François Fillon est-il ultralibéral ? (en quelques tweets)

Publié Par Daniel Tourre, le dans Politique

Par Daniel Tourre.

dessin-contrepoints853Depuis que François Fillon est en mesure de devenir le candidat de droite, un tir de barrage s’est mis en place venant du FN ou de la droite social-démocrate, en le marquant du sceau de l’infamie dans notre pays : l’ultralibéralisme.

La réalité est que, même s’il est un second choix acceptable pour des libéraux de droite orphelins à la présidentielle, François Fillon n’est ni ultralibéral, ni même libéral. Son programme contient quelques réformes incontestables vers une société plus libre, mais aussi un certain nombre de mesures très timides, voire néfastes dans leur philosophie.

Une petite musique nouvelle

François Fillon avait attiré l’attention des libéraux par une petite musique nouvelle à droite autour de la liberté.

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Il ne s’agit pas d’un tweet isolé : depuis un an maintenant, le terme liberté revient très régulièrement dans les discours et les interventions de François Fillon. C’est une rupture, en tout cas dans le discours, avec une droite française qui avait complètement tourné le dos à cette valeur depuis un certain nombre d’années.

thatcher

François Fillon a aussi attiré l’attention des libéraux par sa défense assez courageuse en France du bilan de Margaret Thatcher.

Malheureusement la comparaison s’arrête là. Margaret Thatcher avait une vraie culture libérale, de Friedman à Hayek, que l’on retrouve dans chacun de ses discours. Thatcher bénéficiait aussi d’un conservatisme britannique, qui sans se confondre avec le libéralisme classique, du moins n’est pas un étatisme. Le conservateur britannique se méfie d’un État envahissant brisant les traditions, les solidarités et les cultures familiales, locales au profit de projets constructivistes de bureaucrates lointains. Les nouveaux mentors d’une partie de la droite française (Zemmour, Polony) sont des réactionnaires jacobins, dont la principale préoccupation est l’État, permettant de forger leur société et d’échapper à la vulgarité d’une société marchande consumériste, seule conséquence notable, à leurs yeux, de la liberté individuelle.

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pragmatique

François Fillon lui récuse, ainsi à juste titre, l’étiquette libérale.

Il ne rompt d’ailleurs pas avec la tradition de la droite française, héritée du Gaullisme, récusant toute doctrine au profit du pragmatisme. Le souci est qu’être pragmatique est une excellente chose, encore faut-il savoir au profit de quels objectifs. Si vous n’avez pas votre propre doctrine, vous êtes condamnés à utiliser celle des autres, ce qui explique que la droite française ait été à la remorque de la gauche socialiste depuis des décennies.

gaulliste

Le souci finalement est qu’une partie du programme de Fillon ne rend pas tellement le contrôle des Français sur leur retraite, leurs soins, leur instruction, leur assurance chômage, mais se contente de gérer à leur place, mais avec plus de sérieux qu’une gauche yoloyolo, une large partie de leur vie. Il ne s’agit pas de mettre en place un système plus libre, mais surtout de travailler plus pour l’alimenter et pallier ses inefficiences structurelles liées à son étatisation avancée.

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Il y a des avancées indiscutables dans le programme de François Fillon, mais une trop large partie des mesures est soit trop timide, soit carrément dirigiste. Il ignore aussi de larges pans du libéralisme. Des propositions sur la guerre contre la drogue, sur les banques centrales, sur les subventions omniprésentes sont absentes, tout comme une défense affirmée des libertés civiles face la surveillance de masse.

Un second choix acceptable

Au final, il reste malgré tout un second choix acceptable pour les libéraux de droite souhaitant voter.

D’abord parce qu’il n’existe pas, à l’heure actuelle, de meilleure alternative, compte tenu de l’état de l’opinion. Pour être élu, et sans doute par conviction, François Fillon se positionne assez précisément au barycentre des droites françaises, et ce barycentre ne peut pas être libéral, puisque de nombreuses droites ne sont pas libérales. En attendant un grand soir libéral hypothétique, beaucoup de libéraux de droite feront le choix d’un pays, pour eux-mêmes et pour leurs enfants, qui ne sombre pas complètement. Reste aux libéraux de conviction à travailler l’opinion publique pour que ce barycentre se rapproche du libéralisme.

Ensuite, parce qu’à force de prononcer le terme liberté, on peut toujours espérer que François Fillon acquière de vrais réflexes libéraux ; à savoir que face à un problème, il favorise la liberté individuelle plutôt que des taxes ou des réglementations.

Enfin parce qu’en assumant une vraie rupture, dans le discours en tout cas avec le chiraquisme/sarkozysme, il ouvre des perspectives de recomposition doctrinale de la droite, mais aussi de la gauche forcée de s’adapter à un candidat de droite assumant son positionnement. Cette recomposition peut permettre ensuite à un discours plus libéral à droite comme à gauche d’émerger.

Il n’y a toujours pas de candidat libéral aux présidentielles, ne serait-ce que pour une candidature de témoignage, mais avec Emmanuel Macron à gauche et François Fillon à droite, l’élection présidentielle de 2017 est moins glauque pour les libéraux que celle de 2012.

Faute de grives, on mange des merles.

Version vidéo de cette tribune.

