Ce que Trump nous apprend sur les surprises stratégiques

Publié Par Philippe Silberzahn, le dans Entreprise et management, Politique

Par Philippe Silberzahn

Donald Trump crédits Mark Nozell (CC BY 2.0)

Donald Trump crédits Mark Nozell (CC BY 2.0)

L’irruption inattendue dans la campagne électorale américaine de Donald Trump, clown grotesque aux propos orduriers devenu tribun populiste, peut nous en apprendre beaucoup sur les raisons pour lesquelles une organisation en arrive à ignorer des évolutions profondes de son environnement, avec souvent des conséquences catastrophiques.

Disrupteur en chef

Personne ne l’a vu venir. Et quand finalement ils l’ont vu venir, tous étaient d’accord pour dire qu’il ne durerait pas. Mais il dure et sera sans doute le candidat des Républicains à l’élection américaine de novembre prochain. Et qui sait, peut-être le prochain président américain.

Comment une telle catastrophe peut-elle se produire ? Car c’est une catastrophe. Businessman médiocre, producteur de la sinistre émission The apprentice où il transformait l’entreprise en lieu d’exercice sado-masochiste, tribun aux propos orduriers, racistes, xénophobes et misogynes, Trump est sans doute, et de loin, le pire candidat qui ait une chance de l’emporter. Mes amis américains sont au bord du désespoir…

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un outsider « disrupte » la campagne électorale américaine. Déjà Nixon l’avait fait, à la stupéfaction de l’establishment qui le méprisait. Un critique de cinéma s’étonnait alors : « Comment Nixon a-t-il gagné ? Je ne connais personne qui vote pour Nixon ! »

Et c’est bien là le problème. Comme l’analyse finement un article du journal American Conservative, l’une des raisons pour lesquelles Trump a pu émerger et s’installer solidement dans la course est l’aveuglement de l’élite politique américaine et singulièrement de celle du Parti Républicain. Obsédé par ses lubies religieuses, sociétales ou politiques (mettre en doute la nationalité d’Obama par exemple), le parti s’est progressivement coupé de l’électeur moyen désemparé par l’évolution de l’économie et de la société. Personne, au sein du parti, ne connaît personnellement d’électeur de Trump.

« L’homogénéité conduit à l’aveuglement et est l’une des sources principales de surprises stratégiques »

On retrouve dans cette affaire le destin tragique d’une élite qui s’isole progressivement de son environnement en développant la consanguinité. On fréquente les mêmes grandes écoles et les mêmes clubs de tennis, on se recrute entre soi, on lit les mêmes journaux, et quand on fréquente des étrangers, ils sont comme nous. Il y a ainsi plus d’affinités entre un américain et un nigérian tous deux titulaires d’un MBA qu’entre le premier et un soudeur de l’Ohio. J’ai montré, dans mon ouvrage Constructing Cassandra comment l’homogénéité est l’une des sources principales des surprises stratégiques dont a été victime la CIA dans son histoire.

Le résultat de cette homogénéité ? Une partie de notre environnement devient invisible. Nous ne la voyons pas parce que nous nous sommes structurés et organisés pour ne pas la voir. Les journaux que nous lisons, les gens que nous fréquentons et avec lesquels nous travaillons, tout concourt à construire cet aveuglement.

Le succès de Trump est dû à son approche complètement disruptive : casser tous les codes de la campagne, toutes ces évidences qui n’en sont plus, et dire aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre. Il peut donc faire des choses inimaginables : attaquer les icônes du parti, être à la fois contre la guerre en Irak et contre Wall Street, etc. En outre, sa fortune personnelle (c’est un héritier, et même sa gestion médiocre n’a pas réussi à épuiser le capital que lui a légué son père) lui a permis de ne pas solliciter les financiers habituels du Parti Républicain et donc de rester très libre de son approche et de ses propos, bref, de sa stratégie de rupture.

