Mais puisque Hollande vous le dit que ça va mieux !

Publié Par Marc Suivre, le dans Politique

Par Marc Suivre.

Vous ne l’avez peut être pas remarqué, mais au crépuscule du règne de François Hollande : le pays va mieux. Le président court, du reste, les plateaux télé pour l’affirmer haut et fort. Manuel Valls, son toujours modéré Premier sinistre, n’y va pas par quatre chemins pour marteler le credo : les incrédules  sont des traîtres !

Dans cette affaire, le pathétique le dispute au ridicule le plus consommé. Incapable de produire la moindre réformette sans mettre ses camarades dans la rue, François Hollande se raccroche à la méthode Coué, comme un pendu à sa corde. Alors qu’il nous reste encore un an à supporter cet affligeant spectacle, la droite s’apprête, hélas, à nous présenter sa propre version de ce désordre permanent, avec des primaires qui s’annoncent profondément déprimantes. Nous vivons, décidément, une époque vraiment formidable !

Le sursaut économique est au coin de la rue

hollande ça va mieux rené le honzecEn France ça va mieux, car l’économie s’améliore… comme tout un chacun peut le constater. La France va mieux, car les impôts diminuent… comme tout un chacun peut, là aussi, le constater. La France qui cause se gargarise des chiffres du chômage de mars. Moins 60 000 chômeurs en un mois, voilà qui vient, pile-poil, corroborer les prédictions présidentielles. Depuis quatre ans qu’il nous l’annonce, l’inversion tant attendue se pointe, enfin, à un an de la présidentielle. Elle n’est pas belle la vie ?

Simplement si l’on s’intéresse un tant soit peu à ce chiffre, quasi miraculeux, on s’aperçoit que les vases communicants sont à l’œuvre et pas qu’un peu. La baisse qui concerne les chômeurs de catégorie A (ceux n’ayant eu aucune activité) est compensée à 6 000 unités près par une augmentation des catégories B et C (chômeurs en activité partielle). Résumons-nous : au pays du socialisme progressiste triomphant, la baisse du chômage (-6 000) est due à une augmentation de l’emploi précaire, voire très précaire. Un peu comme en Allemagne ou au Royaume-Uni, deux pays ultralibéraux sur lesquels daubent régulièrement les génies économiques qui nous gouvernent. Brillant résultat qu’il convient de médiatiser au plus vite…

Les clowns sont de retour

Signe indéniable de l’amélioration, tant claironnée, nous fêtons en ce printemps 2016 le grand retour des intermittents du spectacle. Bien décidés à persévérer dans l’art de profiter de l’argent des autres, ces activistes de l’improduction sont de nouveau en lutte contre un système capitaliste, forcément pourri, mais dont ils comptent bien obtenir des subsides sonnants et trébuchants. En lutte permanente pour l’égalité et contre la société de consommation, nos Tartuffes des temps modernes entendent bien continuer à détourner les cotisations des salariés à leur profit exclusif, histoire de… consommer.

Les grandes menaces apocalyptiques sont, elles aussi, de retour. Les festivals d’été sont menacés. Oh ben zut alors ! Compte tenu du fait que pas un de ces événements n’est autosuffisant financièrement, on ne va donc pas pouvoir gaspiller, dépenser autant d’argent public que les années précédentes. Le fait que ces 200 000 profiteurs soient responsables à eux seuls de plus du quart du déficit de l’assurance chômage n’émeut personne. Parmi les bénéficiaires de ces largesses, une bonne part (les techniciens) pourrait, du reste, être utilement salariée à plein temps par les boîtes de production qui utilisent leurs services. Les bénéfices, comme les dividendes, seraient alors moins juteux. Ce sont d’ailleurs souvent les propriétaires de ces entreprises de spectacle qui viennent nous faire la leçon sur la précarité du « prolétariat » et la nécessaire protection du contrat de travail. Curieux pays, tout de même où, sous le prétexte fallacieux d’être un artiste on peut ne travailler qu’un mois sur deux, tout en étant assuré de toucher la même somme d’argent en fin de mois. Les intermittents ont trouvé la martingale, pas étonnant qu’ils la défendent avec énergie. On lutte contre les privilèges des autres, jamais contre les siens.

