Bassines : on ne nous dit pas tout… pour nous cacher l’essentiel !

Au lieu de s’affronter en luttes idéologiques stériles, utilisons tous les moyens que permet la technologie moderne pour utiliser, sans gaspiller la ressource, une eau source de vie et de prospérité.

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Bassines : on ne nous dit pas tout… pour nous cacher l’essentiel !

Publié le 4 décembre 2022
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La loi 92-3 du 3 juillet 1992 reconnait « l’eau comme patrimoine commun de la nation ».

Mais cette décision n’apaise pas les tensions entre les utilisateurs, comme en témoignent les affrontements du 29 octobre 2022 à Sainte-Soline (79120). Entre 4000 et 7000 manifestants (selon les sources) se sont violemment opposés aux forces de l’ordre en occasionnant une cinquantaine de blessés parmi les manifestants et 61 blessés dont 22 sérieusement pour les forces de l’ordre. Seulement six interpellations ont été effectuées.

La violence des affrontements avait-elle pour but ultime une issue dramatique comme à Sivens  pour enterrer tout projet similaire ?

 

Les revendications des manifestants

Le mouvement « Bassines non Merci » qui a rameuté ces manifestants s’opposant à la création de réserves de substitution d’eau destinées à l’irrigation, communique ses objections :

 

La disponibilité de l’eau doit être strictement contrôlée et encadrée.

La contestation majoritaire, que l’on retrouve dans plusieurs items ci-dessus, réside dans l’utilisation de l’eau.

Le contrôle piézométrique des nappes détermine le niveau supérieur de la nappe par rapport au niveau de la mer.

Le graphique ci-dessous démontre que sur près de trente ans, les niveaux maxi et mini de cet aquifère de référence n’ont pas été affectés par les prélèvements antérieurs et que la ressource se reconstitue, avec quelques variations dans le temps dues à la variabilité de la pluviométrie. Il est ainsi clairement démontré que l’irrigation n’a pas épuisé la ressource.

On peut consulter sur ce site du BRGM que les courbes de la très grande majorité des sites ont la même horizontalité. Les données dont sont tirées ces graphiques sont les relevés quotidiens des piézomètres installés pour le suivi du niveau des nappes.

On remarque que le niveau ne dépasse jamais un maximum pour lequel l’eau de la nappe s’écoule vers la mer via les sources et les rivières de surface ou souterraines. C’est pour profiter de cet excès d’eau que les pompages sont autorisés dans des temps déterminés et sous contrôle strict et permanent du niveau de la nappe. Toute infraction aux arrêtés préfectoraux qui encadrent ces pompages est sévèrement sanctionnée.

Emplir des bassines ou des réserves d’eau dans ces conditions ne peut qu’être profitable.

On peut constater sur le zoom suivant que du 16 février au 15 avril et du 1er octobre au 6 décembre le niveau de la nappe continue de descendre, hors période d’irrigation. L’amplitude des variations de niveau est importante mais la ressource se reconstitue d’année en année comme démontré précédemment.

Il est donc totalement faux de prétendre que les prélèvements dans les nappes, que ce soit pour l’irrigation ou pour les besoins d’eau potable, mettent en péril la ressource. On peut aussi constater que la baisse de niveau hors période d’irrigation provient du phénomène naturel de capillarité qui permet aux végétaux en surface (cultures, forêts) de croître et d’évapotranspirer, participant ainsi au cycle de l’eau qui génère les pluies.

L’eau n’est pas consommée comme une énergie fossile, elle est utilisée et recyclée dans un mouvement perpétuel.

 

Du partage inéquitable de l’eau

Combien de sympathisants de « Bassines non Merci » possèdent des piscines quand d’autres économisent l’eau du robinet par précarité financière ? Ne s’accaparent-t-ils pas une part importante de la ressource pour une utilisation non essentielle ?

Certes, les promoteurs de bassines profiteront d’une ressource qui n’est pas à proximité de tous mais la multiplicité de projets devrait permettre la généralisation de l’accession.

Dans un contexte de sécheresses récurrentes, l’irrigation sera la condition de rentabilité et de survie d’un très grand nombre d’exploitations. Elle permet à des sols peu fertiles d’atteindre une productivité suffisante là où une culture sèche dépérirait.

 

Du prétendu déni de démocratie

La création des bassines est assujettie à des consultations publiques où les associations écologistes sont largement représentées.

