Le libéralisme, une idéologie ?

Publié Par Philippe Robert, le dans Philosophie

J’ai eu l’intense surprise d’apprendre que le libéralisme n’était qu’une idéologie au même titre, si j’ai bien compris, que l’idéologie socialiste.

Par Philippe Robert.

En contemplant la célébrissime statue de la Liberté offerte en 1886 par le peuple français au peuple américain, il m’arrive parfois d’être victime d’une méchante arrière-pensée heureusement vite réprimée par respect pour les États-Unis : et si les Français en avaient profité pour exfiltrer à tout jamais la liberté hors de France ?

Car enfin, comment peut-on encore sérieusement croire que la liberté, ce droit naturel et imprescriptible de l’homme avec la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression, soit respectée au sein d’une nation prétendument libre mais phagocytée par un État outrancier en voie avancée de déliquescence ?

Mon propos d’aujourd’hui est donc destiné, dans la modeste mesure de ma perception viscérale de la notion de liberté, à essayer de donner consistance à une réalité, le libéralisme bien nommé, qui, en effet, semble avoir durablement déserté la France collectiviste pour aller s’épanouir sous des cieux plus cléments.

Nous avons beau posséder dans nos gènes, nous Français, tous les ingrédients nécessaires tant à la production de la liberté qu’à sa manifestation jusqu’à l’universel, visiblement nous ne parvenons toujours pas à en concevoir les contours les plus évidents mis magistralement en lumière précisément par… le siècle des Lumières.

Ainsi, ai-je eu l’intense surprise d’apprendre que le libéralisme n’était qu’une idéologie au même titre, si j’ai bien compris, que l’idéologie socialiste. Louis Pauwels (paix à ses cendres) que pour ma part j’ai toujours considéré comme appartenant sincèrement à la famille libérale, s’exprime pourtant en ces termes [1] :

« En Occident, le fait majeur de ces dernières années est la faillite de l’idéologie socialiste (…) Or, tandis que s’effondrait une idéologie, une autre naissait ou renaissait. Il s’agit du libéralisme. Je n’éprouve aucun scrupule à déclarer que le libéralisme est une idéologie. Je ne crois pas que Jacques Garello me démentira. »

Et pour justifier cette dernière affirmation à mes yeux quelque peu révolutionnaire dans sa formulation et qui, à tort ou à raison, m’a tout de même fait bondir, Louis Pauwels poursuit :

« Jacques Garello écrit lui-même que le libéralisme est un dogme issu du plus profond de notre culture. Et il cite Hayek : Nous devons retourner à un monde où notre vie est guidée, non pas seulement par la raison, mais par la raison et la morale, cette morale de l’Occident chrétien qui a façonné la civilisation moderne. »

Pour ma part, j’ai toujours pensé et aujourd’hui plus que jamais sous l’effet de l’abject régime socialiste en place, que pour accéder à la voie royale de la liberté il fallait au minimum avoir l’esprit libre, c’est-à-dire n’être l’esclave de rien ni personne qui puisse prendre le pas sur nos vies contre notre volonté.

La philosophie libérale, car il s’agit bien d’un philosophie de la liberté qui n’exige, a contrario de ce qu’il est convenu de nommer l’idéologie, aucun consentement qui fût rangé sous les lois de quelque tyrannie intellectuelle que ce soit, s’adresse sans aucune exclusive à tous ceux qui optent pour la liberté contre l’oppression.

Pour le peu que j’en sache et en y mettant toute la modestie qui convient, je suis convaincu qu’il n’est jamais venu à l’esprit de Friedrich Hayek de mettre sur le même pied socialisme et libéralisme, deux conceptions du bonheur des hommes en opposition frontale : l’éternelle lutte à mort entre la servitude et la liberté. Alors ?…

À lire aussi :


Note :

  1. Préface de Louis Pauwels à l’ouvrage de Jacques Garello : À nos dirigeants (Le Figaro Magazine, Albatros, février 1986)
  1. la pragmatologie ça existe ?

  2. « Tous ces avertissements furent pourtant jetés au vent; le rejet
    graduel des principes et la détermination croissante, pendant les
    cent dernières années, de procéder pragmatiquement est l’un des
    changements les plus importants de la politique économique et
    sociale. Qu’il nous faille abjurer tous les principes et tous les noms
    en « isme » afin d’acquérir une plus grande maîtrise de notre sort,
    c’est même à présent la devise proclamée par la nouvelle sagesse de
    notre temps. Appliquer à chaque tâche les « techniques sociales »
    les mieux adaptées à sa solution, sans s’embarrasser de croyances
    dogmatiques, voilà ce qui semble à certains la seule façon de procéder
    digne d’un âge rationnel et scientifique », Les « idéologies », c’est-à dire
    des ensembles de principes, sont devenues généralement aussi
    antipathiques aux peuples qu’elles l’ont toujours été aux aspirants
    dictateurs, notamment à Napoléon 1er et à Karl Marx, les deux
    hommes qui ont donné à ce mot son sens péjoratif moderne.
    Si je ne me trompe, cette attitude à la mode, de mépris pour
    l’ « idéologie» et pour tous les principes généraux et mots en « isme »,
    est caractéristique des socialistes déçus; ayant été forcés d’abandonner leur propre idéologie à cause de ses contradictions internes, ils en ont conclu que toutes les idéologies doivent être erronées et que .pour être rationnel il faut s’en passer. Mais il est impossible de se guider seulement, comme ils s’imaginent pouvoir le faire, par les objectifs explicitement définis que l’on se propose consciemment, en rejetant toutes les valeurs générales dont il ne peut être démontré qu’elles conduisent à des résultats concrets désirables. Se conduire uniquement par ce que Max Weber appelle la rationalité finalisée est une impossibilité. L’on peut bien admettre que l’idéologie est quelque chose qui ne peut se prouver (OU dont on ne peut démontrer qu’elle est vraie); pourtant, c’est probablement quelque chose dont l’acceptation très large conditionne rigoureusement la plupart des objectifs particuliers auxquels nous tendons. »
    FA Hayek dans Droits, législation et liberté