En face c’est l’incompréhension. Comment ose-t-il faire ça ? Et pourquoi ça marche ? On est bien dans l’incompréhension. L’isolement bâti durant des années empêche de voir venir, mais aussi et surtout de comprendre le phénomène lorsqu’il devient visible. Ce n’est pas qu’on refuse de comprendre, c’est qu’on en est devenu incapable. Le phénomène est alors qualifié d’aberrant et on pense s’en débarrasser de la sorte. Ainsi la CIA estime toujours que la tentative de l’URSS de placer des missiles nucléaires à Cuba en 1962, et qui a amené le monde au bord de l’annihilation, était une aberration. Du point de vue soviétique, cependant, l’opération était certes risquée mais justifiable : pour un régime en perte de vitesse, elle pouvait d’un coup rétablir l’équilibre à son avantage, et elle a été à deux doigts de réussir. L’un des problèmes de l’homogénéité est de rendre incapable de se mettre à la place de son opposant pour apprécier la situation de son point de vue. On voit cette incapacité à l’œuvre en France avec le terrorisme, notamment.

Aveuglement français

L’analogie du phénomène Trump avec la situation française est d’ailleurs frappante, et l’article d’American Conservative y fait abondamment référence, en citant notamment un article remarquable sur les migrants de Calais, écrit par Christopher Caldwell.

En effet, combien connaissez-vous d’électeurs du Front National ? Je n’en connais pas. J’en étais presque fier jusqu’au moment où je me suis rendu compte que j’avais ainsi réussi à construire mon propre aveuglement. Car la vie est bien plus confortable ainsi. L’électeur du FN, c’est cette personne qui existe quelque part, mais pas près de moi, qui nous fait peur tous les 5 ans, mais comme on ne le voit pas, on se dit que les choses finiront par se tasser, qu’il n’existe pas vraiment. Il nous fait à chaque fois un peu plus peur, mais ça finira quand-même par se tasser. Ca doit se tasser.

Et encore, il n’est pas évident que ce soit le FN qui menace d’être le plus disruptif, car il est en voie d’institutionnalisation rapide. Il existe peut-être quelque part un Trump français qui s’apprête à faire irruption sur la scène politique. Ce serait une erreur profonde de se dire que Trump ne peut exister qu’aux États-Unis. Le propre d’une rupture est de se produire lorsque le système en place est affaibli et qu’il devient intrinsèquement fragile, ce qui est le cas en France : les deux principaux partis n’ont plus d’idées, ne savent plus lire le monde et sont constitués d’apparatchiks déconnectés exclusivement consacrés à la sauvegarde du système existant. Tout y est : aveuglement de l’élite, transformations profondes ignorées par celle-ci, la voie est ouverte pour un aventurier. Nous sommes le pays du Général Boulanger, du Maréchal Pétain, du quarteron de généraux en retraite et du 21 avril 2002, après tout.

Les dangers de l’homogénéité ne sont bien sûr pas limités à la politique. Je les observe depuis longtemps au sein de l’entreprise également. Nokia est un exemple désormais classique d’une entreprise ayant construit son aveuglement par un mélange d’arrogance et de consanguinité. L’arrivée de l’iPhone en 2007 a constitué un vrai choc pour l’entreprise finlandaise, alors que toute l’industrie savait dès 2006 qu’Apple préparait un téléphone. Mais comme la classe politique pour Trump, Nokia s’est rapidement remise de ce choc en estimant que l’iPhone n’était qu’un gadget et qu’il n’était aucunement menaçant. En 2008, un an après l’annonce de celui-ci, Nokia est encore capable de faire un briefing complet sur son activité sans mentionner le mot « iPhone ». L’entreprise a payé cet aveuglement de sa vie puisqu’elle s’est vendue pour une bouchée de pain à Microsoft après avoir vu sa part de marché s’effondrer en quelques mois. Combien d’entreprises françaises sont-elle aveuglées pareillement, elles dont les états-majors sont remplis de bons élèves issus d’un tout petit nombre de grandes écoles ?

