Les Gentils, les Méchants et l’épouvantail de l’ultralibéralisme

Publié Par Nicolas Perrin, le dans Politique

Par Nicolas Perrin.

Mélenchon Laurent

Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent By: Rémi NoyonCC BY 2.0

S’il est un terme dont personne n’est fichu d’expliquer le sens, c’est bien l’ultralibéralisme (ou ultra-libéralisme ). Pas étonnant, puisqu’aucune école d’économie ne porte ce nom et que personne ne se revendique de ce prétendu courant.

En pratique, il s’agit d’un terme utilisé à tort et à travers pour déconsidérer un adversaire ou un ennemi politique. En effet, vu la connotation négative dont fait l’objet le libéralisme en France, quid de la crédibilité d’un politique qui serait un partisan acharné de cette doctrine ?

Ainsi, le premier secrétaire du parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, se réjouissait lundi de la victoire de l’ultra-libéral François Fillon, victoire qui redonnerait selon lui des chances au parti socialiste en vue des prochaines élections présidentielles.

Jean-Christophe Cambadélis, lui, n’est pas ultra-libéral. Il est de gauche et, comme l’explique Jean-Luc Mélenchon, être de gauche, c’est forcément être dans le camp des pacifiques, des humanistes, bref, dans le camp des gentils.

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Jean-Christophe Cambadélis est issu de l’extrême gauche (courant trotskiste lambertiste) et ce monsieur est aujourd’hui premier secrétaire d’un parti qui s’appelle toujours socialiste. En URSS, le socialisme désignait l’étape transitoire en vue d’établir une société proprement communiste. Aujourd’hui, l’idée socialiste persiste au sein du Parti socialiste qui se veut désormais social-démocrate, c’est-à-dire en faveur de l’économie de marché dirigée et plus généralement d’un fort interventionnisme étatique.

dessin-contrepoints857Jean-Luc Mélenchon a quant à lui fait le chemin inverse : après plus de 30 ans de parti socialiste, l’homme a créé sa propre enseigne, le Front de gauche, formation qui rassemblait jusqu’à récemment « plusieurs tendances de la gauche communiste, socialiste, écologiste, républicaine, de gauche radicale ou d’extrême gauche« .

La mode dans ces milieux étant visiblement au dévoiement de la langue et au manichéisme, quelques rappels sont utiles.

Le communisme est une utopie que doit permettre d’atteindre la phase intermédiaire du socialisme réel. Cette idéologie constructiviste prétend assurer le bonheur des hommes en permettant à l’État d’organiser la vie des individus en se substituant tous azimuts aux formes d’organisations spontanées.

Grand dessinateur de ce plan imaginaire irréalisable, l’homme politique a tous pouvoirs sur l’individu qui est placé sur un lit de Procuste, et tous pouvoirs sur l’organisation de la société. La mise en pratique de cette doctrine politique par « le camp du bien » a toujours et partout débouché sur un pouvoir totalitaire. L’utopie communiste n’a jamais pu être atteinte et le bilan du socialisme réel se chiffre en millions de morts.

 

Le libéralisme est une théorie du Droit indépendante du pouvoir politique et reposant sur la liberté

Au contraire, le libéralisme n’est pas une idéologie. C’est une théorie du Droit, neutre sur le plan de la morale, qui repose sur la notion de liberté et qui attribue aux individus des droits fondamentaux qui ne sauraient être ni octroyés, ni supprimés par le pouvoir politique. Le libéralisme n’est donc pas un constructivisme mais bien une doctrine juridique. Point d’utopie là-dedans.

Ceci posé, François Fillon est-il libéral ? Sur le plan des questions de société, le candidat aux primaires de la droite et du centre est conservateur, c’est-à-dire qu’il considère que L’État a un rôle à jouer en matière de mœurs et doit user de son pouvoir pour conserver ce qui est jugé bon (les valeurs traditionnelles ). En cela, il se place sur le plan de la morale et il est un constructiviste de droite.

Sur le plan économique, François Fillon, qui a fait exploser la dette publique alors qu’il était à Matignon et qui prévoit tout de même d’augmenter la TVA de deux points s’il est élu président de la République, est tout au plus le moins étatiste des candidats de la droite et du centre.

Qualifier François Fillon d’ultra-libéral démontre une méconnaissance totale du libéralisme.