Il n’y a plus de saison

S’il n’y avait que l’économie pour venir troubler la quiétude de François Hollande… Hélas, même la météo s’y met. Tout à sa joie d’avoir obtenu l’accord du millénaire (au moins) sur le réchauffement climatique, par l’entremise du père du meilleur joueur de poker de la galaxie, notre Président Normal ne voit pas venir l’obstacle de la réalité qui rattrape tout climato-alarmiste. La planète a fini de se réchauffer depuis la fin des années 1990 et le CO2, tant honni, est responsable, excusez du peu, d’un accroissement de 18 millions de km2 de la surface végétale présente sur le globe(source : journal Nature Climate Change avril 2016). La raison de ce verdissement planétaire ? Ce méchant CO2 qui, nourrissant les plantes, les voit croître quand il se trouve être plus abondant. Incroyable ce que la science peut être pénible quand elle vient ainsi contrecarrer des décennies d’abrutissement public.

Et comme un désastre ne suffit pas, voilà que les récoltes sont menacées par un printemps particulièrement froid qui voit la neige tomber en plaine fin avril. Après nous avoir bassinés avec l’hiver le plus doux jamais enregistré de mémoire de journaliste, voilà la propagande bien à la peine, pour nous expliquer les raisons de ce froid réchauffement climatique de printemps. La sagesse populaire nous avait pourtant habitués à ce type de caprices : « En avril ne te découvre pas d’un fil », disait-elle, mais il est bien connu que ce type de dictons, c’est du populisme.

Un état d’urgence à géométrie variable

Dans la France où ça va mieux, il est un autre sujet de poilade sans fin : la sécurité. Nous vivons, depuis les attentats de Paris dans un état d’urgence permanent. Même si la bande à Hollande s’est pris les pieds dans le tapis et n’a pas réussi à constitutionnaliser ses âneries, force est de constater que les « autorités » ne reculent devant rien pour emmerder le monde au nom de sa sécurité… avec des résultats très discutables.

Depuis novembre nous devons subir des fouilles de plus en plus tâtillonnes, exercées par des « professionnels » formés à la hâte et dont le pedigree n’est pas toujours vérifié avec le soin qu’il conviendrait. Résultat, des fouilles « visuelles » menées avec la dextérité de Ray Charles, et des queues qui s’allongent sur les trottoirs formant ainsi autant de cibles potentielles.

Autre particularité intéressante de l’état d’urgence : le « mouvement » Nuit Debout. Depuis le mois de mars, une petite centaine de résistants en peau de lapin se relaient pour débattre doctement de tout un tas de vieilles lunes bobo-gauchistes. Ce faisant, ils saccagent les lieux et mettent en œuvre leur hédonisme forcené en ne respectant ni les riverains, ni les cantonniers chargés de nettoyer les écuries d’Augias chaque matin. Le fait que ces crétins crasseux investissent les lieux tous les soirs, fassent griller leurs merguez, vomissent leurs bières et leur tolérance relative, sans que les pandores ne les embarquent me fait bien plus sérieusement douter de la démocratie française que tous leurs discours d’idiots inutiles.

Souvenez-vous de ce qu’il advenait dans la république populaire et irréprochable de Monsieur Hollande, lorsque des veilleurs venaient pacifiquement, sans bruit et sans discours outrancier, manifester leur opposition au mariage pour tous sous les fenêtres de la Garde des sots. Ils étaient promptement embarqués manu militari. J’ai encore le souvenir de ces pères de famille arrêtés en pleine rue, comme aux zheureslesplussombresdenotrehistoire, pour le simple port d’un tee-shirt siglé de la Manif Pour Tous. Tous ces débordements nord-coréens avaient lieu avant l’instauration de l’état d’urgence… tout va décidément très bien !

Hé ho, la gauche : la France va bien ! Comme le dit l’adage médical : avant de mourir, le patient se portait comme un charme. Notre pauvre pays avance chaque jour un peu plus vers l’abîme et les incapables qui le gouvernent n’ont aucunement l’intention de l’en détourner. Ils comptent sur la conjoncture pour remédier à leurs insuffisances. Hélas, faute de réformes, cette dernière influe de moins en moins sur notre destin. Le pays s’enfonce dans le chômage de masse avec la bénédiction de syndicats qui ne représentent plus que les fonctionnaires. L’aristocratie administrative a pris la place de la noblesse d’Ancien régime… avec le même succès.

