Grande peur

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Pour qu’un sujet n’apparaisse jamais dans les médias, qu’un comité se penche dessus

Une façon presque infaillible pour qu’un sujet n’apparaisse jamais dans les médias officiels, c’est qu’un comité d’eurodéputés se penche dessus. Et c’est bien le cas avec la réponse disproportionnée à l’épidémie de grippe H1N1 (alias porcine, ou mexicaine) de l’année dernière. Malgré le communiqué de presse et toute la machinerie de l’équipe presse du parlement européen, le seul journal que nous ayons identifié comme ayant repris cette nouvelle est L’Écho de Sofia.

Cette question fait maintenant l’objet d’une résolution du comité de santé publique du parlement européen, qui s’attaque au coût des programmes de vaccinations rapportés aux risques réels. Les eurodéputés critiquent la commission européenne et les États membres pour leur réponse disporportionnée et leur mauvaise coordination desdits programmes.

Les critiques sont générées par les différences de programmes entre pays de l’UE, les dépenses excessives en vaccins, « l’influence potentielle des sociétés pharmaceutiques dans l’élaboration des processus de réponse », et les conflits d’intérêts. Des milliards d’euros ont été dépensés en tout, et pourtant le H1N1 a causé 2.900 morts en date d’avril 2010, à rapprocher aux 40.000 morts de la grippe saisonnière lors d’une année sans gravité particulière.

C’est une question sur laquelle nous nous sommes souvent penchés, notamment ici, mais nous avons de plus prêté attention à des tentatives de pointer du doigt la façon dont l’organisation mondiale de la santé et d’autres organismes de santé publique ont joué au casino la confiance du public, en exagérant les dangers.

À l’époque, bien sûr, il s’agissait d’une grande peur classique, de toute évidence, et nous en avions dit autant. Pourtant, même si c’est désormais, tardivement, reconnu, par exemple par ce comité d’eurodéputés, aucun de ceux qui ont succombé à cette panique aussi onéreuse que dommageable, ne semblent capable de reconnaitre les similitudes avec la dynamique de la grande peur du réchauffement climatique.

Ce qui mérite aussi un commentaire, c’est la façon dont les autorités – si rapides à dépenser notre argent sur des « paniques morales » comme on les appelle parfois – sont bien moins enthousiastes quand il s’agit d’examiner les résultats de leur folie, et d’en tirer les leçons. Á cet effet, il convient d’applaudir légèrement le parlement européen, même si sa motivation est plus de tirer sur « les grandes entreprises pharmaceutiques », plutôt que de réaliser quelque chose d’utile.

Voilà donc encore une affaire qui va passer entre les mailles du filet, des milliards dépensés, et aucune leçon apprise. Qu’est-ce qui me donne à penser que, la grande peur du réchauffement climatique une fois effondrée à son tour, nous nous retrouverons face à la même chose exactement ?

Repris d’EU Referendum avec l’aimable autorisation de Richard North.