Ukraine : il y a 31 ans, l’indépendance voulue par les Ukrainiens

Les résultats du référendum du 1er décembre 1991 restent importants compte tenu de la situation actuelle.

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Ukraine : il y a 31 ans, l’indépendance voulue par les Ukrainiens

Publié le 1 décembre 2022
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Le 1er décembre 1991 s’est tenu le référendum d’indépendance de l’Ukraine vis-à-vis de l’Union soviétique. Avec un taux de participation de 82 %, 92 % des votants ont approuvé la déclaration d’indépendance.

Ce référendum reste un évènement important compte tenu de la situation actuelle, d’autant plus que les résultats sont révélateurs des disparités entre les régions malgré une tendance à l’unité nationale.

 

L’ouest plus favorable à l’indépendance que l’est

Dans toutes les régions de l’Ukraine, la majorité a voté en faveur de l’indépendance. Même la Crimée, la région la plus russophone du pays, a voté pour à 54 %. Le résultat montre une certaine unité nationale au moment de la chute de l’URSS.

Néanmoins, on peut constater un résultat différent entre l’est et l’ouest. Les régions de l’ouest proches de la Pologne et de l’Europe centrale affichaient des résultats dépassant 95 %. Certains de ces territoires ayant fait partie de la Pologne de l’entre-deux guerres montrent un attachement à l’Occident plus fort que le reste de l’Ukraine.

En effet, les différentes cartes des résultats des élections présidentielles ukrainiennes depuis l’indépendance peuvent se calquer sur celle des résultats du référendum. Cette Ukraine occidentale sera systématiquement dans le camp favorable à un rapprochement avec l’Union européenne et les États-Unis.

 

Une unité nationale malgré tout en Ukraine

La carte du référendum de 1991 indique qu’à part la Crimée, les régions russophones de l’est soutenaient l’indépendance à plus de 80 %. Ainsi, même si le soutien à l’Occident est plus faible, la volonté de se séparer de la Russie restait forte. Si avant 2014, ces régions étaient favorables à un maintien de bonnes relations avec la Russie, elles n’étaient pas en majorité pour un rattachement à Moscou.

Rappelons au passage que l’actuel président ukrainien, Volodymyr Zelensky est lui-même issu de l’est du pays (Dnipropetrovsk Oblast) et a été porté au pouvoir principalement par l’Ukraine de l’est. Zelensky y a grandi en tant que russophone. Son adversaire, le président sortant Poroshenko n’était majoritaire que dans les régions frontalières avec la Pologne et auprès des Ukrainiens de l’étranger. Cette situation poussait certains commentateurs occidentaux pro-Poroshenko à craindre que Zelensky soit trop pro-Poutine.

Le conflit en Ukraine montre que la Russie a du mal à progresser, y compris dans des régions russophones. Quant à Zelensky, difficile de le présenter encore comme un pro-Poutine.

 

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  • On peut être russophone et ukrainophile.

  • Cet intéressant article pourrait être utilement complété par la description et les cartes de l’évolution depuis l’indépendance. Bien sûr, on peut toujours aller consulter des articles sur Wikipedia pour voir où sont les fractures linguistiques, ou combien l’abstention domine les dernières législatives, mais une synthèse faciliterait la vie.

  • Fort bien vu en particulier le classement plutôt pro russe de Zelinski, c’est ainsi en tous les cas qu’il apparaissait lors de son élection, au cours de laquelle d’ailleurs il parlait peu des relations entre les deux pays, axant sa campagne sur la corruption. De quoi annihiler les arguments de ceux qui voient dans le conflit actuel une guerre entre russophones et ukrainophones. Juste une guerre de conquête de territoires comme jusqu’au 19è siècle, à cette différence que dans ces siècles passés, les territoires étaient conquis mais les populations globalement préservées (Napoléon) en changeant seulement de souverain.

    • Zelensky a fait depuis 2020 exactement le contraire de ce qu’il avait promis pour être élu. On peut légitimement penser que son seul souci est de garder sa place, et d’obtenir de l’UE et de l’OTAN tout ce qu’il peut. La paix en Ukraine signifierait la fin de sa carrière. Pas besoin de chercher plus loin.

  • L’indépendance pour tomber dans pire, l’ue(l’otan) …. C’est fou comme les peuples sont…. Betes, non, mal informés, à part l’indépendance totale , il n’y a rien de bon, que des sociétés financières sans foi ni lois, elles paient pour ça.

    • vous voulez dire que l’UE et l’OTAN seraient pires que l’URSS…? A défaut de pouvoir voyager dans le temps, je vous invite d’urgence à rencontrer des gens qui ont vécu en URSS dans les années 1970/1980 et à leur demander de vous parler de leur expérience. Il y aura clairement du positif (on a tendance à idéaliser le passé, c’est naturel), mais l’effondrement de l’URSS ne s’est pas fait sans raisons profondes.
      Le plus désolant avec l’UE d’aujourd’hui, c’est qu’elle s’échine à reconstruire ces conditions…

  • Monsieur Massaux,
    Deux points non anodins que je pense important d’ajouter a cette discussion:
    ** « L’independence » dont vous parler ci-dessus, ce n’etait pas une independence envers la Russie, qui n’existait par encore, mais l’independence envers l’URSS. La Russie devint independent envers l’URSS fin dec 1991.
    ** La Crimée ne faisait plus partie de l’Ukraine debut 1991. En effet, une Crimee SSR fut créée avant la dissolution de l’URSS en 1991. Donc légalement, cette Crimée SSR aurait pu aussi bien etre rattachée ensuite a une Ukraine SSR nouvellement indépendente ou bien a une Russie SSR devenue nouvellement indépendente.
    https://en.wikipedia.org/wiki/Crimean_Autonomous_Soviet_Socialist_Republic_(1991%E2%80%931992)

  • Avatar
    franc.clemente@gmail.com
    1 décembre 2022 at 18 h 06 min

    Analyse intéressante ! La situation actuelle montre la complexité de la compréhension de tous les facteurs impliqués. En 91, lorsque l’URSS s’est effondrée, tout le monde était content, et désireux aussi de prendre son indépendance. Mais c’est à ce moment-là que Brejnev a pris la Russie en main. Il n’était pas pour l’URSS, ni d’ailleurs son premier ministre Poutine. En Russie il y a un Parti Communiste qui reprend plus ou moins les thèses d’antan , mais Poutine n’en fait pas partie. La Russie, même si elle est oligarchique, n’est pas communiste. On peut d’ailleurs se rendre compte que pendant la période soviéthique il y a eu des mélanges de populations parlant le russe ou l’ukraininen ! Cette réalité a conduit à des problèmes linguistiques et territoriaux, exacerbés par le souvenir de la faimine du à Staline. Ces problèmes, encore irrésolus, ont été calmés avec le traité de Kiev en 2014. Malheureusement le protocole prévu n’a pas été appliqué, facilitant la reprise des hostilités. Ce problème revient d’une part à tout l’Occident qui à approuvé le traité et en particulier aux Allemands et aux Français signataires du Protocol et garantis de son application depuis 2014 !

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