    1. Intéressant. Mais je pense que d’un point de vue utilitariste, le libéralisme est un outil du capitalisme qui a pour moi largement fait ses preuves en terme d’enrichissement des nations, de progrès social, d’innovations et de progrès technologiques. C’est une étape qui me parait évidement la bonne sur la route d’une catallarchie fluidifiée.

  3. « et si les Français en avaient profité pour exfiltrer à tout jamais la liberté hors de France ? »

    Pas du tout, nous avons nous même une statue de la Liberté entre le 15e et le 16e arrondissement de Paris, sur la Seine. Mais, si on compare sa taille avec celle de nos amis américains, on comprend tout de suite l’importance que nous même nous donnons à l’idée de liberté. Un modèle réduit en somme…

    1. Et une à Colmar !

  4. Il faudrait se poser la question de savoir combien de morts est à l’origine le libéralisme, qui est avant tout une idéologie qui est basée sur la loi du plus fort. Ceci se traduirait certainement par des milliards de morts.

    1. Peut-on compter les accidents du travail ?

      1. Et les cancers, les noyades, les morts naturelles, les électrocutions, les fusillades, les accidents de voiture…

        Sachant que le capitalisme, c’est tout ce qui n’est pas marxiste, toute mort qui n’est pas due au marxisme est due au capitalisme.
        🙂

        1. ph11,

          Les cancers liés à l’ingestion de molécules cancerigènes utilisés par des compagnies peu scrupuleuses et surtout pas controlées ?

          Les électrocutions sur des installations jamais controlées ?

          Les victimes de fusillades suite à la vente libre d’armes à feux ?

          Les accidentés de la route d’une époque où les radars n’étaient pas déployés ?

          1. Ouioui, tous ça, célafoto capitalibérascisme, puisque ce ne sont pas des morts causées par le marxisme…

          2. Vivre est à 100% mortel. Et en France c’est 100% chiant en plus….autant se mettre un balle (si l’on trouve encore un gun libre).

      2. Si on exclut les accidents du travail dans les pays communistes, je suppose que oui.

    2. Au moins.

    3. Je suppose qu’il faut assimiler les ghettos de cette sauvage Amérique aux camps de redressement (improductif) de cette gentille URSS.
      Z’ont tous des bracelets electroniques pour remplacer les miradors ? Trop fort les ricains

    4. Des centaines de milliards, même.

      1. Peut-on compter les victimes des accidents liés au non respect des règles et normes de sécurité, puisque les libéraux n’en veulent pas ?

        1. ce n’est pas qu’il ne veulent pas de règles de sécurité, mais pas imposer par l’état.

          il n’y a, par exemple, aucune lois n’interdisant de courir bourré les yeux bandées dans ma cour avec une tronçonneuse qui tourne a fond, mais personne ne le fait…

          bizar non ?

          1. Réponse floue, réponse bizard, mais qui me rassure en voyant que je suis pas le seul à ne pas respecter les règles de l’hortographe 😉

          2. comme quoi, le libéralisme est beaucoup plus une histoire de bon sens que l’ortagraphe

        2. Il est bien connu que Singapour, Honk-Kong, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Suisse, le Canada… sont des pays ou les ouvriers meurt en masse !

          En réalité plus un régime est libéral plus il est prospère et donc moins il y a d’accident du travail (pour faire court).

    5. La culture, c’est comme la confiture : moins on en a, plus on l’étale.

    6. Puisque la « loi du plus fort » existe depuis la nuit des temps, nous avons maintenant 8 milliards d’individus « grâce à » cette dernière.

      Moi j’aimerais qu’on me dise combien on serait actuellement si les premiers clans d’humains avaient tous été socialo-communistes.
      Etant donnés qu’il seraient tous morts de faim pour payer les taxes permettant de nourrir le « camarade » en charge de la « planification de la chasse et des récoltes », le camarade chargé de « l’éthique vis à vis des tribus ennemies », le camarade « artiste », les camarades responsables de la « supervision l’allocation du temps de repos », le camarade en charge de la « planification de la natalité » et les différents « camarades commissaires-politiques », il n’y aurait probablement plus d’humains sur la planète…

      Ou alors, ce qui est plus probable, parce que même les cocos ont besoin de bouffer, ils auraient tous fait la révolution comme dans les pays de l’Est et seraient maintenant libéraux…

      En résumé, vive le socialisme, car il n’y a aucun moyen plus efficace pour promouvoir le libéralisme !!!

      1. +1.
        La loi du plus fort, c’est Staline (le super copain du caporal), Lénine, Mao, Mengitsu ou encore Pol Pot : le camp S21, c’est 17000 personnes déportées, torturées et mises à mort et seulement 7 survivants.

        1. Comme quoi personne n’est parfait, même Pol Pot.

      2. « Moi j’aimerais qu’on me dise combien on serait actuellement si les premiers clans d’humains avaient tous été socialo-communistes. »
        C’est bien parce que les premiers « clans d’humains » étaient « socialo-communistes » (expression totalement anachronique) que vous êtes là (hélas).