Pour conclure, seule une véritable diversité peut éviter à une organisation, qu’elle soit politique, gouvernementale ou industrielle, de se faire surprendre par l’évolution de son environnement. La diversité est souvent défendue pour des raisons morales, mais ici il s’agit d’une raison pratique : un univers complexe ne peut pas être compris par une organisation dont la direction est homogène. La diversité doit être inscrite dans les processus et dans le recrutement de l’organisation. Sinon, gare aux surprises…

Sur le web

  1. Je suis toujours le premier à traiter Trump de xénophobe, par contre je ne me permettrai jamais de le traiter de, je cite l’article, « Businessman médiocre. »

    Tel que l’expliquait l’humoriste John Oliver : malgré toutes ses faillites Trump a réussi a faire de son nom une marque qui dans l’inconscient collectif signifie « succès / réussite. »

    Trump est comme un rappeur : il répète tellement de fois qu’il est le meilleur que les gens finissent par le croire. C’est chiant à admettre mais n’importe qui n’est pas capable de ce genre de prouesse.

  2. Jose.Antonio.Primo.De.Rivera

    Il faudrait peut etre faire reformer les modes de scrutin pour que certaines categories de gens sous representes dans les institutions puissent etre elus.

    Que quelques sieges a l’assemblee soient reserves aux ouvriers (qui seront elus exclusivement par des ouvriers), aux agriculteurs etc, aux petits entrepreneurs etc., a la place des politiciens professionnels, ca serait pas mal. On pourrait d’abord faire un test et voir si ca fonctionne.

    1. Ce serait pérenniser un système où chaque catégorie défend son pré carré, dans ce cas il n’y a pas besoin de politiques globales puisque le système ignorerait les intérêts qui dépassent ces clivages catégoriels.
      Pour moi, la seule solution consiste à former la population, donc les électeurs, à l’exercice continuel du sens critique. Mais inconsciemment ou non, chacun craint que ce sens critique ne se retourne un jour contre lui, et préfère dénoncer les errements des uns en oubliant les siens propres, en l’occurrence les errements des trublions anti-système en oubliant magnifiquement l’aveuglement des élites.
      Et avec Trump, je peux comprendre que certains soient écoeurés et indisposés par le personnage, mais qu’ils soient surpris de son succès montre une inconscience sidérante de leurs propres [in]suffisances d’élites.

    2. « Que quelques sieges a l’assemblee soient reserves aux ouvriers (qui seront elus exclusivement par des ouvriers), aux agriculteurs etc, aux petits entrepreneurs etc., a la place des politiciens professionnels ».

      Pas démocratique du tout.
      Pourquoi des sièges réservés aux ouvriers et pas aux femmes, aux moins de 40 ans qui sont aussi sous-représentés ?

    3. Il faudrait que tous les groupes sociaux soient représentés (genre inclu). Même entre entrepreneur, cadres, artistes ou enseignant la visions n’est pas la même, à rang sociale similaire.

      Il serait possible de faire une structure qui puisse s’insérer dans l’existant et qui respecte ce type de contrainte, suffirait d’y réfléchir :
      http://www.electron-libre.org/2016/02/26/creation-dun-groupe-de-travail-pour-une-structure-democratique/

  3. le père trump ne vaut pas grand chose , et comme les chiens ne font pas des chats , ses deux crapules de fils n’ont pas grand respect des lois , vu que ces deux imbéciles se permettent de massacrer des grands fauves qui sont protégés parce qu’en voie de disparition ; quand on voit la mentalité du père , sachant que sa progéniture ne vaut pas mieux , les américains peuvent en éffet se faire du soucis ;

  4. Article très intéressant.
    A cet égard, il me semble d’ailleurs que la déconnexion du parti socialiste est aujourd’hui double. Ils ignorent le monde des entrepreneurs (ce qui est le cas depuis longtemps), mais depuis peut-être 20 ans maintenant ils ne connaissent plus le peuple – qui pour caricaturer vote désormais FN. Malheureusement, il n’est pas sûr que la droit vaille beaucoup mieux…

  5. Ce type vaut ce qu’il vaut (personnellement il m’agace plutôt qu’autre chose) mais comme pour le FN, le mépris des uns génère la popularité chez les autres.
    Par ailleurs, ce genre de personnages ne peuvent prospérer que parce que le travail n’est pas fait et le vrai problème est là.

