La promesse trompeuse de la démocratie

Publié Par Institut Coppet, le dans Philosophie

Après 23 ans de règne sans partage en Tunisie, Ben Ali fut le 1er dirigeant d’un pays arabe à quitter le pouvoir sous la pression de la rue. Deux ans après sa chute, le 14 janvier 2011, voici une analyse qui éclaire les enjeux des révolutions arabes et, plus généralement, de la démocratie.

Par Karel Beckman*, traduction Mathieu Chauliac, Institut Coppet

Article publié en collaboration avec l’Institut Coppet

Les gens du monde entier luttent contre les régimes autocratiques au nom de la liberté et de la démocratie. Ils ont raison de se battre au nom de la liberté, mais tort de se battre au nom de la démocratie. Les libertariens devraient prendre position clairement pour expliquer que la voie démocratique ne conduit pas à la liberté mais à l’esclavage.

La plupart des libertariens ne font aucune difficulté pour soutenir les peuples dans leurs mouvements spontanés de protestation contre les régimes autoritaires partout dans le monde. Contrairement aux néo-conservateurs ou aux libéraux, les libertariens ne sont pas inquiets des menaces sur la « stabilité » d’un État soutenu par les Américains. Ils ont toujours eu conscience du risque de « blowback » (retour de flamme) consécutif au soutien de dictatures, car les populations opprimées se révoltent non seulement contre leurs oppresseurs mais finissent également par se retourner contre leurs soutiens occidentaux. L’Histoire depuis l’après-guerre est truffée d’exemples de ce phénomène.

Mais que pensent les défenseurs des libertés de la propension de ces manifestants à se battre généralement pour davantage de démocratie ? Car il est indéniable que ce que les dissidents demandent dans les pays autoritaires comme la Russie, la Chine, l’Égypte, la Tunisie et les États du Golfe persique, ce sont en dernière instance des « élections libres ». D’ailleurs, la première de ces manifestations modernes qui a eu lieu place Tiananmen en 1989, s’est fait connaître sous le nom de Mouvement Démocratie 89.

Voilà un dilemme de taille pour les libertariens. Certes, depuis la publication par Hoppe du célèbre Democracy – The God That Failed en 2001, les libertariens sont devenus de plus en plus critique sur l’idée même de démocratie. On peut dire que grâce à Hoppe, ils ont redécouvert la dimension antithétique de la démocratie et de la liberté.

Comme Hoppe et d’autres l’ont expliqué, la démocratie (« gouvernement par le peuple ») n’est pas du tout la même chose que la liberté (« liberté de l’individu »). Dans un système de « peuple souverain », toutes les décisions importantes relatives aux différents aspects de la société sont prises par «le peuple», c’est à dire par le gouvernement démocratiquement élu censé représenter le peuple, en d’autre termes : l’État. Dans un tel système, les gens se tournent naturellement vers l’État pour résoudre leurs problèmes ou pour traiter des maux de la société. La conséquence logique – puisque l’interventionnisme tend à s’auto-entretenir – est cette constante expansion du pouvoir de l’État.

Voici exactement ce qui s’est passé en pratique, dans les pays démocratiques. L’avènement de la démocratie a insidieusement affaibli plutôt que défendu le droit de propriété et les libertés individuelles dans les pays occidentaux. Le pouvoir de l’État n’a cessé de croître au cours des 100 à 150 dernières années, accompagnant l’augmentation des références au concept de démocratie par les gouvernements. Entre le 19ème siècle et la Première Guerre mondiale, la charge fiscale en vigueur dans un pays comme les États-Unis se limitait tout au plus à quelques pourcents, sauf en temps de guerre. L’impôt sur le revenu n’existait pas et était même interdit par la Constitution.