        1. Non les premiers clans d’humains appliquaient une solidarité naturelle. Et non une solidarité imposée par une idéologie. De plus le communisme n’a jamais été solidaire. Il y avait une caste de dirigeants riches et une population qui vivaient dans la misère et la répression.

          Rien à voir avec les premiers clans d’humains.

          D.J

          1. C’est curieux comme les chuisses sont totalement imperméables à toute forme d’humour de second degré, d’ironie et de dérision. Le calvinisme, sans doute.

  5. Evidemment qu’il s’agit d’une idéologie, pourquoi donc le nier ? Par honte du mot ? Par peur de la comparaison avec d’autres idéologies contraires ? Ou par aveuglement ?

    L’Homo Liberalus moyen n’est pas intellectuellement supérieur à qui que ce soit, et heureusement ! Ses opinions ne sont pas exclues du champ idéologique par la magie de leur caractère « libertaire ».

    Croire le contraire est de la pure prétention, et même, dangereux, car ceux qui se croient supérieurs à la foule on vite fait de vouloir imposer leurs idées, tous convaincus qu’ils sont de leur absolue et indiscutable justesse, voire, de leur nécessité à triompher.

    Chacun ses idées, exprimons les, débattons, mais personne n’a automatiquement plus raison que les autres du fait de son orientation idéologique. Chaque problème mérite son débat pragmatique et plusieurs solutions diamétralement opposées peuvent être tout aussi acceptables a priori.

    Ce n’est qu’à l’usage qu’on peut constater les effets positifs et négatifs de chaque « grande idée », d’où ressortent les nécessaires ajustements pour atteindre un consensus. Aucune recette miracle radicale ne fonctionne réellement dans les faits.

    ça devrait forcément inciter à une certaine modestie, alors que certains intervenants de ce site prêchent, dans un style offensif, avec une suffisance certaine le libéralisme le plus débridé comme remède miracle à tous les maux. Ce serait de la naïveté si ce n’était, le plus souvent, de l’aveuglement idéologique mêlé de mauvaise foi, un pur produit de Think Tank comme ceux qui ont mis Bush au pouvoir à l’époque.

    J’apprécie les analyses pragmatiques et les idées sincères, je m’intéresse au points de vues originaux, mais quand on fait dans l’idéologie et l’utopie pure et simple, il faut bien se rendre compte que ça ne correspondra jamais à la réalité, tout simplement parce que chaque individu ne veut pas forcément la même chose. Le libéralisme extrême à l’échelle de la société, est voué à l’échec comme tout projet utopique.

    1. Il suffit de lire certains libertariens pour comprendre comment le libéralisme peut devenir une idéologie.

    2. Personnellement je me contref**s de savoir si le libéralisme est ou non une idéologie et je vous donne tout à fait raison quand vous dites que les idées doivent être débattues (c’est là qu’on commence à raisonner intelligemment).

      Je suis le premier à vouloir combattre les extrémistes de tout bord arrivant avec des idées préconçues… dont ils ne connaissent ni les tenants, ni les aboutissants et qu’ils se contentent de marteler comme des prédicateurs mormons: « Parce que c’est LA vérité ».

      Toutefois, là où je ne vous rejoins pas, c’est que la plupart des intervenants « libéraux » sur ce site ont beau sembler employer un ton qui ne souffre pas la critique, il le font sur une base beaucoup moins critiquable que ce que vous insinuez:
      – La conclusion à laquelle ils sont arrivés, est souvent le fruit de nombreuses lectures (d’auteurs libéraux, certes, mais qui ont passé une partie de leur vie à réfléchir à ces sujets, c’est à dire beaucoup plus longtemps et avec beaucoup plus d’assiduité que vous et moi ensemble ne pourrions le faire),
      – de nombreux exemples (parmi lesquels on trouve en première ligne l’ensemble des « faillites sociales et économiques » complètes des idéologies auxquelles ils s’opposent)
      – enfin, souvent d’une exaspération, face à des commentateurs qui ne sont que très rarement là pour argumenter intelligemment (bref ils « trollent » pour parler « moderne »), l’attitude n’est alors pas « belle » mais « ça soulage » (comme dirait quelqu’un dans les tontons flingueurs)

      Enfin venir insinuer que le libéralisme est une « utopie », est à mon avis la pire erreur de votre commentaire.

      Ce qui fait de certaines idéologies des « utopies », c’est que ces idéologies veulent à tout prix changer la nature de l’être humain (ou se l’imaginent comme bien meilleur ou bien pire qu’il n’est), en fin de compte chacune de ces idéologies est définitivement vouée à l’échec, car les humains ne sont pas des machines et qu’on ne peut pas les modeler pour coller à son idéologie (même quand on enferme tous les opposants au goulag on ne peut l’empêcher les gens de continuer à « penser » de manière libre).

      Or le libéralisme n’a jamais prétendu la moindre seconde transformer l’être humain, tout au plus propose-t-elle deux règles pour vivre en société: « Avoir la liberté de faire ce que l’on veut, et notamment d’échanger ce que l’on veut avec qui l’on veut, du moment que ce dernier soit consentant » et « respecter la propriété privé de chacun ».

      De ces deux règles découlent un certain nombre de conséquences, comme la loi et la justice, la responsabilité et des forces permettant de faire respecter cette loi (la même pour tous, soi dit en-passant)… En découlent aussi des textes comme la déclaration des droits de l’Homme (premier texte libéral à avoir connu un tel succès).

