Mais à quoi servent les Verts (EELV) ?

Publié Par Jacques Garello, le dans Politique

Par Jacques Garello.

Emmanuelle Cosse crédits Parti Socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)

Emmanuelle Cosse crédits Parti Socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)

A quoi servent les Verts ? C’est une question d’actualité politicienne. Les réponses ne manquent pas, mais je crois qu’il est opportun, à l’occasion du dernier remaniement ministériel, d‘aller un peu plus loin et de s’interroger sur l’importance que ces braves gens occupent dans la vie politique française.

Voyons d’abord les réponses données par les commentateurs. La première est la nécessité de remplacer Laurent Fabius au Quai d’Orsay, c’est l’explication officielle. Elle ne résiste guère à l’analyse : fallait-il faire entrer au gouvernement autant de ministres et secrétaires d’État tous issus de la famille verte ? La deuxième est de précipiter la désagrégation du bloc vert, réellement mal en point après le départ de nombreux cadres du parti EELV. Mais cette désagrégation était déjà consommée et aucune reconstruction durable n’est possible aujourd’hui. La troisième est de profiter de l’occasion pour confirmer le virage pris par les dirigeants socialistes en faveur de la politique libérale-sociale. Non seulement cette politique n’a aucun sens, mais le virage est très incertain.

Se prémunir de la gauche de la gauche

Finalement, je serais tenté de penser, sans grande originalité, que l’irruption des Verts est inspirée avant tout par des considérations électorales. D’une part, Hollande se prémunit contre un ralliement massif des Verts à un candidat concurrent, venu de la gauche extrême comme Mélenchon, ou des frondeurs, comme Taubira. On a remarqué d’ailleurs que Jean-Marie Baylet est entré au gouvernement et apporte la caution des radicaux de gauche. Donc Hollande cherche à diviser pour régner, vieille maxime politique. D’autre part, les Verts transfuges (et les radicaux modérés) représentent quelque 3 ou 4 % des votants, et c’est cet apport marginal qui peut-être permettrait à Hollande d’être au deuxième tour. Voilà donc les conjectures qui me sont venues à l’esprit. La réalité est peut-être ailleurs, mais je ne la connais pas pour l’instant.

En revanche, je connais bien une autre réalité, qui donne à réfléchir : pourquoi cette présence surprenante des Verts sur l’échiquier politique français, qui tranche avec l’absence quasi-totale de libéraux dans la classe politique ? Pourquoi les Grenelles de l’environnement ? Pourquoi Borloo, NKM ? Pourquoi la COP 21 ? Pourquoi Notre Dame des Landes ? Les médias donnent quotidiennement et durablement un écho privilégié à des « événements » qui représentent autant de désordres et d’inepties.

L’internationale verte

verts rené le honzecCertes la France n’a pas le monopole des Verts. Ils sont très présents dans beaucoup de pays européens, en particulier en Allemagne, et le groupe écologique au Parlement européen est substantiel. Plusieurs ONG ont une présence et des finances à l‘échelle mondiale, telle Greenpeace. Le GIEC a reçu le prix Nobel de la paix. L’internationale écologiste est aujourd’hui aussi puissante que jadis l’internationale communiste ; les liens entre les deux sont d’ailleurs étroits.

La chute du mur de Berlin avait fait le désespoir des ennemis de la liberté. Ils ont très vite trouvé la parade : faute d’avoir renversé le capitalisme et l’Occident à partir de la lutte des classes, ils allaient les ronger de l’intérieur avec le concept de « développement durable » né à la Conférence de Rio dès 1991 : exploitation du Sud par le Nord, épuisement des ressources naturelles, péril nucléaire, disparition des espèces et des essences et, finalement, l’arme absolue du réchauffement de la planète. Évidemment, cette apocalypse ne pouvait avoir pour origines que le marché, le profit, la propriété et pour résultats inéluctables les inégalités croissantes et le conflit entre générations.

