Immigration (11) : fait-elle monter ou baisser la criminalité ?

Publié Par Francisco Moreno, le dans Nation et immigration

Par Francisco Moreno.

immigration libre et ouverture des frontières

immigration libre (Crédits : cicilief, licence Creative Commons)

« La guerre, ici, chez nous… est encore plus meurtrière que la guerre en Irak et en Afghanistan. » Newt Gingrich

« Moins d’immigrés signifie moins de criminalité. » Silvio Berlusconi

« Le problème de la criminalité aux États-Unis n’a pour cause (ni comme aggravant) les immigrés, quel que soit le statut légal qui est le leur. » Ruben Rumbaut & Walter Ewing

« Plus vous vivez au sein d’un groupe, plus il est probable que vous ressembliez à ce groupe. » Ronit Dinovitzer

Malheureusement, n’importe quel fait divers sur la criminalité impliquant un immigré reçoit une attention démesurée de la part des médias, laissant l’impression – celle-ci n’étant pas confirmée par les données froides des statistiques – qu’il y a une vague de criminalité dont l’origine serait l’immigration.

De nombreuses enquêtes menées aux États-Unis confirment un fait plutôt déprimant : environ 70% des personnes ayant répondu à ces enquêtes perçoivent un lien de causalité entre l’augmentation de l’immigration et un taux de criminalité en hausse (l’Espagne n’échappe pas à ce préjugé puisqu’ici-même les analyses effectuées par le CIS – Centros de investigaciones sociológicas – placent ce pourcentage à environ 65%). Les faits cependant, ont la vie dure et disent le contraire.

Des études fiables aux États-Unis

Le sociologue de l’Université de Harvard, Robert J. Sampson, est l’un des spécialistes les plus reconnus aux États-Unis tentant de déterminer si la croyance populaire liant immigration et crime a un rapport quelconque avec la réalité. Les résultats de ses recherches démentent catégoriquement cette perception.

De son côté, un rapport du FBI de Septembre 2009 a révélé que les taux de crimes violents s’étaient effondrés à travers le pays depuis le début des années 90. Depuis lors ces taux se sont stabilisés. Les criminologues et autres experts ont confirmé cette tendance surprenante. Ironie du sort, cette tendance a coïncidé dans le temps avec une augmentation de l’immigration, légale comme clandestine.

Plus récemment, deux analystes américaines, Kristin Butcher et Anne Morrison Piehl, ont montré que les taux d’incarcération pour divers délits chez les immigrés (y compris les ressortissants américains nés à l’étranger) en comparaison des autochtones étaient constamment en baisse depuis des décennies : en 1980 il était 1% inférieur par rapport au taux d’incarcération des autochtones, en 1990 il était un peu plus de 1% inférieur et en 2000 près de 3% inférieur. La vague de criminalité liée à une présence étrangère dont il était question il y a 30 ans n’avait aucun fondement, et encore moins maintenant. Ces données sont d’autant plus remarquables lorsque l’on considère que l’immigration, légale et clandestine, a littéralement explosé au cours des dernières décennies en Amérique. Ces données sont corroborées par les propres enquêtes du Département de la Justice des États-Unis lui-même.

Selon une autre étude réalisée par Ruben Rumbaut et Walter Ewing en 2007, bien que la population de sans-papiers ait doublé depuis 1994 (date de la signature de l’accord de libre-échange de l’ALENA), le taux global de crimes violents contre les personnes a diminué depuis de près de 34,2% et celui sur les crimes contre les biens a diminué de 26,4%. Les villes avec de fortes populations immigrées comme Los Angeles, New York, Miami ou Chicago montrent pour la même période des taux également à la baisse.

Exemple d’activisme anti-immigration

En dépit de ces informations très révélatrices, les activistes anti-immigration adorent nous ressortir des données isolées ou biaisées pour déclencher les craintes parmi la population et les législateurs. Prenons le cas du rapport du Government Accountability Office (c’est-à-dire l’organisme d’audit, d’évaluation et d’investigation du Congrès des États-Unis) qui affirme que près d’un quart des personnes incarcérées dans les prisons fédérales sont des étrangers. Ce que les anti-immigration refusent de nous détailler lorsqu’ils utilisent cette information c’est la proportion et la particularité des personnes incarcérées dans les prisons fédérales par rapport aux autres prisons sur le territoire américain.

