Midterms : il faut virer Trump

Les scores plus que médiocres des Républicains lors des midterms doivent être imputés à Trump.

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Donald Trump by Gage Skidmore (creative commons) (CC BY-SA 2.0)

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Midterms : il faut virer Trump

Publié le 14 novembre 2022
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Comme le montre magnifiquement ce chef-d’œuvre du cinéma Der Untergang, dans les derniers temps de la guerre Hitler était tout disposé à immoler l’intégralité de ce peuple allemand qui n’avait pas su se montrer à la hauteur de ses rêves de grandeur. « Périsse l’Allemagne qui ne m’a pas donné la victoire ! »

Toutes proportions gardées, le comportement de M. Trump depuis les midterms — élections de mi-mandat présidentiel — relève du même tropisme : que périsse le Parti républicain, et l’Amérique elle-même, si l’on ne me rend pas le pouvoir !

On ne connaît pas encore le résultat final des midterms au moment où j’écris ces lignes. Le deuxième tour de la sénatoriale en Géorgie aura lieu le 6 décembre. Mais une réalité est déjà acquise : ces élections marquent une défaite écrasante pour l’écurie trumpiste et révèlent le tropisme destructeur de l’Orange Man.

Les midterms sont généralement l’occasion d’une défaite cuisante pour le président en exercice — particulièrement lorsque celui-ci est aussi impopulaire que M. Biden, avec seulement 40 % d’opinions favorables. In casu, les Républicains devraient l’emporter à la Chambre, mais d’un fifrelin.

Le véritable enjeu était la maîtrise du Sénat. Lors des primaires républicaines, Trump a imposé des candidats marginaux ou inconnus du public local pourvu qu’ils adhèrent à son idée que 2020 « lui a été volé ». Narcisse, Trump exige qu’on lui chante ses mensonges pour prix de son soutien. « Miroir, ô mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ? »

Le problème est qu’une élection ne se gagne pas auprès des radicaux républicains et démocrates — qui sont de toute façon acquis à leurs camps respectifs — mais auprès des indépendants. Il s’est avéré que les petits chéris de Trump étaient impopulaires auprès des indépendants et du public en général. Très exactement ce qu’avait prévu Mitch McConnell, leader républicain au Sénat, que Trump couvre constamment d’injures parce qu’il n’a pas soutenu ses velléités de renverser le résultat légal (et judiciaire) du scrutin présidentiel en 2020.

Les Démocrates, extrémistes de nos jours, ne sont pas pour autant stupides. Ils ont décidé de jouer la carte du narcissisme trumpiste en soutenant — y compris financièrement ! — les mignons de Trump lors des primaires républicaines pour mieux les pulvériser lors de l’élection proprement dite. Car, les démocrates, ce qui les intéresse, c’est gagner les élections.

Résultat : des sièges de sénateurs qui ne pouvaient pas échapper aux Républicains — Pennsylvanie, New Hampshire, Arkansas, Géorgie à confirmer — sont allés aux Démocrates.

Ces défaites, les Républicains ne les doivent pas aux Démocrates. Ils les doivent à Trump-le-fou.

Après les midterms de 2018, la présidentielle de 2020, le second tour en Géorgie en 2021, ces midterms 2022 marquent la quatrième défaite totale et évitable de Trump, désormais loser en série.

Le lendemain des élections, Trump publiait une liste de 200 candidats qu’il se vante d’avoir soutenus, et dont la majorité a été élue. Manœuvre puérile à l’usage d’un public de simples. En effet, Trump a soutenu l’écrasante majorité de ces candidats seulement la veille de l’élection en publiant une liste de ceux qui pour la plupart ne lui avait rien demandé, et dans la campagne desquels il n’avait pas investi un traître centime (parce que Trump est pingre et n’investit jamais que dans la suprême orangeade).

Exemple ? Brian Kemp en Géorgie ! Brian Kemp se présentait en Géorgie pour se succéder à lui-même en tant que gouverneur de l’État. Constatant que Kemp avait toutes les chances de l’emporter, Trump l’a soigneusement inclus à sa liste de « soutiens » le jour avant l’élection. Or, durant les deux années précédentes, Trump n’avait cessé de couvrir Kemp d’injures au motif que celui-ci n’avait pas voulu décréter, en 2020, la victoire en Géorgie de Trump — qui venait de perdre l’élection.