En France, les défenses immunitaires contre la peste verte sont très affaiblies, au point qu’en 2007 tous les candidats à la présidentielle, Sarkozy inclus, ont signé la charte que leur proposait Nicolas Hulot. C’est que les Verts sont des Rouges politiquement corrects et dans notre pays l’impact du marxisme sur le système éducatif et médiatique est très puissant. Mais c’est aussi que la propagande du GIEC a été efficace : beaucoup de Français sont Verts de peur. Très adroitement les Verts se sont présentés pendant longtemps comme ni de droite ni de gauche, de sorte que les électeurs désespérés par les partis officiels ont eu de la sympathie pour les candidats écologiques, ce vote rejet étant assez proche de celui qui a fait le succès du Front National. Puis est venu le temps des Verts de gris : ils se sont fondus dans la masse de gauche et ont bénéficié de son succès en 2012. Du même coup, ils ont partagé les contradictions et les divisions de la gauche et ont eux-mêmes éclaté. Paradoxalement, cela vaut à certains de leurs leaders une surprenante promotion ; c’est dire la profondeur de leurs convictions.

Les verts olives

En revanche, ne désarment pas les commandos d’écolos professionnels, toujours actifs et violents sur le terrain, comme à Notre Dame des Landes ou naguère à Fessenheim, comme jadis au Larzac. Voilà des purs de purs, des Verts olive, persuadés que l’écologie doit être politique et anarchiste. Ils vont de pair avec les Bonnets rouges et les paysans bretons. Ils traduisent le nihilisme français, prolongement naturel du socialisme attardé.

L’écologie, le souci apporté à l’environnement, la lutte contre la pollution, méritent pourtant mieux que ce qui se fait en France. Il existe une écologie de marché qui permet de régler la plupart des problèmes en démontrant les bienfaits de la propriété privée et la possibilité de mettre les gens en situation de responsabilité par la précision et l’échange des droits de propriété. Mais collectivisme et réglementation sont les mamelles de la France. Voilà pourquoi les Verts sont bien là, avec un développement durable.

Sur le web

  1. quand on apprend que le gouvernement a cédé aux lobbys industriels de ne pas prendre en charge les pollutions dont ils peuvent être responsables ……je n’ai pas entendu les verts à ce sujet ;

    1. Il semble d’une part que l’amendement ait été retiré, et d’autre part que l’interprétation qui en était faite par les médias ne manquait pas d’exagération. L’amendement, en éliminant les risques de condamnation sur des définitions arbitraires de « pollution » ou « atteinte à l’environnement » sans victimes aurait supprimé essentiellement des judiciarisations abusives.

  2. La réalité ultime de l’écologie, c’est que nous finirons tous rongés par les verts.

  3. A NDDL le mouvement de contestation est orchestré par les Altermondialistes …d’abord allies avec la Conf Paysanne (ext;gauche ) , Front de Gauche , MPA, Anarchistes, et des Verts dogmatiques(dont certains sont des altermondialistes qui se servent de EELV pour se faire élire et devenir plus « respectable « (Ex Jadot ) ce qui leur permet l’accès aux médias .
    Mais tous additionnés représentent une minorité agissante ne voulant pas respecter la démocratie et la légalité .
    NDDL est un exemple interessant …ou les procédures ont été respectées , la justice a statué favorablement a + de 150 recours …et face au laxisme et au manque d’autorité Du President et de L’Etat cette Zone de non-droit persiste et les travaux ne sont pas commencés . Mieux si un réferendum (ou une consultation ) dont il n’y avait nullement besoin legalement répondait OUI au Projet(ce qui ne fait pas de doute pour les citoyens Concernés et futurs utilisateurs de cette infrastructure …ces minoritaires( venus en grande partie de l’extérieur )n’accepteront pas le Verdict …En clair l’Anarchie Règne…

    1. « En clair l’Anarchie Règne… »

      L’anomie, pas l’anarchie. L’anarchie est pilotée par l’état de Droit, l’anomie par le droit du plus fort.

      1. Adolfo Ramirez Jr

        le droit du plus médiatique.