      Il existe, il est vrai quelques obstacles à la mise en pratique d’une société réellement libérale après que celle-ci ait été polluée par le « socialisme » et le « capitalisme de copinage ».
      A commencer par: comment peut on rétablir la « justice » sachant que certains se sont illégalement enrichis en copinant avec les membres de la nomenklatura en place… et ensuite avec: comment détruire les nombreux systèmes de subventions, les ministères et les administrations inutiles sans ravager complètement l’économie et conduire à la guerre civile.

      La Russie est un exemple malheureux, bien que fort logique, montrant la difficulté qu’il y a de passer d’un pays d’assistés qui n’ont rien à bouffer à un pays valorisant l’effort et l’entreprise individuelle. Ceux qui ont les capacités d’entreprendre et de diriger (mais aucune compétence technique) ont commencé leur « entreprise » dans des domaines comme l’extorsion ou le crime (est-ce que nos « nobles » qui « défendaient » leurs serfs n’en ont pas fait de même pendant près de 1500 ans ?). Je tiens à faire remarquer que ces attitudes n’ont rien de libéral.

      Le deuxième obstacle, c’est la démocratie: plus précisément les politiciens qu’on ne peut pas empêcher de venir proposer « plus » (plus d’argent pour les uns, plus de sécurité pour les autres…) en mentant éhontément sur la manière de l’obtenir. Face à ces derniers, le politicien libéral n’a que peu de chances de convaincre.

      Pour ce qui est d’être « modeste », j’aimerais personnellement que les « libéraux » le soient beaucoup moins !!!
      Peut être pourrions nous alors éviter le désastre économique qui nous menace et la guerre civile qui s’ensuivra…

      1. Il faut voir de quoi nous parlons quand on parle de « démocratie ». On sait très bien qu’entre une démocratie comme on peut trouver pratiquée en Suisse ou une démocratie comme l’on peut trouver pratiquée en France révèlent un écart d’application aussi contrasté que le jour et la nuit !

  6. Ce qui est de la philosophie pour untel sera toujours de l’idéologie dans la bouche de son adversaire intellectuel. Ce qu’il faut tirer de ça, c’est que les mots « philosophie » et « idéologie » sont à bannir de tout débat sérieux.

  7. Bravo, vous avez raison. Y’en a marre de ce carcan qui protège les faibles. Ils n’ont qu’à se démerder. Vive le renard libre dans le poulailler libre !

    1. Qui a enfermé les poules dans le poulailler ?

  8. salut Antilib, c’est sympa de venir poser ta crotte quotidienne.

    Nous, les libetaux, sommes ravis de t’accueillir et de t’ecouter.

    ce matin, je me suis reveille et le souffle de la liberte m’a traverse comme une onde de bonheur.
    Je l’ai ressenti jusque dans mon corps : le liberalisme est bien une philosophie, pas une ideologie. si mon esprit peut en douter, mon etre physique me le rappelle

  9. Alors? …Tout dépend de la définition donné au mot «idéologie».
    Il semblerait que le terme idéologie soit apparu en 1796 avec Antoine Destutt de Tracy (1754-1836) qui le définissait comme étant l’étude des idées, pour devenir au fil du temps un ensemble d’idées pouvant donner lieu à des doctrines. Or, la différence essentielle entre une doctrine et une idéologie est que la première élabore des thèses pouvant expliquer puis mettre en application des idées tandis que la seconde demeure dans l’énoncé des idées et conceptions comme étant l’aboutissement d’une réflexion philosophique (=conceptions des être et des choses, du rôle de l’Homme dans son environnement) et son affirmation. Dès lors, les propos de Marx «La philosophie jusqu’ici s’est contentée de penser le monde; il convient désormais de le transformer » donne une portée distincte entre l’idée (=conception, puis idéal) et son application (=doctrine). Tant que le libéralisme n’est qu’une conception reposant sur la volonté de préserver les libertés individuelles, elle peut effectivement être considérée comme étant une idéologie. Dès lors que le libéralisme s’intègre dans un mode de gouvernance, un régime idéal (=politique telle que définie par les grecs), il devient une doctrine.
    Cette distinction entre idéologie et doctrine m’amène à penser que l’anarchisme, qui réfute tout mode de gouvernance et dont le fondement repose sur la primauté des libertés individuelles, pourrait être considéré comme le mouvement «idéologique» du libéralisme. Le refus de l’Etat, d’un quelconque mode de gouvernance de l’homme par l’homme est pour l’anarchisme le seul mode de préservation des libertés individuelles. C’est au nom des libertés individuelles que Pierre-joseph Proudhon (1809-1865) déclarait « Il n’y a rien, absolument rien dans l’Etat, du haut de la hiérarchie jusqu’en bas, qui ne soit abus de réformer, parasitisme à supprimer, instrument de tyrannie à détruire… Quiconque met la main sur moi pour me gouverner est un usurpateur et un tyran. » et que « La république n’est qu’une monarchie déguisée. « . Max Stirner (1806-1856) en fit autant en déclarant que «La liberté ne peut être que toute la liberté ; un morceau de liberté n’est pas la liberté» et que «L’Etat ne poursuit jamais qu’un but : limiter, enchaîner, assujettir l’individu, le subordonner à une généralité quelconque». Comme le disait le photographe Henri Cartier-Bresson (1908-2004) «L’anarchisme est d’abord une éthique» car il requière une autorégulation morale de chacun, une perfection individuelle.
    Par contre, le libéralisme, tel que préconisé par son précurseur John Locke (1632-1704), est une doctrine dans la mesure où il est intégré à un mode de gouvernance dans lequel John Locke considérait que «L’État, selon mes idées, est une société d’hommes instituée dans la seule vue de l’établissement, de la conservation et de l’avancement de leurs intérêts civils. J’appelle intérêts civils, la vie, la liberté, la santé du corps ; la possession des biens extérieurs, tels que sont l’argent, les terres, les maisons, les meubles, et autres choses de cette nature» et «Le peuple est le juge suprême de la façon dont les gouvernants remplissent leur mission puisqu’il est la personne qui leur a donné le pouvoir et qui garde à ce titre, la faculté de les révoquer».
    Il en va de même pour le socialisme. Michel Bakounine (1814-1876) précurseur du socialisme libertaire préconisait la disparition de l’Etat mais au préalable il affirmait que «La liberté sans le socialisme c’est le privilège et l’injustice et le socialisme sans la liberté c’est l’esclavage et la brutalité» et que «Tant qu’il n’y aura pas d’égalité économique et sociale, l’égalité politique sera un mensonge». En fait, pour lui c’est la gouvernance socialiste (=centralisation des ressources puis redistribution par l’Etat=mode de gouvernance=doctrine) que l’idéologie du libéralisme pouvait aboutir à son expression. Dès lors, le socialisme n’est pas une idéologie mais bel et bien une doctrine qui s’intègre dans un courant politique de gauche.
    Une idéologie est en fait la quête d’un idéal qui est dissocié de fondements rationnels et de cadre d’application tandis que le libéralisme et son contraire le socialisme sont des modes de gouvernance dans la mesure où ils définissent le rôle de l’Etat, des institutions, et du pouvoir, et conditionnent de ce fait les libertés individuelles. Mais ceci n’est bien entendu qu’un point de vue purement personnel.