Selon le Département de la Justice des États-Unis, fin 2005, seulement 8% des 2,2 millions de personnes confinées derrière les barreaux étaient détenus dans des prisons fédérales. 92% des prisonniers étaient donc dans des prisons d’État (57%) ou locales (35%) dans lesquelles un pourcentage élevé de détenus étaient des nationaux. Mais il est encore plus intéressant d’observer que la grande proportion de détenus étrangers dans les prisons fédérales en question y était incarcérée pour violation des lois sur l’immigration qui sont des infractions civiles – et non pénales – comme peuvent l’être les infractions liées à la circulation routière, mais avec la particularité qu’elles sont considérées comme des infractions fédérales. Comme on peut le voir dans ce cas, les nativistes utilisent les statistiques officielles comme une sorte de croquemitaine sans dire toute la vérité.

Le « miracle » d’El Paso

La ville frontalière d’El Paso au Texas a une très forte population immigrée ; 80% de ses habitants sont d’origine hispanique et un quart de ses résidents est né à l’étranger. Une bonne proportion de cette population immigrée vit dans l’illégalité. Le taux de pauvreté représente le double de la moyenne américaine. De même, les politiques de contrôle des armes sont assez flexibles car nous sommes dans un État avec une des législations les plus favorables aux armes aux États-Unis. Si à cela nous ajoutons qu’El Paso est située sur les rives du Rio Grande juste en face du Mexique et de la ville de Ciudad Juarez, l’une des plus violentes en Occident en raison de cette guerre absurde qui fait rage contre la drogue, nous devrions avoir – selon la logique nativiste – toutes les chances de faire face à une ville gouvernée par le crime. Eh bien c’est très loin d’être le cas.

El Paso est depuis quelques temps l’une des villes les plus sûres des États-Unis, les indices de crimes violents contre des personnes et des biens sont véritablement très faibles. De nombreux criminologues américains affirment que les villes frontalières comme El Paso, San Diego et Laredo (où 90% de sa population est d’origine hispanique) de même que d’autres villes avec une forte composante immigrée telles que New York, Los Angeles ou Miami ne sont pas sûres malgré la grande proportion d’immigrés qui y vivent, mais le sont précisément grâce à eux.

L’immigré est généralement une personne qui a quitté sa famille dans son pays d’origine et ce qu’il cherche à obtenir est un travail pour envoyer de l’aide à ses proches ou les amener auprès de lui. La dernière chose qu’il désire est d’avoir des problèmes avec la justice ou être impliqué dans des comportements à risque qui peuvent empêcher la réalisation de ses objectifs. Cette attitude prudente est particulièrement prononcée chez ceux qui n’ont pas de papiers en règle, car ils pourraient faire l’objet d’une expulsion. Comme le soutient Jack Levin, criminologue à la Northeastern University, « si vous voulez vivre dans une ville sûre, cherchez-en une avec une forte proportion d’immigrés ».

Moins disposés à commettre des crimes

Étant donné que l’immigration apporte aux pays d’accueil un nombre disproportionné de jeunes hommes et qu’ils vivent souvent dans des zones ou des quartiers désorganisés, on pourrait penser que les immigrés sont sujets à des taux de criminalité « logiquement » plus élevés que ceux parmi la population indigène. Cependant, comme l’a soutenu Gary Becker, commettre un délit ne s’explique pas par l’environnement social ou l’irrationalité de son auteur mais par des incitatifs rationnels, par des calculs économiques sur les avantages et les risques et par les horizons temporels réduits des personnes qui pratiquent la délinquance. Aucune des raisons susmentionnées ne pousse davantage l’immigré vers le crime que l’autochtone. Ce serait même plutôt l’inverse.

Les données provenant de près d’un siècle de recherche dans divers pays sur la relation entre la criminalité et l’immigration concluent que, en général, la population immigrée présente des taux de criminalité inférieurs à divers degrés (en fonction du lieu et de la période de l’étude) à ceux des populations locales.

Il y a, bien sûr, des exceptions à cette évidence majoritaire, mais elles sont dues à des incitations concrètes de moments ou de lieux spécifiques et non à une propension criminelle intrinsèque de la part de certains groupes d’immigrés.

Pour sortir de ces préjugés, je recommande fortement de lire à ce propos les travaux de recherche de référence de Johan Thorsten Sellin (1938), Charles Kindelberg (1967), Franco Ferracuti (1968), Stephen Steinberg (1981), Michael Tonry, (1997), Hagan et Palloni (1998), Ramiro Martinez et Matthew T. Lee (2000) ou Robert J. Sampson (1987, 2008).