Mais messieurs Cambadélis et Mélenchon sont deux vieux routiers de la politique : ils savent que rabaisser le niveau du débat public est une stratégie qui s’avère souvent payante. Néanmoins, lorsqu’on en arrive à une situation où les mots sont à tel point détournés, il est difficile de s’étonner que les électeurs finissent par s’apercevoir de la supercherie et à voter autrement qu’il était prévu.


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  1. J’aurai bien aimé que l’article positionne le concept de redistribution…Pour moi le libéralisme peut aboutir aussi à une vision utopique… dès lors qu’on considère que ´amour absolu des libertés individuelles implique que l’état laisse jouer le « chacun pour soi »…

    1. @ Social Libéral (oxymore) :

      le concept de redistribution est vicié car reposant sur 2 prémisses faux :

      – le fait qu’il y aurait une « distribution » à l’origine de la richesse : la richesse ne se distribue pas, elle se crée, et ce sont des êtres humains qui la créent par leur travail.

      – le fait que l’état saurait mieux aider les pauvres que les associations privées.

      Je vous rappelle que la générosité avec l’argent des autres, ce n’est pas de la générosité. Que la solidarité forcée, ce n’est pas de la solidarité.

      Pour que les gens puissent être généreux, il faut qu’ils puissent être égoistes.

      Je connais peu de gens ayant un cœur de pierre, et partout, l’état et le fonctionnaire est moins efficace et à plus un cœur de pierre que les associations privées.

      Si demain vous pensez qu’il faut brimer les libertés individuelles pour aider de force certaines personnes, vous irez droit à la catastrophe et à la guerre civile, regardez la France d’aujourd’hui …

      1. D’autant plus que des exemples lourds confirment votre vision. La générosité aux Etats-Unis par le biais de fondations privées représente 17,5 % du PIB. En France, cela représente 15 % pour l’essentiel instrumentalisé par l’Etat-Providence. Ces 2,5 % représente tout de même (2,5 %* 2200 milliards = ) 55 Mds€ qui échappent aux pauvres et sont engloutis par l’Etat.

  2. l’ultralibéralisme est un extrémisme: selon lui, la bonne société résulte du marché et de lui seul, et l’intervention publique, quand bien même elle s’appuierait sur des mobiles généreux, est forcément négative.

    1. @ Brocard :

      le marché, c’est tout simplement l’interaction libre entre individus responsables et majeurs.

      Quand vous allez acheter votre pain le matin, et que vous choisissez un boulanger plutôt qu’n autre, c’est cela « le marché ».

      Est-ce mal ? Un fonctionnaire ou un élu a-t-il une quelconque légitimité pour vous dire ce que vous devez faire ou ne pas faire de votre pain ????

      Et malgré tous leurs mobiles généreux, en ont-ils le droit selon vous ???

      En quoi cette intervention serait positive ???

      Vous partez d’un prémisse constructiviste qui veut que l’état est un être omniscient et parfait, or l’état, ce n’est que des êtres humains comme vous et moi, imparfaits.

      Le prémisse que ce sont des êtres supérieurs est détestable…

      Enfin, le libéralisme ne dit pas ce qu’est une bonne ou une mauvaise société, le libéralisme n’est pas conservateur ou progressiste, il laisse faire la libre interaction entre individus en protégeant la libertés de chaque.

      drôle d’extrémisme non ?

    2. 2 petites remarques :
      – on peut discuter des « mobiles généreux » de l’intervention publique; en fait les contre-exemples sont si nombreux, entre incompétence et tromperie caractérisée, que je me demande comment vous pouvez encore avancer pareille billevesée.
      – mais enfin regardez autour de vous : l’Etat est partout, intervient à tout bout de champ dans tous les domaines en contrôlant bientôt 60% de la richesse produite en France et CA NE MARCHE PAS.