Mais comme les États-Unis ont été transformés, passant d’un État fédéral décentralisé à une démocratie parlementaire, le pouvoir du gouvernement n’a cessé d’augmenter. Les dépenses du gouvernement des États-Unis sont passées d’environ 7% en 1870 à 42% en 2010 (chiffres de The Économist). Les dépenses publiques et l’endettement sont désormais parvenus à un niveau totalement hors de contrôle. Ce constat se répète dans chacune des autres démocraties occidentales.

La stupéfiante quantité de lois par lesquelles le gouvernement contrôle les citoyens a été augmentée au-delà de tout ce que les Pères Fondateurs auraient pu imaginer dans leurs rêves les plus fous. Le Code of Federal Regulations (CFR) – qui énumère toutes les lois adoptées par le gouvernement fédéral –tenait en un seul livre en 1925 mais nécessite en 2010 ni plus ni moins que 200 volumes, et le seul index occupe plus de 700 pages. Il contient des règles pour tout ce qui vit sous le soleil, depuis la norme en vigueur pour un bracelet de montre à la façon dont les rondelles d’oignons doivent être découpées dans les restaurants.

Pire encore, on compte un demi-million de détenus derrière les barreaux aux États-Unis rien que pour les « crimes liés aux drogues ». Personne n’est à l’abri des forces de l’ordre ces jours-ci et n’importe qui peut être enfermé sous le moindre prétexte. Aucun «droit» n’est sacro-saint, ni le celui de liberté d’expression ni celui de propriété privée.

Et aucun signe d’amélioration ne point à l’horizon. On peut dire, selon le mot de Lew Rockwell, que « chaque jour nos marchés sont moins libres, nos biens moins sécurisés, nos lois plus arbitraires, nos fonctionnaires plus corrompus et notre idéal de liberté un souvenir plus lointain. »

Rébellion et révolution

Il va de soi que ce n’est pas de cette façon que les manifestants conçoivent l’idée de démocratie. Ils l’associent bien évidemment à la liberté.

Ce que les gens appellent de leurs vœux dans les États dictatoriaux ce sont deux choses : un niveau de vie décent, et la maîtrise de leur propre vie – de leur environnement, de leur carrière et de leur vie sociale. Pour le moment ils n’ont aucun droit de regard sur les lois qui régissent leur vie. Ils n’ont aucun contrôle sur leurs biens ou sur leur environnement. Ils ne peuvent pas créer une entreprise sans l’autorisation de bureaucrates corrompus. Ils n’ont aucun pouvoir sur des évènements tels que la construction d’un barrage qui va inonder leur village ou d’une usine polluante qui va détruire leurs cultures. Et le seul moyen qu’ils ont pour se débarrasser de leurs dirigeants est la révolte et la révolution.

Ils voient dans la démocratie la solution à tous leurs problèmes. Ils sont persuadés que la démocratie va leur donner les moyens de choisir leurs propres dirigeants ainsi que les lois qui les régissent afin de leur permettre de recourir à des tribunaux indépendants lorsque leurs droits sont bafoués. Et ils croient que la démocratie va leur apporter la prospérité.

Ces certitudes sont parfaitement compréhensibles. Après tout, dans les pays démocratiques occidentaux les citoyens ont un certain contrôle sur leur vie. Ils sont capables dans une certaine mesure, de choisir leurs gouvernants ou de s’en débarrasser par le vote. Ils ont des tribunaux plus ou moins indépendants auxquels ils peuvent faire appel s’ils estiment que leurs droits ont été violés. Ils sont dans une certaine mesure libres de se déplacer, d’aller chercher un meilleur emploi ou une vie meilleure ailleurs (au moins dans leur propre pays). Et leur niveau de vie est généralement plutôt élevé.

Telles sont les promesses que la démocratie fait miroiter aux peuples opprimés du monde.

Ce que ces gens opprimés ne réalisent cependant pas c’est que les citoyens qui jouissent de la liberté et de la richesse dans la plupart des pays occidentaux ne doivent pas cela à la démocratie dans leurs pays mais à des systèmes démocratiques bâtis sur des fondements libéraux classiques.