Les bandes de criminels internationales

La mondialisation du crime organisé est très différente de l’immigration. Les cas minoritaires d’étrangers qui font partie de bandes criminelles transfrontalières n’ont rien à voir avec la logique des flux migratoires et, dans la plupart des cas, ses membres se déplacent d’un pays à l’autre comme de simples touristes ou des visiteurs occasionnels.

Les informations réelles et graves de délinquance organisée qui nous arrivent depuis les médias et dont les activités sont menées par ces bandes, servent d’alibi pour les nativistes pour durcir encore plus, si possible, les lois sur l’immigration. Le problème ici n’est pas que le gouvernement laisse entrer trop d’étrangers, mais qu’il ne réussit pas à exclure ceux qui sont les plus dangereux.

Cette analogie que Daniel Griswold, analyste au Cato Institute, réalise par rapport au commerce peut nous être très utile pour comprendre la question : on peut parfaitement mener une politique commerciale ouverte au monde avec toutes ses conséquences positives pour l’économie, et en même temps accepter que les autorités réalisent un contrôle pour exclure l’entrée de ces produits qui peuvent constituer une menace pour la sécurité ou la santé publique (produits toxiques, aliments contaminés, explosifs, matières radioactives, etc.) De la même manière, nous pouvons être en faveur d’une politique plus ouverte en matière d’immigration, sans pour autant cesser de faire les contrôles appropriés pour exclure les personnes indésirables dans la mesure du possible.

L’évolution favorable de la criminalité en Espagne

En Espagne, une étude menée par plusieurs auteurs montre qu’il existe aussi une tendance positive avec une baisse de la criminalité, que l’arrivée importante d’immigrés expliquerait  seulement en partie.

L’immigration en Espagne est un phénomène extrêmement hétérogène (comme dans la plupart des pays), mais un nativiste récalcitrant pourrait faire valoir que celle qui vient dans ce pays est particulièrement conditionnée par la présence de retraités principalement en provenance du reste de l’Europe. Ceux-ci sont moins susceptibles de commettre un crime et par conséquent la corrélation favorable entre baisse du crime et afflux d’étrangers pourrait être affectée. On ne peut nier cette possibilité.

Dans tous les cas, ce qui n’existe pas très manifestement c’est une corrélation entre augmentation de l’immigration et taux de délinquance en hausse dans le pays d’accueil, même si certains irresponsables (ou ignorants) cherchent à établir une telle connexion.

Il y a aussi de bonnes nouvelles et des études en provenance du Canada

Au cours des 40 dernières années, la criminalité a diminué considérablement au Canada. Il semble bien que l’immigration a joué également un rôle non négligeable.

L’un des premiers chercheurs dans ce pays sur le phénomène reliant criminalité et immigration fut John Hagan. Les résultats de ses recherches ont été concluants : plus la proportion d’immigrés était élevée parmi une population donnée, plus faible était l’insécurité.

En outre, le sociologue Ron Levi de l’Université de Toronto affirme que les données qui ressortent de sa récente étude contredisent encore une fois la croyance populaire selon laquelle « plus il y a d’immigrés, plus il y a d’insécurité ». Selon cet auteur, les immigrés fraîchement débarqués commettent peu d’actes de délinquance mais il reconnaît tout de même que leurs progénitures sont plus enclins à le faire. Cependant, il faut garder à l’esprit que lorsque les immigrés sont bel et bien installés au Canada, le taux moyen de criminalité est tout à fait inférieur à la moyenne de la société canadienne en général.

Le sociologue de la même université, Ronit Dinovitzer note qu’au fur et à mesure ces générations d’immigrés restées sur le sol canadien se détournent de leurs origines étrangères, et ses membres se fondent chaque fois plus dans la population locale. Au fil du temps ils ont tendance à égaliser tous leurs comportements, tant concernant les modes de consommation, le nombre d’enfants conçus, le style de vie, la propension à emprunter, l’utilisation de cartes de crédit… ou le fait de commettre des crimes et délits.

Les immigrés amènent de la sécurité

Il semble que les analyses statistiques, et non seulement aux États-Unis, nous conduisent à cette conclusion surprenante : l’arrivée d’immigrés nous apporte davantage de sécurité. Malheureusement, une grande partie de la politique d’immigration du 20ème siècle a été guidée par des études douteuses et par des préjugés ou des idées fausses et non par des études scientifiques tout à fait solvables en la matière.