    3. Le problème est que le mot « libéralisme » peut désigner, dans le langage courant même si on peut le regretter, deux réalités totalement différentes, et même opposées quant à leurs conséquences. A savoir « le capitalisme financier spéculatif » (ce que certain appellent « ultralibéralisme ») et « le libre marché dans le cadre du droit », ce qui est autre chose que le renard libre dans le poulailler libre.
      Je me dis parfois, vu les dialogues de sourds que cette ambiguïté engendre, qu’il vaudrait peut-être mieux utiliser pour ce dernier l’expression « tradition libérale », ce qui a l’avantage d’en souligner la filiation historique, et laisser le terme « libéralisme » pour l’idéologie libertaire au service de la cupidité ou du pouvoir de quelques-uns.
      Le libéralisme, version ultra, n’est pas la tradition libérale poussée à l’extrême, mais sa trahison. Les processus d’échanges de biens et de services, librement consentis par les individus dans un rapport d’intérêts réglés par le droit (en gros, ne pas nuire à autrui) relèvent de la tradition libérale.
      Quand les échanges sont viciés par des instances supérieures qui, par leurs interventions, faussent l’égalité en droit et/ou soustraient une partie injustifiable du fruit de ces échanges, on est dans la perversion de la tradition libérale.

      1. à dominogris :

        le capitalisme spéculatif financier, bla bla bla phraséologie qui ne veut rien dire; mots vides de sens, aucun exemples concrets de cela, juste des copains de l’état (les banques) qui utilisent le pouvoir de l’état, donc rien avec avec le libéralisme ultra ou pas.
        sinon, l’ultra communisme, c’est du libéralisme tant qu’on y est !!!!

        1. C’est bien ce que je voulais souligner: que ce que certains appellent libéralisme n’a rien à voir avec le libéralisme! C’est donc un mot piégé.
          C’est pourquoi, pour faciliter le dialogue, je leur laisse le mot libéralisme (avec sa terminaison qui évoque malgré tout, une idéologie) et je parle de tradition libérale. Cela a l’avantage de susciter l’intérêt au lieu d’élever un mur d’incompréhension…

      2. Ce que vous appelez « ultra liberalisme » est donc, selon votre propre définition, du socialisme ou de l’interventionnisme !

      3. @Dominogris, en fait ce que tu decris « le capitalisme financier spéculatif » et « Quand les échanges sont viciés par des instances supérieures qui, par leurs interventions, faussent l’égalité en droit (…) » Ça n’est pas du libéralisme ou du capitalisme de libre-échange, ça s’appelle du capitalisme de connivence.

  3. Qu’il continue tous a cracher sur le libéralisme , ils n’ont soit pas tenue compte de la leçon soit ils sont franchement bornés.
    Je rappelle les trois dernières élections ou le mensonge et le mépris a été véhiculé a grande enjambé : Brexit – Trump – Fillon .
    Qu’il vomissent leur parole et qu’elle sorte après ils auront juste une gueule de bois.

  4. On se demande qui détourne le sens des mots !

    Le libéralisme n’est pas une théorie du Droit (le Droit n’existe que par l’Etat) c’est une philosophie politique.

    « Qui considère que la liberté et la responsabilité rpriment sur l’autorité souveraine »

    Tout est dans la puissance de cette primauté et dans sa nature : le Droit en est un moyen, mais il en existe plein d’autre (déréglementation, fédéralisme, diversité ….)

    Comparé aux gauchistes cités qui considèrent que le souverain démocratique (le Peuple) prime sur tout, Fillon est bien « ultra » libéral, comme eux sont « ultra » souverainistes (populistes) de la même façon que le FN d’ailleurs.

    1. « …le Droit n’existe que par l’Etat… »

      N’importe quoi. La loi n’existe que par l’État. Mais la loi n’est pas le Droit.
      Et le fondement du libéralisme c’est très justement la légitimation de l’État quand celui-ci a pour vocation de défendre le Droit (Déclaration unanime des treize États unis d’Amérique, article II de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789).

      1. Concretement, sans Etat pour le défendre, le Droit n’existe pas, ou il n’existe que sur le papier, ce n’est qu’une notion. Séparons le concret du blabla.

        1. Vous inversez complètement la logique des choses : l’État n’existe que pour protéger le Droit. Ce qui ne veut nullement dire que le Droit n’existe que grâce à l’État. Partout dans le monde, l’Histoire nous montre que les individus n’ont pas attendu l’établissement d’un État pour régler leurs différents entre eux selon le Droit.

          1. Ah oui ?

            Donnez moi des exemples où le Droit existe ou a existé (à la fois normativement et concrètement) sans présence d’un Etat ou d’un proto-Etat (tribu, coutume, famille…)

            De toute façon cela ne change rien à mon point : on ne peut réduire le libéralisme au domaine du Droit (ni de l’Etat d’ailleurs) et encore moins à une théorie du Droit (sans y associer l’Etat pour le protéger).