Toutes les libertés dont bénéficient les Américains (ou dont ils ont jadis bénéficié) – la propriété privée, la liberté de circulation, la liberté d’expression, l’indépendance des tribunaux et les pouvoirs limités des dirigeants – ont été établies par les Pères Fondateurs après la révolution américaine (en partie inspirée des traditions classiques et libérales britanniques). C’était avant l’avènement de la démocratie telle que nous la connaissons aujourd’hui. Et ce constat vaut dans d’autres pays occidentaux. D’abord vint la liberté individuelle, puis vint l’État-Nation démocratique.

Dans les démocraties qui se formeront peut être en Égypte, en Tunisie, en Libye, ou, qui sait, en Chine, pays où il n’y a pas de tradition libérale classique, il n’y a aucune raison de s’attendre à ce que l’avènement de la démocratie conduise à davantage de liberté. Bien au contraire, étant donné que « le peuple» dans ces nouvelles démocraties demande que l’État accomplisse leurs souhaits, on assistera très probablement à la création de dictatures socialistes, nationalistes ou religieuses.

Lors des premières élections libres en Égypte, les partis libéraux et laïcs qui ont initié la révolte place Tahrir, n’ont obtenu que 7% des voix. Les Frères musulmans et d’autres partis islamiques radicaux sont devenus les plus grands partis, et de loin. En Tunisie, le même phénomène s’est produit. Il semble tout à fait improbable que les islamistes appellent à l’instauration d’une société libre. Bien au contraire ils sont susceptibles de faire l’inverse et de soumettre la société tout entière à la charia.

Or, cela n’est pas un problème exclusivement arabe ou islamique. Dans des pays comme le Venezuela, la Thaïlande et la Hongrie, les dirigeants élus n’ont pas vraiment l’intention d’établir des sociétés libres. Si la Chine quant à elle prenait un virage démocratique, certains partis ultra nationalistes pourraient refaire surface.

Donc, bien que les partisans de la démocratie en Occident aient à juste titre salué le mouvement du printemps arabe comme une victoire pour la démocratie, ce mouvement ne s’avèrera sans doute pas (à quelques exceptions près) constituer une victoire pour la liberté.

On pourra bien sûr poser les questions suivantes : Les Frères musulmans n’ont-ils pas le droit de choisir leur propre vie ? De se conformer à la charia, par exemple, s’ils le désirent ? La réponse est oui. Le problème, c’est que dans une démocratie – dans un État-nation démocratique – ils n’entendent pas seulement gouverner leur propre vie, mais étendre un contrôle sur l’ensemble de la société. C’est comme cela que le système démocratique fonctionne.

Que devons-nous, en tant que libertariens conséquents dire à ces gens courageux qui affrontent là-bas canons et tanks dans une lutte pour la liberté ? N’allons-nous pas les décevoir si nous affirmons qu’ils ne devraient pas se battre pour la démocratie ? La réponse est non. Pas si l’on explique qu’ils devraient se battre non pour la démocratie mais pour la liberté. Que cela signifie concrètement qu’ils ne doivent pas tenter de remplacer leur régime autoritaire par un État-Nation démocratique, mais qu’ils devraient plutôt chercher à se détacher de l’État en général, travaillant à la création de leur propre société libre décentralisée dans un territoire qui leur appartient. Certes, il n’est pas certain que la majorité les laisse faire mais là encore, cela dépend des circonstances.

Tout cela devrait nous inciter à réfléchir à ceci : n’est-ce pas ce que nous devrions aussi essayer de faire chez nous, dans le monde occidental ?