  10. Le libéralisme ne peut être une idéologie. la liberté ne se décrete pas elle est spontanée. Toute personne délivré de ses contraintes devient libre spontanément. La liberté contrairement au socialisme n’a jamais été crée par la pensée d’un intellectuel. Le socialisme oui.

    La liberté de faire du commerce également. L’homme faisait du commerce bien avant les premières structures étatistes et bien avant l’apparition du socialisme. Le commerce est avec la chasses l’une des plus ancienne activité de l’homme.

    D.J

    1. La liberté est l’état d’une personne ou d’un peule sans contrainte, ni soumission tandis que le libéralisme est une doctrine qui préconise un système politique dans lequel l’Etat préserve et garantie les libertés individuelles. Dès lors, le libéralisme en tant que doctrine d’un système politique est lui aussi une émanation de la pensée. D’ailleurs, c’est par opposition au libéralisme dont le précurseur est John Locke (1632-1704) que le socialisme est naît avec, entre autres, Robert Owen,(1771-1858) et Saint Simon (1760-1825) qui seront par la suite considérés comme des socialistes utopiques notamment par Karl Marx. Liberté=caractéristique d’un état personnel ou collectif et libéralisme=système politique où l’Etat n’a qu’un rôle très restreint, permettant ainsi l’expression des libertés individuelles, donc effectivement le libéralisme n’est pas une idéologie. Liberté et libéralisme: deux mots, deux définitions même si le libéralisme repose sur les libertés individuelles. Il en va de même pour les mots Etat et étatisme: le premier étant l’ensemble des institutions et des services qui permettent de gouverner, le second un système politique qui repose sur l’intervention de l’Etat dans la vie économique et sociale (=socialisme).

      1. Oups! « ou d’un peule » c’est bien entendu « d’un peuple »

      2.  » La liberté est l’état d’une personne ou d’un peule sans contrainte, ni soumission tandis que le libéralisme est une doctrine qui préconise un système politique dans lequel l’Etat préserve et garantie les libertés individuelles  »

        Mais c’est cela une société réellement libérale. Que l’état garantisse que l’individu n’est pas soumis et contraint dans ses choix individuelles et libres. Mais malheureusement c’est loin d’être le cas, même dans les sociétés les plus libéraux

         » Dès lors, le libéralisme en tant que doctrine d’un système politique est lui aussi une émanation de la pensée  »

        C’est pas faux et je comprend votre approche. Mais ce qui est pensé c’est pas l’idée même que l’homme puisse être libre et entreprenant et commerçant. ça c’est dans sa nature. Personne n’a un jour pensé que la liberté puisse exister et qu’il fasse l’enseigner aux autres.

        Ce qui est pensé comme vous le dite, c’est comment concevoir une société libre dans un système sociale et politique. Mais il faut être très prudent quand on évoque le libéralisme politique. Bien souvent il est pervertis même par des politiciens qui se définissent comme eux-même libéraux. Dés lors on ne peu plus trop parler de libéralisme.