Autrement dit, les données montrent que l’ensemble des immigrés sont moins disposés à commettre des crimes sauf s’il s’agit de descendants de la première ou deuxième génération, et dans ce cas alors leur taux de délinquance tend à converger vers celui des populations locales.

Ne nous laissons pas berner par nos préjugés ou impulsions intuitives ; quand un nativiste déclare qu’avec l’arrivée d’immigrés la criminalité augmente en utilisant n’importe quelle brève journalistique faisant étalage d’un crime commis par un étranger, il fait une généralisation trop hâtive et fallacieuse.

(À suivre)


Traduit de l’espagnol.

Lire aussi : (1) Scénario théorique, (2) La meilleure aide au développement, (3) Cinq forces irrésistibles, (4) Craintes nativistes, (5) Plus de harcèlements à l’encontre de la « dernière ressource », (6) Les obstacles et leurs effets négatifs, (7) Faire les choses correctement, (8) Ni assimilation ni multiculturalisme, (9) Construire un mur au bon endroit, (10) pour la libre mobilité des travailleurs

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  1. Bonjour

    « Selon certaines statistiques, l’arrivée d’immigrés nous apporte davantage de sécurité. »

    Mon dieu, il y aurait des statistiques qui montreraient une augmentation de l’insécurité.

    1. Si vous lisez bien l’article, il est dit que, dans les faits, il n’existe aucune corrélation positive évidente entre arrivée de migrants sur un territoire et augmentation de la criminalité et que, dans certains cas, on observe plutôt une corrélation négative.

      1. Ahh Bonjour Jose

        Je savais tu serais là, au poste.

        Sinon il y a des pb autres que l’immigration?

        1. En France ? Ce ne sont pas les problèmes qui manquent. Donc, nul besoin de s’en trouver des imaginaires.

          1. A l’instar des paradis fiscaux, (s’il y a des paradis, c’est qu’il y a des enfers), si vous pensez trouver des problèmes imaginaires, je peux penser que vos solutions peuvent aussi être imaginaires.

            1. « vous pensez trouver des problèmes imaginaires »

              Les libéraux on tout à fait raison de dénoncer les problèmes imaginaires, il faut casser la plus vielle stratégie socialiste. La base du socialisme, c’est inventer des problèmes dont on avait jamais entendu parler avant qui ne peuvent être résolus que par des mesures étatiques, pour ensuite prétendre les résoudre en aggravant la situation…

  2. Je veux bien donner credit à l’auteur pour les pays qu’il évoque , mais bon pour la France … il semble que les stats soient comment dirais -je un peu différentes .

    1. Pourquoi les statistiques en France devraient être sensiblement différentes de celles de l’Espagne, où il n’existe pas de corrélation manifeste entre augmentation de l’immigration et augmentation du taux de délinquance ?

      1. @José elle ne « seraient » , elles « sont » différentes . Maintenant le pourquoi … dieu seul le sait et je le déplore autant que vous. Une fois dit ça, avoir une règle de reconduite systématique à la frontière de tout étranger enfreignant les lois comme aux us serait positif car : 1 – il découragerait les contrevenants futurs et 2 – il remettrait un taux de criminalité en ligne avec celui des natifs et améliorerait donc l’image et donc la future vie des migrants dans notre pays.

        1. « …elles « sont » différentes… »

          Vraiment ? Vous avez des chiffres qui indiqueraient clairement que les migrants sont sensiblement plus criminels que le reste de la population ? Vous avez des chiffres qui indiqueraient une corrélation claire entre augmentation de l’immigration et augmentation de la criminalité ?

          1. @José : il y a pas mal d’études et de chiffres sur le sujet atlantico.fr/decryptage/mais-qui-fait-quoi-etrangers-immigres-et-delinquance-comment-sortir-confusion-chiffres-et-categories-jacques-barou-franck-930164.html/page/0/1
            par ex , les articles de la presse officielle foisonnent . Le dire est juste énoncer un fait , et dire les chose -sans rejet ni haine- permet d apporter des solutions aux choses , non ? La solution n’étant pas de fermer les frontières , mais de renvoyer les personnes (étrangères bien sûr) en cas de délit avéré (comme les US le font pas ex )

            1. Si l’on s’en tient aux chiffres publiés par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, on observe que :

              – le nombre de crimes et délits constatés en France métropolitaine a diminué de 17% de 2006 à 2011 ;
              – le nombre de crimes et délits constatés pour 1 000 habitants de France métropolitaine est passé de 57 pour mille en 1996 à 48 pour mille en 2011.