            Le libéralisme est une philosophie politique (cf wikiberal pour faire simple)

            1. Une tribu, une famille, la coutume, etc. ce ne sont justement ni État, ni « proto-État ». Les individus peuvent parfaitement s’organiser entre eux sans avoir recours à l’État et trancher des différents sans avoir besoin d’une loi édictée par un État. Pour ne prendre qu’un exemple, une foultitude de litiges commerciaux internationaux sont réglés par des tribunaux d’arbitrage privés.

              Mais sinon, je suis d’accord pour dire que le libéralisme est une philosophie politique.

              1. Lorsque des individus s’organisent entre eux et admettent un « gouvernement » … cela s’appelle un Etat 🙂 On ne va pas ergoter sur les mots.

                Ma phrase était ambiguë : il est clair que si vous ne considérez que je parlais de l’Etat moderne socialiste qui fait la main mise sur tout type d’organisation de la société (ou plutôt qui voudrait), ma phrase est ridicule.

                1. Justement si, on va ergoter sur les mots : une famille n’est pas un État, un chef de tribu n’est pas un gouvernement, etc.
                  Mais ce qui est surtout important à retenir, c’est que le Droit préexiste à l’État. Et que c’est le Droit qui légitime l’État et non l’inverse. Vouloir ignorer cela, c’est laisser le libre champ à tous les arbitraires étatiques possibles, jusqu’au totalitarisme.

                  1. Le Droit naturel oui, le Droit positif non.

                    Vouloir ignorer la prédominance du Droit naturel c’est effectivement laisser libre champ etc… C’est exactement ce que j’écrivais dans « Qui considère que la liberté et la responsabilité priment sur l’autorité souveraine »

                    On ne peut limiter le libéralisme au jusnaturalisme, sinon on fait abstraction de la réalité : 99% du Droit actuel est du Droit positif. Après on peut le regretter, mais c’est juste un fait.

    2. @ boulots :

      vous avez du boulot …

      Il vous faut étudier le concept des droits naturels avant d’écrire des inepties …

      1. Le libéralisme n’est pas le jusnaturalisme

        1. Non, mais le libéralisme se fonde sur le Droit naturel. Comme le rappellent la Déclaration unanime des treize États unis d’Amérique et l’article II de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789.

          1. Oui, philosophiquement et historiquement mais on ne peut le réduire au Droit naturel, ni le réduire a une théorie du Droit.

            Surtout parce que Droit et Etat sont indissociables (cf Locke et Hobbes avant lui : relisez le Léviathan et l’opposition entre état de nature et état de guerre expliqué par Locke dans les traites du gouvernement civil.)

            1. Bien sûr qu’État et Droit sont indissociables : l’État n’est légitime que s’il protège le Droit. Les individus sont légitimés à se révolter contre un État qui ne ferait pas respecter le Droit ou, pire, qui le violerait.

              1. Ok, on est d’accord. De toute façon, ce n’était pas le sujet principal de mon post. Quand je parle du Droit, je parle à la fois du Droit naturel et du Droit positif (c’est d’ailleurs plutôt de celui-là auquel je faisait référence, c’est un peu le monde actuel malheureusement)

              2. Mon point principal est qu’il va falloir réfléchir à opposer libéralisme et souverainisme, plutôt que libéralisme et socialisme, le socialisme n’étant qu’un type particulier de souverainisme : celui de la dictature des majorités et des minorités de pression

                1. Le Droit pré existe à l’Etat, l’état doit protéger au mieux le Droit de chaque individu, c’est pour cela qu’il crée des lois pour que le droit se rapproche le plus du Droit .

                  1. C’est la théorie de Rousseau, le fondement du gauchisme et du socialisme que vous décrivez là : le Droit serait intrinsèque à l’homme (le bon sauvage)

                    Restons sérieux, on est sur un site libéral : cela revient soit à attribuer le Droit à Dieu (théocratie), soit attribuer le Droit au Peuple (démocratie) et donc de placer la primauté du souverain devant l’individu.

                    Si le Droit préexiste à l’Etat, l’individu est réduit à l’Etat de nature : infantilisé et victime de la société, sans aucune responsabilité.