Source : http://lewrockwell.com/orig13/beckman1.1.1.html

*Karel Beckman est co-auteur, avec Frank Karsten, d’un essai limpide sur la démocratie. Dans ce livre intitulé Beyond Democracy, les auteurs démontrent clairement à travers 13 mythes fort répandus quels sont les problèmes posés par le système démocratique, et pourquoi l’idée de démocratie est fondamentalement opposée à l’idée de liberté. Beyond Democracy sera bientôt disponible en français sous le titre : Dépasser la démocratie.

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    1. Pas depuis l’invasion éthiopienne ni la fédération et militarisation des groupes islamiques locaux (par certains soutiens étrangers intéressés). L’époque « libre et décentralisée » relevée par les observateurs de la banque mondiale en 2000 est révolue.

    2. Il faut arreter avec la somalie comme exemple libéral/libertarien. On peut voir la somalie comme un paradis pour survivalistes, mais chaque personne étant propriétaire de son corps, l’absence de sécurité physique entraine une absence de liberté.
      Bordel.

  1. « Il faut arreter avec la somalie comme exemple libéral/libertarien. On peut voir la somalie comme un paradis pour survivalistes, mais chaque personne étant propriétaire de son corps, l’absence de sécurité physique entraine une absence de liberté.
    Bordel. »

    Est ce que tu peux détailler ton argumentation stp… Parce que je serai un peu démuni si qn me citait la Somalie en contre-exemple et je trouve que ta réponse est top courte et mériterait d’être détaillée

    1. Quand tu ne peux pas mettre le nez dans un lieu public sans craindre pour ta vie, tu n’es pas libre.
      Le libéralisme ne s’entend qu’au sein d’une société (un groupe de personne) doté de raison (capable de faire appel à un tiers pour arbitrer ses conflits).
      Ton corps est ta propriété donc si quelqu’un te tue,te blesse ou menace de le faire il doit répondre de ses actes. De la même si on vole ou dégrade tes biens.
      La Somalie ne répond pas à ces conditions. Ce n’est pas une société libérale parce que ce n’est pas une société, c’est un ensemble de tribus vivant dans le mépris du droit naturel.

        1. heirophant: « Peut-être qu’ils ont un droit naturel différent du tiens. »

          Peut-être qu’ils aiment bien se faire voler ou tuer effectivement…
          Tu as des documents pour soutenir ta théorie originale ?

          1. Il suffit d’être du côté des plus forts. Du point de vue d’un fort, il n’y a aucune raison de limiter sa liberté de faire du mal aux faibles. Si les faibles se font voler ou tuer, ils n’ont à s’en prendre qu’à eux-mêmes.

          2. « Du point de vue d’un fort, il n’y a aucune raison de limiter sa liberté de faire du mal aux faibles.  »
            Donc non, on ne peut pas suivre une philosophie que l’on ne comprend pas

          3. La notion de personne n’a de sens que dans la mesure où on lui reconnait une capacité de choix : la liberté. Si la liberté n’est qu’une chimère, la personne n’existe pas. Hierophant vient de s’autodétruire sous nos yeux, au moins en tant que personne. Ne reste plus qu’un rouage social surdéterminé par la programmation parfaite (forcément parfaite) de son circuit imprimé, qui n’a aucune importance

            Si la libertté n’est qu’une chimère, tu n’existe pas

            1. Cher P, votre interprétation est bien trop sympathique.
              C’est bien pire que ça, heirophant vient, en toute décontraction, d’expliquer que la liberté était une notion sans valeur à ses yeux. C’est bien une personne, puisqu’il pense et exprime ici son point de vue, mais une personne dégueulasse, sans aucune moralité.

          4. Quelle jouissance de constater que la provoc marche toujours du tonnerre!
            Je suis libéral, donc contre la liberté des faibles. La sécurité est pour les faibles, seul importe le risque des forts qui font avancer la société.

          5. heirophant: « Je suis libéral, donc contre la liberté des faibles. »

            Un libéral ne fait aucune distinction de ce genre. Tu es juste un imbécile très commun.