              1. L’observatoire national, du fait de biais statistiques avérés, d’effets de seuils et autres ruptures de recueils d’informations a arrêté la publication du bulletin dont vous mettez le lien en 2012…

                Je pourrais tout aussi malhonnêtement que vous me fonder sur le bulletin suivant pour prétendre l’exact opposé de votre démonstration :

                http://www.inhesj.fr/sites/default/files/bm_2015_janv.pdf

                Ces indicateurs statistiques ne sont pas pertinents, ce sont leurs propres auteurs qui le démontrent.

                Pour ma part, sur le même sujet, je ne vais pas vous sortir de statistiques ethniques, elles sont interdites et la divulgations d’informations impossibles à prouver a déjà conduit la fameuse 17eme chambre à condamner un polémiste qui, quoi que l’on puisse en dire avait clairement raison.

                Pour intervenir en milieu carcéral, ponctuellement, je ne puis que constater la sous-représentation de suédois aux yeux bleus et la sur représentation des autres caractères phénotypiques. Mais bien évidemment, on peut toujours essayer de tordre le réel. Cette sur-représentation est multifactorielle mais il n’est pas concevable d’en balayer d’un revers de main, le caractère le plus marquant.

                1. « Je pourrais tout aussi malhonnêtement que vous me fonder sur le bulletin suivant… »

                  Si on se base sur les chiffres de ce bulletin, on observe que le nombre de crimes et délits constatés en France métropolitaine a diminué de 6% de 2006 à 2014.

                  « Ces indicateurs statistiques ne sont pas pertinents… »

                  Ah bon ? Le nombre de délits et crimes constatés par la police et la gendarmerie ne sont pas des statistiques pertinentes pour analyser l’augmentation ou la diminution de la criminalité en France ?

                  1. @josé , tant que vous refuserez les évidences : à savoir qu’il y a vraiment une sur représentativité des étrangers (et à plus forte raison si on inclut la 2e génération) vous ne serez pas audible, c’est dommage vous desservez votre cause (libre circulation des personnes ) . Il faudrait travailler sur les causes de ce fiasco et travailler dessus sans oeillères idéologiques et je pense que l’on avancerait ds le bon sens .

                    1. C’est bien gentil de botter en touche, mais vous n’avez démontré aucune évidence d’une corrélation manifeste entre augmentation de l’immigration et augmentation du taux de délinquance en France.

                      Sinon, en matière de surreprésentation : de manière écrasante, les délits et les crimes sont commis par des hommes ; les chômeurs sont surreprésentés dans les prisons ; etc.

                      Et encore : Avignon est la ville la plus criminelle de France (taux de criminalité de 173,35 pour 1 000 en 2011) ; c’est également la ville de plus de 250 000 habitants la plus pauvre. Et aussi : puisque la pauvreté touche en France près de trois fois plus les habitants des banlieues que les autres comment s’étonner du fait que les habitants de ces banlieues soient surreprésentés dans les prison.

                    2. Bonjour pale rider

                      Tout à fait.
                      Les interventions intempestives et répétées de josé font fuir les lecteurs attirés par le discours libéral.
                      Les libéraux ont devant eux un boulevard, tant les français sont excédés par le trop d’impot et la surintervention de l’état.
                      Mais les accueillir agressivement alors qu’il suffit d’expliquer que l’immigration en socialie est problematique non pas à cause des immigrés mais à cause du collectivisme me parait pas difficile (P Salin).
                      J’ai l’impression que toute critique de l’immigration est d’office considéré comme être tenu par xenophobe, un nazi, une pensée qui pue.
                      Au mieux on est dans le déni.

                    3. @gillib

                      Faut-il vous rappeler que la liberté de circulation est un des fondamentaux du discours libéral ?

                    4. Mais je ne parle pas de cela.
                      Il y a une différence d’être pour des frontières ouvertes, et d’expliquer que l’immigration se passe bien en france (C’est l’étatisation du droit d’exclusion qui crée le problème de l’immigration P Salin).

                    5. Gilib, vous n’avez toujours aucun chiffre à avancer. Par quel miracle la non-corrélation entre immigration et delinquance observée dans maintes études citées dans l’article n’aurait pas lieu au même moment en France? Soit les français sont des extraterrestres soit alors il y a un problème qui vient de la France, par pure logique.
                      Et l’article apporte une nuance qui vous a échappé, le taux de delinquance chez les enfants et petits-enfants d’immigrés remonte et se place sensiblement au même niveau que celui des nationaux. Et c’est logique, les incitations à rester tranquilles disparaissent.