En Arkansas, où se présentait une autre beauté de l’écurie trumpiste pour le Sénat, Blake Masters, l’écart entre celui-ci et son rival démocrate était de plus de cent mille voix (sur deux millions seulement) alors que 90 % des bulletins étaient déjà dépouillés. Un écart énorme ! N’importe : Trump publie un tweet (un truth) dans lequel il soutient que Blake Masters ne perdra que si l’élection est truquée — ce qu’elle est en effet, dit-il. Cent mille voix « truquées » — mais zéro preuve d’un seul trucage d’une seule voix. Quand on est Trump, on ne se mêle pas de basses considérations de type preuves : on porte le Verbe ultime, la vérité révélée, le Nouveau Testament. On est la Bible vivante.

Make no mistake : je ne change pas une ligne à ce que j’ai publié sur Trump depuis 2015. Pas un circonflexe. Sa personne ne m’intéresse pas plus aujourd’hui qu’à l’époque. Il n’y a que Simplet qui vit les débats publics sur le mode affectif. Seuls importent les résultats, ce dont l’homme est l’instrument. La vision, le souffle, la manière d’embrasser l’avenir, de l’étreindre pour le façonner. Le rôle historique de Trump aura été immense, déterminant ; démiurge, Trump l’aura été. Mais ce rôle est terminé.

Saturé de lui-même, le vieil homme s’épuise à rejouer ses défaites. Il enfle comme le crapaud de la fable, brûle l’Amérique sur l’autel du Soi.

S’enfla si bien qu’il creva.

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  • .sans leader républicain alternatif…. trump remplit un vide.. vide qui est créé par une dérive républicaine étatiste qui ressemble à la dérive de la droite française…

    démocrate ou républicain droite ou gauche ç a me laisse froid … trump est le symptôme d’un mal mal diagnostiqué.

    le vrai problème occidental est le rejet par une majorité des valeurs occidentales..libertés individuelles, liberté d’expression, état de droit, condamnation avec des preuves pour les remplacer un culte de la « démocratie »..

    en pratique un président aussi falot que macron fait PIRE que trump!!!! car il colle au « démos »…

    • trump est un » tyran » en herbe qui ne rejette pas le caractère antityrannique de la constitution américaine.. c’est sun pécheur qui au final reconnait l’autorité du curé..
      biden lui va lui lever des verrous antityranniques de la constitution américaine …

      le combat libéral est ,quasiment toujours en occident, constitutionnel!!!!
      .

  • « … il faut virer Trump … » Certes, Mais on est en France, Il n’est plus président … Et, Elucubrer ne favorise pas spécialement le libéralisme.
    Heureusement pour nous, on a Macron, et tout « En Méme temps ». La tiers mondisation est en voie, c’est peut-etre a ce titre que certains se préoccupe de qui s’occupera de nous une fois sans electricité, couvert de mosquées, et en insufisance alimentaire.

  • Trump n’est en rien responsable du résultat des élections. Ce résultat mitigé pour des républicains vient uniquement de l’abrogation de la loi fédérale sur l’avortement.

  • Je suis toujours surpris de voir des commentateurs indiquer comment l’on doit voter alors qu’ils ne sont pas citoyens du pays en cause. Cela vaut certainement pour les Etats-Unis mais aussi pour la France quand on est Belge francophone.
    Si l’on ne veut pas être dépendant des Etats-Unis comme européen, c’est très simple. Il faut avoir des armées dignes de ce nom et des politiques notamment dans un cadre européen qui ne soient pas totalement stupides. Une pensée pour le Green Deal.

    • D’après Wikibéral, l’auteur est installé aux USA et y a construit sa vie professionnelle. Cela ne le qualifie-t-il pas pleinement pour commenter la politique américaine ?

      • Pardon, j’ai confondu avec l’autre article. Néanmoins, il me semble que chacun doit être libre de commenter sur la politique d’un autre pays que le sien.

        • Et si on ne veut pas être dépendant dans le mauvais sens des USA, il faut établir des dépendances croisées qui compensent les inévitables dépendances que notre pays peut avoir envers d’autres. Le concept « seul et libéré du monde entier » est un mirage. Ce qui marche est le « je te tiens, tu me tiens ».

  • Penible de lire sur un blog libertaire les memes aneries que celles que l’on dans la presse de rue.
    1) Pour le chambre basse, les voix republicaines depassent les voix democrates ; 6 millions de voix en faveur des Republicains.
    2) Une grande partie de l’electorat republicain est fatigue du regime de parti unique. Si l’alternative est Trump « then be it » . Ce n’est pas Mitch qui va galvaniser les troupes.
    3) Sans Trump ce parti est fichu; suppression de l’assurance maladie, privatisation de la securite sociale et les meme guerres que sous les Democrates. Personne ne va voter pour ca.

  • Les démocrates sont un peu comme ces antifas qui luttent
    contre un fascisme ……. qui n’existe plus.

  • Les commentaires sont fermés.

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Donald Trump
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Un article de la rédaction de la Nouvelle Lettre

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