Le sale petit secret du « droit à la paresse »

Au « droit à la paresse » des uns répond une obligation de financer l’improductivité par les autres.

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Le sale petit secret du « droit à la paresse »

Publié le 7 mars 2023
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Les opposants au recul de l’âge de la retraite proposée par la réforme mal ficelée portée par le gouvernement Macron ne s’embarrassent pas vraiment de nuances. Après avoir joué sur la corde du misérabilisme (les pauvres meurent avant la retraite), le complotisme (c’est Blackrock qui veut la réforme), voilà le « droit à la paresse » qui refait surface dans la comm des écolos et des radicaux.

Une jeune militante écolo l’a rappelé récemment, « on a le droit d’avoir envie de faire autre chose que travailler. »

Avant elle, Sandrine Rousseau s’était illustrée en défendant le parasitisme social au nom du droit à la paresse : les allocations chômage ne sont pas un filet de sécurité mais un moyen pour les individus d’éviter de travailler.

 

La paresse contre « l’exploitation capitaliste »

Parler de « droit à la paresse » renvoie à l’essai du gendre de Karl Marx Paul Lafargue, qui dans un essai aux tonalités lyriques expliquait que les lendemains qui chantent passaient par la limitation du temps de travail pour la classe ouvrière :

« Si, déracinant de son cœur le vice qui la domine et avilit sa nature, la classe ouvrière se levait dans sa force terrible, non pour réclamer les Droits de l’homme, qui ne sont que les droits de l’exploitation capitaliste, non pour réclamer le Droit au travail qui n’est que le droit à la misère, mais pour forger une loi d’airain, défendant à tout homme de travailler plus de trois heures par jour, la Terre, la vieille Terre, frémissant d’allégresse, sentirait bondir en elle un nouvel univers… »

Sauf qu’au « droit à la paresse » des uns répond une obligation de financer l’improductivité par les autres. Le lyrisme pseudo-libertaire masque le devoir pour tous les secteurs productifs de la société de subventionner ceux qui ne « veulent pas travailler ». Le « modèle social » au nom de cette rhétorique parasitaire n’a plus la solidarité comme justification mais l’entretien de nouvelles classes d’oisifs politiquement sélectionnées à des fins clientélistes.

Le socialisme des populistes de plateau télé n’abolit plus l’exploitation, il la déplace pour faire peser le fardeau sur les actifs, les contribuables et les générations futures via la dette.

Ses défenseurs devraient méditer le propos de Lénine, inspiré par Saint Paul, qui visiblement ne partage pas le même avis que Lafargue : « celui qui ne travaille pas ne mangera pas ».

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    jacques lemiere
    7 mars 2023 at 6 h 27 min

    le droit à la paresse existe dans une économie libre…
    les socialistes changent le sens des mots….

    • Non, seul existe le droit DE paresser.

      • Pour ma part, « le droit à » indique une présomption à une capacité ou une liberté qui est a priori permise ou licite; tandis que « le droit de » serait une faculté inscrite, dont on peut bénéficier, généralement dans le cadre d’une loi. Mais dans le langage courant, la confusion apparaît être la règle.

        • Pour moi, un droit « de » est un droit auquel autrui ne doit simplement pas s’opposer, tandis qu’un droit « à » est un droit qui oblige autrui à en fournir la possibilité.

  • L’URSS et la Chine, grands adeptes de la lutte des classes marxiste envoyaient au goulag ceux qui ne travaillaient pas assez.
    Droit à la paresse quand on est dans l’opposition = rééducation marxiste et goulag quand on est au pouvoir.
    Il est vrai que dans le système marxiste des fonctionnaires, l’important n’est pas de travailler mais de faire semblant : S. Rousseau en sait quelque chose en tant qu’enseignante-chercheur à 218 heures de cours par an !

    • Oh il ne faut pas exagérer, les soignants non vaccinés on leur a aussi donné le droit à la paresse, alors que clairement ils sont dans l’opposition…

  • Ces écolos sont de vrais parasites , des terroristes intellectuels .

  • À Paul Lafargue, on pardonnera ses écrits. Lui au moins avait du style.

    -1
  • Je ne comprends pas leur problème : tout le monde a le droit de paresser. Simplement ceux qui paressent ne touchent pas d’argent, de personne de la société. S’ils trouvent des mécènes privés, c’est parfait. Pour financer toute leur vie de paresse, car pas de retraite non plus, hein.
    Mais il ne s’agit pas de droit à la paresse mais de droit à la paresse financé par les autres. Pourquoi donc ne terminent-ils pas la phrase, je m’demande…?

  • « Que celui qui ne travaille pas, ne mange pas non plus. » (Saint Paul)

  • Le cas de Paul Lafargue est digne d’intérêt. Il est présenté ici comme le père spiriruel de SR, et d’une certaine manière du parasitisme social.
    Pourtant.
    Il se suicide, vers ses 70 ans, bien qu’en pleine santé.
    Voilà son dernier écrit : « Sain de corps et d’esprit, je me tue avant que l’impitoyable vieillesse qui m’enlève un à un les plaisirs et les joies de l’existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres. »
    Ne fasse de moi une charge à moi et aux autres…
    Combien parmi nous, même de la trempe des grands pourfendeurs de l’assistanat social, du droit de/à paresser et des sangsues collectivistes auront ce courage et cette cohérence ?

  • Les commentaires sont fermés.

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