  4. A pondre des lois, des règlements, des taxes et impôts; à surveiller et culpabiliser chacun et chacune dans le moindre de ses gestes. A infantiliser et vulgariser la politique ….etc etc.

  5. Réponse: à rien

    Sinon de faire valoir pour tenter de grappîller des voix pour les prochaines élections ….
    Avec des génies comme Placé ….. la France est sauvée, la planète aussi ……. Alléluia

  6. Bonjour

    Les verts oublient que la pollution était majeure dans les pays socialistes (RDA et autres) et que seul un système respectant les droits individuels est en mesure de protéger SON environnement, et non l’environnement en général.

    1. L’environnement n’est pour eux qu’un outil pour faire de l’anticapitalisme. Ils n’en ont rien à cirer des environnements individuels, seule compte la possibilité de nuire aux entreprises privées et de renforcer les droits de l’état. Rappelons que les dommages de l’Amoco ont servi à construire des médiathèques, des salles municipales, et des espaces piétons goudronnés dans les petits bourgs bretons — une fois les cabinets d’avocats verts payés et surpayés. Quant à l’Erika, personne ne sait plus quel était l’armateur, il n’y a même pas d’entrée Wikipedia au nom de Tevere Shipping, mais la Corinne Lepage a fait faire fortune à son cabinet d’avocats aux dépens du propriétaire de la cargaison, Total…

    2. Les fascistes verts ont le même objectif que les fascistes staliniens : contrôler et diriger la vie des autres par tous les moyens.

    3. Le collectivisme est la pire source de gâchis et donc de consommation excessive des ressources et de pollution !

      Prenez le simple exemple d’une cafetière commune entre collègues de travail : vous achetez des paquets de café moulu en faisant un cagnotte ou en fournissant tour à tour. Le fait de préparer du café par habitude et en trop grande quantité en piochant librement dans la réserve va simplement doubler la consommation – dont l’excédent sera jeté.

      C’est idiot, mais les mesures collectivistes mises en place au nom de l’écologie ont probablement un impact global généralement négatif. Mais qui se soucie de le mesurer de façon objective ?

    4. Son environnement ? un environnement individuel?
      Je peux me tromper , mais la planete est un tout , c’est un écosysteme. Il n’y pas d’environnement individuel non?

      Est-ce que le collectivisme des ressources est une bonne chose? on peut se poser la question.
      Est-ce que le capitalisme nuit à l’environnement ? on peut se poser la question.

      mais c’est assez sain , d’avoir un parti qui se pose des questions que sur le prisme écologique/environnementale. un parti qui n’a pas vocation à gouverner , mais qui permet de parler de certains sujets.

      Le probleme de EEVL , c’est que ça fait longtemps qu’il ne fait meme plus cela.

  7. Déjà ils trompent par le langage. l’écologie est une science, pas une idéologie. L’écologie politique est une oxymore. Il faudrait appelée cette mouvance l’écologisme, une sorte de communisme verdâtre … en s’appropriant le langage ( que fait l’académie française ! ) , les « écologistes » font croire qu’ils sont les seuls à faire de l’écologie … …

    je lance donc un appel à tous les journaliste : EELV, ça veut dire « Europe Ecologisme les Verts » …

    1. Et la science, c’est comme le schmilblick, ça ne fait pas de politique !

      Le terme environnement avait un sens : on est concerné par ce qui nous entoure et les répercutions possibles sur notre santé et notre qualité de vie.

      Le développement durable en a déjà beaucoup moins : il cherche à dissimuler le fait que la surprotection de la nature ou des ressources est antinomique avec le développement.

      Le terme « écologie » est une simple récupération de la science pour donner un aspect sérieux et incontestable à un ramassis d’objectifs et de rejets d’une classe désœuvrée qui se cherche.

      Quel sera le prochain terme ? L’eco-conscientisation-positive ? L’alter-socio-naturalisme ? ou la Voie (Relire Tintin, « Le Lotus Bleu ») ?

