La Californie utilise du gaz pour éviter les pannes d’électricité

La Californie n’est pas le premier État à réaliser que la transition vers les énergies renouvelables est plus facile à dire qu’à faire.

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Gavin Newsom by Gage Skidmore (Creative Commons CC BY-SA 2.0)

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La Californie utilise du gaz pour éviter les pannes d’électricité

Publié le 8 juillet 2022
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Par Jon Miltimor, depuis les États-Unis

En mai, le Wall Street Journal a rapporté que les opérateurs de réseaux d’énergie à travers les États-Unis se préparaient à des coupures d’électricité à l’approche de l’été.

En faisant remarquer que les sources d’énergie verte peinaient à produire suffisamment d’électricité pour répondre à la demande croissante, John Bear, PDG de MISO, a déclaré au journal :

« Cela m’inquiète. À mesure que nous avançons, nous devons admettre que lorsque vous installez un panneau solaire ou une éolienne, ce n’est pas la même chose qu’une ressource thermique. »

Près de deux mois plus tard, il est clair que les gestionnaires de réseau ne criaient pas au loup.

Vendredi, l’Associated Press a rapporté que la Californie – un État qui tente désespérément d’abandonner les combustibles fossiles – cherche à les exploiter pour éviter les pannes d’électricité.

« Une proposition énergétique d’envergure que le gouverneur Gavin Newsom a signée jeudi permet à l’État d’acheter de l’électricité pour s’assurer qu’il y en a assez pour tout le monde pendant les vagues de chaleur qui mettent le réseau sous pression. Mais certains critiques affirment que la méthode utilisée pour y parvenir est en contradiction avec les objectifs climatiques plus larges de l’État, car elle ouvre la voie à l’exploitation de centrales électriques au gaz vieillissantes et à l’ajout de générateurs de secours alimentés au diesel. »

Contrairement à la plupart des États, la Californie tire la majeure partie de son électricité – près de 60% – de sources renouvelables. Mais l’Associated Press note que l’État manque de capacité de stockage pour distribuer suffisamment d’énergie lorsque les sources d’énergie intermittentes ne produisent pas, ce à quoi la proposition de M. Newsom cherche à remédier.

Selon le Los Angeles Times, la proposition du gouverneur contribuerait à « maintenir les lumières allumées en Californie en permettant aux promoteurs de parcs solaires et éoliens de contourner plus facilement l’opposition des autorités locales et en limitant les examens environnementaux pour toutes sortes de projets énergétiques ».

La proposition servirait aussi probablement de bouée de sauvetage aux usines à gaz situées en bord de mer, ainsi qu’à la centrale nucléaire de Diablo Canyon, la plus grande centrale électrique du Golden State et la seule installation nucléaire en activité.

 

Nous nous sentons trahis

À première vue, la proposition du gouverneur Newsom est parfaitement logique. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Comme je l’ai noté en mai, les leaders du secteur de l’énergie ont clairement indiqué que les réseaux ont du mal à suivre le rythme de la demande croissante d’énergie, les centrales passant des sources d’énergie thermique aux énergies renouvelables.

Mais la Californie connaît déjà les pannes d’électricité.

En août 2020, l’État a connu une série de pannes tournantes qui ont retenu l’attention du pays, ce qui n’a pas empêché les législateurs d’interdire les générateurs à gaz l’année suivante, ce à quoi de nombreux Californiens ont eu recours pour garder la lumière allumée pendant les pannes.

À la suite de ces pannes, le conseil de l’eau de l’État a accepté le maintien du fonctionnement des centrales électriques au gaz de Redondo Beach et de Huntington pendant trois années supplémentaires, alors qu’elles étaient destinées à être mises hors service.

Le maire de Redondo Beach, Bill Brand, a déclaré au Times « Nous nous sentons trahis. Ces dates de retraits ont été fixées il y a 12 ans. »

Brand n’a pas tort.

Newsom a demandé à plusieurs reprises l’abandon progressif des combustibles fossiles et a nié que cela aurait un effet économique négatif. Son revirement vers les combustibles fossiles est prudent car il réduira la dangereuse possibilité que les Californiens se retrouvent à nouveau sans électricité pendant les pics de chaleur de l’été, mais c’est aussi une trahison sur le plan idéologique.

Pour les progressistes, la Californie est le modèle énergétique de l’Amérique, le modèle qui montre la voie à suivre en matière d’énergie dite verte. Revenir aux combustibles fossiles est une décision allant à l’encontre de la propre rhétorique de M. Newsom et de la vision progressiste de notre avenir énergétique. C’est admettre que les combustibles fossiles ne sont pas seulement importants mais nécessaires à la survie de l’humanité.

 

 

Une histoire familière

La Californie n’est pas le premier État à se rendre compte que la transition vers les énergies renouvelables – qui ne sont pas aussi vertes que de nombreux militants et législateurs voudraient le faire croire – est plus facile à dire qu’à faire.

Dans son empressement à supprimer les centrales au charbon, par exemple, Hawaï a récemment été dans l’obligation d’utiliser du pétrole pour recharger l’installation de stockage d’énergie de Kapolei – essentiellement une énorme batterie conçue pour utiliser l’énergie verte – après que les projets d’énergie renouvelable ont connu des problèmes.

Cette révélation a mis les responsables de l’énergie dans l’embarras, mais elle a révélé une réalité importante. Alors que beaucoup considèrent aujourd’hui les combustibles fossiles comme immoraux, voire diaboliques, la réalité est qu’ils fournissent la majeure partie de l’énergie aux États-Unis et sont essentiels à l’existence et à l’épanouissement de l’humanité.

Cela ne signifie pas que les sources d’énergie renouvelables comme l’énergie solaire ne sont pas importantes et ne peuvent pas jouer un rôle clé. Elles le peuvent, même si l’idée qu’elles n’ont aucun coût environnemental est fausse.

Mais la discussion porte sur une leçon essentielle de l’économie de base : l’existence des compromis.

Comme l’a fait remarquer le célèbre économiste Thomas Sowell :

« Il n’y a pas de solutions. Il n’y a que des compromis. »

Ce que nous voyons en Californie, c’est que les compromis autour de l’énergie « verte » deviennent une réalité pour les politiciens. Avoir de l’essence à 7 dollars est douloureux, mais supportable. Avoir les factures d’énergie les plus élevées du pays n’est pas souhaitable, mais c’est supportable. Les pannes d’électricité sont la limite que les politiciens semblent vouloir dépasser, et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi.

Contrairement à de nombreux pays du monde, les Américains ne sont pas habitués aux coupures de courant, et il semble que le prix politique à payer soit tout simplement trop élevé – même pour les politiciens qui sont des évangélistes de l’énergie verte.

Traduction Contrepoints

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  • C’est beau de rêver, mais les réalités sont ……..dures.

  • Ils sont nuls ces californiens. S’ils avaient Mme S. Rousseau, ils auraient la solution : la décroissance ! Et ainsi, plus besoin d’électricité. Est-ce que l’homme des cavernes en avait besoin? Non. Et pas de pollution à cet époque. C’est quand même mieux que d’avoir son petit confort égoïste!

    • Oui mais l’homme des cavernes était chasseur-cueilleur et surtout chasseur en hiver quand il n’y avait rien à cueillir, je doute que Sandrine Rousseau qui souhaite donner « un statut social et juridique » aux animaux approuve le régime alimentaire de l’homme des cavernes.

  • Les commentaires sont fermés.

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