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  1. la victoire de Fillon aux primaires de la droite et, ensuite sa victoire probable en mai 2017 ouvre,a mes yeux,la voie de la renaissance plus forte dans tous les domaines que ce soit a l’interieur ou a l’exterieur.il n’en est pas moins vrai qu’il laisse perdurer encore trop d’etat,trop de dirigisme;mais, s’il lui est laisse le temps(un peu,mais pas trop),et s’il en a la volonte qu’il lui faudra demontrer,alors,je pense qu’il pourra mener la france vers un vrai liberalisme;enfin que ceux qui actuellement le traite de liberal,voire d’ultra-liberal, aille faire des sejours dans les pays-anglo-saxons pour apprendre ce que signifient ces adjectifs.ils n’en ont pas la moindre idee!!! poutr tout cela,meme si Fillon ne parait pas etre la panacee universelle,il represente l’espoir d’un progres et,c’est pour cela que je lui souhaite de gagner et d’accepter de prendre cette enorme responsabilite de mener avec son equipe la France sur la voie du REDRESSEMENT!!!

    1. il fera la même chose que ses prédécesseurs encore un quinquennat pour rien.Mme Merkel le mettra au pas il pliera comme les autres .

  2. Libéralisme = liberté individuelle + responsabilité individuelle + propriété individuelle

    1. Fillon n’est donc pas libéral comme le dit Daniel Tourre (qu’on ne lit plus assez souvent, à regrets).

      D’ailleurs, fait intéressant : taper sur google (vous allez rire) : « François Fillon métier » ou « François Fillon profession » …

  3. Fillon et Macron ne sont pas des libéraux orthodoxes. Et moi-même je n’en suis pas un. Mais le premier sont j’ai feuilleté le programme et s’il s’y tient dans les grandes lignes est bien enclin à recentrer les prérogatives de l’ État sur la sécurité et la justice et à deserrer enfin ce carcans sur l’économie et le travail…
    Loin d’être parfait, car je serais plutôt pro-macaron, Fillon serait bien le moins mauvais des représentants de droite.
    Ne pas s’affirmer Libéral (ou Social) ne fait pas forcément de vous un anti-libéral ou un anti-social.

  4. Fillon n’est en rien libéral. S’il devient président, il va se trouver face à une france bloquée, très remontée contre ce pays déjà ultra libéral. Bref pas de convictions pas de volonté de résister à cette mafia publique. Fillon fera mieux que Sarko mais il va échouer. On en reparle dans 5 ans…

    1. ce pays déjà ultra libéral.

      Avec la présence de l’état à 58% du PIB, et encore, on n’a pas provisionné les retraites des fonctionnaires, une dette officielle à pas loin de 100% du PIB,
      c’est vrai qu’il reste moins de 40% de liberté. Oh que c’est horrible, c’est encore beaucoup trop, il faut que l’état passe à 100%, réduire les dernière poches de liberté, viiite.

  5. Les idées libérales progressent régulièrement. Qu’un candidat bien placé puisse se revendiquer libéral eût été impensable il y seulement quelques années. Après 35 ans de socialisme les électeurs commencent enfin à se tourner vers la liberté.

  6. Le tir de barrage vient surtout d’une certaine presse où M. Drahi est très présent. Pour mémoire, le même est très proche de M. Macron. Bizarre, non?

  7. Je ne sais dans quelle chapelle politicienne classer Fillon ! Ni quelle insulte lui balancer comme peut le faire le « circus politicus » … ! Je ne suis pas sur ce registre il ne présente aucun intérêt constructif.
    Trêve de jugements sur ce qui compose la sphère de droite par rapport à son degré de libéralisme pur* -le Superman du libéralisme ce ne serait pas lui-, venons-en aux faits, à ce qui est connu ; son programme, ses intentions affichées.
    Or comme vous le faites remarquer, les problèmes de sociétés autres qu’économiques il ne les aborde pas ! Surprenant pour un potentiel Président de la République ! Il se contente de dire liberté ! C’est vrai et c’est vague ! Qu’entend-il par liberté ?
    Qu’entendez-vous par liberté ? Une tradition britannique ? Un Age d’or qui n’a jamais existé si ce n’est que pour quelques individus ? On peut toujours s’imaginer un Age d’or dans ces restaurants montagnards décorés d’outils de travail…en dégustant un bon vin et une raclette en famille…
    Je peux essayer de vous la définir. Ma génération née dans la période des années 50, est passée de la misère à un niveau de vie et d’emplois enviables voire très enviables (médecin, ingénieur, etc.) vers la fin des années 70. Une croissance de 4 à 9% /an se traduisait concrètement dans notre vie ! Ouvriers, employés, petits fonctionnaires pouvaient en fin de carrière acheter leur logement, accéder au confort, à l’hygiène aux soins médicaux, aux études et à la culture, etc. J’ai vu la fin de la misère matérielle mais surtout intellectuelle.
    Par contre il a bien travaillé l’économie mondialisée. Il a même très bien travaillé la COMPETITIVITE parachevant ce que le trio Macron -Hollande-Valls a entamé dans ce domaine. Il propose un allègement du « prix du salaire » diminuant la charge santé voire chômage et retraite.
    Il s’est plié aux revendications d’un syndicat, aux besoins des entreprises dans un cadre de compétition mondiale… Mais après il prie pour que ça marche pour la zone France… ?