  6. Trouvé sur un blog

    Quel sera le père de substitution ? Le bon professeur Bernie qui ressemble étrangement à un socialiste de la chaire de feu le Reich bismarckien ? L’oligarque mauvais garçon qu’on imagine parfaitement enchaîné et fouetté par ses égéries de papier journal les soirs de victoire ? Ou l’Eglise clintonienne de la concorde des minorités (ufologues, noirs, femmes, etc.) ?

  7. J’adore l’aveuglement francais.

    Trump serait un « clown grotesque ».
    Mais oui, bien sur.
    Et Hollande? Sarkozy? Vous les avez vu ?

    Trump a le mérite d’avoir réussi dans les affaires. Il sait gérer une entreprise, la developper la faire fructifier et a donc créé des milliers d’emplois.

    Trump a le mérite d’attaquer le politquement correct et les médias idéologues et corrompus.
    Il leur rend coup pour coup, alors que chez nous les politiciens de la fausse droite n’osent pas, ils sont sans couilles.

    Ronald Reagan et Magareth Thatcher étaient méprisés et hais par la bien pensance et les francais.
    Or ils étaient de très grand homme/femme.
    Leurs noms et accomplissement restent dans l’histoire.

    Qui se souvient de Mitterand à part quelques rares personne de notre gauche archaique?

    En france, on a tellement glissé à gauche que tout le monde adore la gauche américaine (Clinton, Obama, Kennedy) et qu’on méprise la droite américaine.

    C’est une vrai maladie. Car c’est pareil avec tous les pays. On est tellement a gauche en france, qu’on aime les autres gauche.
    La gauche italienne (Renzi), anglaise (Blair), allemande (Shroeder), espagnole sont aimées et on deteste la droite italienne (Berlusconi), anglaise (Cameron, Thatcher), allemande (CSU/CDU), espagnole (Azenar), suisse (UDC) …

    Ce pays est foutu!

    1. Ce pays est foutu, certainement avec ce genre de vision binaire. Il faut ouvrir les yeux sur la « droite » et la « gauche ». En tant que libéral, je me sens plus proche de Schroeder ou de Blair que de Berlusconi qui a été une catastrophe pour son pays. Et Trump ressemble beaucoup plus à Berlusconi qu’à Reagan ou à Thatcher.
      Lé vérité est qu’en tant que libéral, on ne peut que pleurer quand on voit Trump ou Cruz.

      1. C’est bizarre tout de même, de regarder toujours dans la même direction.
        C’est comme si on lancait une piece en l’air et qu’elle retombait toujours sur la même face.

        Quel genre de liberal etes-vous si vous preferez Blair à Thatcher ? Zapatero à Azenar ? Clinton à Reagan?
        Clinton-Obama à Trump-Cruz.

        Trump ne peut qu’être mieux que Clinton (corrompue, menteuse, gauchiste, socialiste).
        Quand à Cruz, il est poussé par des Tea Party, donc OUI, il serait un mieux par rapport à Obama et Clinton.

        Il faut etre aveugle pour nier notre glissement total à gauche.
        Tous les partis francais sont socialistes, la différence est juste dans le degré.

        J’ai peut être une vision binaire mais au moins, je vois la réalité.

        1. Vous ne savez pas lire. Où ai-je dit que je préférais Blair à Thatcher, Clinton à Reagan?
          Je n’aime pas Mme Clinton, mais cela peut être un choix par défaut (qui ne se pose pas pour moi, je ne suis pas américain). Et franchement, qu’est-ce que Trump ou Cruz ont de libéral?

    2. Bien d’accord avec vous.

      80% des réactions sont sur le même modèle » je n’aime pas Trump, mais… ».

      Il faut s’excuser d’avance de lui trouver un coté positif aussi dérisoire soit t’il.

      Les journalistes , si on peut encore appeler ces engins journalistes, sont en pleine croisade gauchiste avec une objectivité qui ferait rougir de honte un commentateur de foot, 24/24 sur tous les canaux.