Les procédures sont interminables, les décisions de justices font l’objet de nombreux recours et appels et les arrêtés préfectoraux sont eux aussi contestés près de la justice administrative. Et quand la décision finale permet la construction, les manifestants se réunissent en masse pour affronter violemment les forces de l’ordre et saccager des bassines mais aussi des biens privés sans relation directe avec les bassines.

 

Du financement public

Pour des investissements de grande envergure, les financements publics sont très souvent mobilisés. La justification d’un financement public est l’intérêt général qu’il permet d’envisager.

L’utilisation de l’eau excédentaire hivernale pour irriguer les cultures en période de sécheresse garantit une production régulière en quantité et en qualité dont le consommateur profite directement par l’abondance de produits au top de leurs capacités nutritives. Cette régulation de production évite les pénuries génératrices de hausse des prix et de baisse de qualité. Si on se réfère aux comptabilités des associations, nombreuses sont celles qui perçoivent des subventions d’organismes publics. Et heureusement la majorité d’entre elles ne vont pas saccager des bassines.

 

De l’agriculture intensive

Le leitmotiv des anti-irrigation est la culture intensive.

Il faut bien comprendre que la mondialisation a mis l’agriculture en concurrence avec les producteurs mondiaux. Pour s’aligner, les agriculteurs français ont dû conjuguer l’utilisation du machinisme, des énergies fossiles et de leurs sous-produits pour abaisser leurs prix de revient dans l’intérêt du consommateur qui place le prix en tête de ses critères de choix. Cette adaptation a nécessité des investissements lourds, qui pour être amortis, a entraîné l’agrandissement des structures.

Cette production intensive complète la production Bio, qui par des rendements largement inférieurs, ne serait pas en mesure d’assurer à elle seule une alimentation suffisante aux populations.

Quant à la haine des anti-irrigation envers le maïs, elle occulte volontairement et arbitrairement le fait que le maïs est une plante excessivement productive qui fournit des volumes conséquents pour l’alimentation du bétail à des périodes où les prairies sont totalement brûlées. De plus pour la production en grain, le maïs laisse sur le terrain une masse végétale énorme productrice d’humus si précieux pour la fertilité des sols. Il ne faut pas non plus ignorer toutes les destinations du maïs : plus de 400 produits alimentaires contiennent de l’amidon de maïs, il est le quatrième légume le plus consommé en France. Il est aussi utilisé dans :

 

C’est dire si sa production est devenue indispensable dans la vie courante. Le maïs est la plante qui utilise de façon la plus efficiente l’eau qu’elle reçoit : pour 1 kg de matière sèche produite, le maïs fourrage nécessite 240 litres d’eau, le maïs grain 450, le blé 590, le soja 900, le tournesol 1200 et le riz inondé 5000. Son seul handicap est que sous nos latitudes, ses besoins correspondent aux périodes estivales. C’est pourquoi sa rentabilité dépend des capacités d’irrigation.

En fonction de sa rusticité, de sa productivité, de ses faibles besoins en phytosanitaires, le maïs est une culture incontournable de nos sociétés modernes.

 

De l’alimentation en eau potable

L’irrigation est toujours présentée comme une concurrence à la disponibilité d’eau potable. Il est certain que des priorités doivent être établies afin de garantir aux populations un accès constant à l’eau potable. Il ne faut pas non plus perdre de vue que l’eau des chasses d’eau, incluse dans le volume d’eau potable, est moins prioritaire que l’eau qui sert à irriguer les légumes ou les productions alimentaires.

Il n’est pas très médiatisé que certains forages agricoles sont parfois utilisés pour pallier la défaillance du réseau public.

 

Conclusion

Dans un contexte global où les sécheresses semblent se répéter, où la croissance démographique augmente les besoins alimentaires, où malgré les soutiens écologiques et politiques le secteur Bio rencontre des reculs, nous aurons besoin de toutes les capacités de production pour éviter que ne se renouvellent les émeutes de la faim de 2008.

Il est démontré que le stockage de l’excédent hivernal d’eau n’est pas contraire à la pérennité de la ressource, qu’il est la meilleure assurance récolte des agriculteurs pour éviter leur disparition et que les consommateurs ont eux aussi intérêt à gérer intelligemment une eau qui repartant à la mer, ne profite à personne.