        D.J

        1. Je comprends moi aussi vos propos mais je ne peux partager votre affirmation sur le fait «que ce qui est pensé c’est pas l’idée même que l’homme puisse être libre et entreprenant et commerçant. ça c’est dans sa nature» qui conditionne vos propos sur le libéralisme car cela supposerait que nous soyons libres à la naissance. Or, nous apprenons la liberté.
          Dès la naissance nous sommes tributaires d’autrui pour manger et nous n’avons aucun choix, ni de l’heure, ni du menu, ni même de ce que nous voudrions faire. Par la suite, à peine parvenons nous à tenir sur nos jambes que comme le dit Michel Onfray «l’école vous prend en charge pour vous socialiser, autant dire pour vous faire renoncer à votre liberté sauvage et vous faire préférer la liberté définie par la loi. Le corps et l’âme sont façonnés, fabriqués». Vient ensuite le rôle de la société et donc aussi celui de la famille qui souvent voient en la liberté une entrave à l’ordre établi, à l’autorité instaurée. D’Holbach dans «Système de la nature» disait: «Dans quel moment l’homme est-il donc maître ou libre dans ces actions? Ce que l’homme va faire est toujours une suite de ce qu’il a été , de ce qu’il est et de ce qu’il fait jusqu’au moment de l’action». Lorsque nous prenons conscience d’une soumission et que nous la refusons, là nous apprenons ce qu’est la liberté (donc une construction par la pensée), notre liberté et non la liberté car chacun en aura sa définition. La liberté est une conception de la pensée sur l’état d’une personne ou d’un collectif.
          La liberté a d’abord signifié l’indépendance (=ne dépendre que de soi), puis Jean Jacques Rousseau a contesté ce sens pour donner un autre sens à la liberté celui de l’autonomie en précisant dans «Lettre de la Montagne» que «On a beau vouloir confondre l’indépendance et la liberté, ces deux choses sont si différentes que même elles s’excluent mutuellement. Quand chacun fait ce qu’il lui plaît, on fait souvent ce qui déplaît à l’autre, et cela ne s’appelle pas un état libre». Pour lui l’autonomie est l’obéissance aux lois que l’on se prescrit notamment en tant que citoyen par un contrat social. La liberté est un état sous condition. Pour le libéralisme, l’homme n’est pas qu’un citoyen et donc la liberté doit être protégée mais aussi contre ses excès, c’est à l’Etat de veiller à ce qu’il en soit ainsi. L’Etat joue un rôle de régulateur de la liberté, des liberté individuelles, tel que l’a préconisé son fondateur John Locke. Or, comme le précisait Proudhon «Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni le titre, ni la science, ni la vertu». Dès lors, il n’y a que l’anarchisme qui offre cette société rêvée complètement libérale. Une idéologie car l’anarchisme ne repose sur aucun mode de gouvernance, contrairement au libéralisme.
          Le libéralisme est un mode de gouvernance où chaque liberté individuelle doit s’harmoniser avec les autres et donc accepter quelques restrictions. Le libéralisme corrige les imperfections de chacun et évite le chaos tout en tentant de réduire le moins possible la liberté de chacun mais cela dépend de l’utilisation faite par chacun de le liberté. Au plus une société est parfaite dans son auto-régulation des libertés individuelles au moins l’Etat intervient pour éviter les excès. Le libéralisme est le seul mode de gouvernance permettant d’avoir des libertés individuelles sous condition. Il ne peut aboutir à une société complètement libérale que lorsque cette société sera capable de se dispensée de l’Etat, donc des lois, pour que toutes les libertés individuelles soient respectées par la seule volonté de tous. Autant dire que ce n’est pas demain la veille.
          Par ailleurs, le libéralisme est une politique à la base, la politique étant une conception d’un mode de gouvernance et non une idéologie, et il est indissociable du libéralisme économique. Je vous rejoins tout à fait sur le fait que le libéralisme puisse être perverti même par certains libéraux qui en fait prône le corporatisme donc une entrave par le statut et non par la loi aux libertés individuelles.

          1. « Le libéralisme est un mode de gouvernance où chaque liberté individuelle doit s’harmoniser avec les autres et donc accepter quelques restrictions. »
            Là est tout le problème, un peu d’état, mais celui-ci est toujours tenté de grossir.

      3. Tmatique, impressionnant, vous êtes une source intarissable et sur n’importe quel sujet, on ne s’en peut se lasser surtout qu’elle ne se tarisse pas. Bien à vous.

        1. Merci, Mia. Mais si je n’avais pas des éditos et des intervenants de grande qualité qui titillent mes neurones je n’aurai guère envie de chercher à transcender ma pensée et à argumenter mes propos. Savoir que mes modestes contributions vous plaisent c’est que du bonheur pour moi car écrire pour écrire c’est comme passer son temps à se regarder dans une glace: ça ne sert à rien. La pensée ne s’épanouit que dans le partage. J’avoue que vos interventions me manquent. Je suppose que vous ne disposez peut-être pas du temps nécessaire pour vous joindre à nous. J’espère que bientôt il en sera autrement et que vous évoquerez avec nous ce que vous inspire les éditos proposés. Au plaisir de vous lire.

          1. Tmatique,

            « Savoir que mes modestes contributions vous plaisent c’est que du bonheur pour moi car écrire pour écrire c’est comme passer son temps à se regarder dans une glace: ça ne sert à rien. »

            Outre que j’apprécie également vos commentaires, écrire pour écrire permet aussi d’affiner nos pensées, de les confronter lorsqu’elles ne plaisent pas et de s’enrichir d’autres pensées qui peuvent être pertinentes. 😉

          2. à Stef75
            A défaut de pouvoir vous répondre sous votre commentaire (plus de case réponse) je réponds au dessus.
            En fait, c’est la phrase suivante qui expliquait le mieux mes propos: «La pensée ne s’épanouit que dans le partage.» Le partage suppose un échange d’idées qu’elles soient complémentaires ou opposées. Et effectivement, c’est dans les écrits des autres que nos pensées s’enrichissent, soit dans le fond, soit dans la forme, soit les deux à la fois. Quant à écrire pour écrire, il est vrai que je n’ai pas envisagé, comme vous, que cela permettait d’affiner la pensée. Une erreur de ma part. Je pensais plus à ce moment là à certains qui se contentent de faire une plongée dans le web sans volonté de partage, de débat, ni même d’un enrichissement neuronale quelconque, ne répondant qu’à seul objectif: j’écris donc je suis, j’existe, je. Une flatterie de l’ego. Il va vraiment falloir que j’écrive encore plus pour affiner mes pensées, car je vous avoue qu’elles se bousculent par moment. Mais le temps me manque comme à beaucoup d’entre vous.
            Puisque nous sommes dans les confidences, j’apprécie aussi vos commentaires tout comme de voir que l’un de mes propos sur le libéralisme et le conservatisme ait pu vous inspirer. Avec vous, Gillib, Guillaume et d’autres, j’avoue que mes neurones sont aux anges. Aucun regret de vous avoir rejoint.