                    Le Droit naturel est issu de la nature humaine et se conçoit dans l’homme à l’état de nature (personne par exemple n’a à craindre de vol si il est seul, hors de la société, etc…) le Droit positif est issu de la société, reflétant les normes sociales existantes, c’est à dire de l’Etat ou du proto-Etat dans le cas de société moins modernes (tout le monde doit utiliser les mêmes unités de mesures par exemple, ou au moins réussir à se faire comprendre, quand il est en société …)

                    1. Mais que vient faire « Dieu » dans l’histoire ❓
                      chicotier dans son court commentaire n’a rien cité de cela.

                    2. @MichelC : on en revient aux discussions entre Rousseau et Diderot à l’époque de Louis XV° sur le Droit naturel 🙂

                      Pour Rousseau, il n’existe aucune justification scientifique (non métaphysique) au droit naturel (je vous passe sa démonstration) donc le Droit naturel provient soit de Dieu, soit il est une émanation des hommes (enfin de certain hommes) afin de former Société, c’est la base de la Démocratie : le Droit des individus légitime le Pouvoir du Peuple nécessaire pour éviter le chaos et « donner » accès aux droits naturels. C’est en germe la dictature du prolétariat.

                      Tout les gauchistes suivent cette démonstration, donc pour eux, le Pouvoir est nécessaire et prime sur l’individu, l’Ordre est indispensable (soit utopique, soit spontané) parce que sinon l’humanité se transforme en chaos (le loup pour l’homme). Ils expliquent donc que l’on a 2 choix : soit l’ordre provient d’un homme (monarchie), soit d’une Eglise (théocratie), soit d’une caste (oligarchie) … et pour éviter cela la seule solution est la démocratie version pouvoir à l’Etat, c’est à dire le socialisme.

                    3. à boulot : le droit préexiste à l’état, car lié à la nature même de l’homme.

                      rien à voir avec Rousseau, il n’était pas justnaturaliste.

                    4. @Stéphane : le Droit naturel oui, le Droit positif non – généraliser en disant que tout le Droit préexiste à l’Etat, c’est du Rousseauisme : ca veut dire qu’il faut absolument l’Etat pour faire respecter le Droit (socialisme) et une « autorité » pour définir le Droit positif (démocratie en l’occurrence)

                      Désolé, mais si l’Etat décide que l’on roule à droite sur les autoroute, ou à gauche, aucun Droit définissant le sens de circulation n’a préexisté à l’Etat, sauf de dire comme les socio-démocrates, que c’est une décision du Peuple (ou du parlement, ou du gouvernement élu, etc…), ce qui revient à créer des groupes de pression entre ceux qui ont des intérêts pour que l’on roule à droite et ceux qui ont des intérêts pour que l’on roule à gauche.

                      Dans la réalité, tout le monde s’en fout, la seule chose intéressante est que ce droit positif issu de l’Etat respecte le Droit naturel et fonctionne et rende service aux citoyens sans en favoriser certains. Le fait qu’il soit défini par des élus sensé représenté le Peuple ou par toute autre autorité « morale » (et qu’il préexiste à l’Etat) ne corrige pas le fait qu’il soit liberticide, partisan, inutile ou malfaisant.

                      Je parle du Droit positif, pas du Droit naturel.

  5. Ultralibéral…. serait quelqu’un imposant….le libéralisme par la force….bah,c’est un peu ce que je vois dans le programme Fillon
    Et c’est sans doute ce que verront les français au moment de déposer leur bulletin de vote. n’oublions pas que chaque français est un assiste depuis la fin de la dernière guerre……sont ils prêt a quitter le nid construit par l’État ?

    1. Désolé, mais le nid n’est pas construit par l’État, mais par les contribuables.
      L’État est une abstraction (« un monstre froid » disait si bien Nietzsche) et derrière cette abstraction, il y a des hommes qui, prétendant agir au nom d’une autre abstraction, le bien commun, tirent avantage de ce qui a été subtilisé aux contribuables, ne serait-ce qu’en s’attribuant une part non négligeable de ce qui a été exigé.
      Donc, les assistés dont vous parlez vivent de la servitude de ceux qui « contribuent », qui n’obtiennent, comme seule contrepartie de leur « générosité », les insultes et le mépris des « plus défavorisés » (dans la plupart des cas).