      Ils se régalent parcqu’ils pensent réellement que Trump est un gros con qui fera perdre la la présidentielle aux Républicains.

      Mais je ne suis pas si sur qu’ils aient bien jaugés l’animal. Une fois investi candidat Républicain, Trump pourrait bien créer une autre surprise stratégique , mais Démocrate celle la.

      1. En son temps, Ronald Reagan a été traité de gros con d’acteur qui n’avait rien à faire en politique. Il a pourtant probablement été le meilleur président américain depuis les années 70.
        De même Margaret Thatcher, vilipendée par toute la gauche française, a redressé l’économie de la Grande-Bretagne.
        Je n’ai pas écouté les discours de Trump, mais dès qu’un politique est traité de « populiste », je sais que ce qu’il dit n’est pas stupide (en dehors des excés toujours montés en épingle par les bien-pensants).

        1. Argument ridicule. Entre ses films et la présidence, il a eu une carrière politique –dont le poste de gouverneur de Californie.

  8. Article très intéressant -> Trump est il comme Reagan ?

    http://www.politico.com/magazine/story/2016/03/nancy-reagan-death-donald-trump-2016-213709

    Les différences sont très nettes, comparé à Reagan Trump est un clown !

    1. Reagan etait considere comme un clown avant d’etre elu… Et par les memes que ceux qui vous ont explique que Trump est un clown !

      1. Des exemples? Des preuves?

  9. > racistes, xénophobes et misogynes

    Je vois souvent cette accusation, mais à chaque fois que je demande un exemple, plus rien.

    1. Apprend à lire.

      1. Une insulte, et pas d’exemple. Quelle surprise.

    2. Tout à fait d’accord.
      Les attaques ad hominem ne constituent pas un argument!!

      L’aveuglement de M. Silberzahn ne serait-il pas le meilleur exemple de celui de nos élites…

      1. @Guillaume : Que cela vous plaise ou non Trump a tenu des propos xénophobes. Par conséquent dire qu’il est xénophobe ce n’est pas faire des « attaques ad hominem » c’est simplement constater la réalité.

        1. Je file 1 BTC au premier qui me montre un « propos xénophobe » de Donald Trump.

  10. « … pour un aventurier. Nous sommes le pays du Général Boulanger, du Maréchal Pétain, du quarteron de généraux en retraite et du 21 avril 2002, après tout. »

    Une approche plus critique et pluraliste de l’Histoire de France vous aurait peut-être éviter ce genre d’amalgame, typique de l’aveuglement que vous pointez.

  11. Que n’avait-on pas dit, en son temps, sur Ronald REAGAN ? Non pas que DT soit digne du poste mais …. finalement le Président des USA n’a pas autant de pouvoir que ca non ?
    Je comprends finalement les électeurs américains (y compris FN) de vouloir entendre quelques vérités . N’est-ce pas un moyen de secouer le cocotier des politiciens actuels dont l’un ne valant pas mieux que l’autre, l’électeur sait qu’il ne peut plus rien attendre d’eux, sinon le pire ?
    Le dilemme est peut-être la : désastre pour désastre, on choisi celui qui parle vrai.
    C’est désolant mais c’est une forme de désespoir dont l’origine se trouve dans la pauvreté (intellectuelle, certainement pas financière) de la classe politique.

    1. « quelques vérités », « celui qui parle vrai ». C’est une blague j’imagine? Ce serait drôle si ce n’était pas si triste.

  12. Le problème : nos élites politiciennes voient les choses comme ils voudraient qu’elles soient, et non pas comme elles sont, et si la théorie peut s’adapter aux faits, l’inverse est beaucoup plus difficile, voire irréalisable quand il va à l’encontre du bon sens ou des intérêts globaux de la population.