                    6. bonjour tremendo

                      Mais moi je n’ai pas à avancer le moindre chiffre.
                      Je ne suis pas utilitariste, savoir si l’immigration est bonne chose pour la france m’indiffere.
                      Je suis libéral parce que je veux décider par moi même, l’immigration peut être bonne ou pas bonne, cela m’est égal. C’est une question étatique.
                      C’est toi et José qui d’une manière réitérée veulent imposer l’idée que l’immigration est une bonne chose, c’est à vous de prouver cela.

                    7. « Il faudrait travailler sur les causes de ce fiasco et travailler dessus sans oeillères idéologiques et je pense que l’on avancerait ds le bon sens. »

                      Genre travailler sur le fait qu’on a empilé des gens dans des barres d’immeubles soviétiques laissés aux mains du PCF ? C’est à mon sens la première chose sur laquelle on pourrait facilement travailler. Il y a une corrélation entre crimes violents et densité de population. Il me semble que Vincent Bénard en parlait dans « Logement : crise publique, remèdes privés ».

                      https://www.amazon.fr/Logement-crise-publique-rem%C3%A8des-priv%C3%A9s/dp/2878941365/278-6591259-1463553

                    8. Gilib, il y a plein de références dans l’article, pour le reste les autres articles de Moreno donnent d’autres études sur l’immigration en général

                  2. Oui, cessez de faire du cherry picking, c’est lamentable….

                    il faut lire l’introduction du document qui fait état de biais statistiques liés à la réorganisation des FO et des méthodes de recueil des informations,:

                    « C’est pourquoi… l’ONDRP …. considère que, sauf cas particuliers, les nombres de crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie à travers l’outil «état 4001» sont insuffisants pour établir un bilan de la délinquance. »

                    « L’ONDRP considère qu’une partie des variations des faits constatés…sont des artéfacts statistiques qui doivent être présentés comme tels et non comme des tendances. Avant 2012, des artéfacts statistiques avaient déjà été décelés par l’Observatoire ».

                    Ensuite nier des évidences telles que la sur-représentativité des immigrés de troisièmes et quatrièmes générations provenant du Maghreb revient à vouloir casser le thermomètre. L’expliquer uniquement par la pauvreté est ridicule (la creuse, la corse qui sont les départements les plus pauvres vous remercient….).

                    Continuez comme ça, ce sont ces mêmes atavismes avec les lesquels les socialistes de droite et de gauche nous expliquent que l’insécurité est un sentiment, ce qui permet au FN de grimper en puissance. La botte souveraine de la réalité….

                    1. Bref, vous n’avez aucun chiffre à proposer qui établirait clairement une corrélation entre augmentation de l’immigration et augmentation de la criminalité en France et qui feraient de ce pays un cas à part en comparaison des États-Unis, du Canada ou de l’Espagne.

                      Sinon, d’autres chiffres : le nombres de crimes et délits enregistrés dans l’Union européenne diminue depuis 2002, alors que la population de cette même Union ne croît que pratiquement grâce à l’immigration – l’accroissement naturel de la population se situant au niveau des pâquerettes depuis 20 ans.

                      Quant à la surreprésentation des enfants d’immigrés de 3e ou 4e génération, c’est-à-dire de Français, trouvez-vous vraiment ridicule de la corréler avec le statut socio-économique ? Alors même que les chiffres indiquent que les chômeurs sont surreprésentés dans les prisons, que la pauvreté frappe trois fois plus les banlieues que la moyenne de la population et que, justement, les habitants des banlieues sont également surreprésentés dans les prisons. Jusqu’à plus ample informé, la population carcérale ne suit pas exactement la même répartition que celles des déciles des revenus.

                    2. http://www.interpol.int/fr/notice/search/wanted/(Nationality)/173/(current_age_maxi)/100/(search)/1

                      7 pages pour la France José.
                      Quel est le pourcentage de prénom d’origine immigré ?
                      Il y a aussi les photos.
                      Quel est le pourcentage de personne ethniquement immigré ?

                      Voilez vous la face si vous voulez mais les gens voient bien ce qui ce passe.