Sur le web

  1. Vous auriez pu ajouter que la balance commerciale à battu au premier trimestre 2016 un record de dégradation. … Signe que l’amélioration de la croissance à 0,5% tant vantée par le gouvernement est purement artificielle

  2. on vit les heures glorieuses de la naissance de l’ex URSS , la nomenklatura européenne à pris le pouvoir

  3. La vie de l’ aristocratie était douillette jusqu’aux jours funestes de l’ été 1789 et ceux qui ont suivi… Tous n’ en sont pas morts directement mais beaucoup en exil se retrouvèrent. Heureusement que l’ on organise des élections pour choisir quel crocodile pilier du marigot politique en sortira temporairement pour continuer l’oeuvre prédatrice de ses congénères et voisins de vase…

  4. et que pouvait il dire d’autre notre fameux président ? non , la france ne va pas mieux et je n’ai pas finit de vous pomper l’air et l’argent de votre porte monnaie ? quand bien même on serait au fond de la vase , ça ira toujours bien ou mieux pour ceux qui ne sont pas exposer à la politique que l’on nous impose ;

    1. Ben nous proposer de la vaseline en nous disant qu’il allait encore bien nous mettre dedans pour que son successeur ou lui même puissent se vanter de remonter le pays après 2017, une fois qu’il sera bien à plat. A condition toutefois qu’aucune crise ou attentat ne survienne d’ici là.

  5. Des réformes on n’en veut pas. On veut qu »on nous laisse vivre, échanger, contracter, travailler, créer en hommes libres que nous sommes. Ca ne couterait rien et ca serait incroyablement plus efficace que des réformes ou des réformettes. A moins que la grande réforme espérée par l’auteur soit le retrait de l’état dans ses fonctions strictement régaliennes. Le mieux étant bien entendu qu »il (l’etat) disparaisse totalement.

    1. Et que se passerait il si l’État disparaissait purement et simplement mais totalement ? Surement pas un monde de bisous et de fleurs, de joie et d’amour partout. Les gens sont trop bbbiiiiiiippppppppppp pour vivre en paix s’il n’y a pas une personne au dessus d’eux qui assure le rôle de Calife. Cela peut être l’État ou une personne privée mais dans tous les cas, il y aura quelqu’un au dessus. Bien sur, tout ça ne se fera pas sans mal. Il y aura une lutte des classes et pas que pour arriver au pouvoir, avec des morts partout, la désolation et la tristesse que cet ensemble amène. La Nature a horreur du vide, l’Homme n’échappe pas à cette règle. Est ce cela que vous voulez Pascale ? Je n’ose vous imaginer ayant si peu de Bon Sens.

      Alors oui il faudrait que l’État se cantonne à ses positions régaliennes et uniquement régaliennes.

      Quant à être libre, dites moi quand vous l’êtes vraiment, ça m’intéresse. Un truc bête: vous payez une connexion internet ou une ligne de téléphonie donc vous n’êtes pas libre.

      1. @ Stéphane B :

        On disait la même chose du Roi de France avant qu’il disparaisse …

        Et la France s’en ai bien remise…

        1. ouai et un nouvel État est apparu après quand même une bonne période de terreur. Après bien remise, tout est relatif si on oublie tous les morts dû aux différentes guerres qui s’en sont suivies.

          1. @Stéphane B :

            ma foi, à l’époque, pas seul état sur Terre à part l’Angleterre et les USA (oh surprise, pas de roi à pouvoir effectif !!) n’était pas en guerre et ne massacrait pas allègrement.

            Mais aujourd’hui, vous regrettez un Roi, il nous apporterait tant que cela ????

      2. @ Stéphane B :

        Quand à votre dernière phrase, vous n’avez pas compris ce que c’est que la Liberté, et raisonnez comme Marx avec la liberté réelle et la liberté formelle.

        J’ai envie de voler comme un petit oiseau, je ne suis pas libre de le faire avec mes petits bras, donc je ne suis pas libre.

        Méchante méchante réalité et pesanteur qui fait de moi un esclave…

        la liberté réelle, ce n’est pas la liberté, c’est juste un pouvoir de faire.

      3. Stéphane B: « Et que se passerait il si l’État disparaissait purement et simplement mais totalement ? »

        Entre trop et rien il a une infinité de nuances.

        L’état français c’est un record à 57% du PIB, 1 élu pour 48 habitant, record mondial ! Recordman mondial aussi pour la taxation après la Belgique, 1 actif sur 3.7 salarié de l’état (donc « salarié » des 3.7 autres en fait), 40 année sans un seul budget positif. Tous les compte sociaux en déficits, 8 millions de pauvres, 5000 milliards de dette, 25% de chômage dans la jeunesse, salaire moyen 1675 euros.