    2. Imposer le libéralisme par la force, c’est un peu un truc du genre : « Soyez libres, je vous l’ordonne ! »?

  6. Ultralibéral…. serait quelqu’un imposant….le libéralisme par la force….bah,c’est un peu ce que je vois dans le programme Fillon
    Et c’est sans doute ce que verront les français au moment de déposer leur bulletin de vote. n’oublions pas que chaque français est un assiste depuis la fin de la dernière guerre……sont ils prêt a quitter le nid construit par l’État ?

  7. C’est un non-sens de parler d’extrémisme pour le libéralisme, on ne peut pas être extrémiste de la liberté. Soit on est libre, soit on ne l’est pas. De la même façon on ne peut pas être extrémiste de la vie, soit on est vivant soit on est mort. Le seul humanisme c’est celui qui respecte l’homme, l’individu. Et si ce dernier n’est pas libre, les notions de respect, de morale n’ont plus de sens.

    Parler du marché comme si c’était un monstre horrible montre une incompréhension du sens des mots. Le marché n’est que l’ensemble des décisions de chaque individu, ni plus, ni moins. Le considérer comme horrible c’est nier le droit de chaque individu à avoir le choix. Le marché est le lieu de l’aboutissement le plus parfait de la notion de démocratie.

    1. Et là vous touchez du doigt l’hypocrisie des personnes comme M. Mélenchon & Co, sous prétexte d’amener le Peuple vers un avenir meilleur ils vont nier les choix individuelles et considérer que ces derniers doivent s’écraser face à au but ultime.

      1. Pour les socialistes les individus sont des animaux comme les autres…

  8. J’observe une chose: Fillon se dit libéral et il est élu.
    Il y a seulement quelques années se dire libéral signifiait sa mort politique.
    Voilà une évolution qui donne de l’espoir.

  9. Mélenchon, l’archétype du parasite qui n’a jamais créé la moindre richesse mais a toujours vécu de l’argent des contribuables, et très confortablement, le Tartuffe donneur de leçon se déclarant « insoumis » alors qu’il ne vit que par le système de servitude qu’il a mis en place avec ses « camarades »: belle morale Monsieur le Doryphore!

    1. Belle définition !

  10. Pour une fois qu’il y a un candidat qui veut réduire la place de l’État alors que tous les autres veulent l’augmenter. On sait tous qu’il n’a de libéral que de nom.

    Le mieux, c’est pour l’étape d’après, quand les électeurs auront compris que réduire l’État fonctionne.

    Et pour ceux qui estiment que Fillon aurait pu/dû faire quelque chose je rappellerais la phrase de Clemenceau : « Prix en deux légitimité, on se soumet ou on se démet »

    J’aimerai un Etat minarchiste, mais pour commencer je me contenterai d’une réduction du périmètre de cet Etat.

  11. Mélenchon s’est le mec qui passe son temps à soutenir des régimes dictatoriales ou autoritaires. Quand on soutient Cuba, le Venezuela chaviste, la Russie,… On évite les leçons de morale. Un gros reproche que je ferai à fillon c’est de soutenir poutine.
    Le soutien de Melenchon a des régimes dictatoriales en dit long sur son idéologie et à quel point elle est liberticide. Melenchon devrait visiter un de ses paradis socialistes : Cuba, le Venezuela. Et puis qu’il y reste. Dans ses pays qu’il admire tant, le socialisme tue. La mortalité infantile du Venezuela a dépassé celle de Syrie. Les gens meurent à cause de pénuries de médicaments.
    Ça se présente comme le camp du bien mais ça soutient des dictateurs sanguinaires.
    Je pige pas la logique de Melenchon: fillon et Thatcher c’est le mal absolu mais castro c’est bien. C’est un héros. Accorder plus de valeur à un dictateur responsable de près de 90 000 morts plutôt qu’à des dirigeants démocratiquement élus cela en dit long sur la bêtise et le sectarisme de la gauche radicale française.
    Prenons les usa: sanders, l’idole de la gauche européenne, lui reconnaît que castro est un dictateur et il refuse de lui rendre hommage.

    1. Bah, pour le camp du bien, les dictateurs socialistes ne sont pas sanguinaires, seuls les autres le sont ❗

    2. Sans vouloir vous offenser, je trouve que Mélenchon soutien les régimes dictatoRIAUX.

      1. Il n’est pas seul, il a de la bonne companie. Danièle Mittrand adorait le régime Castriste. Même les charlots actuels au pouvoir s’inclinent.