Il y aura aussi un intérêt collectif à stocker après traitement les eaux citadines usées pour irriguer des cultures au lieu de les déverser directement dans les cours d’eau avec des résidus de médicaments non éliminés en station d’épuration.

Au lieu de s’affronter en luttes idéologiques stériles et destructrices, utilisons tous les moyens que permet la technologie moderne pour utiliser, sans gaspiller la ressource ni obérer sa pérennité, une eau source de vie et de prospérité.

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  • Vous croyez vraiment que l’eau est le souci des manifestants?

    10
    • vous coupez un arbre vous avez des manifestants..vous faites une mine vous avez des manifestants.. une route..la 5 G…
      ils ressemblent surtout à une caricature d’enfant ingrat..
      à la campagne tu avais un sevrage émotionnel.. on tuait le cochon..ce qui est un « traumatisme » parce qu’il fallait manger..

      ils veulent changer le monde.. sans avoir compris qu’ona rien sans rien..
      problème d’éducation majeur..

      • Enfants gâtés, surtout. Qu’ils aillent cueillir les haricots, les genoux sur la pouque et le dos sous le crachin, et se passent de repas si le voyou est passé les voler la veille du marché ! Ca leur instillera un peu de modestie bienvenue.

        10
        • Pas besoin de travailler. Ils touchent le RSA. Ils défendent l’immigration qui travaille dans les champs pendant qu’ils manifestent.

    • Pas du tout ce sont des gens qui sont subventionnés pour casser les pieds des personnes qui paient

  • Compte-tenu de la généreuse pluviométrie annuelle, il est impensable que nous manquions d’eau en France.
    Mais il est vrai que nous sommes devenus les champions du monde des pénuries en tout genre, à commencer par la pénurie de bon sens.
    L’irrigation est évidemment un outil que les agriculteurs auraient tort de ne pas utiliser, tout comme les engrais de synthèse qui nous ont sauvés de la famine.

  • Un article utile qui rappelle les réalités et le bon sens. Le vrai problème n’est pas l’eau mais l’état cérébral et cognitif des « Ecolos ». Il est plus facile de créer des réserves d’eau que d’introduire une once d’intelligence tet de connaissance dans la tronche d’un écolo.

  • Excellent article. Suffisamment détaillé – va à l’essentiel.

  • Ils sont d plus en plus nombreux tant qu’on ne les traitera pas comme des terroristes on ne pourra pas s’en sortir… On n’est pas loin d’être foutus, personne ne réagit !

  • Ces pseudo écolos ont-ils réalisé que l’eau que nous buvons est la même que celle que buvaient les dinosaures ?

  • Les ennemis de mes ennemis sont ils mes amis ? On peut le croire en lisant cet article. C est pas parce que les ecolos racontent souvent n importe quoi qu il faut defendre la FNSEA.
    Dans cette histoire de bassine, il y a quelque chose qui me gene au plus haut point et qui est evacué en 2 lignes « Pour des investissements de grande envergure, les financements publics sont très souvent mobilisés. La justification d’un financement public est l’intérêt général qu’il permet d’envisager. »
    Non non et non !
    On est typiquement dans la nationalisation des pertes et privatisation des profits. Le contribuable va payer des bassines (si j en crois le journal le monde, c est 30 bassines pour 120 paysans (https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/11/27/dans-la-vienne-un-programme-de-trente-megabassines-lance-en-toute-discretion_6151850_3244.html). Autrement dit, on engage des millions d euros pour le benefice d une poignee de personnes (4 paysans par bassine en moyenne)
    Si c est un projet rentable, les paysans peuvent le payer (quitte a ce que l etat leur prete l argent). Si c est pas rentable, pourquoi le contribuable doit il passer a la caisse ?

    Sinon j ai etudié la courbe donnée en illustration. On voit quand meme que le niveau des nappes a tendance a baisser (comparer par ex le debut de la courbe en 94 et 2022 ou regardez la frequence des maximums ou tirez une droite sur les minimums. La pente de celle ci est negative). Autrement dit, si on construit des bassines, on ne pourra pas les remplir longtemps avec le surplus. il faudra pomper dans les nappes meme si c est interdit. Et qui osera dire non aux purineurs de sous prefectures ? Vous avez deja vu la police degager des paysans quand ils bloquent une route vous ?

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