  11. Toutes idéologies et toutes philosophies sont forcément imparfaites puisque issues du langage, lui-même issu de la logique Aristotélicienne qui est, aujourd’hui, invariablement non conforme à la réalité des faits.
    Le langage parfait existe, il s’agit des mathématiques.
    Il faut donc appliquer à la société humaine, une logique mathématique.
    Et en premier lieu appliquer le principe de réciprocité ou de symétrie : ne jamais faire à autrui ce qu’on aimerait pas qu’il nous fasse.
    Mais les hommes étant tous différents, on ne peut attendre qu’ils aient tous les mêmes compétences, d’où la collaboration entre les hommes, et … les contrats.
    Alors on va objecter que certains vont signer des contrats qui ne seront pas « justes » ou désiquilibrés. Et donc, ils décident de « protéger » les « faibles » par rapport aux « forts ». Ce point de vue est un point de vue de « fort » qui considèrent que certains de leurs congénères (nous parlons d’adultes) sont « faibles » intellectuellement et que d’autres « forts » pourraient profiter de leur supériorité. Ce point de vue est évidemment condamnable, porté par des personnes souffrants d’un complexe de supériorité et confisquent à tous la liberté de contracter aux conditions qu’ils fixent ensemble.
    Mais donc, des individus pourront utiliser leur position de force pour « profiter » des moins chanceux, ce qui nous ramènent à la symétrie dans les rapports humains.
    Le choix individuel de respecter de bonne foi cette symétrie dans ses rapports aux autres et notamment dans les contrats, augmente statistiquement la possibilité d’une société juste et équilibrée.

    1. Les mathematiques sont ils plus justes que les mots ? Les secondes du temps ne sont elles pas que des battements cardiaque. Chacun essaye de tirer la raison et la vérité à lui: c’est peut être ça qu’il faut éviter pour rester libre. Aucun animal n’est libre, l’humain ne déroge pas à la règle. Nous sommes dans tous les cas obligé de suivre notre nature animal qui rentre dans un cadre et un environnement. Modelisons on modele mathematique pour ça et nous aurons le cadre où la liberté peut être appliquée….enfin c’est pour la théorie.

  12. De mon point de vue, le libéralisme c’est la philosophie du droit et non pas une sorte de livres de recettes économiques.
    C’est l’application de ces divers principes juridiques qui ont amené l’essor économique aux nations qui les ont appliqué au cours du XVIIe et XVIIIe siècles, plus par hasard que par recherche, d’ailleurs.
    Ces principes juridiques définissent d’un coté les relations des individus entre eux et de l’autre, entre eux et l’entité à qui ils ont librement délégué le monopole de la violence légale, à savoir, l’État.
    Quand à « l’idéologie », pour moi ce n’est rien de plus qu’une somme de croyances.
    C’est un socialiste, Laignel qui en 1981 a dit cette phrase devenue un excellent résumé de la façon dont son parti (PS) considère la place du droit dans la société quand il est au pouvoir et donc majoritaire :
    « Vous avez juridiquement tort puisque vous êtes politiquement minoritaire. » voilà, tout est dit dans ces quelques mots, me semble-t-il.
    Dans la philosophie libérale, le droit a son fondement dans l’individu et non pas dans la majorité, enfin c’est mon avis.

  13. La loi du plus fort et le renard prédateur qui pénètre librement dans le poulailler non protégé c’est l’État. Il a le monopole de la violence et de la coercition, il peut tout faire sans être puni et il est bien plus terrifiant que les méchants entrepreneurs.

  14. Si vous voulez eduquer des zombies, il va falloir beaucoup de patience et d’amour. Meme au temps des lumieres, cela n’etait pas trop brillant en France, contrairement à nos amis Anglais. La preuve, nos auteurs allaient à Londre pour trouver un peu de liberté. Non, vraiment, il n’y a rien à espérer…..désolé.

  15. Le libéralisme est un système idéologique comme un autre. Rappelons que l’idéologie est une logique d’idée avec des présupposées particuliers.

    Concrètement les libéraux actuel ont pour présupposé soit le droit naturel , l’utilitarisme de marché ( le marché c’est tjrs mieux que l’état) ou encore l’ordre spontanée. Ces présupposées amènent à des conclusions logiques qui débouchent sur des propositions plus ou moins cohérentes selon le penseur ou l’interlocuteur. C’est une vision éthique de l’organisation politique , mais aussi une vision systémique le libéralisme comme le socialisme développe une sémantique particulière tous comme son cousin socialiste. Le libéral qualifiera le socialiste d’étatiste ou de constructiviste et tentera de le discréditer. Les socialistes leur rendront l’appareil avec des noms d’oiseaux tout aussi charmant.

    J’espère avoir montré en tout objectivité que le libéralisme est bien une idéologie.

    1. Socialist Vampires Killer

      @ Sceptique

      le droit naturel, « l’utilitarisme de marché » et l’ordre spontané ne sont pas des présupposés ou des postulats, ce sont les conclusions d’une observation patiente et minutieuse de la réalité, rien à voir avec une idéologie, donc, dont les présupposés sont arbitraires et déconnectés du réel.