          6. Tu n’as pas plus d’intelligence qu’un perroquet sinon tu aurais au moins appris ou tenu compte de toutes les discussions. On n’explique rien à un perroquet, on s’amuse avec.

            Dis « Coco est content »

          7. Ce que je constate, c’est que c’est toujours 2 poids 2 mesures, éluder ce qui gêne, garder ce qui arrange, voir la réalité à travers le prisme de sa classe, et nous voici au paradis des bisounours libéraux!

          8. Un perroquet ne constate rien, il répète les mêmes slogans vide de sens malgré tout ce qu’on peut lui dire. ->Checked !

            Dis « bonjour je m’appelle Coco »

          9. heirophant: « Concrètement, dans les faits, c’est quoi exactement la liberté pour un libéral? Soyez précis. »

            Pas besoin de nous rappeler que tu balance tes petit slogans sans rien connaitre même aux bases du libéralisme, c’était évident.

            Chante petit oiseau.

          10. Tu n’oses pas avouer que la seule liberté qui compte pour un libéral, c’est de ne pas payer d’impôts. Lis entre les lignes petit, exerce ton esprit critique, brise les chaînes qui te lient à ton modèle indépassable, émancipe-toi et tu verras ce qu’est vraiment la pensée libérale libérée de sa fausse conscience!

          11. La liberté peut se définir de plusieurs manières équivalentes.
            La plus simple (à mes yeux) est la suivante : tu es libre si tu peux choisir tes contraintes.
            Comme discuté en commentaire d’un autre article, exclure la contrainte ne peut être réalisé qu’en raison de la raison de l’homme, c’est à dire en sa capacité à pouvoir reconnaitre un tiers comme arbitre dans un conflit avec quelqu’un. C’est pour cela que l’exercice de la force, ou la menace de l’exercice de la force doit être exclue de la société : tu ne fais pas justice toi même, et tu ne prend pas le bien d’autrui par la force. Au lieu de cela, tu demande à un tribunal de trancher tes litiges et tu échanges avec les autres pour t’enrichir.
            Cela n’exclue pas la force de la société mais la canalise : si des gens veulent se tapper dessus, il le peuvent si tout les participants sont d’accord.
            Par contre, cela exclue l’ensemble des « doit à » (logement, travail, etc.) puisqu’ils correspondent à une contrainte pour les autres.
            C’est clair ?

          12. C’est à peu près clair, mais tu donnes ici une opinion bien personnelle puisque nombre de libertariens te rétorqueront que la liberté n’admet absolument aucune contrainte.

            « tu ne fais pas justice toi même, et tu ne prend pas le bien d’autrui par la force. Au lieu de cela, tu demande à un tribunal de trancher tes litiges et tu échanges avec les autres pour t’enrichir. »

            Tu es pour la privatisation de la justice? Si c’est le cas, c’est le retour de la loi du plus fort. Sinon, tu sais que nombre de libertariens veulent privatiser la justice…

            « Par contre, cela exclue l’ensemble des « doit à » (logement, travail, etc.) puisqu’ils correspondent à une contrainte pour les autres. »

            C’est une contrainte exercée sur l’ensemble de la collectivité, comme l’éducation. Tu dis toi-même qu’il est nécessaire d’appliquer une certaine contrainte, mais tu t’arrêtes aux droits à. Le problème est donc que tu imposes une limite,et chacun conçoit ses propres limites, chacun a une vision différente de ce que doit être la limite. Donc on retombe dans l’arbitraire ou les querelles de chapelle qui ne mettront jamais d’accord personne.

            1. Tiens, tu es toujours là à répandre tes idées relativistes et dégueulasses, toi…
              Toujours à nous expliquer que la liberté n’existe pas car elle ne peut être définie. Ce qui permet de s’asseoir dessus.
              Ben voyons… Comme si les libéraux n’étaient pas habitués à cette rhétorique foireuse qui permet de justifier l’ignominie social-démocrate.