  12. La gauche française ne se contente pas de soutenir des régimes dictatoriales, elle est indirectement responsable d’atrocites commis par ses régimes. Une bonne partie de ses dictateurs, je pense aux dirigeants des khmers rouges ont été formés dans les universités françaises. Ils ont été formés par les universitaires de gauche française. Pour moi, il est clair que la gauche française a une part de responsabilité dans le génocide commis par les khmers rouges.

  13. La conclusion de l’article est intéressante : le langage a une importance. Les mots et phrases ce doivent d’avoir un sens sinon c’est du bruit. Je suis d’accord sur le fond, mais dès qu’il est question de « droit naturel » nous retombons dans les problèmes sémantiques et le constructivisme. Le droit est une construction humaine. Le droit est absent de la nature. Dans la nature, il n’existe que des besoins et le loup n’a aucun droit de manger la chèvre et la chèvre aucun droit qui la prémunit contre le loup.
    L’interaction entre les hommes est intéressante parce que le droit humain tente de prémunir le faible face au fort en toute logique car chacun est le faible et le fort d’un autre. Il y a là une logique mathématique qui postule que si on décide individuellement de ne pas agresser autrui, on diminue statistiquement les chances d’être agressé par autrui.

    1. L’être humain n’est pas un animal comme les autres. Ses facultés intellectuelles lui permettent de disposer d’une pensée réflexive sur sa propre nature et la nature des relations qu’il entretiens avec le monde et les autres être humains. C’est à ce titre que les droits naturels existent et reflètent la capacité de l’homme à « penser » l’individu non pas comme une répliquas sortie d’un moule agissant comme n’importe quel autre individus mais comme un être unique capable d’une pensée propre et d’une existence originale. La notion de droit naturel, lié à la nature de l’homme, implique qu’un individu ne peut s’épanouir qu’a travers la libre disposition de son être (la liberté), des fruits de son activité (la propriétés) et de la reconnaissance des ses actions (la responsabilité).

  14. Sans rire, Mélenchon espère quoi exactement en se présentant comme un « gentil » ? C’est juste ridicule et ça donne une vague idée du niveau d’usure de la pensée de gauche.

  15. je suis d’accord avec vous sur un point : l’ultralibéralisme n’existe pas dans le sens où parler d’ULTRA-libéralisme sous-entend que ceux qui prônent cette doctrine seraient libéraux et même plus libéraux que les libéraux… Bien au contraire. Les ultralibéraux ne sont pas libéraux pour deux sous. Pour ma part je préfère parler de néolibéraux ou encore de conservateurs, voire de réactionnaires et si je devais trouver le meilleur terme pour les décrire je parlerai de juspropriétaristes, c’est-à-dire des personnes qui place le droit de propriété au-dessus de tout.

    Contrairement à ce que vous dites, le libéralisme est bien plus qu’une théorie, c’est aussi une pensée politique concrète. Elle se fonde peut-être sur une théorie du droit, tout autant que le communisme se fonde sur une théorie marxiste.

    Votre distonction me semble donc spécieuse.

    J’ajoute que je comprends mal ce que vous voulez dire lorsque vous parlez de « droit neutre sur le plan de la morale » alors que justement d’un point de vue libéral, le Droit repose sur la morale (ou sur une morale).

    Ensuite, le Droit ne peut pas ne pas reposer sur le politique. C’est la Loi qui fait exister, qui fait vivre le Droit.

    Enfin, le libéralisme est bien entendu un constructivisme, c’est une pensée créée par les Hommes qui défend certaines idées, qui prônent certaines mesures politiques.

    Le libéralisme est une théorie mais c’est aussi un système politique. Un système que je défends.

    Ne pas confondre libéralisme et néolibéralisme.

    1. Les ultralibéraux ne sont pas libéraux pour deux sous.

      Pour moi, ils sont socialistes. Et ceux qui parlent d’ultralibéralisme sont des ultrasocialistes, c’est une manière de se cacher.