        Pendant les « 30 glorieuses » l’état français était à 35% du PIB. Ça tombe bien, chez le voisin, en Suisse, l’état est encore à 35% et les impôts 20% moins élevés examinons:

        -3.5% de chômage chez les jeunes
        -Dette à 35% en diminution
        -Salaire moyen de 5000 euros, salaire minimal ~3000 euros. (Constaté, pas de SMIC)
        -20 pages de code du travail (3000 en France)
        -Pas de droit de grève mais « la paix du travail » (accord entre syndicat et patronat)
        -Écoles et médical mieux notés qu’en France.
        -Aucune caisse sociale en déficit, retraite, santé, toutes dans le vert.
        -Assurances médicale privée, trois piliers de retraite dont une partie privée.
        -Aucune zone de non-droit (750 en France)
        -4 fois plus d’étrangers qu’en France sans que rien ne brule.
        -700 votations sur les lois en 30 ans, c’est une vraie démocratie.

        Stéphane B: « avec des morts partout, la désolation et la tristesse que cet ensemble amène. »

        La France est totalement en faillite, comme 1 personne sur 4 est salariés de l’état et qu’une partie des autres sont accrochées aux aides sociales, quand le fric-gratuit va immanquablement manquer je vous laisse imaginer dans quel pays « la désolation et la tristesse va s’installer »…

        1. Stéphane B: « je vous laisse imaginer dans quel pays « la désolation et la tristesse va s’installer »… »

          En fait le seule problème de la Suisse, c’est la proximité de la France: un pays socialiste ramené à l’état de la Grèce à une frontière, surtout quand les élus ont déjà pillé sa population ne va pas s’arrêter en aussi bon chemin en plus des cohortes d’expatriés appauvris…

          La Suisse avait fait un exercice militaire avec en scénario une France en faillite aux frontières.
          http://www.opex360.com/2013/09/30/un-exercice-militaire-suisse-simule-une-attaque-lancee-par-une-france-en-faillite/

          1. L’autre problème de la Suisse pour être honnête, c’est que les haut fonctionnaires n’étant pas moins c… en Suisse qu’en France (Bien que régulièrement ramenés à la raison par les référendums et initiatives) ont massivement acheté de la dette français qui ne vaudra bientôt même plus le prix du papier monnaie.

            ça va plonger l’Europe dans une merde noire quand il va tomber. Une remontée des taux et du pétrole et en avant la musique.

            1. Mais limryn, je suis entièrement d’accord avec vous sur ce qui nous attend. J’envisage moi-même de partir m’installer ailleurs que dans ce bourbier un peu actuel et énorme futur

              1. Tir fratricide, désolé… 🙂
                Mais bon, le texte reste pour des socialos éventuels…

      4. J’entends libre au sens de la DDH : je n’appartiens à aucun être humain ou à aucune entité administrative ou étatique. En ce sens, je suis née libre et le demeurerai.
        Et il est certain que la grande majorité des Humains sont incapables d’imaginer un monde sans état, ils sont nés dans le système, et ont une peur panique à l’idée que le système disparaisse et qu »ils puissent vivre totalement ce droit inaliénable et imprescriptible qu »est la Liberté.

      5. « donc vous n’êtes pas libre »

        Quelle différence faites-vous entre la nécessité et la contrainte ?

        « Et que se passerait il si l’État disparaissait purement et simplement mais totalement ? »

        L’homme s’est passé de l’Etat pendant au moins 8 millions d’années. A quand la découverte d’un Goulag néandertalien ?

  6. Crédibilité = 0.

  7. Nous avons un début de petite conjoncture favorable et aussitôt ça va mieux et on distribue les cadeaux aux électeurs du socialismes. Il parait même que les impôts vont baisser, mais pour ceux qui en payent le moins bien entendu. Les socialistes ne feront de cadeaus qu’à leur clientèle.

  8. @greg: « Nous avons un début de petite conjoncture favorable et aussitôt ça va mieux et on distribue les cadeaux aux électeurs du socialismes »

    Oui ils nous ont fait le coup avec la « cagnotte » sous Jospin me semble t il

    Heureusement des nuages noirs s’accumulent, c’est Markit qui nous le dit 🙂

    https://www.markiteconomics.com/Survey/PressRelease.mvc/86ba02255e7f45c5a9a90e0a4310ce50

    1. En lisant la note de Markit, on peut effectivement confirmer, en toute bonne foi (socialiste), qu’en France, ça va mieux!

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