          13. « Tiens, tu es toujours là à répandre tes idées relativistes et dégueulasses, toi… »

            Tiens, je croyais pourtant que tu étais pour la liberté d’expression et la fin de l’oppression du pouvoir?
            Un libéral est relativiste, CQFD, jusqu’à un certain point évidemment, mais ce point est différent pour chacun. Il n’y a pas d’absolu, pas de valeur, de morale ou d’autorité transcendante, rien que des monades isolées poursuivant leurs intérêts égoïstes. Les vices privés font les vertus publiques, laissez faire, bla bla bla.
            Si tu me dis qu’il y a un absolu, on retombe dans les siècles d’obscurantisme où l’on voulait imposer la dictature du Bien. Conscient de la monstruosité de ton idéologie, tu instaures des limites à l’intérieur d’un cadre conceptuel qui n’en a cure. Donc tu te contredis, donc tu n’es pas vraiment libéral.

  2. Mais quel régime politique pour garantir la liberté ?
    Si la démocratie détruit la liberté, faut-il donc lui préférer la dictature ?

    Selon moi le diagnostic est juste mais la cause en est la démocratie purement représentative, et la solution est la démocratie semi-directe, à la suisse. Donc pas la démocratie, mais son insuffisance.

    Par ailleurs le constat du recul des libertés me paraît encore bien plus alarmant qu’à l’auteur, car il s’agit selon moi ni plus ni moins que de totalitarisme.
    Sous un jour « sympa » jusqu’ici, mais, Hayek l’a montré dans « The road to serfdom », il deviendra immanquablement hideux.

    Les sociétés occidentales étaient chrétiennes et donc dissociaient Dieu et César, soit l’autorité religieuse et régalienne, concrètement la morale et la police.

    Or il ne peut y avoir de société civile sans cette distinction: S’il y a une autorité morale et une autorité régalienne, alors il existe un espace pour la société civile.

    Le socialisme se veut autorité morale, ce qui justifie pleinement qu’on le considère comme une religion séculière (Vincent Peillon, Philippe Némo…) Voyez le « mariage pour tous »: Comme l’islam, le christianisme et toutes les religions, le socialisme a sa vision du mariage – évidemment égalitariste et vouée à supprimer la responsabilité.

    Mais la religion socialiste ne se veut aucunement séparée de l’État, bien au contraire. C’est pourquoi elle assèche la société civile par l’impôt et les services publics gratuits, et l’étouffe par des associations subventionnées, une multitude de lois et règlements, et un conformisme étouffant imposé par ces associations au moyen de ces lois. Qu’elle se réclame de la laïcité pour ce faire ne doit pas surprendre: C’est une constante de sa dialectique, désigner son action par le terme opposé.

    L’islamisme présente exactement le même problème, quoique sous un jour moins sympathique. Mais qu’on veuille supprimer les libertés ou les responsabilités, le résultat est le même…

    En conclusion: Le contraire du totalitarisme étant la distinction entre autorités régalienne et morale, et cette distinction restant à ce jour, que je sache, le propre du christianisme, il faut sauvegarder ce qui reste de référence chrétienne dans notre culture.

    1. La « démocratie » telle que présente actuellement, est très différente de la démocratie grecque classique.
      Dans l’antiquité, le hasard tenait une place prépondérante, on ne demandais pas leur avis aux gens, on tirait les postes au sort, ce qui est bien plus efficace

    2. « Si la démocratie détruit la liberté, faut-il donc lui préférer la dictature ? »
      Pour H.H. Hoppe que cet article cite, clairement oui.
      Il faut renoncer à la liberté d’expression, aussi.

    3. Fucius: « Selon moi le diagnostic est juste mais la cause en est la démocratie purement représentative, et la solution est la démocratie semi-directe, à la suisse. Donc pas la démocratie, mais son insuffisance. »

      100% d’accord, il faut avoir une sacré paire pour oser appeler cette oligarchie bi-partite « démocratie ».