  3. Aux Etats Unis l’immigration est majoritairement issue du sud (du Mexique au Chili donc)donc, des gens de culture sensiblement égale à celle du Nord alors qu’en Europe nous avons une immigration majoritairement africaine et orientale de culture radicalement différente de la nôtre. Les « latinos » n’ont aucun désir de changer les traditions culturelles et cultuelles des Etats Unis ou de l’Espagne, ce qui est loin d’être le cas des migrants musulmans qui cherchent à imposer leurs propre culture et traditions dès leur arrivée (mosquées, nourriture, tenue vestimentaire, etc)
    Il suffit pour être informé de faire un tour dans un tribunal ou de regarder la rubrique des faits divers dans un quotidien -(même si depuis quelques années on évite de citer les patronymes)

    1. « Les « latinos » n’ont aucun désir de changer les traditions culturelles et cultuelles des Etats Unis… »

      Ça, c’est ce que vous dites. Les adversaires de la liberté de circulation aux États-Unis prétendent justement le contraire. Comme ils prétendaient par le passé que les catholiques irlandais ou italiens allaient dénaturer la société américaine.

      « …regarder la rubrique des faits divers dans un quotidien… »

      Car, bien sûr, un fait divers est supérieur à des statistiques pour décrire un phénomène.

      1. « Ça, c’est ce que vous dites. Les adversaires de la liberté de circulation aux États-Unis prétendent justement le contraire. Comme ils prétendaient par le passé que les catholiques irlandais ou italiens allaient dénaturer la société américaine. »

        +1

        Les latinos ne sont pas des espagnols en un peu plus bronzés comme certains semblent le croire. D’ailleurs l’Amérique du sud est au moins autant ravagé par la violence que le monde arabe.

  4. Étrange comme il y a toujours quelqu’un pour te dire qu’il fait beau lorsqu’il pleut.
    Ça me rappelle ce bon vieux sentiment d’insécurité.
    Les gens prennent le métro, se baladent dans leurs villes et sont témoins de ce qui s’y passe, c’est pas la presse qui est responsable ce sont les faits. S’aveugler ne rend pas service à ceux qui veulent vraiment s’en sortir.
    Marrant comme certain discours se rapproche de l’extrême gauche, Aymeric Caron n’aurait pas écris mieux. El Paso, Molenbeek même combat.

  5. bonjour
    excellent travail
    mais il faut rapporter son contenu à une étude localisée aux états unis
    pays où travailler est une motivation essentielle à l’immigration légale ou non
    seulement si l’on rapporte cette démonstration à un pays européen comme la france la notion de travail n’y est pas fondamentale – plutôt son contraire – et l’activité migratoire a pour finalité les avantages sociaux qui sont gracieusement donnés selon l’axiome « droitdel’hommiste » de l’idéologie constitutionnelle française
    ainsi on peut observer que l’assistanat voir celui d’obama ( guettisation des quartiers sociaux…) ou à la française a toujours créé les conditions de l’incivisme et de la délinquance primaire ou mafieuse (traffics drogues, armes, braquage et violences aux personnes…)
    l’immigration vers les sources d’emplois mène obligatoirement vers une notion qui socialise et humanise par un accès à la propriété – notion qui n’existe pas en france où seul l’état est propriétaire
    je pense qu’il serait une bonne chose de rendre propriétaire chaque habitant (ou famille) logeant dans les barres des années 60 ou autres – bien sûr en échange – contrat moral à minima – d’une scolarisation pour les enfants – et d’un travail pour les adultes- on y revient
    à étudier …
    cordialement

    1. Donc vous préconisez de réduire l’assistanat mais de payer un logement gratuit.
      Et vous leur demandez gentiment de scolariser leur enfant alors que l’éducation est déjà une obligation légale.

      Mouais, c’est sur qu’on est pas sorti

  6. Sans verser dans un populisme qui relie mécaniquement immigration et délinquance, est-il possible de dire que non pas la perception de la chose, mais le constat pousse en ce sens?
    Professionnellement amené à me rendre dans des lieux de détention et habitué des juridictions pénales, la réalité est que la proportion de mis en cause et de détenus immigrés ou issus de l’immigration est nettement supérieure à leur proportion dans la population de notre pays.
    Il faut y voir certainement la manifestation que la délinquance de droit commun touche davantage les moins favorisés dans notre société. Comme le fait que la répression s’abat d’abord sur la petite et moyenne délinquance.
    Au reste, les magistrats, quand ils sont interrogés en off, confirment cet état des lieux.
    Mais c’est un fait, difficilement contournable, qui n’a rien à voir avec la perception du phénomène par l’opinion.