      1. J’ai oublié le terme « Les verts » qui joue sur le côté affectif. A part quelques exceptions (j’en ai rencontré), on est sensible à la nature et au charme des petits oiseaux qui gazouillent dans les arbres. 99,9% de la population serait incapable de survivre 3 jours en forêt à quelques km de son domicile (ne parlons même pas de l’Amazonie). Mais on a besoin d’un arbre ou une plante verte à proximité pour assurer notre équilibre. Etrange pour une population qui ne peut plus se passer de son smartphone mais indéniable. Je fais partie de ces amoureux des arbres, mais en revanche je me passe très bien de toilettes sèches.

      2. naturel, produit chimique..non au nucleaire ( on éteint le soleil?), faire de la qualité …

  8. Si je partage votre analyse sur la situation des verts je suis dérangé par la fin de votre article, lorsque je lis « Il existe une écologie de marché qui permet de régler la plupart des problèmes en démontrant les bienfaits de la propriété privée et la possibilité de mettre les gens en situation de responsabilité par la précision et l’échange des droits de propriété » je dois dire que je bondis de mon siège. Pour être moi même un ancien fonctionnaire de l’Union Européenne je peux vous parler du système communautaire d’échange de quotas d’émission qui, bien qu’une bonne idée sur le fond, se révèle peut efficace voir parfois contre productif

    1. Il me semble que les quotas d’émission n’ont rien à voir avec le droit de propriété.

    2. « système communautaire d’échange de quotas d’émission qui, bien qu’une bonne idée sur le fond … »

      Et les quotas agricoles associés à des subventions, c’était aussi une bonne idée sur le fond ?

    3. Claude: « je peux vous parler du système communautaire d’échange de quotas d’émission qui, bien qu’une bonne idée sur le fond, se révèle peut efficace voir parfois contre productif »

      Ça a surtout beaucoup à voir avec de l’administratif et de la bureaucratie et peu avec la propriété privée et la responsabilité.

    4. une bonne idée sur le fond….

      tout est dans le bon..bon pour nous…nous le collectif, interet collectif…etc…que bien sur les fonctionnaires européens défendent…

      1. C’est quand même la premier fois on on a pu échanger, voire monétiser une matière première virtuelle : le droit à émettre du CO2. Hallucinant !

  9. Excellent article.
    Il était utile de rappeler l’origine de ces cryptomarxistes, et de leur dissimulation sous d’autres oripeaux plus présentables pour les bobos et les autres niais.

    L’internationalisation de ce mouvement ne cache plus les motivations les plus dictatoriales et rétrogrades de certains.

    Un retour au moyen âge intolérant, et dominé par une pensée archaïque ennemie de toute science et progrès, ça c’est leur rêve.

    Ils doivent admirer les islamistes qui font table rase de l’histoire d’avant l’islam. Un nouveau monde, pur, sans préjugés de morale bourgeoise, ça ne vous rappelle rien ?
    Moi, si. Communisme et nazisme.

  10. la notion de zad est assez amusante car vous pouvez être certain que les gens qui vouent aux gémonies le droit de propriété applaudissent aux zad… pas tous certes…

  11. Les Khmers Verts, également surnommés les pastèques (verts dehors rouges dedans) ne servent pas à grand chose comme la plupart des hommes politiques. Comme certains l’ont déjà dit l’écologie est souvent un prétexte pour eux qui leur sert à dénigrer le capitalisme (méchante propriété privée des biens de production, méchants chirurgiens qui veulent que leurs mains leur appartiennent alors qu’on devrait les couper et les donner à la sécu), le marché (méchant consentement mutuel), l’industrie (méchante abondance qui fait que j’ai un Iphone pour me plaindre du capitalisme quand je conduis ma voiture) etc…

    Les écolos sont des agitateurs qui servent à remplir l’espace médiatique quand celui ci en a marre de faire voir une réalité qui pousserait plus à la pendre des élus qu’à payer des impôts pour payer leurs subventions.

  12. Placé, Cosse et Hollande : la dream team qui va « sauver le monde » ahahahahahahaha !!!!

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