en ont déjà parlé, et que franchement, le foute ne me passionne pas.

Il n’en reste pas moins qu’on peut d’ores et déjà constater le nombre incroyable de secondes, de minutes et d’heures que des journalistes, pas du tout de la presse sportive, ont consacré aux réflexions forcément philosophiques et forcément de haute volée de toute une clique de tapeurs de ballon.

On pourra noter aussi toute la finesse d’analyse du peloton de zouaves qui forme le gros de ce qu’on peine à appeler une rédaction chez Médiapart, analyse dont la puissance aura permis de faire un grand bon en arrière dans le crime-pensée tout en donnant l’occasion à Pulitzer de faire des salto-arrière carpés dans son cercueil. Le vieux en avait bien besoin : la liberté d’expression s’use décidément très vite lorsqu’on est du mauvais côté du micro d’un journaliste « engagé. »

En tout cas, maintenant, on sait :
– que Laurent Blanc est raciste (merci Edwy, trop chou !)
– grâce à la projection de merde dans le ventilateur médiatique, on a appris que Lilian Thuram est aussi raciste selon la Grille d’Analyse Anti-Racisme Edwypleniapart©™.
– tous ces gens pensent plein de choses, dont certaines nauséabondes et qui nous rappellent un peu les heures les plus noires colorées de notre histoire, et ont beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps à perdre en chasse aux sorcières.

ballon raciste

Il y en a d’autres, plus discrets, mais qui font aussi un travail de sape branlouille vigoureux ; on pourra noter par exemple cette initiative absolument indispensable dans ce monde pas encore suffisamment lisse bien qu’ayant été aplati par un progressisme rigolo de 15.000.000 de tonnes.

Pour ceux qui ont cliqué sur le lien, trop tard, pour les autres, contentez-vous de savoir qu’une phalange d’extrêmes-féministes désœuvrées n’a pas trouvé de cours de bricolage ou de place en stand de tir et s’est rabattue sur la mise en ligne d’une pétition pour obtenir l’égalité orthographique.

Oui. Vous avez bien lu, et non, ce n’est pas la petite vodka de tout à l’heure qui vous fait halluciner (ce petit alcool ne peut pas faire de mal) : une meute d’adorables féministes a donc trouvé du temps et des moyens pour mettre en place une pétition qui permettra à chacun-e d’accorder l’adjectif en fonction de la proximité des genres.

Tout ceci est très mignon et permettra enfin que le grenouille et la crapaud soient attirées l’un-e à l’autre et s’entrelacent dans une débauche de tirets et de typos percutant-es qui rendront, soyons en sûrs, la lecture encore plus simple et définitivement à porté-e des petits abrutis que l’EdNat produit dans un grand brassage multiculturel bigarré de réformes orthographiques multiples, mal digérées et mal comprises.

Youpi. C’était indispensable, ce fut chose faite.

Enfin, dans ma panoplie de notules d’outre-espace qui placent de nouveaux jalons sur l’échelle de branlosité et des points hauts sur le graphique établi au glandouillomètre Demaerd Corp., on pourra citer le pénible censeur de pensées malsaines et parangon flétri de vertu Patrick Lozès, plus ou moins président du CRAN, qui se lance dans la présidentielle 2012.

Parce que voyez-vous, être président d’un machin-truc payé par les impôts des autres au travers de subventions juteuses, ça n’occupe pas trop son homme. Il faut, pour l’homme affairé, trouver un ouvrage digne de son envergure, et ce même si celle-ci se doit d’être d’une modestie exemplaire, comme par exemple, se placer dans la lignée de grands hommes comme Gambetta ou de Gaulle.

Notons au passage qu’il n’a pas pris, dans son humilité dégoulinante, Martin Luther King ou Nelson Mandela. Trop grands, sans doute, et pas assez Français non plus, peut-être. Allez savoir…

Et mise à part cette envie irrésistible de manger au râtelier républicain, qu’est-ce qui pousse le gars Patrick à partir en campagne ? Pour faire totalement nouveau et original, notre zélé néoglandeur se propose comme président pour une France plus égalitaire.

Aaaah, nous voilà rassurés. Toute cette originalité qui jaillit à gros bouillons est rafraîchissante, tiens.

À la lecture de ces quelques éléments, une idée m’est venue : de la même façon qu’il existe maintenant en France une journée officielle que les salariés consacrent — via une taxe — à la solidarité républicaine et festive, je propose d’instaurer une Journée d’Alterglandouille où l’on inverserait, pendant 24H, le rôle des branleurs survitaminés et ceux des gens qui bossent pour les nourrir.

Pendant toute cette Journée d’Alterglandouille, toute la France qui a autre chose à faire de son temps que faire des pétitions pour décider du genre de « grenouille », se présenter aux présidentielles ou jeter l’anathème raciste sur des tapeurs de ballon, pourrait s’adonner à des activités ludiques comme celles décrites (ou la poterie, le macramé ou les collier de nouilles peintes, je m’en fiche) pendant que l’autre France, la micro-corporation des sodomites à diptères devrait se coltiner le travail réel, sans « oui mais non mais enfin bon et roohhh pfffuu » habituels dans ce cas de figure.

J’aurais bien monté une pétition pour cette proposition, mais, vous allez rire, j’ai un peu autre chose à faire.
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