    1. En l’occurrence ce serait plutôt des enfants ou petits-enfants d’immigrés, donc français, qui se sont imprégnés de la culture occidentale à leur manière, mais en prison pour des motifs socio-économiques et non pas culturels.
      Par ailleurs il faudrait savoir pour quel motif les immigrés sont en prison, l’article montre bien qu’aux Etats-Unis dans les prisons fédérales qui comptent pour 8% des détenus seulement et où la plupart des immigrés détenus sont logés, la plupart sont en prison pour avoir violé les lois sur l’immigration. En gros pour avoir tenté de bosser au black parce qu’un abruti de fonctionnaire de l’immigration refuse de tamponner ses papiers et donc de trouver du boulot légalement.
      Je rappelle qu’en liberalie un vrai crime c’est agresser et voler, et encore, quand on refuse à un immigré ou un réfugié de bosser en attendant de traiter sa demander, il ne faut pas s’étonner qu’il vole.

  7. Bonjour
    Etude intéressante qui se veut rassurante mais elle est très discrète sur les générations suivantes. Je retiens que si la première génération d’immigrée (comme en France celle des années 60-70) se tient tranquille, on ne peut pas en dire autant des suivantes puisque 80% de la population carcérale en France est d’origine immigrée. Le fait d’afficher la nationalité française dans les chiffres ne fait que cacher le problème.
    Le Canada contrôle parfaitement sont immigration, notamment avec un office dédié qui suit les immigrés de près. La machine à intégrer n’est donc pas cassée comme en France où l’on laisse entrer n’importe qui sans contrôle, et le Canada peut donc sereinement accueillir qui il choisit.
    Le scénario prévisible pour l’Europe est donc un accroissement de l’insécurité, non pas avec la première génération mais avec les suivantes. En effet, si les parents, fuyant les problèmes de leurs pays, acceptent de n’être intégrés qu’à coup de prestations sociales, cela ne suffira pas à leurs enfants…

  8. L’angélisme et le déni ne sont pas de bonne méthode d’approche, ça ne conduit qu’au rejet pur et simple du discours.

    Il existe une flopée d’études complexe sur les liens entre immigration et criminalité, la corrélation est bien positive, mais les causes sont multiples:
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Influence_de_l'immigration_sur_la_criminalit%C3%A9_des_pays_d'accueil#.C3.89l.C3.A9ments_statistiques

  9. Très peu de liens dans cet article, beaucoup de baratin.
    Quand on veut être crédible on met les liens des études.

  10. Les statistique de la population carcérales en France semblent donner un autre son cloche …

  11. Pour ceux qui cherchent des chiffres, voici le lien vers le rapport officiel de la prison de champ dollon (Suisse)
    http://www.ge.ch/champ-dollon/doc/rapport-d-activites-2013.pdf

  12. Concernant la théorie de Gary Becker sur le crime comme calcul économique et la dissuasion théorisée par Wilson:

    « Les contraintes externes sont dissuasives : c’est la peur des conséquences négatives, la peur de la punition. Le criminel est un calculateur. Si le crime ne paie pas, si la probabilité de se faire prendre est plus forte que l’appât du gain, le criminel renonce à agir. La théorie conservatrice a bien mis en lumière cet aspect et Bidinotto en rend hommage à Wilson.

    Mais la théorie conservatrice ne va pas assez loin dans sa réflexion sur les contraintes internes : selon Bidinotto, c’est avant tout le déclin de l’idée de responsabilité individuelle et la négation du droit de propriété qui sont à l’origine de la faillite du système pénal et de l’explosion de la criminalité.

    Il estime que la théorie conservatrice partage avec la théorie progressiste une certaine forme de déterminisme. Elle met excessivement l’accent sur l’action des contraintes externes, les facteurs d’ordre économiques et biologiques, au détriment des facteurs internes, d’ordre philosophique et en particulier d’ordre moral.

    Le déclin des contraintes externes n’est qu’une partie du problème. L’autre partie concerne l’érosion des contraintes internes. Les contraintes internes sont liées à la conscience de certaines normes morales et à une forme de répulsion à l’égard de tout ce qui est illégal et réprouvé socialement. Quand nous violons ces normes, nous nous sentons coupables et cela nous empêche de passer à l’acte. »
    http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:k7lK66XSqbEJ:nicomaque.blogspot.com/2010/06/robert-j-bidinotto-et-les-theories-du.html+&cd=1&hl=fr&ct=clnk

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