Taille de l’État et pauvreté

Le gouvernement n’est pas la solution. Au contraire, il fait plutôt partie de la cause

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Taille de l’État et pauvreté

Publié le 18 janvier 2011
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Pour les progressistes/collectivistes (a.k.a. la gauche), l’État est essentiel pour assurer la justice sociale dans une économie où le capitalisme mène à une répartition injuste de la richesse. Le gouvernement est pour eux un mécanisme qui permet de redistribuer la richesse efficacement et d’enrayer la pauvreté. Pour eux, le capitalisme mène inévitablement à l’apparition  de la pauvreté, de la misère, de l’inégalité, de la corruption, de la destruction de l’environnement, etc. C’est pourquoi le gouvernement est nécessaire pour rééquilibrer les choses, éduquer la population, lui donner accès à de l’eau potable, punir la corruption, protéger l’environnement, etc.

Voyons ce que les chiffres ont à nous dire. J’ai combiné les données du Frazer Institute sur la taille du gouvernement de 140 pays avec les données des Nations-Unies, de Social Watch, de Transparency International et des universités Yale et Columbia pour vérifier s’il est souhaitable d’avoir un gros gouvernement. Notez que dans les graphiques qui vont suivre, l’abscisse présente un indice de la taille du gouvernement construit par l’Institut Frazer à partir de 52 indicateurs statistiques. Plus il est élevé, moins le gouvernement est gros.

J’ai séparé les 140 pays en deux groupes (gros et petit gouvernement) et j’ai calculé les statistiques moyennes pour chaque groupe. Voici les résultats :

Commençons par l’évidence, la mesure la plus utilisée pour mesurer la richesse, le PIB par habitant (GDP per capita). Les pays qui ont un petit gouvernement sont environ 8 fois plus riches que ceux qui ont un gros gouvernement. On comprend donc que le gouvernement agit comme un frein à la création de richesse.

Les gauchistes répondraient que c’est bien beau de créer de la richesse, mais que ça ne donne rien si elle se retrouve dans les mains de quelques individus. Et bien ce n’est pas le cas ! Le gini index est un peu plus bas pour le groupe ayant un petit gouvernement comparativement à l’autre, ce qui signifie plus d’égalité dans la répartition de la richesse. Ainsi, non seulement un gros gouvernement fait en sorte de diminuer la création de richesse, il ne permet pas non plus d’assurer une meilleure répartition de cette richesse.

Attaquons-nous maintenant aux mesures de pauvreté. L’espérance de vie est nettement supérieure pour le groupe ayant un plus petit gouvernement (68,0 ans versus 56,7 ans).

Les trois indicateurs suivants excluent les pays industrialisés (la base de données de l’ONU est ainsi faite). Que l’on parle de la proportion d’illettrés, de la proportion de gens qui n’ont pas accès à l’eau potable ou de la population vivant avec moins de $2 par jour, le profil est le même : plus le gouvernement est gros, plus la pauvreté sévit.

Pour ce qui est de la corruption, l’indice calculé par Transparency International démontre que les pays avec un petit gouvernement sont nettement moins corrompus (plus cet indice est élevé, moins il y a de corruption).

Au niveau de la protection de l’environnement, j’ai utilisé l’indice calculé par les universités Yale et Columbia (plus il est élevé, meilleure est la performance environnementale). Cet indice démontre que les pays avec un gros gouvernement ont une performance environnementale moindre que ceux avec un petit gouvernement.

La première statistique présentée au tableau se nomme le Basic Capability Index. Il est calculé par un organisme du nom de Social Watch et est basé sur trois pourcentages : le pourcentage d’enfants dont l’accouchement a été supervisé par du personnel médical compétent, qui survivent jusqu’à l’âge de 5 ans et qui atteignent la 5e année du primaire. Le groupe de pays avec un petit gouvernement obtient un indice 15% plus élevé que ceux avec un gros gouvernement.

Conclusion

En somme, le gouvernement n’est pas la solution aux plus grands problèmes du monde. Au contraire, il fait plutôt partie de la cause. C’est une illusion de croire que l’État est un mécanisme efficace pour enrayer la pauvreté et protéger l’environnement. Au contraire, l’État est source de gaspillage de richesse, de corruption, de coercition et d’atteintes aux libertés individuelles.

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  • Ça fait maintenant un bon bout de temps que j'ai publié cet article et avec le temps, la question qui a émergé est la suivante: "est-ce qu'on peut vraiment lier liberté économique et taille du gouvernement?"

    Ma réponse est oui car toute expansion du gouvernement résulte en une réduction de la liberté économique. Cependant, il faut bien nuancer ce qu'on entend par "taille du gouvernement".

    • (suite…)

      Par exemple, la Suède se classe au 40e rang pour l'indice de liberté économique alors qu'Haïti se classe au 87 rang.
      Est-ce que Haïti a vraiment un plus gros gouvernement que la Suède?

      L'État y dépense moins certes, et les impôts sont relativement raisonnables.
      Là où ça se gâte, c'est au niveau de l'interférence du gouvernement dans le système légal, dans le commerce international (protectionnisme), sur le marché du travail, sur le processus de création d'entreprise, les contrôles de prix, les taux d'intérêt et la règlementation des entreprises.

      Un gouvernement peut donc être petit en termes de dépenses, mais être très gros à tous les autres niveaux.

  • Certains de vos graphiques sont intéressants. Ils le seraient davantage s'ils étaient appuyés par une analyse statistique montrant que les corrélations ne sont pas le fruit du hasard. (Dans certains cas, comme le taux d'alphabétisation, il semble y avoir un problème d'hétéroskédasticité.)

    • Compte tenu du sujet (les pays à un instant t), les échantillons sont nécessairement contraints par la population étudiée et la qualité des informations disponibles : on touche ici aux limites de la théorie (hypothèse d'homoscédasticité), parce qu'il est difficile de constituer des sous-groupes sur des critères pertinents.

      En pratique, on peut considérer le caractère systématique du sens des corrélations. Cela confère la légitimité statistique à chacune d'entre-elles, une telle homogénéité de résultat ne pouvant être le fruit du hasard.

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