  13. Je trouve très symptômatique de lire dans ce point de vue que le maréchal Pétain est aujourd’hui – sans rire – classé parmi les « aventuriers » à la Trump ! Alors qu’il était l’exact opposé de l’ « aventurier » : voter les pleins pouvoirs à Pétain fut la dernière carte jouée par les députés de gauche et de droite de la 3ème république miraculeusement réunis pour pitoyablement tenter de sauver de la débâcle politique et morale un régime dont la lâcheté, le renoncement et l’aveuglement (bien mis en évidence par Churchill) avaient abouti au désastre. Non, en 1940, l’aventurier n’était ni le maréchal Pétain, ni les 569 parlementaires (sur 649) qui ont voté ses pleins pouvoirs : l’aventurier, c’était De Gaulle, qui leur a fait un doigt d’honneur en prenant les armes contre eux. Et non, les « aventuriers » n’étaient pas les 99,999% de magistrats français – les carpettes fonctionnarisées – qui avaient accepté de prêter serment au régime de Vichy : en réalité, le seul « aventurier » fut Paul Didier, le seul et unique magistrat français qui avait refusé de prêter serment à Pétain. En France encore plus qu’ailleurs, l’aventurier est une espèce ultra-minoritaire.

    Si on veut comparer le régime vichyste – qui représentait simplement la synthèse ultime de ce qu’était la 3ème république – à quelque chose d’actuel, pourquoi ne pas simplement le comparer aux autres régimes en bout de course, comme celui de François Hollande qui décore, sous état d’urgence permanent, son suzerain saoudien ? Ou encore à ces apparatchiks en déroute du parti républicain américain ?

    1. insolvabulator …

      Bonne analyse …

  14. Business man médiocre?Ou en êtes vous Mr Philippe Silberzahn?

    1. Il me semble que la fortune du père Trump (faite aussi dans l’immobilier) était très loin d’atteindre le milliard de dollars.

      1. Oui. Donald a reçu d’abord un prêt d’un million de son père et ensuite hérite de quelque dizaines de millions.
        Pas difficile d’emprunter ce genre de somme si vous avez un bon business plan (pour le million de depart) et un business qui se développe bien (parti du premier emprunt).

        Si c’est si facile, ou sont tous les milliardaires qui devraient remplir les facs et autres écoles ? Mes collègues les plus riches sont parfois millionaires, mais ‘petits’, genre 2 ou 3 maximum…

        1. « Si c’est si facile,… »

          Parce que nous ne sommes pas tous égaux, donnez 1ME à différentes persones, certains géreront mieux que d’autres, certains n’auront plus rien au bout d’un an, d’autres auront multiplié par 10.

  15. Cela fait un moment que je trouve que le comportement de notre gouvernement vis à vis des monarchies du Golfe (Qatar, AS..) s’apparente à ce qu’a fait Petain : accepter de composer avec l’ennemi, en échange d’une certaine paix (paix sociale aujourd’hui…), au prix de nos valeurs et notre honneur…

  16. Trump comme Marine le Pen existent parce qu’il n’y a rien d’alléchant ailleurs et pis, les médias essayent de nous vendre du rêve qui n’en est pas, Juppé du côté français, Rubio du côté américain (pour rester à droite de l’échiquier politique des deux pays), désolé mais c’est juste une vaste blague. Le premier, un repris de justice pour rappel, est connu depuis au moins 30 ans et ne s’est pas vraiment distingué par ses faits d’armes, le second est incapable de faire autre chose que de débiter les discours de ses conseillers en communication (Chris Christie aura eu le mérite de dévoiler cette supercherie en plein jour). J’explique assez facilement le relatif engouement d’une Bernie Sanders à gauche, ou d’un Macron dans une moindre mesure, pour les mêmes raisons.

    Bref, pas étonnant que des politiciens que je qualifierai pudiquement d’excentriques, puissent émerger. Je connais, moi, des électeurs de Trump (mon propre voisin, un étudiant en collège communautaire et pas un « redneck », qui a même planté un panneau dans son jardin) et de MPLP, croyez-moi, ils sont tout à fait normaux et même souvent sympas, à mille lieues des clichés qu’on nous pond sur eux et c’est cet aveuglement là qui est mortifère chez les autres.