      1. C’est de l’aveuglement là … Les socialistes peuvent dire la même chose de leur systeme de pensée. Ils ont réflechit beaucoup de manière minitieuse et sont arrivés à des conclusions pertinentes et universelles. Cela permet d’évacuer le débat avec un adversaire politique fragile en montrant la supériorité de son idéologie sur l’autre mais cela colle peu avec une démarche de vérité.

        1. Si le concept est: prendre le fruit du travail de l’autre en est un !? Mais je suis d’accord sur un point: l’humain et faineant, comme n’importe quel autre animal. Si on lui dit: t’inquiete le systeme va te faire vivre. Alors l’humain pense: cool, ça. Le problème est: qui va en chier pour créer du pognon !

  16. Après beaucoup d’opinions exprimées en 54 réponses actuelles , tâchons d’établir une nuance fondamentale ? DOGME versus DOCTRINE …

    1) Tout dogme est figé … j’extrais ainsi deux sens communs (linternaute.com et chez d’autres) :
    Sens 1 : Principe incontestable d’une doctrine. Ex Dogme religieux, philosophique.
    Sens 2 : Opinion indiscutable, vérité absolue. Synonyme certitude ( ! ?)

    Une DOCTRINE est par nature un somme d’idées réfléchies, et des comportements qui les suivront, adaptatives à un contexte et/ou époque changeante.
    Cfr le choc culturel provoqué par la naissance de la France des Lumières (France aujourd’hui drôlement obscurcie et auto-bloquée) ; sinon repensons la G-B d’époque John Locke et de ses successeurs, ouverts à la réflexion).

    Bien compris et pratiqué, le libéralisme constitue une DOCTRINE (adaptative !).Par contre les libertariens se moulent plutôt dans un dogme inflexible… ;-p

    Ne parlons pas dogmes d’extrêmes constitués par le socialisme, le syndicalisme actuel, l’islam radical, le communisme new-wave et cette ratatouille rouge-verdâtre de nos gauches européennes dont chacun de nous souffre les rigidités dogmatiques à côté de soi !

    1. « Par contre les libertariens se moulent plutôt dans un dogme inflexible… ;-p »

      Inflexible pour quoi? Pour la liberté? Probablement…

  17. @ Tmatique,

    Evidemment que le nouveau né est tributaire des autres. Ainsi que l’enfant dans son éducation. L’homme a effectivement toujours vécu en société en s’organisant. Mais Il y a une différence entre une société libre et organisée et société de type socialiste ou l’individu et collectivisé et donc beaucoup moins libre ou plus du tout comme les sociétés communistes.

    Plus une société se libère, plus l’individu devient spontanément libre. F-A Hayek définissait une société libre ou l’état serait garant avec des règles de juste conduite pour garantir le bon fonctionnement du libre commerce et pour garanti le libre arbitre de l’individu. C’est la différence avec une société où l’état est gérant et les liberté réduites.

    L’état garant ne remet pas en cause la nature humaine. Cette nature humaine qui est d’être libre et entreprenant. Il en garanti son bon fonctionnement contre par ex. des actions malhonnêtes d’autrui. Et il garanti aussi un minimum vital pour l’individu inapte à se subvenir à lui même par ex. tel les handicapé et les personnes trop âgée.

    En gros on se rejoint finalement.

    D.J

    1. Effectivement en gros nous nous rejoignons hormis le fait que vous vous partez du principe que la liberté est dans la nature de l’homme (enfin si j’ai bien compris) et moi je parts du principe que l’homme apprend à être libre.
      Une société repose sur l’organisation des relations entre individus et une organisation suppose que chaque liberté individuelle ne puisse s’exprimer que dans le cadre fixée par celle-ci. L’éducation d’un enfant, en famille ou à l’école, est déjà un formatage de la liberté individuelle. Et je reviens la case départ: les premiers pas dans une société, même dans une société libre, est l’apprentissage de règles, de codes, qui déjà sont une entrave aux libertés individuelles.Dès lors, en ce qui me concerne, même dans une société libre certains aurons besoin de plus de liberté que d’autres en fonction du parcours de leur vie, des aspirations qu’ils auront nourri, etc.Une société libre n’en demeure pas moins un ensemble d’individus apprenant différemment la liberté car différents entre eux par essence.
      La nature humaine n’est pas d’être libre, mais de répondre au préalable à ses instincts les plus basiques. À l’époque de la préhistoire, où le langage n’existait pas, l’instinct de suivi prévalait et la raison du plus fort. Pas d’Etat. Pas de structures, ni de pouvoir. Pas de lois établies par l’homme. La liberté par excellence. Pourtant, il y avait des clans qui se constituait pour survivre, des chefs et la loi du talion. Une renonciation aux libertés individuelles pour survivre. Content ou pas content, il fallait suivre le clan et donner sa part au plus fort, voir plus. Je sais, j’ai pris l’exemple extrême.
      Au fond, en ce qui me concerne, la liberté est une notion créée par l’esprit en réponse au poids de la société, en tant qu’organisation, et le mode de gouvernance qu’elle puisse choisir ou qui s’impose à elle, qui étouffe l’épanouissement personnelle, la revendication d’une identité propre, la prise en main de son propre destin.
      Bref, nous ne serons pas d’accord d’un point de vue philosophique sur la liberté mais nous nous rejoignons sur l’essentiel qui est celui de la nécessité d’avoir un mode gouvernance avec moins d’Etat et plus de liberté.

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