      « Démocratie » classée d’ailleurs entre l’Afrique du Sud et la Slovénie:
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_d%C3%A9mocratie#Classement_2010.5B2.5D

      Détails amusant, le haut du tableau est squatté par des pays qui s’en sortent bien mieux économiquement et socialement.

  3. ‘Dans l’antiquité, le hasard tenait une place prépondérante, on ne demandais pas leur avis aux gens, on tirait les postes au sort, ce qui est bien plus efficace »

    On demandait pas non plus leur avis aux esclaves, métèques, femmes et autres non-citoyens.

    1. Ce qui a du sens : on demande son avis aux citoyens, donc aux gens qui, n’ayant plus besoin de travailler pour vivre, on le temps de s’occuper de la vie de leur cité.
      Le métèque artisan potier qui bosse toute la journée pour gagner son pain n’en a rien a faire des problèmes politiques de la cité, il veut simplement qu’on le laisse vivre.

      1. « on demande son avis aux citoyens, donc aux gens qui, n’ayant plus besoin de travailler pour vivre, on le temps de s’occuper de la vie de leur cité. »

        Le pouvoir donc, pour Fergunil, doit revenir uniquement à ceux qui ont « le temps de s’occuper de la vie de leur cité ».
        – Les rentiers
        – Les retraités.

        Fergunil recommanderait donc pour slogan aux manifestants du printemps arabe :
        « Le-pou-voir Aux-rent-iers ! Le pou-voir aux re-trai-tés » !

      2. Fergunil: « Le métèque artisan potier qui bosse toute la journée pour gagner son pain n’en a rien a faire des problèmes politiques de la cité, il veut simplement qu’on le laisse vivre. »

        Bien au contraire et justement: Dans une démocratie semi-directe il vote sur des questions précise qui le touchent directement: Lois fiscale, lois juridique, sans leurs vote ce n’est pas une démocratie c’est une oligarchie.

        France: le gouvernement porte le taux de taxes des poteries privée à 64% en concertation avec les fonctionnaires des poteries publique.

        Vrai démocratie: « Voulez vous porter le taux des taxes de poteries à 64% OUI/NON »

        En vrai ça marche, les pays les plus démocratique de la planète sont ceux qui sortent le mieux et de loin.

        1. @Ilmryn : Justement, l’intérêt de ne faire voter que les citoyens qui ne travaillent pas et sont au dessus du besoin, tout en étant les soldats de la ville, tu évites le populisme et les élites doivent se tenir calmes : elles risquent de mourir à la guerre à l’extérieur ou de se faire tuer dans une révolte. Et puis en toute honnêteté, il y avait plus de citoyen à Athènes que d’hommes politiques en France, la représentation n’en est que plus efficace.

          1. Fergunil: « Justement, l’intérêt de ne faire voter que les citoyens qui ne travaillent pas et sont au dessus du besoin »

            J’ai beau tourner ça dans tout les sens je ne vois pas quel raisonnement tordu te fais croire que c’est une bonne idée et je ne vois pas non plus le lien avec la réalité.

            Qu’est ce que tes gens-foutre ultra-riche, assistés ou payés par les autres vont prendre comme bonne décisions pour ceux qui les paient ou les subissent !?

            La démocratie semi-directe marche très bien là ou elle est appliqués, ceux qui payent ou subissent sont parti prenante pas besoin d’aller chercher des trucs tordus.

            Le problème de la France est justement un manque de démocratie ce qui permet à des crétins mauvais gestionnaires de faire payer leurs erreurs par les potiers.

  4. Heu on rigole où ? Combien de grand esprits se sont concertés pour sortir ça ? C’est quoi une démocratie ? C’est quoi la liberté ? commencez par le fondamental ; après vous pourrez peut être sortir quelque chose de construit et cohérent.