    2. Le mot « néolibéralisme » n’a aucun sens. C’est l’exemple type d’un anti-concept (au même titre que ultralibéralisme). Personne ne se dit néolibéral. Demandez à quelqu’un qui utilise de ce terme néolibéral qu’est ce que cela veut dire ?? quel est la définition ?? Dans bcp de cas, il en sera totalement capable et même s’il arrive, sa définition sera différente de celle d’une autre personne employant aussi ce terme. Demandez à dix personnes leur définition du néolibéralisme, vous aurez de grandes chances d’avoir dix définition différentes.
      Même s’ils ne sont pas d’accord entre eux sur la définition de ce mot, un certain nombres de personnes font diront que c’est un mouvement du début des années 80. Pourtant, le mot néolibéral vient de la fin du 19 siècle et a été utilisé tout au long du 20 siècle même s’il est vrai qu’il a été grandement popularisé par les antilibéraux depuis vingts ans. Les antilibéraux utilisent de ce mot néolibéralisme (tout comme ils utilisent du mot ultralibéralisme) car le mot libéralisme a une certaine connotation positive en tout cas dans sa dimension politique. Un certain nombre de principes fondateurs de l’état de droit et de la démocratie (que l’on appelle démocratie libérale) découle du libéralisme (politique). Voilà pourquoi les antilibéraux pour critiquer le libéralisme préfère utiliser d’autres termes comme néolibéralisme (qui sous entend une déformation du libéralisme) ou ultralibéralisme (qui sous entend un extrémisme).
      L’avantage avec le mot néolibéralisme c’est qu’on peut utiliser ce mot à tort et à travers, on peut utiliser ce mot pour désigner tout ce que l’on veut. De toute facon , tout ce qui va mal c’est de la faute du méchant néolibéralisme (même si l’on sait pas trop ce que c’est). Je trouve cela pathétique.
      En général, avec les gens qui employent le mot néolibéralisme: ce sont soit des antilibéraux qui ne changeront pas d’opinions et qui sont de mauvais soit des gens ignorants (ignorance qui est totalement compréhensible étant donné le climat antilibéral de la France) soit des gens qui utilisent ce mot car cela fait vendre.
      Il y a même des gens utilisant le mot néolibéralisme qui vous disent qu’il est impossible de définir ce mot .
      Si vous demandez aux gens de dire ce sont qui les néolibéraux, là aussi leurs réponses sont très floues. Même si la plupart vous diront que Tatcher et Reagan sont des piliers du néolibéralisme, en général, pour le reste ils ne sont pas d’accord d’entre eux. Une bonne partie disent aussi que Friedman était un néolibéral (sans doute parce que c’est l’économiste libéral le plus connu du 20 siècle, en général, le seul économiste qu’ils connaissent) . Une bonne partie des antilibéraux utilisent le mot néolibéralisme croyent que l’école néoclassique est néolibéral montrant toute leur ignorance de l’économie et de la pensée économique. J’ai déja vu des gens disant que Keynes était un néolibéral.

      Le « néolibéralisme » au même titre qu’ultralibéralisme permet de diaboliser le libéralisme. Les antilibéraux préfèrent utiliser ces deux termes plutôt qu’utiliser le terme « libéralisme » car dans le libéralisme, il y a le libéralisme politique (qui est connoté positivement par la plupart des gens) en utilisant un autre mot, cela permet de faire une distinction entre les deux, de bien montrer que c’est deux concepts différents. Que le néolibéralisme est une « perversion » ou un « excès » de libéralisme.
      C’est profondément malhonnête.

      En plus, comme ce sont des termes ne voulant rien dire, on peut les utiliser pour les accuser de tous les maux. Les libéraux auront tendance à moins se défendre vu qu’ils ne se reconnaissent pas dans ces termes débiles.

      1. Très bonne intervention. Merci.

  16. POUR la première fois un article éclairant sur l’ultra libéralisme anathème pour discréditer toute tentative de lutter contre le marxisme rempart de nombres de partis de gauche
    Mélenchon est le prototype même de pseudo démocrate fascinant
    Il vient de prouver sa gentillesse par sa réponse agressive à Cohen Bendit. Qu’elle camaraderie

  17. Comme je dis toujours : L’ultralibéralisme est un épouvantail planté par les étatistes pour effrayer les moutontribuables.

  18. « Cette idéologie constructiviste prétend assurer le bonheur des hommes en permettant à l’État d’organiser la vie des individus en se substituant tous azimuts aux formes d’organisations spontanées. »
    J’ai l’impression de lire la définition de  » l’Intelligent Design » !!!
    Brrrr….