  17. Je suis assez d’accord avec l’état d’esprit de cet article. Rester entre soit est quelque chose qui frappe la société française. Il existe 4 France, qui vivent chacune de leur côté, qui ont leurs propres références, lisent leurs propres journaux, et même vivent dans leurs zones géographiques.
    1. Il y a les bobos urbains. A Paris, ils sont dans les arrondissement est (les attentats du 13 novembre avaient frappé au coeur de Boboland). Ils votent bien sûr PS et Ecolo
    2. Les cadres urbains (anciens bourgeois). Votent LR
    3. Les populations des banlieues issues de la diversité. Ne votent plus
    4. le reste, la France périphérique d’artisans, de commerçants d’indépendants qui travaille et qui voit dans sa petite ville ou son village, fermer les commerces, les représentations de l’état (poste, école, ..) et qui se sent oubliée car elle ne se reçoit pas les subsides déversées sur les banlieues. Elle ne comprends pas pourquoi ces banlieues reçoivent autant alors qu’elle, pas plus riche, travaille et ne reçoit rien. Elle vote FN

    1. J’ai consulté le blog de l’auteur et je pense que celui ci est comme tous les français. Il fait partie d’une population protégée et n’a pas dû voir grand chose au delà du périphérique et s’étonne que les populations votent pour un parti en fonction de leur situation sociale, géographique etc…Lui même ne déroge pas à la règle.
      Trump fait partie des populistes, il change les règles des grands partis, grappille un électorat le plus large possible. La montée de Trump est le symptôme de la déliquescence du bipartisme, de la corruption et des petits arrangements à la petite semaine. C’est un gros caillou dans les chaussures des démocrates comme des républicains. Malheureusement pour que les choses évoluent, il faut des personnes comme Trump pour que les choses évolues (bien qu’il soit très clivant, grossier, je pense que ce n’est pas l’abruti que l’on veut bien nous faire croire). Beaucoup de choses fausses sont dites sur lui pour le dénigrer, le décrédibiliser. Je ne suis pas non plus une adepte de Trump mais lorsque je vois le lâché de meutes, je me dis qu’effectivement il apporte au moins un questionnement sur nos élites. Quand je vois l’accord de UE avec la Turquie, je me dis que ce sont toujours les mêmes qui vont en payer les pots cassés autrement dit nous. Cet accord est une ineptie compte tenu de l’attitude d’ Ergodan. Allez, on lui file 3 milliards d’Euros par ci et 3 Milliards d’Euros par là. Croyez vous que l’argent va servir à résorber le flux d’immigrés ? J’ai ma petite idée sur la question.

    2. Il y a ceux qui ne payent rien et ont droit à tout, et ceux qui payent tout et n’ont droit à rien. C’est ça, la justice de classe.

    3. @Orior1638 : Les électeurs du FN ne reçoivent jamais d’aides de l’État ? Il n’y a aucun assisté, aucun subventionné, parmi les électeurs du FN ? Il n’y a que les « banlieues » qui se gavent de « subsides » ? La bonne blague !!!

  18. Comment peut on dire que Trump est une catastrophe alors que l’on admet qu’il porte la voie de beaucoup de citoyens américains?? Ceci montre bien l’arrogance et l’idée que les politiques ne sont pas là pour écouter et satisfaire les citoyens mais imposer leur système de société. Jusqu’à maintenant c’est plutôt Bush, Clinton et Obama qui ont été une catastrophe pour le monde ( crise financière, comportement de voyou, espionnage massif, millions de morts dans des guerres etc…). Trump, si il était élu, a bien peu de chances dêtre aussi toxique que ses prédécesseurs. Seul, quelqu’un comme lui peut avoir le courage et l’énergie de faire une rupture avec la politique étrangère et financière catastrophique des USA ( comme Reagan à l’époque, présenté comme un mauvais acteur et qui a été le meilleur président américain). Ne confondons pas ce que disent les candidats pour être élus ( la provocation en fait partie) et ce qu’ils sont capables de faire, une fois au pouvoir.C’est plutôt bon signe qu’il perturbe l’oligarchie qui nous amène dans le mur.

    1. +2
      Il ne sera sans doute pas le messie liberal qu’on attend tous, mais il aura du mal a être pire que 90% des dirigeants actuels du monde occidental…

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